‹ Insectes diptères du nord de la France (volume 3)Chapitre 95 sur 154 · EUMÈRE cuivreux ; E. Æneus, Nob · texte numérisé non relu

EUMÈRE cuivreux ; E. Æneus, Nob

Yeux nuds. Thorax et abdomen d’un vert métallique.

Antennes et pieds noirs ; base des jambes fauve. Long. 2 +1.

Mäle : épistome et partie antérieure du front noirs, cou-

verts de poils blancs; vertex d’un vert métallique foncé.

Antennes noirâtres. Thorax et abdomen d’un vert métallique;

quatrième segment à duvet blanchâtre. Pieds noirs ; jambes

à base testacée ; tarses tantôt testacés, tantôt noirâtres. Femelle : front bordé de poils blancs. Thorax à deux lignes

blanches.

SYRITTE ; SYRITTA.

Syrilla, St.-Farg. et Serv. Encyc. (sous-genre).— X ylola, Meig., Lat. Fam. nat.— Eumenes, Meig. K1. — Milesia, Fab. Syst. antl., Lat. Gen., Fall. — Syrphus, Fab. Ent. Syst., Spec. ins., Mant., Panz. — Conops, Scop. — Musca, Linn. , Gmel., Deg., Geoff., Schr.

Tête peu déprimée. Lobes terminaux de la trompe allongés ; soies maxillaires assez longues ; palpes courts, obtusément coniques , légèrement velus vers l'extrémité et terminés par une soie allongée. Épistome caréné et avancé inférieurement. Front élargi antérieurement dansles femelles. Deuxième article des antennes nud ; troisième orbiculaire ; style peu allongé , inséré près de la base. Yeux nuds.

Abdomen allongé , plus étroit que le thorax ; extrémité arrondie dans les mâles, obtusément pointue dans les femelles. Cuisses postérieures courtes , fort renflées, denticulées en-dessous ; partie postérieure comprimée, pointillée et plus fortement denticulée ; jambes fortement arquées ; premier article des tarses renflé. Cuillerons petits. Balanciers découverts. Cellule sous-marginale des ailes légèrement arquée ; première postérieure à base un peu arrondie et extrémité sinueuse, arrondie à la pointe extérieure, sans nervure rudimentaire. ( PL 2, fig. 7.)

Le Xylota pipiens, de M. Meigen, dont MM. de St.- Fargeau et Serville ont fait un sous-genre sous le nom de Syritte , diffère des autres espèces par un si grand nombre de modifications, que je l'en avais séparé génériquement sous le nom de Trizote, avant de connaître l'excellent

travail de ces auteurs. Il me semble que dans l’état actuel de la science, ces différences motivent l'établissement d’un genre nouveau, et je me borne à substituer le nom de Syritte à celui dont j'avais fait choix , et qui exprime également le bourdonnement aigü de cette Syrphie. Dans ce genre, la tête est beaucoup moins déprimée que dans les Xylotes; l’épistome est caréné; la trompe, moins épaisse, se distingue encore par la longueur relative des soïes et par la forme conique des palpes qui se terminent par une longue svie; le style des antennes est plus court, l'abdomen plus étroit ; les cuisses postérieures sont moins longues et plus épaisses ; enfin les ailes ont la première cellule postérieure à base un peu arrondie, au lieu d’être oblique, et l'extrémité en est plus sinueuse.

Cette Syrphie paraît différer encore également des X ylotes sous le rapport des habitudes. On la voit très-souvent sur les fleurs, rarement sur le feuillage. Elle est plus commune dans les jardins que dans les bois. Elle ne montre pas cette espèce de paresse que l’on observe dans le genre suivant. Le bourdonnement aigu qu’elle fait entendre la caractérise encore et il a donné lieu à ses noms générique et spécifique.

Le développement des Syrittes a été décrit par Degeer. Ce grand observateur a trouvé les larves dans du fumier de cheval. Elles sont brunes, plus épaisses en avant que postérieurement. La tête est munie d’une petite pointe. Elles deviennent Nymphes au commencement de mai, et paraissent aîlées vers le milieu de ce mois. Cependant , suivant Geoffroy, ces larves sont de celles qui se nourrissent de pucerons. Comme il n’est guère possible d'admettre qu’elles vivent de deux manières si différentes, et que l'opinion de ce dernier auteur n’est appuyée d'aucune description, je crois qu'elle n’est qu’une conjecture, et que l’assertion de Degeer doit prévaloir.

SYRITTE piaulante ; S. prpiens.

Abdomen noir; taches latérales jaunes (mâle), blanches, (femelle), cuisses postérieures à bande fauve.

Xylota pipiens, Meig. Beschr. 3. 213. 1, St.-Farg. et Serv. Encyc. t. 10. 808.

Eumenes pipiens , Meig. Ki.

Milesia pipiens, Fab. Syst. antl. 194. 27, Lat. Hist. nat. t. 14. 362, Gen. 4. 351, Fall. Syrph. 12.0. !

Syrphus pipiens, Fab. Ent. syst. 4. 510. 119, Spec.ins. 2. 434.65, Mant. 341.77, Panz. Faun. Germ. 32. 20.

Conops pipiens, Scop. carn. 969.

Musca pipiens, Linn, Faun, suec. 1822, Gmel. Syst. nat. 5. 2877. 56, Deg. ins. 6. 120. n.0 11. tab. 7. f. 8. Schr. Faun. boic, 3. 2411, Aust. 915.

Musca, n.0 49 , Geoff. 2. 519.

Schell. g. d. m. tab. 10. f. 3.

Mâle: noir. Epistome et partie antérieure du front d’un gris blanchâtre, soyeux; vertex d’un gris mat en avant, d’un noir luisant postérieurement. Antennes d’un fauve clair ; Style noir. Thorax à reflets métalliques; deux taches blanchâtres antérieurement; bord postérieur légèrement grisâtre; côtés blanchâtres; abdomen d’un noir velouté ; premier segment bordé de longs poils blancs sur les côtés ; deuxième et troisième marqués de chaque côté du bord antérieur d’une tache jaune , arrondie du côté intérieur ; bord postérieur des troisième et quatrième à liseré fauve ; cinquième à léger duvet blanchâtre ; deuxième et troisième segmensdu ventre fauves, à bord postérieur noir.Pieds antérieurs et intermédiaires fauves ; hanches blanchâtres ; cuisses et jambes brunâtres au milieu en dessus ; pieds postérieurs noirs; base des cuisses et anneau au milieu, interrompue en dessus, fauves ( le fauve de la base de l'anneau se réunit

quelquefois en dessous ) ; base des jambes et anneau au

milieu, fauves ; ailes hyalines.

Femelle : partie antérieure du front d’un blanc roussâtre ; postérieure noire. Troisième article des antennes brunûtre. Deuxième , troisième et quatrième segmens de l’abdomen à tache d'un blanc soyeux , quelquefois jaunâtre , de chaque côté du bord antérieur ; bord postérieur du quatrième à liseré fauve.

Fort commune sur les fleurs, et particulièrement sur la Menthe.

XYLOTE ; XYLoTA.

X ylota , Meig. Beschr., Lat. Fam. nat. , St.-Farg. et Serv. Encyc. — Milesia, Fab. Syst. antl., Lat. gen., Fall. — Eumenes, Heliophilus, Meig. KI. — Merodon, Fab. Syst. antl. — Eristalis, Fall. — Thereva, Fab. Syst. antl. — Syrphus, Fab. Ent. syst., Spec. ins., Mant. — Musca, Linn., Gmel., Deg., Geof., Schr.

Tête fort déprimée. Lobes terminaux de la trompe épais ; soies maxillaires courtes; palpes ordinairement "courts, renflés à l'extrémité, nuds ou velus. Épistome avancé inférieurement, ordinairement uni, quelquefois muni d’une légère proéminence. Antennes insérées sur une saillie plus ou moins sensible du front ; deuxième article ordinairement cilié; troisième incliné, orbiculaire; style long, inséré près de la base. Yeux nuds.

Abdomen allongé, un peu plus étroit que le thorax ; cinquième segment caché. Cuisses postérieures allongées , renflées, armées de pointes en dessous; jambes arquées. Cuillerons petits. Balanciers découverts. Cellule sous-marginale des ailes presque droite ; première postérieure à base oblique, et extrémité peu sinueuse, arrondie à la pointe extérieure, émettant ordinairement , ainsi que la troisième discoïdale, un rudiment de nervure, ( PL. 2, fig. 8.)

En parcourant la synonymie des Xylotes, on voit qu'elles ont subi bien des variations, qu’elles ont été démembrées de plusieurs autres genres, qu’elles ont été subdivisées ellesmêmes, qu'elles ont, en un mot, bien exercé l’art des classificateurs , tant pour les séparer des genres voisins que pour les réunir entr'elles. En effet, ce genre, tel que M. Meigen l’a circonscrit dans son dernier ouvrage, a de grands rapports, particulièrement avec les milésies; il forme lui-même plusieurs groupes très-distincts, et il était aussi difficile de déterminer ses limites naturelles que de juger s’il ne devait pas seul former plusieurs genres.

Les caractères que M. Meigen a donnés aux Xylotes sont : les antennes inclinées, insérées sur un tubercule ; le troisième article suborbiculaire dont la base reçoit un style nud; l'épistome enfoncé, saillant au bord inférieur, plan ou légerement tuberculé; les cuisses postérieures épaisses et épineuses en dessous. L'ensemble de ces caractères suffit presque toujours pour reconnaître facilement ces Syrphies. Quant aux modifications qui rompent l'unité du genre, elles se réunissent en si grand nombre pour former deux groupes principaux, elles en affectent tellement la plupart des organes, que nous avons cru devoir proposer le genre Syritte pour le X. pipiens (1), et ce changement nous oblige d'ajouter aux caractères de M. Meigen, que nous venons de donner, ceux qui distinguent les autres Xylotes, du genre proposé: la tête fort déprimée ; les soies maxillaires courtes ; les palpes renflés à l'extrémité; l’épistome uni ; le style des antennes long ; les cuisses postérieures allongées et armées de pointes en dessous ; enfin la première cellule postérieure à base oblique.

(1) M. Meigen dit à l’article de cette espèce : « elle diffère des autres de

» ce genre, et pourrait peut-être à bon droit fermer un genre particulier ».

L'organisation des Xylotes ainsi réduites , se modifie encore. Dans le plus grand nombre, le corps est luisant, presque nud; l'abdomen assez étroit et allongé, et les palpes sont très-courts ; dans quelques autres, le corps est velu, l'abdomen assez épais , et les palpes très-allongés. De plus, les hanches postérieures des mâles sont munies, tantôt d'une épine longue et grêle , tantôt d’un tubercule pointu ; d’autres fois elles sont simples. Il est présumable que ces appendices sont analogues à la pointe que portent les Cantharides mâles aux jambes antérieures , suivant l'observation récente de M. V. Audouin, et que leur destination est également relative à la copulation.

Ces Syrphies paraïssent pendant l'été. Nous les voyons plus souvent posées sur le feuillage, dans les bois, que sur les fleurs. Quand nous en approchons, elles sont lentes à prendre leur essor, ce qui leur à fait donner les noms d’indolentes, de paresseuses, etc.

M. Meigen reçut de la collection du comte de Hoffmansegs un exemplaire de la X. prgra, près duquel était attachée la peau vuide de la nymphe. Cette peau était brune, dure, ovale, plate en dessous, fort convexe en dessus; elle avait deux petites cornes en avant et une queue courte en arrière. En comparant cette description à celle des diverses nymphes connues des Syrphies, on voit qu'elle ressemble fort à celle de la Milesia apricata, observée par Schranck. Or, cette dernière nymphe se trouve dans le bois décomposé. Il est donc probable que celle de la X. pigra a la même demeure. Quant aux larves, ni une ni l’autre n'est connue. On peut seulement présumer qu’elles ont leur berceau et qu’elles se développent dans le même detritus. Cependant , on pourrait croire aussi qu'elles vivent dans l’eau et qu’elles sont munies d’une queue, par la raison que les nymphes ont un semblable appendice , et que toutes les nymphes connues

( 128) de cette famille, ainsi conformées, proviennent de larves aquatiques , également pourvues d'une queue.

1. Hanches postérieures des mâles armées d'une épine longue et gréle. Palpes longs. Corps presque nud.

1. XYLOTE indolente; ZX. segnis, Meig., St.-Farg. et Serv. Encyc.

Abdomen fauve , à extrémité noire. Pieds jaunes, à cuisses noires et anneau obscur aux jambes.

Milesia segnis, Fab. Syst. antl. 191. 14, Lat. Gen. 4.

331, Fall. Syrph. 10. 5.

Eumnenes segnis, Meig. KI.

Syrphus segnis, Fab. Ent. syst. 4. 295. 61, Spec. ins. 2.

428. 36, Mant. 338. 42, Panz. Faun. Germ. Go. 3. Musca segris, Linn. Faun. suec. 1823, Gmel. Syst. nat.

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