‹ Insectes diptères du nord de la FranceChapitre 206 sur 666 · Athérix sans tache ; A. immaculata , Meig. ; Fab. Syst · texte numérisé non relu

Athérix sans tache ; A. immaculata , Meig. ; Fab. Syst

antl.

D’un gris obscur. Ailes sans tache. Balanciers testacés.

Long. 2 I. m. , 3 1. fem.

Front marqué d’un point blanc au-dessus des antennes. Thorax à trois bandes noires peu distinctes. Pieds noirs ; genoux roussâtres. Ailes légèrement grisâtres; tache stigmatique peu distincte ; cellule anale ouverte.

Très-commun au mois de mai sur les herbes des fortifications de Lille.

VESICULEUX ; inflàtœ , Lat. , Meig.

Caractère essentiel : antennes ordinairement de deux articles distincts ; dernier sans divisions. Abdomen trèsépais. Tarses munis de trois pelottes.

Corps court , très-épais. Tête très-petite , subglobuleuse , déprimée antérieurement , beaucoup plus basse que le thorax. Trompe tantôt très-allongée , fléchie sous la poitrine et accompagnée de palpes très-petits et filiformes , tantôt paraissant nulle et sans palpes distincts. Antennes insérées tantôt entre les yeux , sur le vertex , tantôt sur le bord antérieur de la bouche , ordinairement de deux articles distincts, le dernier quelquefois terminé par un style. Yeux contigus , occupant presque toute la tête. Trois yeux lisses.

Thorax beaucoup plus large que la tête , arrondi , fort élevé ; côtés du premier segment se prolongeant souvent en épaulettes saillantes. Abdomen grand , paraissant vide , cylindrique , arrondi postérieurement , de cinq segmens distincts. Pieds sans pointes. Tarses munis de trois pelottes ; premier article allongé. Cuiller ons très-grands, voûtés. Balanciers petits. Ailes écartées , Inclinées aux côtés du corps ; nervures diversement disposées ; tantôt deux ce!-

iules sous-marginales , ^rois discoïdales, cinq postérieures , tantôt une ou deux discoïdales, trois ou quatre postérieures peu distinctes (i).

Nous plaçons ici une famille embarrassante pour la classification , assez naturelle , si Ton considère la forme générale dq corps, mais bien arbitraire et composée de deux familles distinctes , si l’on examine les divers organes en particulier ; empruntant quelques traits de divers autres Diptères , mais ayant en propre une figure fort extraordinaire. En voyant le thorax et l’abdomen grands , larges, convexes, ce dernier ne semblant contenir que de l’air, accompagnés d’une tête si petite, insérée tellement au bas du thorax , qu’on ne l’aperçoit pas d’abord, on comprend comment le nom d’Acéphale a pu être donné à l’un de ces insectes , et il semble qu’une conformation si disproportionnée n’est due qu’à l’injection artificielle d’un fluide qui aurait élevé et étendu excessivement le corps sans la tête , et produit ainsi une espèce de monstre.

Les vésiculeux , outre cette conformation si anomale, ont une espèce d’épaulette au thorax , formée par la dilatation du premier segment ; les cuillerons qui recouvrent les balanciers sont très-grands. Les ailes écartées et inclinées semblent rejetées sur les côtés du corps ; enfin les pieds ne sont armés d’aucune pointe , et les tarses sont munis de trois pelottes. Maintenant , si l’on recherche les différences qui les distinguent entr’eux , on voit d’abord , dans les uns , une trompe longue , accompagnée de palpes et semblable à celles des Bombyles , mais fléchie sous la poitrine comme dans les insectes Hémiptères ; dans les autres , elle semble nulle et sans palpes. Les premiers ont le système réticulaire des ailes très-complet et semblable

(i) Nous figurerons ces ailes dans le prochain fascicule.

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à celui de Leptides ; dans les seconds , il est trèsimparfait et se rapproche quelquefois de celui des Stratiomydes. Outre ces deux modifications qui , par leur importance , pourraient autoriser la division de ces Diptères en deux familles , l’insertion des antennes est diversifiée dans l’un de ces groupes , et se trouve tantôt sur le vertex , tantôt sur le bord antérieur de la cavité de la bouche. Il semble que la petitesse de la tête et la grandeur relative des yeux n’aient laissé de place pour cet organe qu’aux deux extrémités de la tête.

On ne sait que peu de chose sur les mœurs de ces petits Diptères , et rien sur leur mode de développement. Ceux qui ont la trompe allongée et les nervures des ailes nombreuses, voltigent en bourdonnant autour des fleurs (i), et y puisent leur nourriture, sans doute en volant comme les Bombyles. Ils recherchent le soleil et les lieux un peu élevés. Ceux dont la trompe et les nervures alaires $ont peu développées, n’ont pas de vivacité (2). On les trouve sur les herbes et sur les fleurs , souvent au bord des eaux. Les premiers sont propres au midi ; ils s’étendent dans l’intérieur de la France , mais ne parviennent pas jusqu’à Paris. Les autres appartiennent à toute l’Europe , mais ils sont rares partout.

Cette petite famille , qui offre deux genres d’organisation si éloignés l’un de l’autre , ne peut pas se placer d’une manière naturelle. Instituée par M. Latreille , elle a été rangée par son fondateur , d’abord entre les Empides et les Siphonculés , ensuite entre les Bomhyliers et les Syrphies. M. Meigen la place entre les Empides et les Stratiomydes. Je crois devoir la mettre entre celles-ci et les Leptides , par la

(1) Voyez Latreille, Histoire naturelle des Crust. et Ins. , t» i4 y p. 3i4.

(2) Voyez Meigen, tons. 3 , p. 99.

considération des trois pelottes des tarses. Elle forme * comme je l’ai dit , avec cette dernière famille , une transition pour arriver aux Diptères dont le troisième article des antennes est divisé , et elle présente quelquefois des rapports directs avec les Stratiomydes parmi lesquels Fallèn a rangé l’un des genres dont elle se compose.

TABLEAU DES GENRES

' mpe cachée. ( sur le vertex . ACROCÈRE.

i a tennes insérées, <

( au bord de la bouche. QGCODE.

ACROCÈRE ; Acrocera.

Acrocera , Meig. , Lat. — Henops , Fall. , Fab. Syst. antl.

— Ogcodes , Lat. Gen. crust: — Syrphus , Fab. Ent.

syst., Panz.

Trompe et palpes en apparence nuis ; suivant Fabricius, pe tite et rétractile ; suçoir consistant en une gaine univalve , et ne renfermant qu’une soie; palpes ' courts , filiformes ; vertex un peu plus bas que les yeux et recevant antérieurement la base des antennes , et immédiatement après , les yeux lisses. Antennes petites, verticales; premier article très-court , patelliforme ; deuxième fusiforme , terminé par un long style.

Thorax nu. Abdomen presque sphérique. Nervures des ailes facilement distinctes; cellule marginale imparfaite; deux sous-marginales terminales dont la première imparfaite ; deux discoïdales ; l’externe quelquefois confondue avec la première postérieure ; deux postérieures n’atteignant pas l’extrémité de l’aile ; anale et axillaire distinctes.

M. Meigen a donné le nom d’Acrocères aux insectes de cette famille qui ont les antennes insérées sur le vertex, par opposition aux Hénops qui ont cette insertion près

de la bouche. Cette considération l’avait conduit à corc^ prendre dans le même genre des Vésiculeux à trompe longue et courte. Ï1 les a séparés depuis , en adoptant pour les premiers le genre Cyrte que M. Latreille avait formé du Syrphus gibbus de Fabricius.

î, AckocÈRE orbicule ; A . orbiculus , Meig.

Noir. Abdomen taché de blanc.

Henops orbiculus , Meig. Klass, i , ï5a, a. , Fab .Syst. antL , 334, 2. c ..

Ogcodes orbiculus , Lat. Gen. crust. ins., 4 1 3 18,

Syrphus orbiculus ? Fab. Ent. syst., 4 7 3n , 122.

Thorax à deux taches blanches , allongées , de chaque côté ; l’une à l’épaule , l’autre entre la base de l’aile ef; l’écusson. Abdomen d’un brun noirâtre ; premier segment à large bande blanche interrompue ou échancrée antérieurement au milieu et n’atteignant pas le bord extérieur ; deuxième à bande semblable moins interrompue et s’étendant davantage sur les côtés ; les suivans forts petits 9 entièrement blanchâtres ; anus brunâtre. Pieds d7un blanc jaunâtre. Guillerons fort convexes. Ailes hyalines, beaucoup plus longues que l’abdomen.

Fort rare.

OGCODE ; Ogcodes.

Ogcodes , Lat. — Henops , Meig. , Fab., Syst. antl. , Walck, , Fall. Syrphus , Fab. Ent. syst. , Panz. — Nemotelùs Schœff. — Musca , Linn. , Gmel.

Trompe et palpes comme dans le genre précédent. Antennes insérées sur le bord antérieur de la cavité de la bouche , très-petites, inclinées ; premier article très-court, patelliforme ; deuxième ovalaire , à style allongé , un peu renflé à l’extrémité et terminé par deux petites soies, thorax pubescent. Abdomen presque sphérique , déprimé

en-dessous. Nervures des aiies peu distinctes ; cellules marginale et sous-marginale confondues ; deux discoïdales ; quatre postérieures ; deuxième et troisième confondues à la base.

L’insertion des antennes au bord de la bouche distingue singulièrement les Ogcodes des Acrocères , et les rapproche un peu des Némotèles parmi lesquelles Schœffer les a rangés. Ces insectes ont un autre rapport avec ces dernières par la nullité apparente des palpes et les couleurs de l’abdomen. Ils offrent encore une certaine ressemblance avec les Stratiomydes en général par les nervures peu distinctes des ailes. Aussi Fallèn les a-t-il compris dans cette famille , avec les Acrocères , quoique la forme du corps les en éloigne entièrement.

M. Latreille a donné à ces insectes le nom d’Ogcodes ; M. Meigen a adopté celui d’Hénops , qui appartient à Illiger. Avec des droits à peu près égaux, l’un et l’autre réclament la préférence fondée sur la priorité (i). Comment pourrions-nous hésiter à choisir le nom donné par le grand entomologiste , émule de Fabricius, qui , s’éloignant d’une trop séduisante théorie , a posé la science sur ses véritables bases , lui a donné la plus belle ordonnance , une classification avouée par la nature , une hiérarchie indispensable à l’ordre ; dont les immenses travaux ont porté le plus grand jour , non-seulement dans la classe entière des insectes , mais encore dans celles des Crustacés et des Arachnides ; qui compte parmi ses élèves la plupart des entomologistes actuels , et dont la retraite enfin ,

(i) Ces deux noms qui n’expriment que des caractères communs à toute la famille, pourraient être remplacés par celui de Slomacère, qui indiquerait le caractère essentiel fondé sur l’insertion des antennes sur les bords de la bouche.

toute récente et nécessitée par la fatigue de ses longs travaux , affligerait profondément la science si elle ne conservait l’espoir que, rendu à la santé par le repos, il pourra jouir paisiblement d’une célébrité si bien acquise.

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