E M MO RI Æ
D L CAEI:-SCAENI CI- NEGOTIAT ORIS.D.-F.AN
D'après l'original (Dépôt du Colisée).
Var. — PEDOCAEI chez SANSAS, dans la Gironde seulement.
Descr. — Lettres de 0,04 et 0,045, caractérisées par des boucles qui ornent l’extrémité des hastes, assez mal gravées du reste.
Monument en pierre : le haut a été retaillé, mais on aperçoit le commencement d’un fronton triangulaire et d'une pigne qui en ornait le champ; la premiere ligne de l'ins-
cription est sur le bandeau qui domine le dé du monument; le reste est gravé sur une aire encadrée de pilastres. — Hauteur (partielle) : 1,26; largeur (totale) : 0,71. — Cf. le dessin de ROBERT.
HHist. — Trouvé, d'après SANsAs, en juin 1867, en démolissant une tour romaine, entre la rue Duffour-Dubergier et la rue Porte-Basse (la {or Gracilis, sur l'emplacement du n° 127 du cours d’Alsace-et-Lorraine; cf. l’Aist. du n° 60); transporté à l'hôtel Fieffé; puis, en 1870, au Musée de la rue des Facultés (sous le n° 37); en 1883, au Dépôt d’Antiques de la rue du Colisée. Ù
Bibl. — Sansas: 10 la Gironde, 24 juin 1867, n° 5772 (Soc. arch., V, p. 125); 2° Le Progrès, V, p. 740 (Soc. arch., VII, p. 172). — RoBerT, Soc. arch., IV, p. 223 ct pl. XXX.
: Diis manibus] et memoriae Aur(elii) Paedocaei Scaenici, negotiatoris, d(e)f{(uncti) an(norum) lxxov.
Cette inscription ne peut être interprétée d’une façon certaine. La plus simple des interprétations consiste à considérer Scaenicus comme le cognomen du défunt, et Awrelius comme son prénom : elle est justifite par le fait que Paedoceus (plus souvent Peduceus où Paeducaeus) ne se rencontre jamais que comme nom de famille (sur la classe des gentilices en aeus, cf. Hübner, Quaestiones onomatologicae, p. 23); elle l'est encore parce qu'Aurelius, quoique étant essentiellement nom de famille, a pu à la rigueur (c'était au troisième siècle le plus répandu de tous) servir de prénom. Mais elle a contre elle que le nombre des inscriptions où l’on trouve Auwrelius comme praenomen est encore fort limité (AVR. svrerINIvs MARCvs, Brambach, 513), et que Scaenicus ne s est pas, jusqu'ici, rencontré comme surnom.
Une autre explication, proposée par M. Robert et acceptée, semble-t-il, par M. Allmer (Revue épigraphique, 1, p.180) consiste à faire de scaenicus et de regotiator une seule et même expression. « Il est tout naturel de » considérer scaenici comme un qualificatif du mot zegotiatoris, et d'ad- > mettre que le défunt avait trafiqué d'objets à l'usage du théâtre, — > où même recruté des acteurs pour le théâtre, de même qu'un certain > M. Julius Olympus, regotiator familiae gladiatoriae (inscription d’Ar- »les, Wilmanns, 2618), recrutait des combattants pour le cirque ». M. Robert à lui-même énuméré les objections qu'on pouvait lui faire. D'abord, « dans les inscriptions, le mot segotiator est suivi et non > précédé de l’adjectif qui indique la nature du négoce »; de plus, «le > Qalificatif du negotiator n’est jamais terminé en icus, mais en arius :
> ans] disait-on negotiator cretarius, frumentarius, etc. » : une inscrip- IN3SCR. 26
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tion de Rome nous fait connaître un pictor scacnarius, « PEER de » décors » (Orelli, 2636; Corpus, VI, 9794).
Peut-être faut-il interpréter scaenici (et) negotiatoris : le défunt aurait été en même temps comédien et marchand, comme de Beaumesnil a été à la fois comédien ambulant et épigraphiste. Mais ce n'est pas très probable.
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