‹ Insectes diptères du nord de la France (volume 2)Chapitre 127 sur 171 · Cérarorocon morio; C. morio, Meig · texte numérisé non relu

Cérarorocon morio; C. morio, Meig

Noir. Cuisses antérieures et tarses roux.

Culex morio, Fab., Gmel., Meig. Klassif.

Long. 1 1.

D'un noir luisant. Pieds antérieurs etintermédiaires : cuisses à extrémité noire; jambes noires; pieds postérieurs : cuisses et jambes noires; tarses fauves ; extrémité des articles noire.

Rare.

TANYPE ; Tanvrus.

Tanypus, Meig., Lat., Panz. — Moucheron, Lam. — Chironomus, Fab. syst. antl. — Tipula, Linn., Gmel., Fab. ent. syst., Deg., Geoff.

Tête petite. Trompe courte, charnue, échancrée antérieurement; lèvre supérieure fort courte. Palpes velus, de quatre articles; premier plus court; quatrième plus long que les

(127) autres. Antennes des mâles de quinze articles distincts; premier épais et cylindrique; les douze suivans globuleux ; quatorzième plus long que les autres réunis; quinzième ptit, renflé, pointu et légèrement fléchi; dans celles des femelles, le quatorzième semblable aux précédens; le quinzième un peu plus épais et ovale.

Thorax à trois élévations , dont l'intermédiaire est échanerte postérieurement; écusson petit, un peu élevé postérieurement, Poitrine présentant une surface convexe entie les pi de: antésieurs et intermédiaires. Abdomen velu. Pieds menus; anti rieurs plus allongés que les autres, éloignés des interriédiaires ; dirigés en avant et horizontalement daus le repos. Ailes un peu écartées; cellule stigmatique distincte; margivale et sousmarginale fort étroites ; deux discoïdales; trois postérieures, troisième pétiolée. (PI. 4, fig. 5).

Ce genre forme avec les Chironomes et les Corèthres une petite section distinguée des autres Tipulaires aquatiques par deux caractères assez importans : la bouche ne présente, ni le prolongement de la tête des Cératopogons, ni le développement de la trompe des Cousins; et les pieds sont caractérisés par la longueur et l'insertion des antérieurs. Dans le repos, la jambe et le tarse sont ordinairement élevés et dirigés parallèlement au plan de position, et ressemblent ainsi à de longues antennes qui défendent les approches da corps. C’est cette attitude et le mouvement mesuré de ces espèces de bras qui ont fait donner à ces insectes les noms de Tanypes, de Chironomes. Les anciens désignaient par ce dernier les personnes qui ont de l'élégance dans le geste.

Les Tanypes diffèrent des autres Tipulaires de ce groupe par la conformation des antennes et des ailes. Outre ces différences dans l’étatadulte, ils en présentent de bien plus grandes sous la forme de larves et de nymphes. Sous la première , ils ont une organisation très-favorable au mouvement, et on les

voit errer avec agilité dans les eaux. Leur corps allongé et extrêémement diaphane est muni, sous le premier segment et à l'extrémité du dernier, de deux fausses pattes, courtes et épaisses, qui se meuvent avec la plus grande vivacité lorsque Ja larve nage , et qui lui servent sans doute aussi à se fixer sur les corps aquatiques au moyen d’une couronne de petits crochets qui les termine. La tête, qui est grande, laisse apercevoir deux petits yeux, deux antennes courtes et menues, et la bouche est armée de deux espèces de mâchoires assez grandes. Les segmens du corps, au nombre de onze, portent chacun une soie de chaque côté du bord postérieur. L’extrémité du corps présente, outre les fausses pattes, quatre petits appendices coniques, d’inégale grandeur, et deux mamelons à la base supérieure du dernier segment, peu distincts, mais garnis chacun de cinq à six longs filets. La destination de ces divers organes n’est pas déterminée; cependant, l’un d’entr’eux sert sans doute à la respiralion; et, comme j'ai observé que ces larves ne se tiennent pas habituellement à la surface de l’eau, comme celles des Cousins, je crois que leur organe respiratoire doit se présenter sous la forme d’ouïes, et, par cette raison, les filets qui garnissent les segmens du corps, ou ceux qui s'élèvent à l’extrémité, ou même les uns et les autres, me paraissent propres à cette fonction, par l’analogie qu’ils offrent avec les ouïes de beaucoup d’autres larves aquatiques. Quant aux pelits appendices coniques que j'ai observés à l’extrémité du corps, je ne sais s’ils sont les mêmes auxquels M. Latreille donne le nom de petites lames {/amellæ), et qu'il dit être marginales et triangulaires; mais je ne les ai pas trouvés tels. Sa description diffre encore de la mienne, par l’omission des filets qui garnissent les côtés de chaque segment du corps. Peut-être appartiennent-ils à une autre espèce de Tanype.

La nymphe ressemble beaucoup à celle des Cousins. Le thorax est muni également de deux tubes aérifères en forme

(129) d'oreilles, qui l'obligent à venir respirer à la surface de l’eau. L’extrémité de l'abdomen est velue et présente deux appendices coniques.

Ces larves et ces nymphes sont fort communes dans les fossés; mais je n’en ai jamais observé dans les baquets, où fourmillent celles des Cousins'et des Chironomes.

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