Rhipidie tachetée; R. maculata , Meig
Ailes tachetées.
Long 3 I.
D’un gris brun. Front d'un gris clair. Thorax marqué de trois bandes foncées, plus ou moins distinctes. Abdomen à extrémité roussâtre. Pieds roussâtres ; extrémité des cuisses, des jambes et tarses obscurs. Ailes hyalines , à base légèrement jaunâtre, couvertes de petites taches obscures, la plupart arrondies; trois ou quatre plus grandes et plus foncées au bord extérieur; une grande moins foncée à l’extrémité de la nervure axillaire; nervures transversales bordées de brun. Commune.
LIMNOBIE; Limnobiâ. (i)
Limnobia , Meig. — Limonia , Meig., KJassîf., Lat. — Tipula 9 Linn., Deg., Schr., Gmel., Fab. — Pedicia, Lat.
Tête petite, légèrement déprimée en dessus, rétrécie postérieurement. Bec pev saillant (2). Trompe fort courte; lobes terminaux charnus , à extrémité velue; lèvre supérieure menue, pointue ; palpes plus longs que le bec, de quatre articles d’égale longueur; les trois premiers un peu renflés vers l’extrémité, le quatrième plus menu et cylindrique (3). Antennes
(1) Limnobie signifie habitant des étangs.
(2) La Limnobie longirostre forme une exception.
(3) Les Limnobies punctipenne et pralicole forment une exception.
filiformes, arquées, ordinairement de seize articles; îe premier épais, cylindrique, plus ou moins allongé; deuxième cyalhiforme; les suivans plus ou moins allongés ou arrondis, et diminuant insensiblement de grosseur. (Quelques espèces paraissent avoir un article de moins). Yeux ronds.
Thorax ovale, renflé antérieurement; écusson petit; métathorax légèrement élevé. Abdomen allongé, cylindrique vers la base, un peu aplati vers l’extrémité. Pieds longs et menus. Ailes ordinairement couchées, parallèles; nervures nues; cellule médiasiine ordinairement fermée; ordinairement trois discoïdales (i). Quatre ou cinq postérieures. (PI. 5, fig. 5 — 7).
Les Limnobies sont, comme nous l’avons dit à l’article précédent, le genre principal des Tipulaires terricoles à antennes filiformes et à palpes simples. Elles sont en même temps les plus nombreuses de toutes les Tipulaires; et l’oa peut juger de la profusion avec laquelle la nature nous les présente, par les soixante espèces que M. Meigen a observées sur quelques points de l’Allemagne seulement. Aussi la difficulté de les distinguer entre elles serait-elle très-grande, si leur organisation, qui se diversifie de plusieurs manières, ne
(1) La Limnobie sans tache forme seule une exception.
Je crois devoir apporter un léger changement dans la désignation des cellules des ailes adoptée par M. Latreille. Il en admet six du bord postérieur aux Limonies de la première, de la seconde et d’une partie de la troisième section ; mais la première de ces cellules est presque toujours semblable à la sous-marginale des autres Tipulaires terricoles, et il me paraît convenable de lui en donner le nom, d’autant plus que, de cette manière, le nombre des cellules postérieures est le même dans ces divers insectes. J’admets donc souvent deux cellules sous-marginales au lieu d’une : la première, à laquelle seule M. Latreille donne ce nom, qui est ordinairement pédicules et que l’on peut par cette raison regarder comme produite par îa bifurcation de la nervure subcubitale; et la seconde, parallèle et semblable à celle que je nomme la première postérieure»
5ë prêtait à deë subdivisions. M. Megerle, entomologiste allemand, a même cru pouvoir en former plusieurs nouveaux genres, tels qu e Furcomyidj Xjnomyia , Gonomyia. Mais M. Meigen ne les a pas adoptés; et, en effet , ils ne paraissent pas établis sur des caractères suffisans. Il y a joint, par la même raison, le genre Peclicie, que M. Latreille a formé de la TipUlà rivôsd de Linnée, et qui ne diffère distinctement des autres Limnobies que par la position écartée des ailes; car Cet insecte n’a pas le dernier article des palpes long et flexible que lui attribue notre grand entomologiste français; et le caractère qu’il tire de la forme des antennes, se retrouve dans bÈaucoup d’autres Limnobies.
Les modifications qu’éprouve l’organisation de ces Tipulaires affectent rarement la trompe, quelquefois les antennes et très-souvent les nervures des ailes, plus diversifiées que dans aucun autre genre d’insectes, et qui contrastent, sous ce rapport, avec l’invariabilité qu’elles offrent ordinairement. Il y a aussi, beaucoup de variété dans la manière dont ces ailes sont tachetées.
Les Limnobies, ainsi que les Rhipîdies et les Erioptères, habitent les bois humides et le bord des mares. Elles se tiennent ordinairement sous le feuillage, et semblent craindre le grand jour. J’en ai vu plusieurs espèces voltiger en troupes comme les Trichocères et les Tipulaires aquatiques, s’élever et s’abaisser de même dans les airs par un mouvement alternatif. Ils paraissent pendant toute la belle saison ; mais chaque espèce semble avoir son temps propre, qui est d’environ quinze jours.
Le voisinage des eaux qu’elles recherchent particulièrement, paraît indiquer que la nature y a placé leur berceau; et, en effet , la seule espèce dont les transformations ont été observées , a sa larve et sa nymphe aquatiques. Cependant les femelles ont, comme celles des Tipulaires térricoles, l’abdomen
terminé par une pointe cornée, dont ces dernières se servent pour confier leurs œufs à la terre , et je suis porté à croire que lés Limnobies déposent les leurs dans la vase au bord des eaux, d’autant plus que malgré la multitude innombrable dé ces insectes dans les endroits aquatiques, et les recherches que j’ai faites dans les eaux , je n’en ai jamais trouvé les larves* Quoiqu’il en soit de cette conjecture , la larve de la Limnobie repliée, observée parDegeer, est aquatique. Sa tête est munie d’antennes fort courtes et de deux petites mâchoires dentelées. Sous le dernier segment du corps, se trouvent quatre crochets écailleux dont elle se sert pour se cramponner aux plantes» Deux de ces crochets, plus grands que les autres, se divisent vers l’extrémité en deux pointes recourbées; les autres sont simples, coniques et également recourbés. La partie supérieure du corps est couverte de filets allongés et flexibles, le* uns simples, les autres fourchus, au nombre de deux Sur chaque segment, à l’exception des trois premiers et du onzième ou dernier, qui n’en ont que de simples. Tous ces filets,- qui sont creux, paraissent analogues à divers organes filamenteux que, dans d’autres larves aquatiques, l’on a reconnus nécessaires à la respiration, et l’on ne peut guère* douter qu’ils n’aient la même destination.
La nymphe n’a pas de filets semblables; mais, comme celle de beaucoup d’autres Tipulaires, elle porte au-devant du thorax deux tubes coniques aérifères. Cet organe l’oblige à respirer à la surface de Veau, et elle s’y tient habituellement, par l’effet de sa légèreté spécifique, le corps dans une position horizontale, de sorte que l’extrémité de ces tubes soit en contact avec l’air atmosphérique. Cependant elle a laf acuité de plonger et de s’attacher aux plantes subaquatiques, au moyen de crochets placés aux derniers segmens du corps.
ï. Trois cellules discoïdales aux ailes.
A. Cinq cellules postérieures; la deuxiènde pétioîée; deug
sous-wargiaaïês terminales; première plus courte. (Pl. 3, fig. 5).