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(0 préfèrent la menthe ; les Rhingies, la mélisse des jardins : les Volucelles se réunissent autour de l’égiantier témoin de leurs amours. Enfin les Eristales, jusqu’à la fin de l’automne, dérobent des sucs à nos reines-marguerites, à nos dablia. Les Syrphies, dans leur jeune âge, ont encore d'autres relations avec les végétaux. Le détritus du bois nourrit les larves des Xylotes, des Milésies ; les racines des plantes servent d’aliment à celles des Chrysotoxes. Les bulbes des liliacées sont le berceau des Mérodons; les champignons paraissent être celui des Sphœærophories. C’est encore sur les plantes que se développent les larves des Syrphes dont les Pucerons sont la pâture ; et ce n’est pas indifféremment que les œufs dont elles sortent ont été déposés sur le chèvre-feuille ou sur la rose. T'el est l'aperçu bien imparfait des rapports qui règnent entre ce peuple léger des airs et l'empire de Flore ; faible image des harmonies ineffables qui lient entr'eux tous les êtres, et que la nature entière présente à nos contemplations pour élever
nos ames vers son auteur. k ( Voyez le tableau synoptique ci-contre. )
BACCHA ; BAccHA.
Baccha; Fab. Syst. antl., Meig., Fall., Lat. fam. nat. : St.-Farg. et Serv. Encyc. — Syrphus, fab. spec. ins., ent. syst., mant. — Musca, Gmel.
Corps grêle, allongé. Tête fort convexe antérieurement. Cavité buccale étroite; bords très-peu saillans. Trompe à lobes terminaux allongés. Palpes courts, un peu renflés et finement velus vers l'extrémité. Épistome à proéminence, Front assez large, mais rétréci postérieurement dans les femelles ; un léger enfoncement à la partie antérieure. Troisième article des antennes assez grand , carré-arrondi ; style pubescent à sa base. Yeux nuds.
Abdomen légèrement velu, allongé, menu, rétréci à la
base ; premier article très-court, épais, rétréci à l’extrémité ; deuxième très-long, menu, cylindrique ; troisième assez long, élargi à l'extrémité; quatrième assez long, d’égale largeur ; cinquième assez court, un peu rétréci à l'extrémité ; sixième court, obtus dans les mâles, obtusément pointu dans les femelles. Pieds grêles ; premier article des tarses postérieurs légèrement renflé à la base. Cuillerons petits. Balanciers découverts. Cellule marginale des ailes étroite , élargie à l'extrémité; sous-marginale droite ; quatre postérieures distinctes. (PL. 1, fig.1.)
Les Syrphies qui nous paraissent, sinon les moins développées en organisation, au moins les plus éloignées de celles que nous considérons comme capitales, sont celles dont l'abdomen est pédiculé. Ce petit groupe ne présente, ni les antennes allongées, ni le style plumeux de cet organe, ni les fortes proéminences nasales , ni la cellule sinueuse des ailes, qui se combinent plus ou moins pour caractériser les tribus supérieures. La forme en massue de l'abdomen est si étrangère au reste de la famille, que le genre Baccha par lequel nous commençons, a été fondé par Fabricius particulièrement pour des muscides, puisque l'un des caractères qu'il lui assigne est d’avoir une soie unique à la trompe, et que la première espèce qu'il décrit est le Sepedon palustris. Ce grand entomologiste, en y comprenant des Syrphies, les a donc méconnues, sans doute à cause de la forme de leur abdomen qui est la seule partie de leur organisation qui s'éloigne de la conformation ordinaire. Depuis, M. Meigen a réformé ce genre en n’y laissant, comme type, que le B.elongata auquel il a joint quelques espèces voisines. MM. de St.- Fargeau et Serville, Encyc. y ont introduit le Syrphus conopseus de Meig. , dont l'abdomen est également rétréei à sa base; mais il nous semble que cette association n’est pas naturelle, tant il y a de différence sous les autres rapports. Nous avons adopté pour cet insecte le genre Doros, Meig. KI. et Lat.
(15) fam. nat., et nous croyons lui avoir assigné des caractères qui justifient cette détermination.
Parmi les Syrphies dont l'abdomen est pédiculé, les Baccha se font reconnaître à la longueur et à la tenuité du pédicule qui, jointes à la finesse des pieds, donnent à ces petits Diptères une délicatesse et une sorte de grâce que nous ne retrouvons pas dans le reste de la famille. Elles ont aussi la tête plus convexe.
Les deux espèces que j'ai à décrire sont assez communes dans le nord de la France.