‹ Insectes diptères du nord de la France (volume 2)Chapitre 77 sur 171 · Rarinre tachetée; R. maculata, Meig · texte numérisé non relu

Rarinre tachetée; R. maculata, Meig

Ailes tachetées.

Long. 31.

D'un gris brun. Front d'un gris clair. Thorax marqué de trois bandes foncées, plus ou moins distinctes. Abdomen à extrémité roussâtre. Pieds roussâtres ; extrémité des cuisses, des jambes et tarses obscurs. Ailes hyalines, à base légèrement jaunâtre, couvertes de petites taches obscures, la plupart arrondies; trois ou quatre plus grandes et plus foncées au bord extérieur; une grande moins foncée à l’extrémité de la nervure axillaire; nervures transversales bordées de brun.

Commune.

LIMNOBIE; Limnosra. (1) Limnobia, Meig. — Limonia, Meig., Klassif., Lat. — Tipula,

Linn., Deg., Schr., Gmel., Fab. — Pedicia, Lat.

Tète petite, légèrement déprimée en dessus, rétrécie postérieurement. Bec peu saillant (2). Trompe fort courte; lobes terminaux charnus, à extrémité velue; lèvre supérieure menue, pointue ; palpes plus longs que le bec, de quatre articles d’égale longueur; les trois premiers un peu renflés vers l’extrémité, le quatrième plus menu et cylindrique (5). Antennes

QG} Liwuobie signifie habitant des etangs.

(2) La Limnobie longirostre forme une exception.

(3) Les Limnobies punctipenne et praticole forment une exception.

(8) filiformes, arquées, ordinairement de seize articles ; le premier épais, cylindrique, plus ou moins allongé; deuxième cyathiforme; les suivans plus ou moins allongés ou arrondis, et diminuant insensiblement de grosseur. (Quelques espèces paraissent avoir un article de moins). Yeux ronds.

Thorax ovale, renflé antérieurement ; écusson petit; métathorax légèrement élevé. Abdomen allongé, cylindrique vers Ja base, un peu aplati vers l'extrémité. Pieds longs et menus. Ailes ordinairement couchées, parallèles; nervures nues; cellule médiastine ordinairement fermée ; ordinairement trois discoïdales (1). Quatre ou cinq postérieures. (PI. 5, fig. 5—).

Les Limnobies sont, comme nous l'avons dit à l’article précédent, le genre principal des Tipulaires terricoles à aotennes filiformes et à palpes simples. Elles sont en même temps les plus nombreuses de toutes les Tipulaires; et l’on peut juger de la profusion avec laquelle la nature nous les présente, par les soixante espèces que M. Meigen a observées sur quelques points de l’Allemagne seulement. Aussi la difficulté de les distinguer entre elles serait-elle très-grande, si leur organisation, qui se diversifie de plusieurs manieres, ne

(1) La Limnobie sans tache forme seule une exception.

Je crois devoir apporter un léger changement dans la désignation des cellules des ailes adoptée par M. Latreille, Il en admet six du bord postérieur aux Limonies de ia première, de la seconde et d'une partie de la troisième section ; mais la première de ces cellules est presque toujours semblable à la sous-marginale des autres Tipulaires terricoles, et il me parait convenable de lui en donner le nom, d'autant plus que, de cette manière, le nombre des cellules postérieures est le même dans ces divers insectes. J'admets donc souvent deux cellules sous-marginales au lieu d’une : la première, à lagnelle seule M. Latreille donne ce nom, qui est ordinairement pédiculée et que l'on peut par cette raison regarder comme produite per la bifarcation de le nervure subcubitale: et la seconde, paralièle et

semblable à celle que je nomme la première postérieure,

£e prélait à des subdivisions. M. Megeile, entomologiste allemand, a même cru pouvoir en former plusieurs nouveaux genres, tels que Furcomyia, Unomyia, Gonomyia. Mais M. Meigen ne les a pas adoptés; et, en effet, ils ne paraissent pas établis sur des caractères suflisans. Il y a joint, par la même raison, le genre Pedicie, que M. Latreille a formé de la Tipula rivosa de Linnée, et qui ne diffère distinctement des autres Limnobies que par la position écartée des ailes; car cet insecte n’a pas le dernier article des palpes long et flexible que lui attribue notre grand entomologiste français; et le caractère qu'’iltire de la forme des antennes, se retrouve dans beaucoup d’autres Limnobies.

Les modifications qu'éprouve l’organisation de ces Tipuaires affectent rarement la trompe, quelquefois les antennes et très-souvent les nervures des ailes, plus diversifiées que dans aucun autre genre d’insectes, et qui contrastent, sous ce rapport, avec l’invariabilité qu’elles offrent ordinairement. Il y a aussi beaucoup de variété dans la manière dont ces ailes sont tachetées.

Les Limnobies, ainsi que les Rhipidies et les Érioptères ; habitent les bois humides et le bord des mares. Elles se tiennent ordinairement sous le feuillage, et semblent craindre le grand jour. J’en ai vu plusieurs espèces voltiger en troupes comme les Trichocères et les Tipulaires aquatiques, s’élever et s’abaisser de même dans les airs par un mouvement alternatif. Ils paraissent pendant toute la belle saison; mais chaque espèce semble avoir son temps propre, qui est d'environ quinze jours.

Le voisinage des eaux qu’elles recherchent particulièrement, parait indiquer que la nature y a placé leur berceau; et, en effet, la seule espèce dont les transformations ontété observées, a sa larve et sa nymphe aquatiques. Cependant les femelles ont, comme celles des Tipulaires terricoles, l'abdomen

(89) terminé par uné pointe cornée, dont ces dernires se servent pour confier leurs œufs à la terre, et je suis porté à croire qué* les Limnobies déposent les leurs dans la vase au bord des eaux, d'autant plus que malgré la multitude innombrable de ces insectes dans les endroits aquatiques, et les recherches que j'ai faites dans les eaux, je n’en ai jamais trouvé les larves.

Quoiqu'’ilen soit de cette conjecture , la larve de la-Limnobié repliée; eébservée par Degeer, est aquatique. Sa tête est munie d'antennes fort courtes et de deux petites mâchoires dentelées. Soas le dernier segment du corps, se trouvent quatre cro= chets écailleux dont elle se sert pour se eramponner aux plantes. Deux de ces crochets, plus grands que les autres, se divisent vers l'extrémité en deux pointes recourbées; les autres sant simples, coniques et également recourbés. La partie supérieure du corps est couverte de filets allongés et flexibles , les uns simples, les autres fourchus, au nombre de deux sus chaque segment, à l'exception des trois premiers et du onzième ou dernier, qui n’en ont que de simples. Tous ces filets, qui sont creux, paraissent analogues à divers organes filamenteux que, dans d’autres larves aquatiques , l’on a reconnus nécessaires à la respiration, et l’on ne peut gutres douter qu'ils n’aient la même destination.

La nymphe n'a pas de filets semblables ; mais, comme cellé de beaucoup d'autres Tipulaires, elle porte au-devant du thorax deux tubes coniques aérifères. Cet organe l’oblige à respirer à la surface de l’eau, et elle s'y tient habituellement, par effet de sa légèreté spécifique, le corps dans une position horizontale, dé sorte que l’extrémité de ces tubes soit en contact avec l'air atmosphérique. Cependant elle à laf aculté de plonger et de s'attacher aux plantes subaqüatiques, au moyen de crochets placés aux derniers segmens du corps.

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