GRANDE PLACE
SYRPHIES.
Par J. Macquart.
SYRPHIES; Syrphiæ; Latreille, St.-Fargeau et À.
Ser ville , Encyclopédie.
Syrplucî , Meigen , Fallèn.
Caractère essentiel : Antennes de trois articles ; troisième en palette. Trompe munie d'une lèvre supérieure large et échancrée à l’extrémité , d’une langue , de deux soies maxilloires , et de palpes qui y sont annexés.
Corps ordinairement assez large. Tête hémisphérique, souvent comprimée , de la largeur du thorax ; partie inférieure souvent saillante en avant ou en bas. Epistome large, souvent à proéminence. Front ordinairement linéaire au milieu, dans les mâles ; large dans les femelles. Ouverture buccale grande, ordinairement oblongue et avançant sur l’épistome. Trompe retirée dans la cavité buccale , ordinairement épaisse ; tronc ( caulis, Lat. ) assez allongé , cylindrico-comprimé ; lobes terminaux allongés ; lèvre supérieure large, convexe en dessus, concave en dessous, échancrée à l’extrémité ; langue subulée , plus courte que la lèvre supérieure ; deux soies ( mâchoires ) subulées , arquées ; palpes insérés à la base des soies, souvent de la longueur de la trompe et renflés à l’extrémité , d’un seul article distinct. Antennes insérées ordinairement vers le milieu de la
hauteur de la tête et souvent sur une saillie de l’épistome et du front, ordinairement plus courtes que la tête, de trois articles; premier et deuxième ordinairement courts; troisième ordinairement en palette ; style souvent inséré à la base de cet article. Yeux ovales. Ocelles (i) insérés au vertex.
Thorax presque quadrangulaire , marqué d’une impression transversale de chaque côté , en avant de la base des ailes, et muni d’une saillie de chaque côté du bord antérieur; écusson hémisphérique. Abdomen déprimé , ordinairement de la largeur du thorax , de cinq segmens distincts ; premier et cinquième forts courts. Pieds ordinairement menus et peu allongés. Balanciers nuds ou couverts par des cuillerons plus ou moins grands ; ailes ordinairement couchées ; cellule stigmatique rarement distincte ; médiastine colorée , s’étendant ordinairement jusques près du bord postérieur ; marginale ordinairement ouverte à l’extrémité ; sous-marginale tantôt droite , tantôt sinuée, pédiforme, du côté intérieur ; trois discoïdales : extérieure assez étroite , allongée , servant de base à la première postérieure ; intérieure moins étroite et moins allongée , servant de base à la quatrième postérieure et à la troisième discoïdale ; celle-ci grande , s’étendant ordinairement jusqu’à l’extrémité intérieure de la première postérieure ; quatre postérieures plus ou moins distinctes : première fermée postérieurement , soit par une nervure postérieure , soit par la courbure de sa nervure intérieure ; deuxième et troisième souvent confondues , et ne consistant que dans une bande étroite le long du bord postérieur interne de l’aile , ou séparées par de petites nervures terminales ; quatrième s’étendant depuis la discoïdale interne
(i) A l’exemple de M. de St. Sarg. et Serv. , Encyc. , nous substituons le nom d’Ocelles à celui d’yeux lisses, dont nous nous sommes servis jusqu’ici.
( ‘Si )
jusqu’au bord de l’aile , et souvent sans nervure qui la sépare de la troisième ; anale grande , fermée , s’étendant jusques près du bord de l’aile ; une fausse nervure divisant longitudinalement la cellule discoïdale externe et une partie plus ou moins grande de la première postérieure. ( PI. i — 4* )
La tribu des Diptères Athéricères se termine , dans l’ordre ascendant , par la famille des Syrphies qui , ainsi que tous les êtres placés par leur organisation au haut de la série naturelle à laquelle ils appartiennent , attirent plus particulièrement nos regards par le développement parvenu à son terme de toutes les qualités propres à leur nature. Les syrphies sont généralement plus grandes que les autres athéricères, et atteignent quelquefois la taille des plus grands Diptères. Elles ont encore la beauté en partage, et charment nos yeux par l’éclat de leurs couleurs, joint à des ornemens de toutes les nuances et de toutes les formes. Ici, le verd le plus brillant est rehaussé de bandes d’or ; là , sur un champ d’azur se dessinent des croissans d’argent ; ailleurs , une surface d’un velours pourpré est encadrée dans le bronze. Ces jolis insectes relèvent encore leur beauté par l’élégante demeure qu'ils se choisissent. Doués de sens d’une délicatesse exquise, ils ne paraissent sensibles qu’à la vue des fleurs , à la suavité de leurs parfums , à la douceur de leurs sucs, et ils passent leur vie fortunée à voltiger de corolle en corolle, allant de l’humble marguerite aux lys majestueux , et trouvant dans le simple godet de l’aubépine , comme dans la coupe superbe du narcisse, l’aliment que la Providence divine dispense à tous les êtres animés. Leurs autres facultés ne sont pas moins heureusement constituées. Le vol, mû par des muscles puissans , se modifie de toutes les manières ; il est rapide comme le trait, agréablement ondulé, bizarrement saccadé ; souvent il soutient l’insecte immobile dans les airs, comme le Milan prêt à fondre sur sa proie. Les
amours semblent accompagnées de leur charme le plus doux, le mystère ; nous ne pénétrons presque jamais le voile qui les recouvre; jamais nous ne découvrons leur asile secret , et nous pensons qu’elles sont aériennes comme celles des abeilles. Enfin, la sollicitude maternelle place toujours le berceau des jeunes larves aux lieux les mieux appropriés aux divers instincts qu’elles doivent apporter en naissant ; mais la vérité nous oblige de dire que ce berceau et même ces larves sont quelquefois loiu d’éveiller en nous des sensations agréables.
Les principaux organes des Sy^pbies , comme leur habitus, montrent plus ou moins de supériorité de composition à l’égard des autres Athéricères. Celui de la nutrition, ou la trompe, offre pour la première fois les deux soies latérales que l’on retrouve généralement chez les Diptères Tanystomes ; et ces soies , dont l’identité de nature avec les mâchoires des insectes masticateurs , est évidente , sont également accompagnées , chacune d’un palpe annexé à sa base. Ces palpes sont donc maxillaires et essentiellement différens de ceux qui dans les autres Athéricères sont insérés sur la base de la trompe , et que l’on doit considérer comme labiaux. Ceux-ci manquent aux Syrphies comme à la plupart des Tanystomes , c’est-à-dire, que les Diptères n’ont jamais qu’une paire de palpes, maxillaires chez ceux qui ont des soies analogues aux mâchoires, labiaux chez ceux qui n’en ont pas (i). La lèvre supérieure est remarquable à son
(i) M. Savigny, dans ses savans mémoires sur les animaux invertébrés, a démontré que les Taons avaient leurs palpes annexés aux soies maxillaires, et il semblerait qu’il dût en être de même chez tous les Diptères munis de ces soies, tandis que, chez ceux qui en sont dépourvus, les palpes insérés sur la base de la trompe, dussent être regardés comme labiaux. Cependant il y a des exceptions au moins apparentes à cette règle fondée sur la théorie. Chez les Dolichopodes, ils semblent insérés à la base de la lèvre supérieure; ils la
extrémité par une échancrure au fond de laquelle sont insérées quatre soies , dont l’extrémité atteint le bord antérieur de la lèvre.
Les Antennes ne sont jamais de deux articles comme dans une partie des Muscides ; elles prennent , dans les derniers genres, des dimensions assez considérables, et le style qui les accompagne est quelquefois terminal comme dans un grand nombre de Tanystomes.
Les ailes présentent les mêmes nervures que la généralité des autres Athéricères , mais la disposition en est différente et moins simple, La cellule médiastine et les discoïdales sont plus allongées ; la première postérieure se ferme comme dans les conopsaires et une partie des muscides par la courbure de sa nervure interne ; mais cette courbure est quelquefois anguleuse , et alors il s’y manifeste une ou même deux petites nervures souvent rudimentaires, qui approchent plus ou moins du bord de l’aile , et augmentent ainsi le nombre de cellules postérieures. Enfin, l’anale est toujours grande, et s’étend jusques près du bord de l’aile. Cette disposition des nervures qui s’écarte de celle des autres Athéricères, se rapproche de celle des Tanystomes par la grandeur des cellules discoïdales et de l’anale ; mais elle en reste éloignée sous le rapport des sous-marginales et des postérieures qui sont moins nombreuses. Il est vrai que
recouvrent même, et cette apparence est plus anomale encore, à moins que l’observation ne parvienne à distinguer nettement les soies maxillaires auxquelles ces palpes seraient joints. Dans les genres Anthrax et Stygie , les palpes, suivant les figures de M. Meigen, sont insérés sur la base de la trompe quoiqu’il y ait des soies maxillaires; mais, d’après mes propres observations, ces palpes auraient l’insertion commune aux autres Tanystomes. Chez les Stratiomydes , ils sont insérés sur la base de la trompe, et cette insertion appuie l’opinion de M. Latreille, qui n’accorde pas de soies maxillaires à ces Diptères, tandis que M. Meigen prétend en avoir observé.
cette infériorité de composition paraît diminuée par une fausse nervure qui traverse longitudinalement la cellule discoïdale externe et la première postérieure, et par les sinuosités souvent considéra) des de la sous-marginale.
Par ce que nous venons de dire de l’organisation des Syrphies, comparée à celle des autres Athéricères, il est facile de voir que cette famille se distingue nettement de toute autre, et qu’elle est très-naturelle. Elle offre, d’ailleurs, beaucoup d’unité par la constance avec laquelle tous les caractères essentiels se représentent dans chacun de ses membres. Les organes des Syrphies sont seulement sujets à des modifications qui en diversifient plus ou moins le type. La trompe varie dans la forme et les dimensions des parties qui la constituent. Les yeux, tantôt nuds, tantôt voilés par un duvet, sont quelquefois diaprés de diverses couleurs agréablement mélangées. Ceux des mâles sont contigus dans les uns, séparés par le front dans les autres. L’épistome , c’est-à-dire , l’espace compris entre la bouche et les antennes, présente une grande diversité de formes : plan, concave, convexe, relevé en carène, il s’abaisse ou il s’avance quelquefois en forme de bec ; souvent il porte une proéminence nasale , et figure un masque. Les antennes ont leur insertion , soit immédiatement sur le front , soit sur une saillie, ou même sur un pédicule quelquefois allongé. Les trois articles, et surtout le dernier, quoiqu’en palette, offrent cette riche variété toujours en harmonie avec les modifications des autres organes , et qui sert éminemment à la classification. Les ailes, non moins utiles sous ce rapport , présentent comme les antennes un grand nombre de légères variations dans le système réticulaire. Les principales sont le sinus assez fréquent de la cellule sous-marginale , comme dans quelques Anthrax , la direction perpendiculaire ou oblique des nervures qui terminent les discoï-
dales et les postérieures , la présence ou l’absence des nervures rudimentaires. Les ailes varient encore de grandeur et de position. Elles sont couchées dans les uns, écartées dans les autres. Les pieds se modifient également. Les cuisses postérieures, quelquefois armées de pointes, sont tantôt menues , tantôt épaisses , et les jambes sont arquées à proportion de cette épaisseur , de manière à former le crochet avec elles. L’on remarque , dans quelques mâles, que les hanches postérieures sont munies d’une pointe ; dans d’autres , les tarses antérieures se dilatent singulièrement , dispositions qui, probablement, rendent ces parties auxiliaires des organes sexuels. Ceux-ci se montrent dans un très-petit nombre d’espèces , et offrent alors un appareil plus ou moins développé, semblable à celui des autres Diptères.
Le développement des Syrphies n’est connu que d’une manière imparfaite encore. Un petit nombre d’observations, dues en grande partie à Réaumur, sont tout ce que nous savons sur leur premier âge ; et ce qui nous frappe d’abord , ce sont les grandes différences de conformation et d’habitudes entre les larves connues , comparées à l’unité que nous a offerte l’organisation dans l’âge adulte. A la vérité, ces larves ont entr’ elles plusieurs rapports principaux et qui leur sont communs avec celles des autres Athéricères : la tête est charnue et de forme variable ; les Stigmates aérifères sont antérieurs et postérieurs ; le passage à l’état de nymphe s’opère sans changement de dépouille , c’est-à-dire , que la peau de la larve devient la coque de la nymphe (i) ; mais là finissent à-peu-près les ressemblances. Deux grandes modi-
(i) « L’insecte parfait sort de la coque en faisant sauter là partie antérieure « sous la forme de deux demi-calottes, par l’effort qu’exerce contre cette partie « une membrane susceptible de se gonfler d’air à la volonté de l’insecte parfait ,
li cations se présentent d’abord : une partie de ces larves sont aquatiques ; les autres vivent dans la terre , ou dans des substances végétales , ou à l’air. Parmi ces dernières , nous en voyons qui se nourrissent de proie ; telles sont les larves des Syrphes qui partagent avec celles des Hémerobes et des Coccinelles la mission de restreindre l’excessive multiplication des pucerons ; d’autres se développent dans les nids des Bourdons et des Guêpes , et en dévorent les larves et les nymphes. Quelques-unes passent leur vie dans le détritus du bois, dans les bouses , dans les racines des plantes , comme celle des Mérodons , qui se logent dans les oignons du Narcisse et en rongent la substance. La conformation n’est pas moins diversifiée que les instincts. Le corps est ordinairement muni de petites cornes charnues à l’une ou l’autre extrémité. Ici , il est épais du côté de la tête et terminé en pointe ; là, c’est le contraire ; ailleurs , il est ovale ; la bouche , souvent armée de mâchoires , présente , dans les larves ennemies des pucerons , un organe de Succion fort singulier, composé extérieurement d’une sorte de dard à trois pointes destiné à percer la proie , et, en dedans , d’une espèce de trompe qui vient se mettre en contact avec la victime, se remplit d’une partie de sa substance, et retourne à l’intérieur pour se décharger dans l’œsophage. Cet appareil fort anomal en le comparant aux parties de la bouche des insectes adultes , a quelqu’ analogie avec celles des larves du Fourmilion et des Hémerobes, également pourvues d’un organe propre à saisir une proie , et d’une espèce de trompe intérieure que Réaumur appelle un piston , mais bien différens
« qu’il a fait sortir de la partie moyenne de la face, immédiatement au-dessous « des antennes; cette membrane étant rétractile, rentre en totalité après avoir » servi à l’usage que nous venons d’indiquer. » St. Farg. et Serv.
en ce que Tune et l’autre parties sont doubles, et que la trompe , au lieu de venir sucer le puceron à l’entrée de la bouche, se divise en deux, remplit l’intérieur de deux grandes mandibules, et en gagne l’extrémité qui est percée, pour la mettre en contact avec la proie qu’elles ont saisie.
Les larves aquatiques des Syrphies ne sont pas moins remarquables. Leur corps ovale est terminé par une queue susceptible d’un allongement démesuré, à l’extrémité de laquelle est un stigmate qui communique aux trachées ; et ce stigmate , appliqué à la surface de l’eau , laisse un libre accès à l’air nécessaire à la respiration. Sous ce rapport, ces larves ont beaucoup d’analogie avec celles des Stratiomes , et n’en diffèrent essentiellement que par la faculté d’allonger ce tube respiratoire , de monter , de descendre , et même quelquefois de vivre au fond des eaux sans cesser d’être en communication avec l’air extérieur. Une autre singularité dans la conformation de ces larves , c’est d’avoir des pieds , elles diffèrent par là de celles de tous les autres Diptères (i). Ces pieds sont de la nature des fausses pattes des chenilles , et garnies de petits crochets. La bouche n’est pas moins insolite; elle ne présente ni trompe, ni mâchoires, et ne paraît consister qu’en une ouverture cartilagineuse de laquelle on voit quelquefois sortir une espèce de mamelon charnu. Leur nourriture se borne au détritus de substances animales et végétales.
Lorsque le terme du développement de ces larves est arrivé, elles quittent les eaux et se retirent dans la terre pour y passer à l’état de nymphes. Sous une nouvelle forme peu différente extérieurement de la première , elles respi-
(1) Les larves de quelques Tipulaires aquatiques ont des tentacules sous la tête et à l’extrémité du corps; mais ces appendices, quoiqu’ils puissent servir au mouvement progressif, ne peuvent être assimilés à des pieds.
rent par des stigmates situés à l’extrémité de quatre petites cornes qui se développent à la partie antérieure du corps. Enfin, huit à dix jours après, elles deviennent ailées : il paraît que dans quelques espèces , il y a deux générations par an.
Les premiers naturalistes qui s’occupèrent de la classification des insectes , et particulièrement le grand Linné , comprirent lesSyrphies dans le genre Mouche. Geoffroy fut le premier qui en détacha quelques-unes pour en former le genre Volucelle.Scopoli les en sépara toutes sous les noms de Rhingies et de Conops. Fabricius , dans ses premiers ouvrages , changea le dernier de ces noms en celui de Syrphe , et forma les genres Mulion et Cérie. M. Latreille institua d’abord la famille , et plus tard, il fonda les genres Mérodon , Eristale , Psare , Parague , Aphrite et Milésie. Fabricius , dans le systema antliatorum y ajouta les genres Baccha et Scœva. On doit encore les genres Ascie à Megerle, Chéïlosie et Pipize à Fallen , Pélicocère au comte de Hoffmansegg. Enfin , Meigen, qui , dans ses premiers travaux , avait fondé les genres Microdon , Chrysotoxe , Eumère , Chrysogastre , Séricomyie , Hélophile , Callicère , introduisit encore, dans son dernier et excellent ouvrage, les genres Xylote , Sphègine, Psilote , Brachyope et Tropidie (i). A cette longue série , j’ai cru devoir ajouter un petit nombre de genres qui , pour la plupart , avaient déjà été établis par divers naturalistes , mais qui n’ont été considérés que comme des sous-genres par MM. Meigen , St.-Fargeau et Serville. J’ai pris cette détermination , par la raison que ces groupes me paraissent offrir une réunion de caractères réellement générique, et que l’ensemble de mon travail sur les Diptères l'exigeait.
(i) Je ne parle pas des genres de Syrpliies exotiques, tels que les Cératophies, Sphecomyes , etc., institués par Wiedemann.
Quant à la place que les genres des Syrphies occupent les uns à l’égard des autres dans la classification naturelle, elle doit être d’abord subordonnée à celle dont la famille est en possession dans la classe des Diptères. Or, il est évident que , dans l’ordre ascendant , les Syrpbies terminent la tribu des Athéricères ; qu’elles servent de transition pour arriver aux Tanystomes, et quelles présentent entr’elles mêmes une série progressive qui suit les divers degrés de l’organisation. D’après ce principe, nous divisons cette famille en trois groupes principaux : le premier comprend les Syrphies qui réunissent les caractères suivans : corps étroit ou peu élargi, antennes courtes, ailes couchées parallèlement sur l’abdomen , cellule sous-marginale droite, une ou plusieurs petites nervures terminales, cuillerons petits. Le deuxième groupe se compose de celles qui ont le plus souvent le corps grand et large , les antennes courtes, les ailes écartées , la cellule sous-marginale sinuée en forme de pied , point de petites nervures terminales, les cuillerons grands. Le troisième est caractérisé par des antennes plus longues que la tête , et ces organes sont accompagnés , dans les derniers genres , par un style terminal semblable à celui que présentent la plupart des Diptères Tanystomes auquel ce groupe se lie ainsi d’une manière remarquable. De plus , les Syrphies de cette division offrent souvent d’autres rapports avec différentes familles. C’est ainsi que les Aphrites rappellent les Stratiomydes , que les Céries nous trompent par leur ressemblance aux Conopsaires. Nous retrouvons de semblables analogies entre les Syrphies et les Hyménoptères. Les Baccha prennent la forme des Sphex ; les Milésies ressemblent aux Guêpes et aux Crabrons ; plusieurs Volucelles , épaisses et velues comme les Bourdons , offrent les mêmes bandes colorées ; et , ce qui est à remarquer , les espèces qui déposent leurs œufs dans
les nids de ces derniers , et dont les larves dévorent celles de ces Hyménoptères, sont précisément celles qui leur ressemblent , tandis que d’autres Volucelles dont les œufs sont déposés dans les nids de Guêpes frèlons, sont nues et ornées de bandes jaunes comme ces dernières. Ces rapports singuliers entre des êtres de différentes classes, se représentent trop souvent dans la nature pour ne pas les admettre, et l’on ne peut nier l’existence d’une loi qui lie les êtres entr’eux par ces analogies , indépendamment de celle qui les unit en série progressive par les divers degrés de l’organisation.
Nous avons trouvé dans le Nord de la France tous les genres des Syrphies d’Europe , à l’exception des Pélécocères. En effet, cette famille a généralement une spbère étendue , et beaucoup d’espèces s’y trouvent à toute latitude. Cependant un certain nombre d’entr’ elles s’avance peu vers les contrées septentrionales ; la plupart des Milésies et des Mérodons , par exemple , sont rares dans ce pays ; mais notre belle végétation , les fleurs sans nombre de notre printemps tardif, de notre superbe automne , en nourrissent d’innombrables comme ces fleurs mêmes auxquelles leurs destinées sont liées. A peine les premiers beaux jours ontils fait éclore les premiers bourgeons, les Syrphies naissent pour le banquet qui leur est préparé ; elles en jouissent en commun , ou se le partagent selon leurs goûts particuliers. Les Hélopbiles , les Mallotes , recherchent les aubépines , les pruneliers ; peu après les Chrysogastres s’abattent sur la renoncule des prés , sur l’anémone des bois ; les Psares , sur les chicorées ; ensuite nous voyons des volées d’Ascies tourbillonner autour des fleurs labiées ; quelques Syrphes s’arrêtent sur les plantes ombellifères ; les Sphœrophories ( i )
(r) Syrphus menlhastri, scriptus , etc.
! Epistome concave,
Epistome convexe.
I | Epistome convexe .
( Epistome plan, . . .
laire . » . . . . .
domen unicolores.. » .
Abdomen plus oumoinsrétréci \ à sa base .
l s ) Abdomen fort long dans I es mâles.. . .
Antennes
courtes.
Antennes aussi ou plus longues que la tête.
BACCHA.
SPHËGINE.