ERISTALE, ERISTALIS
Eristalis, Lat. Dict. d'Hist. nat., Fam. nat., Fab. Syst. antl., Meig., St.-Farg . et Serv. Encyc. — Elophilus , Lai. Gen. — Milesia, Lat. Gen. — Syrphus , Fab. Spec. ins. , ent. Syst, Mant., Panz., Fall. — V’olucella, Schr. Faun, boic. — Musca, Linn., Gmel., Schr. Aust., Geof. Deg., Réaum.
Corps épais. Ouverture buccale allongée , étroite, échancrée. Lobes terminaux de la trompe épais; soies maxillaires plus ou moins allongées ; palpes cylindriques. Épistome convexe inférieurement ; une légère proéminence obtuse, au milieu. Front ordinairement linéaire au milieu, dans les mâles (1), large dans les femelles. Antennes insérées sur une saillie du front; troisième article presqu'orbiculaire ; style inséré à la base, tantôt nud, tantôt velu. Yeux velus.
Thorax à sillon transversal de chaque côté. Abdomen rétréci postérieurement dans les mâles, plus large et elliptique dans les femelles. Pieds assez menus. Cuillerons doubles. Aïles à demi-ouvertes: cellule médiastine plus longue que la marginale ; celle-ci ordinairement fermée à l'extrémité ; sous-marginale sinueuse ; fausse nervure, quelquefois nulle. ( PL 3, fig. 4 — 6.)
Le genre Eristale à été primitivement institué par M. Latreille dans le Dictionnaire d’histoire naturelle pour les Syrphies qui le composent maintenant, pour les Hélophiles et les Mallotes. M. Meigen , dans ses premiers ouvrages, y substitua le nom d’Hélophile. Fabricius, dans le Systema antliatorum, conserva le nom d'Eristale; maïs il comprit dans ce genre la plupart des autres membres de la famille , dont le dernier article des antennes est orbiculaire. M. Latreille, dans son Genera adopta le changement de nom introduit par M. Meïgen, mais il conserva celui d'Eristale pour les Syrphies dont le troisième article des antennes est plus large que long, c’est-à-dire pour les Mallotes et les Criorhines. Enfin M. Meigen, dans son grand ouvrage, divisa son genre Hélophile en deux ; il conserva ce nom aux espèces caractérisées par l'épaisseur des cuisses postérieures, et il rendit celui d’Eristale aux autres.
(1) L'Æ. sepulcralis a seul les yeux contigüs.
Ce genre diffère généralement encore du précédent par l'épaisseur du corps, par les yeux contigus dans les mâles et velus, par la cellule marginale des aïles, souvent moins longue que la Médiastine, et fermée à son extrémité (1). Le thorax a rarement des lignes longitudinales, et l'abdomen est moins orné de bandes fauves. Cependant cette organisation subit quelques modifications, et donne lieu à des subdivisions assez remarquables. Les E. sepulcralis et æneus diffèrent des autres par la couleur cuivreuse du corps, par les yeux tachetés , par les ailes entièrement hyalines et sans fausse nervure ; l’une d’elles a le front large dans les deux sexes. Le style des antennes est tantôt nud et tantôt plumeux. Les ailes, ordinairement nues, sont légèrement velues dans l'E. floreus, quand on les regarde à la loupe. Enfin les cellules se modifient également et facilitent la subdivision du genre.
Ces Syrphies commencent à paraître vers la fin de juin, et nous les voyons jusqu'aux premières gelées, longtemps après que toutes les autres ont disparu. Elles ont en partage toutes nos fleurs d'automne, et, lorsque les rayons du soleil, tous les jours plus obliques, conservent à peine assez de force pour faire épanouir nos dernières reinesmarguerites, nos aster, nos dahlia, nous voyons encore les Eristales arriver d’un vol appesanti, leur demander les sucs accoutumés, mais prêts à tarir, partager avec elles la rigueur de l’aquilon, et mourir sur leurs corolles desséchées.
Les femelles déposent leurs œufs dans l’eau ou dans des matières fluides, en volant. Nous les voyons, comme les Libellules, s'élever et s’abaisser alternativement audessus de la surface liquide, et laisser tomber leurs œufs au moment où leur abdomen est en contact avec l’eau.
Le développement des E. nemorum et tenax a été observé
(r) Excepté dans l'E. floreus.
( 160 ) par Valisnieri, Swammerdam et Réaumur : il ne difière pas de celui des Hélophiles, si ce n’est cependant que la larve de cette dernière espèce se trouve souvent dans des eaux plus sales, et jusques dans la bouillie des chiffons des papetiers. Celle de la première vit assez fréquemment dans l’eau qui se conserve dans le creux des arbres.
IL paraît qu'il y a plusieurs générations par année.
LE. Style des antennes nud.
À. Cellule marginale ratteignant pas le bord extérieur de l'aile. Ailes nues.
a. Cellules médiastine et marginale presque dégale longueur.
* Yeux séparés dans les deux sexes.