‹ Institution au droit françois; (volume 2)Chapitre 205 sur 270 · DES PERSONNES QUI PEUVENT SE MARIER · texte numérisé non relu

DES PERSONNES QUI PEUVENT SE MARIER

Le mariage est un contrat par lequel deux personnes de différent sexe conviennent de vivre ensemble, pour avoir des enfants. Le mariage des chrétiens a l'avantage, outre cela, d'être un sacrement ; mais nous ne le considérons point ici en cette qualité , qui est cause que les juges ecclésiastiques connaissent de ce qui est le plus essentiel au mariage, et que, par conséquent, on en traite plus à fond dans le droit canon que dans le nôtre; de sorte que nous ne devons quasi parler que des accessoires, comme la dot, la communauté, l'autorité du mari et le douaire, dont chacun mérite d'être examiné en particulier. Il faut pourtant dire un mot de ce qui fait le mariage el de ce qui le rompt , sans empiéter, s'il se peut, sur les matières canoniques.

Le seul consentement fait le mariage ; mais il faut que ce soit un consentement légitime, c'est-à-dire donné par ceux à qui les lois le permettent, et en la manière (ju'clles l'ordonnent. A l'égard des personnes, il suftira de remarquer ce qui peut les empêcher de contracter mariage : 1° Le bas âge ; car il faut que ceux qui se marient soient en état d'avoir des enfants ; ce qu'on a déterminé aux mâles, à quatorze ans, aux filles, à douze. La vieillesse sembloit être un empêchement de

même nature; mais outre qu'il n'auroit pas été facile d'en déterminer le temps , il y a de puissantes raisons pour ne s'y pas arrêter. 2° La parenté, qui fait que toute conjonction entre personnes d'un même sang est criminelle, soit qu'elle ait les marques extérieures d'un mariage ou non. Cette parenté ne va pas à l'infini, comme dans les successions, mais seulement jusqu'au quatrième degré, à compter suivant le droit canon que nous suivons en ces matières ; encore ceux qui sont au quatrième degré peuvent-ils quelquefois obtenir dispense pour se marier. La dispense s'obtient du pape, si ce n'est ceux de la religion prétendue réformée, qui l'obtiennent du. roi. Mais tout cela s'entend des lignes collatérales; car en directe il ne peut jamais y avoir ni limitation de degrés ni dispense. L'alliance est considérée à cet égard comme la parenté ; ce qui s'étend jusques aux alliances spirituelles, comme on peut voir dans le droit canon. 3° La mort civile empêche aussi les mariages, comme elle rend incapable des successions. Elle n'en ôte néanmoins que les effets civils : car les bannis ou les condamnés à mort, n'étant pas pour cela hors de l'Église, peuvent recevoir ce sacrement. 4° Le vœu des prêtres et des personnes religieuses est un empêchement invincible et pour le sacrement et pour le contrat. 6° Enfin le mariage, tant qu'il dure, est un obstacle invincible à un autre mariage; car il est défendu d'avoir deux maris, ou deux femmes, sous peine de nullité du deuxième contrat, et de la vie.

On voit par là quelles doivent être les qualités des personnes qui se marient. Voyons les formalités qu'elles sont obliG;ées d'observer.

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