Thérève annelée ; T. annulata , Meig
D’un gris blanchâtre. Antennes à poils blancs. Thorax à bandes cendrées , abdomen ( femelle ^ à bandes noires. Thereva anilis , Lat. gen. crust. , 4? 296.
Bibib anilis , Fab. , Schr. faun. boic. , Meig. Kl.
- - annulata , Fab. Syst. antl. , 68, 11 , Fall. D. Suec.
Anth. ,5,4-
Mâle : bypostome et front à poils blancs ; ce dernier à ligne enfoncée. Les deux premiers articles des antennes d’un gris clair à poils blancs ; troisième d’un brun noirâtre. Derrière de la tête d’un gris clair ; bord des yeux blanc. Thorax à poils blancs et bandes d’un gris pâle. Abdomen d’un gris blanc ardoisé, à poils blancs ; bord postérieur des segmens blanc. Cuisses grises ; jambes et premier article des tarses testacés ; les autres articles bruns. Balanciers brunâtres à tête blanche. Ailes hyalines à nervures brunes; bord extérieur d’un brun clair.
Femelle : Front d’un blanc argenté en-dessous , testacé
en-dessus. Deuxième segment de l’abdomen et suivans à bande demi - sphérique noire , pâle aux cinquième et sixième ; tarière noire.
Rare.
g. Thérèye voisine ; T. confiais , Meig.
Thorax blanchâtre , à bandes obscures. Abdomen argenté ( mâle ) ; d’un brun noirâtre à taches latérales blanches ( femelle ).
Bibio confiras , Fall. , Dipt. suec. platyp. , iz.
— * — rustica (fem. ) , Panz. Faun. , Germ. , go , zi , Lat.
- - plebeïus ( fem. ) , Scli. , Faun , Boic. , 3 , z3yo.
Long. 5 7.
Mâle : hypostome et front d’un blanc luisant. Thorax d’un gris clair à bandes plus obscures. Abdomen à poils d’un blanc argenté , luisant , à reflets bleuâtres \ bord postérieur des segmens blancs ; anus fauve en-dessous. Cuisses grises ; jambes et tarses fauves à articulations noirâtres. Balanciers d’un jaune pâle. Ailes hyalines.
Femelle : hypostome et partie antérieure du front d’un blanc luisant ; vertex noirâtre. Abdomen d’un brun noirâtre em-dessus ; segmens à taches latérales blanches et bord postérieur jaunâtre ; ventre d’un gris noirâtre , à bord postérieur des segmens jaunâtre.
Rare;
LEPTIDES ; Leftides, Meig.
Bhagionides , Lat.
Caractère essentiel : antennes de trois articles; troisième sans divisions. Trompe saillante. Tarses munis de trois pelottes. Ailes à cinq cellules du bord postérieur.
Corps allongé. Tête hémisphérique très-déprimée , de la largeur du Thorax , et un peu plus basse. Front souvent nu. Hypostome nu , court, marqué de deux lignes enfoncées et divergentes. Trompe saillante , charnue , épaisse ,
creusée en gouttière en-dessus; labiules épaisses, allongées , légèrement velues en-dessous , marquées d’une ligne enfoncée , oblique , du côté extérieur. Lèvre supérieure tantôt tronquée obliquement , tantôt pointue ; langue capillaire ; denx soies ( mâchoires ) capillaires. Palpes fort velus , de deux articles ; premier court , cylindrique .; deuxième allongé , tantôt conique , incliné sur la trompe , tantôt cylindrique et relevé. Antennes rapprochées l’une de l’autre , insérées à la partie inférieure de la tête , près de la trompe ; de trois articles ; premier ordinairement court et cylindrique ; second cyathiforme ; troisième conique ou ovale , muni d’un style capillaire , tantôt apical et velu, tantôt dorsal et nu. Yeux ronds; trois yeux lisses.
Thorax souvent muni d’un tubercule sur les épaules ; suture interrompue ; poitrine souvent saillante en-dessous. Abdomen long , conique , obtu^ dans les mâles , pointu dans les femelles , quelquefois déprimé. Pieds assez longs , grêles, finement velus ; jambes postérieures et intermédiaires terminées par deux pointes ; tarses munis de trois pelottes. Balanciers découverts. Ailes à deux cellules sousmarginales terminales, trois discoïdales, cinq postérieures ; anale ordinairement ouverte , quelquefois fermée et pétiolée ; nervure axillaire nulle. ( Pl. a , f 3, 5.)
La place qu’occupe la famille des Leptides dans l’ordre naturel me paraît mieux déterminée qu’aucune autre. Elles sont , avec les vésiculeux , les seuls DiptèVes qui aient à la fois le troisième article des antennes simple, c’est-àdire , sans subdivisions , et les tarses munis de trois pelottes ; de sorte qu’ils forment une transition entre les deux grandes séries des Diptères à antennes triarticulées. Toutes les familles qu’il nous reste à décrire jusqu’aux Tipulaires nous offriront le troisième article des antennes
plus ou moins subdivisé , et les tarses pourvus de trois pelottes. Ce dernier caractère peut paraître , par son peu d’importance physiologique , un lien bien faible pour unir ces deux tribus ; mais le reste de l’organisation montre qu’il n’est pas arbitraire , et les Leptides les lient encore entr’elles par les parties de la bouche et par les nervures des ailes.
Plusieurs autres organes ont une disposition qui distingue plus ou moins les Leptides des autres Diptères. Les antennes sont insérées au bas de la tête et bien près de la trompe. Le thorax a souvent de chaque côté du bord antérieur un tubercule comme dans les Conopsaires. La poitrine est fort proéminente en - dessous , et les hanches antérieures qui s’appliquent contre elle , sont allongés dans la même proportion. Enfin les jambes postérieures et intermédiaires sont terminées par deux pointes , tandis que les antérieures n’en ont pas.
Cette petite famille présente plusieurs modifications assez importantes dans les organes. La lèvre supérieure est tronquée obliquement dans les uns et pointue dans les autres. Les palpes sont tantôt couchés sur la trompe , et tantôt relevés verticalement. Les antennes ont le troisième article conique et à style terminal dans le genre Leptis , ovale et à style dorsal dans les Athérix. Enfin il y a une légère variation dans la cellule anale des ailes , qui est ouverte ou fermée.
Les Leptides sont communs partout. Ils se tiennent sur les herbes et sur le tronc des arbres. On ne sait pas quelle est leur nourriture. Je ne les ai jamais vus sur les fleurs où tant de Diptères puisent des sucs nourriciers , et je ne les ai jamais trouvés occupés , comme tant d’au 1res , à faire la guerre aux autres insectes.
Nous connaissons mieux le développement des Leptides.
Degeer a le premier observé les larves des Leptis scolopacea et annulata. Elles habitent la terre, le sable, le terreau des vieux saules. Elles sont apodes , allongées , à-peu-près cylindriques, rétrécies antérieurement, munies de deux stigmates à l’extrémité , couronnées de papilles ou de tubercules. Elles ont le corps composé de onze ou douze segmens qni sont souvent entourés d’un anneau élevé. La tête est petite , cornée , munie d’antennes. Les nymphes sont nues , cylindriques , pourvues d’épines fort petites au bord des segmens , et plus grandes à l’extrémité. Ces larves et ces nymphes , fort semblables à celles des autres Diptères , vivent cachées dans la terre , et se nourrissent apparemment de substances végétales.
Degeer a observé dans le midi de la France une autre larve de Leptide différente de celle-ci par quelques parties de l’organisation , et surtout par les habitudes qui nous présentent un des faits les plus singuliers de l’histoire des insectes. Tandis que les larves des Diptères ont généralement l’instinct le plus obtus , celle du Vermilion nous fait admirer une industrie presqu’égaîe à celle du Fourmilion , si bien décrite dans les Mémoires de Réaumur. Cette larve a la tête petite , molle (i) , .conique , armée de deux crochets ; le corps est muni ça et là de poils roides dirigés en avant et insérés sur de petits mamelons. Le dernier segment est plus long que les autres , plat , courbé et élevé , et il se termine par quatre tentacules charnus , pourvus de quelques poils assez épais. Sur les côtés du cinquième segment, on voit aussi une petite saillie de l’extrémité de laquelle sort une pointe rétractile , cornée , brune , conique. Aussi vive que les autres larves
( i ) Latreille dit que cette larve a la tête de forme variable f et Meigen , qu’elle l’a cornée.
sont lentes , celle-ci se fait dans le sable de petits enfoncemens en forme d’entonnoirs semblables à ceux du Fourmilion. Degeer n’a pas vu si elle se sert du même procédé pour les creuser ; si elle y parvient en jetant le sable de la même manière et en faisant les mêmes circonvolutions ; mais comme elle est différemment Conformée , et que , n’ayant pas de pieds , elle ne peut que ramper , il est très - probable qu’elle se borne à lancer le sable du centre de l’excavation au moyen d’un mouvement de tête qui lui est propre. Quoiqu’il en soit, elle se tient de même à demi-cachée au fond de son embuscade, et attend que quelque petit insecte y trébuche. Elle le saisit alors en le serrant dans les replis de son corps , et sans doute avec les pointes du cinquième segment , elle le tue , en hume toute la substance , et finit par en jeter fort adroitement la dépouille hors de l’entonnoir avec la tête. Lorsqu’elle a atteint le terme de son développement , elle se transforme en nymphe sans se faire de coque et sans conserver l’enveloppe de la larve , mais en se couvrant de sable qui s’attache au corps.
La classification des Leptides a éprouvé de grandes variations. Confondus dans le genre mouche par Linnée , comprises parmi les Némotèles de Degeer, Fabricius institua pour elles le genre Rhagion dans ses premiers ouvrages, mais en y colloquant , par une assimilation bien peu naturelle , les Rhyphes et même les simulies et les Sciares. Latreille en ota tout ce qui y était étranger, et il fonda la famille des Rhagionides , en y comprenant les Dolichopes dont il fit depuis une famille particulière. Meigen , dans son ouvrage sur la classification des Diptères , sépara des Rhagions le genre Athérix , caractérisé par le style dorsal des antennes. Peu après, Fabricius, dans le Systema antlia-
torum , adopta le nom de ce nouveau genre ; mais % prenant pour caractère la disposition des palpes , il y introduisit d’autres Rhagions. Il substitua aussi à ce dernier nom cèlui de Leptis pour éviter qu’on ne le confondît avec celui de Rhagium donné à un genre de Coléoptères* Enfin Meigen , dans sa description des Diptères d’Europe, conserva cette nouvelle dénomination ; mais , rendant au genre Athérix les caractères qu’il lui avait donnés , il replaça parmi les Leptis les espèces dont Fabricius avait fait des Athérix. Tel est l’état actuel de cette famille, auquel je crois devoir proposer encore un changement. Meigen en caractérisant le genre Leptis par les antennes à style apical , l’a divisé en deux sections d’après la direction et la conformation des palpes ; l’une composée des espèces qui ont ces organes couchés sur la trompe ; l’autre, de celles où ils sont relevés, et dont Fabricius a formé le genre Athérix. Comme cette dernière section me paraît offrir, outre ce caractère important , d’autres différences dans la plupart des organes, j’y trouve tout ce qui constitue un genre très-naturel , et j’en propose la formation sous le nom de Chrysopile, celui d’ Athérix appartenant de droit aux Leptides à style dorsal , auxquelles Meigen l’a primitivement donné.
Tableau synoptique des genres.
Troisième article des antennes ( Palpes couchés . LEPTIS.
à style apical. ( palpes ?elcvés. ..... GHRYSQPlLE.
Troisième article des antennes à style dorsal. ....... ATHÉR'ÎX.
LEPTIS, Leptis*
Leptis , Fab. Syst. antl. , Fallèn , Meigen.
Bhagio , Fab. Spec. ins. , Ent. syst. , Rossi , Cuvier ,
Panzer , Latreille Walckenaer , Illiger , Schranck , Schellenberg , Meig. Klassif. — Nemotelus , Degeer. — jyiuscct , J, innée , Gmelin , Schranck , Villiers.
Corps lisse. Tête assez petite. Trompe cylindrique ; lèvre supérieure tronquée obliquement. Palpes couchés ; deuxième article conique. Troisième article des antennes à style apical.
Thorax muni d’un tubercule de chaque côté ; poitrine fort saillante en-dessous. Hanches antérieures allongées. Cellule anale des ailes ouverte. (PL 2 , J 3. )
Ce genre que je réduis, à l’exemple de Fabricius , aux Leptides dont les palpes sont couchées sur la trompe , forme la première section des Leptis de Meigen. Toutes les espèces que j’ai observées ont les caractères qui leur sont attribués. Cependant plusieurs autres , décrites par cet observateur , ne les réunissent peut-être pas tous, et peuvent se rapprocher du genre suivant.
Ces insectes sont assez agréables par les taches noires qui ornent le fond jaune de leur abdomen. Ils ne se tiennent guères que sur le tronc des arbres. Lorsqu’ils se posent , leur unique mouvement est ordinairement de se placer le corps dirigé vers la terre , et ils y restent long-temps immobiles. Ils se réunissent souvent en grand nombre , le soir pendant l’été, sur le côté de l’arbre exposé aux derniers rayons du soleil.