OGCODE varié ; O. varias > Lat. Encyc
Thorax noir à taches roussâtres. Abdomen brunâtre à taches noires et bord postérieur des segmens blanchâtre. Long. 2 1.
Thorax d’un noir luisant , puhescent ; extrémité du premier segment , bord postérieur des épaules , pointe de l’écusson et deux taches à la base de ce dernier , d’un roussâtre foncé. Abdomen d’un brun roussâtre ; bord antérieur des segmens noirâtre et s’avançant au milieu en taches triangulaires ; bord postérieur d’un blanc jaunâtre ; ventre blanchâtre ; quelques points noirs sur les côtés. Pieds noirs ; extrémité des cuisses et jambes jaunâtres. Cuillerons blanchâtres. Ailes brunâtres à nervures noires.
Rare.
STRATIOMŸDES ; Stratiomydæ , Lat. , Meig.
Caractère essentiel : antennes de trois articles ; troisième divisé. Abdomen de cinq segmens distincts. Tarses,
munis de trois pelottes. Ailes ordinairement à cinq cellules postérieures, souvent peu distinctes.
Corps oblong. Tête subhémisphérique , à la hauteur du Thorax. Front presque nul dans les mâles ; large dans les femelles ; hypostome ordinairement plat. Trompe peu saillante ; lobes terminaux , épais , ovales , velus. Lèvre supérieure pointue ou échancrée ; langue rarement dis» tincte ; deux soies ( mâchoires ) capillaires , quelquefois peu distinctes. Palpes ordinairement de trois articles ; le troisième ordinairement renflé. Antennes rapprochées à la base , insérées ordinairement vers le bas de la tête , de trois articles; i.er cylindrique; 2.e cylindrique ou cyathiforme ; 3.e lenticulaire , conique ou fusiforme , à 3 , 4 ou 5 divisions, ordinairement terminé par un style. Yeux arrondis ; trois yeux lisses.
Thorax ovale , marqué d’une suture sur les côtés ; écusson tantôt nautique , tantôt armé de deux pointes au bord postérieur. Abdomen ordinairement court , déprimé, dépassant les ailes sur les côtés , de cinq segmens distincts. Pieds assez courts ; jambes mutiques ; tarses munis de trois pelottes. Balanciers allongés , découverts. Ailes couchées. Nervures postérieures 7 souvent peu distinctes ; point de cellule stigmatique ; marginale très-petite ; deux sous-marginales petites , ordinairement éloignées du bord postérieur ; trois discoïdales ; ordinairement cinq postérieures n’atteignant pas ordinairement l’extrémité de l’aile ; base de la quatrième appuyée sur la discoïdale inférieure; anale fermée, souvent éloignée du bord intérieur et arrondie vers l’extrémité ; nervure axillaire nulle. (PL 2 , fig. 6 — 8; pl. 3, fig. 1—3.)
Trois familles de Diptères , les Stratiomydes , les Xyïophagites et les Tabaniens , qu’il nous reste à décrire jusqu’aux Titulaires, offrent une modification singulière
dans la conformation de leurs antennes. Les deux premiers articles n’ont rien de particulier ; mais ensuite on distingue , soit une suite d’autres articles plus ou moins serrés qui paraissent n’en former qu’un , soit réellement un seul qui , marqué d’incisions circulaires , semble subdivisé en plusieurs. C’est cette dernière définition qui a été généralement adoptée, excepté pour le genre Hexatome parmi les Tabaniens, dont les antennes sont réputées de six articles. Je pourrais appuyer l’opinion contraire en rapportant une observation que j’ai faite sur les antennes des Stratiomydes. J’en ai brisé quelquesunes en les pliant , et elles se sont toujours rompues à l’une des sections , ce qui semble prouver qu’il y a autant d’articles que d’incisions. Il est à remarquer aussi qu’un assez grand nombre d’autres insectes de divers ordres , tels que les Cynips , les Nitidules et plusieurs Tipulaires , ont également les antennes terminées par une masse composée de plusieurs articles plus ou moins serrés , et qui a la plus grande analogie avec le troisième article que nous examinons. Quoiqu’il en soit, M. Latreille , dans ses savans Mémoires sur l’organisation des insectes , considère les antennes comme composées de deux parties : la base, formée de deux articles, qui se modifie fort peu, et la tige, infiniment variable , dont nous retrouvons en quelque sorte le type dans le dernier article des antennes Inarticulées des Diptères , et qui présente la modification la plus simple dans ceux qui ont ce troisième article incisé , comme les Stratiomydes, les Xylopbagites et les Tabaniens. Cet organe paraît donc développé dans ce groupe plus que dans les familles précédentes, et il semble être une transition pour arriver aux Tipulaires. Les autres parties de l’organisation montrent aussi plus ou moins un développement ascendant. Dans ces trois
familles , les tarses sont munis de trois pelottes comme dans les Leptides et les Vésiculeux. Les Stratiomydes et les Xylophagites ont souvent les palpes de trois articles. Enfin les Tabaniens ont la trompe plus fortement organisée que dans aucun autre Diptère , à l’exception du genre Cousin.
Ces trois familles , par les caractères qui leur sont communs , constituent une tribu plus naturelle qu’elle ne le paraît d’après un examen superficiel. Rien de plus différent que les Stratiomydes et les Tabaniens , et cependant les Xylophagites viennent s’interposer entr’eux , et s’unissent tellement aux unes et aux autres , qu’il est impossible de méconnaître la série naturelle que ces familles forment entr’elles.
Les Stratiomydes , par lesquelles nous commencerons , à cause de leur organisation moins développée , montrent surtout cette infériorité dans la conformation de la Trompe. Non-seulement les soies écailleuses ne sont pas au nombre de six comme dans les Tabaniens , mais on en distingue difficilement quatre , et Latreille même n’en a reconnu que deux , la lèvre supérieure et la langue. Cependant les palpes ont souvent un article de plus que n’en ont ordinairement les Diptères , et le troisième est quelquefois remarquable par sa forme globuleuse.
Les nervures des aîles semblent également moins développées que dans les familles suivantes , et elles ont une disposition particulière. La cellule marginale fort petite, prend naissance vers l’extrémité de la médiastine , tandis que dans la généralité des Diptères , elle commence bien en deçà. Les deux sous-marginales , égalemeut petites , n’atteignent pas l’extrémité de l’aile. Enfin les nervures qui forment les cellules postérieures sont incomplètes et affectent une disposition rayonnante autour de la dis-
Êôïdale inférieure. On remarque aussi que la surface des àiles est ridée longitudinalement (i).
tes Stratiomydes diffèrent encore des Diptères suivans par la conformation de l’abdomen qui n’offre que cinq sëgmens distincts ; et telle est apparemment la raison qui a déterminé Meigen à les rapprocher des Syrphies et des Muscides , en accordant plus d’importance à ce caractère qu’à ceux qui les en éloignent ; cependant si l’on considère que la différence observée dans le nombre des segméns de l’abdomen des Diptères n’est qu’appai’ènte , et que ce nombre est toujours de sept dont les derniers , quelquefois fort petits et rétractiles , sont plus Ou moins cachés dans le précédent ; cette différence se réduira à quelques modifications dans la forme , et perdra beaucoup de l’importance que Meigen parait y attacher.
Ces Diptères ainsi que les Xylophagites offrent encore un Caractère distinctif dans les pointes qui terminent souvent l’écusson $ et dont la destination est peut-être de faciliter la sortie de l’insecte hors de l’enveloppe de nymphe. Ces pointes leur ont fait donner i par ïtéaumur , le nom de Mouches armées * traduit en celui de Stratiomys par Geoffroy qui en a fondé le genre. Ensuite Meigen et tabricius ont divisé ce genre en plusieurs autres , et Latreille l’a converti en famille. Enfin Meigen , considérant les principales modifications et particulièrement le nombre des segmens de l’abdomen , a établi une seconde famille sous le nom de Xylophage.
L’organisation des Stratiomydes se modifie de diverses
(i) M. Lalreillé * trompé par la disposition singulière de la cellule Üiargihale , l’a prise pour un stigmate ; de sorte qu’il regarde les sousiiiaïgihalës comme marginales » et la première postérieure comme sous- Marginale.
manières. La tête , ordinairement déprimée , se prolonge en pointe dans les némotèles. Le même genre offre une autre singularité dans l’insertion des antennes sur cette saillie de la tête. Plusieurs genres sont caractérisés par le nombre des divisions du troisième article des antennes qui varie de trois à cinq , et par la forme de cet article. Quelques-uns se distinguent par la forme de la lèvre supérieure et des palpes ; d’autres par l’écusson armé ou mutique. Les nervures des ailes , quoique peu diversifiées , offrent encore des caractères génériques. Enfin une modification singulière affecte les yeux dont les facettes , dans quelques Stratiomes mâles , sont beaucoup plus grandes dans la partie supérieure que dans l’inférieure. Je n’ai fait la même observation que sur les Tabaniens.
Les Stratiomydes de l’Europe appartiennent généralement à la partie tempérée , et les espèces connues y sont nombreuses. Quelques-unes sont rares dans le nord de la France*
Ces insectes proviennent de larves ovales , allongées , aplaties , qui , pour la plupart , vivent dans l’eau. Le corps est formé de douze segmens recouverts d’une membrane assez dure et peu flexible ; les premiers sont larges et courts ; les trois derniers ordinairement étroits et allongés en forme de tube. Dans les espèces aquatiques , la tête est petite , cornée. La bouche est accompagnée , tantôt de deux crochets, tantôt de six. On y distingue encore deux espèces de palpes garnis de cinq pointes arquées et de poils. Cette conformation et l’action rapide et habituelle des palpes qui met l’eau en mouvement , paraît indiquer que ces larves se nourrissent de petits animaux que l’agitation de l’eau amène à la portée de la bouche* Les trois derniers segmens du corps sont munis
en-dessous de deux petits crochets. Le dernier est terminé par un stigmate entouré d’une touffe de poils barbus que la larve met en contact avec l’air pour respirer , en se tenant souvent à la surface de l’eau. Les poils s’épanouissent alors en entonnoir , et paraissent ne servir qu’à écarter l’eau de l’ouverture du stigmate. Quoiqu’ils ressemblent fort aux panaches qui, dans d’autres animaux aquatiques, sont l’organe même de la respiration.
Lorsque ces larves ont atteint le terme de leur développement , elles changent d’état sans aucun changement extérieur de forme , restant sans mouvement et flottant sur l’eau. Leur peau sert de coque aux nymphes qui , ovales et offrant déjà tous les organes de l’insecte ailé , ne remplissent qu’une partie de cette enveloppe. Cet état dure dix à douze jours , et la dernière métamorphose a lieu comme dans les autres Diptères.
Swammerdam a le premier fait connaître le jeune âge des Stratiomydes ; Réaumur ensuite l’a observé et décrit avec son talent ordinaire. Le développement de ces Diptères a été revu depuis par la plupart des entomologistes qui ont étudié les mœurs des insectes, et aucun doute ne semblait pouvoir s’élever sur la vérité de ces observations, lorsqu’un professeur distingué de l’Allemagne fit une remarque qui lui donna une opinion différente sur le premier état des Stratiomydes, et il la fit adopter par Meigen qui tient le premier rang parmi les naturalistes dont les travaux ont les Diptères pour objet. « Suivant » les observations , dit ce dernier , de feu le professeur j> Knoch , de Brunswick , les larves ( des Stratiomes ) sont » des chenilles parasytes qui vivent dans les vers aqua- » tiques que l’on a pris faussement jusqu’ici pour les » véritables larves ; car un de ces vers qu’il avait placé » dans un vase , mit au jour plus de 3oo petits qui lui
» étaient entièrement semblables (i). L’exactitude de cet » excellent naturaliste ne laisse aucun doute sur la vérité }> de ses observations. La différence totale de la figure de » ces larves présumées avec celle des autres larves de » mouches , s’explique maintenant , ainsi que la cause » pour laquelle on réussit si rarement à élever ces Dip- » tères, ces vers vivant souvent sans en nourrir les larves. » Ainsi la demeure de ces larves est connue , mais leur V propre conformation ne l’est pas encore. »
Quel que soit mon respect pour des autorités aussi imposantes , je ne puis abandonner l’ancienne opinion pour la nouvelle. D’abord l’observation sur laquelle celle-ci est basée ne me paraît pas concluante. Knoch rapporte à la vérité qu’un de ces vers en mit au jour plus de 3oo qui lui étaient semblables , mais il ne dit pas de quelle manière il en fit l’observation ; s’il les vit sortir du corps de leur mère , ou si, les ayant trouvés dans le même vase rempli d’eau , sans les y avoir mis , il en conclut qu’ils y étaient nés de celui qu’il y avait déposé. Il y a de grandes raisons pour adopter cette dernière interprétation , et il me semble que la conséquence que Knoch en a tirée n’est rien moins qu’inattaquable, et qu’il est très-possible que ces 3oo vers soient éclos dans le vase d’un pareil nombre d’œufs qui ont facilement pu s’y trouver sans que Knoch s’en soit aperçu, la plupart des œufs d’insectes déposés dans l’eau ayant une transparence qui les rend peu visibles. Cette conjecture est d’autant plus admissible que les Stratiomydes , paraissant dans l’état parfait à deux époques différentes , au printemps et en été , il doit y avoir deux générations par an , et
(1) Voyez Kuochs neue beitrage zur iusektenkuncle , Leipsick , 180!. Seite JQ3.
qu’on peut trouver leurs larves dans différens degrés de développement.
Une seconde raison qui me dissuade de partager l’opinion du professeur allemand , est la difficulté qu’il y aurait pour les Stratiomydes de loger leurs larves dans les vers qui , selon lui , les nourrissent de leur substance. On ne peut guères supposer que ces insectes puissent déposer leurs œufs dans le corps des vers aquatiques, comme les Ichneumons dans celui des chenilles. Il est vrai que la nécessité de respirer amène souvent ces prétendus vers à la surface de l’eau ; mais ils se tiennent dans une position plus ou moins renversée, et il n’y a que le tube respiratoire en communication avec l’air. Si l’on préféré l’hypothèse que le Stratiome confie ses œufs à l’eau , et que les larves, à leur naissance, s’introduisent dans le corps de leurs vers nourriciers , il est encore bien difficile de leur supposer les moyens nécessaires pour cette opération.
Enfin une raison plus puissante encore m’éloigne de l’opinion de Knoch. Le prétendu ver qui, selon lui, nourrit la larve inconnue du Stratiome , ne peut nullement , par son organisation , être considéré comme un ver proprement dit , et même il n’est possible de le comprendre dans aucun, ordre connu d’animaux invertébrés , si ce n’est parmi les insectes dans l’état de larves. Tous les naturalistes sentiront la force de cette objection. Ils savent combien la nature , cet ensemble plein d’harmonie des lois du Créateur, répugne aux exceptions discordantes , et combien nous devons être en garde contre les apparences qui nous en font apercevoir. D’ailleurs cet animal présente dans ses organes , quoiqu’en dise Meigen , plusieurs rapports avec les larves de plusieurs Diptères, tels <que les Syrphies et quelques Tipulaires.
Par toutes ces considérations , je persiste à croire que les larves de ces insectes sont telles que Swammerdam et Réaumur nous les ont fait connaître.
Les Stratiomydes des genres Sargue et Pachygastre % qui s’écartent de la famille par plusieurs caractères , s’en éloignent aussi par le mode de leur développement. Nous, le décrirons à leur article.
T A B LE A u des genres.
3.° article des antennes lenticulaires à trois divisions . . . SARGUE,