Dexie hérissée, D. hirsuta , Nob
Noire. Palpes testacés. Face sans carène. Epistome non saillant. Abdomen très-velu.
Long. 5 1.
Noire. Palpes testacés au milieu. Face sans carène, argentée , ainsi que les côtés du front. Epistome non-saillant. Thorax un peu cendré. Abdomen lrès»velu ; bord antérieur des segmens
argentés ; côtés des trois premiers testacés. Jambes un peu testacées. Ailes à base , bord extérieur et bord des nervures jaunôtres, g .
G.e PROSÈNE; Phosena.
Prosena , St.-Farg. et Serv., encyc., Rob. D. — Stomoxys, Fab. S. a., Lat., Meig., Fall.
Caractère. Corps cylindrique. Trompe très-longue, menue, dirigée en avant*, lèvres terminales très-petites. Palpes fort courts et renflés. Abdomen cylindro-conique. Première cellule postérieure des ailes entr’ouverte. PL 2 , fig. 4-
Le Stomoxys siberita , de Fabricius , présente des caractères si différens de ceux des autres Diptères de ce genre , à l’exception de la trompe longue et menue , que MM. de Saint-Fargeau et Serville, dans l’Encyclopédie, ont reconnu la nécessité de fonder en sa faveur le genre Prosène , qu’ils comprirent dans la tribu des Stoinoxydes. Depuis , M. Robineau Desvoidy a observé que ce nouveau genre avait, sauf la longueur de la trompe , une organisation entièrement semblable à celle des Dexiaires, et il l’a transféré dans cette tribu, ainsi que par des motifs analogues, il a placé les Siphores (Bucentes , Lat.) parmi les Tachinaires, et les Stomoxes parmi les Muscides; nons adoptons cette manière de voir. La trompe des Diptères, comme nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion d’en faire l’observation, offre assez souvent des modifications auxquelles on a attaché trop d’importance dans la classification $ il en est résulté plusieurs fois que l’on s’est éloigné ainsi de l’ordre naturel qui procède d’après l’ensemble de l’organisation.
La trompe des Prosènes, malgré sa ressemblance avec celle des Stomoxes, est innocente, et ne se plonge que dans les nectaires des fleurs. Le nom donné à ces Diptères fait allusion à la douceur de leurs mœurs.
ï. Prosène de Sibérie ; P. Siberita , St.-Farg. et Serv. Eue. t. io, 5oo , Rob. I). N.o i.
Cendrée. Palpes, antennes et pieds ferrugineux.
Slomoæys Sib , St. cinerea , Fab. S. a. N.os 4 , 2, Lat. gen. 4> 33t), Meig. N.o 2. , Fall. N.o 1.
Cendrée. Face et côtés du front blancs, à reflets jaunâtres. Bande frontale, palpes et antennes ferrugineux. Thorax à lignes peu distinctes. Abdomen à reflets bruns. Pieds ferrugineux, à tarses noirs.
Environs de Lille , sur les fleurs.
Sous-tribu. PHASlENNES ; Phasianeæ , Rob. D.
ffliyzomyzœ , Fal. — Muscidœ , Lat., Meig.
Caractère essentiel. Corps ordinairement large, déprimé. Tête large. Front ordinairement étroit çj* ^ • Antennes à style nu. Abdomen ordinairement arrondi, déprimé, nu
Corps ordinairement large, déprimé, quelquefois oblong. Tête large. Epistome saillant en angle droit. Face ordinairement bordée de soies. Front ordinairement étroit J* ÿ. Antennes courtes; style nu ; les deux premiers articles ordinairement très-courts. Abdomen ordinairement arrondi , déprimé , sans soies. Pieds ordinairement presque nus. Quelques soies à l’extrémité des tarses. Ailes trigones, souvent colorées ; première cellule postérieure ordinairement fermée.
Les genres Phasie, Trichopode, de M. Latreille, et Xyste, de M. Meigen, présentent, malgré un faciès différent un ensemble de caractères qui indique de l'affinité entr’eux, et nous détermine, à l’exemple de M. Robineau Besvoidy, à les grouper dans une tribu particulière. La largeur de la tête, qui rappelle celle des Tabaniens , la grandeur et la couleur sanguine des yeux presque contigus dans les deux sexes; la nudité du style des antennes et de l’abdomen ; la dépression de ce dernier ; la forme
élargie des ailes, unissent ces Muscicles entr’elles autant qu’ils les distinguent des autres tribus des Gréophiles.
Nous n’avons à nous occuper ici ni des Trichopodes qui sont exotiques, ni des Xystes que l’on n’a observées que dans la France et l’Allemagne méridionales. Quant aux Phasies, qui appartiennent à toute l’Europe , ce genre , tel que l’a formé M. Latreille , présente, dans la plupart des organes, des modifications légères, à la vérité, mais qui, par leur réunion, nous semblent justifier l’établissement des nouveaux genres que M. Robineau en a détachés. Ces organes modifiés sont particulièrement les antennes, si courtes dans les uns qu’elles n’atteignent pas la moitié de la hauteur de la face, et qui y parviennent dans les autres. Cette face et le péristome sont tantôt nus et tantôt munis de poils. Les yeux sont plus ou moins rapprochés dans les mâles, l’abdomen est plus ou moins large, et quelquefois armé, dans le même sexe, de pointes cornées. Les crochets des tarses sont tantôt droits , cylindriques, paraissant tronqués à l’extrémité, et tantôt arqués et pointus. Enfin ,1a première cellule postérieure des ailes est ouverte dans les uns, fermée et à pétiole plus ou moins long dans les autres.
Les sexes diffèrent assez souvent d’une manière remarquable , et qui a long-temps causé des erreurs dans la dénomination des espèces.
Ces Diptères se nourrissent du suc des fleurs et particulièrement des ombellifères. Us ont le vol très-léger. Quelques espèces se réunissent en troupes nombreuses dans les airs , et y tourbillonnent comme les Tipulaires. Rien n’a encore été observé sur leur premier âge.
( >9fi )
TABLEAU DES GENRES
/ Première cellule postérieure
Antennes n’attei-V des ailes ouverte . PHASIE.
gnant pas la J moitié de la lon-\ . ,
gueurdelaface. JPl’emiere cellule postérieure
F des ailes fermée. .. . . ALOPHORE,
/Première cellule postérieure I des ailes atteignant presque
Antennes attei-1 l’extrémité de l’aile....... ELOMYIE
gnant la moitié J
de la longueur V . , , .
de la face J Première cellule postérieure
! des ailes éloignée de l’extré-
l mité de l’aile. . . HYALOMYIE
G.e PHASIE; Phasia.
Phasia , Lat,, Meig., Rob. D. — Thereva , Fab. S. A. , Panz, — »
SyrpluiSy Fab. ent. syst. — Musca , Panz.
Caractère : Face bordée de soies. Périslome nu. Antennes n’atteignant pas la moitié de la longueur de la face. Abdomen plus large que le thorax, presque rond. Jambes postérieures arquées, comprimées 2 • Crochets des tarses petits, droits, cylindriques, tronqués 2 • Ailes à première cellule postérieure entr’ouverte. PI. 2 ,Jîg. 5.
Le genre Phasie, réduit aux espèces dont les ailes ont la première cellule postérieure ouverte , comprend celles qui sont le plus remarquables, tant par leur grandeur que pa” les couleurs dont le corps et les ailes sont ornés.
Les P. crassipennis et analis , de Meigen , que ce naturaliste a décrits sans faire mention de différences sexuelles, sont
considérées comme les deux sexes d’une même espèce , par M. Robineau Desvoidy qui dit les avoir vus accouplés. Quoique cette assertion semble péremptoire, j’ai voulu fonder ma propre opinion d’après l’examen des organes qui dans les Diptères en général se modifient suivant le sexe, tels que celui de la copulation , la longueur du front, les dimensions des crochets et des pelottes des tarses, mais je n’ai recueilli de mes recherches qu’une incertitude assez singulière.
Dans les P. crassipennis , de M. Meigen , que M. Robineau considère comme la femelle de l’espèce à laquelle il conserve ce nom , j’ai observé sur tous les individus en grand nombre, que j’ai examinés, les mêmes caractères sexuels. L’organe de la copulation se manifeste à la base du dernier segment du ventre sous la forme d’un tubercule dirigé en arrière, semblable à celui que l’on observe sur la femelle del’Alophore subcoléoptère, considérée comme telle par tous les entomologistes 5 le front est étroit , ainsi que dans toutes les autres Phasiennes , et ne fournit aucun moyen de reconnaître les sexes. Les crochets des tarses sont petits , menus , droits , cylindriques , comme tronqués , et les pelottes fort allongées. Cette uniformité dans la conformation de ces organes ne permet guères de douter que ces Phasiennes ne soient du même sexe.
Le P. analis , de M. Meigen , que M. Robineau regarde comme le mâle de la P. crassipennis , en diffère fort par la grandeur et par les couleurs du corps et des ailes. Or , parmi les nombreux individus que j’ai examinés, j’ai observé deux .modifications sexuelles , à peu près en nombre égal : dans les uns , l’organe de la copulation se montre à l’extrémité du dernier segment de l’abdomen sous la forme de deux petits crochets peu distincts ; les crochets des tarses sont petits et arqués et les pelottes assez courtes 5 de plus , les côtés du front et le thorax sont couverts d’un duvet grisâtre, l’abdomen est fauve ordinairement sur les deux premiers segmens, et les cuillerons sont également fauves.
Dans les autres, l’organe de la copulation, les crochets elles pelottes des tarses sont les mêmes que dans la P. crassipennis de Meigen} les côtés du front et le thorax ont un duvet jaune} le fauve de l’abdomen s'étend sur les trois premiers segmens, et même un peu sur les bords du quatrième , et les cuillerons sont blanchâtres.
L’existence des deux sexes dans la P. analis , de Meigen, semble appuyer l’opinion qui la distingue spécifiquement de la Crassipennis ; cependant, comme je n’ai signalé dans cette dernière que des individus du même sexe , d’après les observations mentionnées plus haut , je dois croire que l’une et l’autre ne forment qu’une seule espèce, et que les individus de Y Analis du même sexe que la Crassipennis en sont une simple variété , à la vérité très-différente du type.
M. Robineau Desvoidy regarde la P. crassipennis , de Meigen, comme la femelle de l’espèce à laquelle il conserve ce nom , et Y Analis comme le mâle } et cette opinion est conforme à l’analogie, si l’on considère la différence de grandeur. Cependant, sous d’autres rapports , l’on se voit porté à croire le contraire. Dans la P. crassipennis , de Meigen, la position et la forme de l’organe de la copulation dénote plutôt le mâle que la femelle ; il en est de même des pelottes allongées des tarses, tandis qu’elles sont assez courtes dans l’ Analis , réputée le mâle, excepté dans les individus qui offrent les mêmes organes sexuels que la Crassipennis. Les couleurs du corps, des cuillerons et des ailes donnent lieu à la même observation : elles sont plus rembrunies dans les femelles que dans les mâles , telles que les admet M. Robineau , et cela est surtout remarquable dans les deux modifications sexuelles que j’ai observées dans la P. analis dont les mâles, suivant M. Robineau, ont les côtés du front et le thorax couverts d’un duvet blanchâtre et les cuillerons blancs , tandis que dans les femelles , ce duvet est fauve ainsi que les cuillerons.
Il résulte de ces considérations qu’en regardant le P. cras -
sipennis et anatis , de Meigen , comme ne formant qu’une seule espèce , ainsi que nous sommes amenés à le croire , il y a anomalie dans leur manière d’être, comparée à celle des autres Diptères. Si la première est la femelle , suivant l’opinion de M. Robineau , l’anomalie existe dans l’organe sexuel , dans les pelottes des tarses et dans les couleurs 5 si elle est le mâle, l’irrégularité consiste dans la grandeur respective des deux sexes. Des recherches ultérieures sont nécessaires pour résoudre ces questions.
Ces Diptères présentent beaucoup de variétés , et peut-être quelques espèces voisines , difficiles à déterminer. Ils sont assez rares dans le nord de la France, ne paraissent que dans l’été et pendant les heures les plus chaudes de la journée. Ils recherchent les fleurs en ombelles.
1. Piiasie crassipenne ; P. crassipennis , Lat gen. 4? 345, Meig. N.o 1 , Rob. D. N.° 1.
Abdomen fauve , à large bande dorsale noire.
P. analis , Meig. N.° 2. .
Thereva cr . Fab. S. a., N.o 3$ Panz. 74, i5.
Th. analis , Fab. S. A. N.o 7, Panz 74, 17.
Long. J* , 3 , 3 -§. J 5,6.
Mâle. ( P. Analis , Fab. , Meig. ) Palpes ferrugineux. Face blanchâtre. Côtés du frontblanchâtres ; bande testacée , bordée de noirâtre. Antennes brunes. Thorax à duvet blanchâtre; bandes brunes et extrémité noire. Abdomen à reflets blancs; côtés fauves, s’étendant sur les deux premiers segmens ; bande dorsale et partie postérieure noires. Pieds fauves, quelquefois bruns. Cuillerons blanchâtres. Ailes à base ferrugineuse et demi-bande brune.
Femelle : Palpes ferrugineux. Face blanchâtre. Front jaune, à bande d’un fauve brun. Antennes brunes, à base souvent fauve. Thorax à duvet ferrugineux et bandes brunes; extrémité noire. Abdomen fauve , à large bande dorsale noire, n’atteignant
pas ordinairement l’extrémité. Pieds fauves; 'tarses noirs. Cuilïerons fauves. Ailes à base ferrugineuse ; bords et tache centrale bruns.
Environs de Lille.
Une variété de la femelle ressemble , ainsi que je l’ai dit , au mâle. Indépendamment des différences sexuelles, elle se distingue du mâle par le front jaune, le thorax à duvet ferrugineux, le fauve de l’abdomen, qui s’étend sur les trois premiers segmens , et les cuillerons fauves. Elle paraît être la P. obscuripennis de M. Rob.