‹ Institution au droit françoisChapitre 12 sur 270 · XVIII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XVIII AVERTISSEMENT

tion naturelle à l'exposé du droit français* Nous avens suivi le texte de 1682 qui est lé plus pur; au moins nous a-t-il paru que les éditeurs d'Argou ne s'étaient fait faute d'en= combrer la leçon originale d'additions qui ne sunt j)as toujours heureuses. On n'y reconnaît ni la netteté ni ia justesse de Fleury.

Fleury a donc été toute sa vie un jurisconsulte* et j'ajoute un jurisconsulte éminent. Si ses études et sa vie l'ont éloigné de la pratique» il n'eu si pas moins suivi tous les progrès de la jurisprudence, qu'il considérait comme une étude de premier ordre et du plus haut intérêt. On peut voir dans son Traité des Eludes, écrit de 1675 à 1686$ l'importance qu'il donne à la science du droit * ; il en fait une part de toute bonne éducation, et il veut qu'on commencle à s'y appliquer vers treize ou quatorze ans; c'était l'âge où finissaient les études littéraires. Suivant lui, il vaudrait mieux occuper l'esprit des jeunes gens en leur enseignant le droit, qu'en leur apprenant une philosophie seolastique* pout* laquelle il a peu d'estime.

« Cette étude du droit, dit-il, ne serviroit pas seulement « à rendre les jeunes gens capables d'affaires, elle contri- « buerôit, plue qu'aucune autre, à leut rendre l'esprit solide << et à ieur former te jugement, puisqu'elle ne consisteroit « qu'à leur faire connoitre la vérité des choses les plus proie portionnées h la connoissance des hommes.

« Or, il mé semble que dans les études on devroit cher- « cher principalement la solidité et la droiture du jugeci ment ; il n'y a que trop de bel esprit dans te monde ; il n'y « aura jamais assez de bon sens* »

Dans l'éducation des enfants de France, Fleury fut fidèle

« Traité des études, partie H, ch. xi. Economique, eh. xii. Jurisprudence, ch. xm. Politique.

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à cette vue si juste; on trouve dans les deux volumes de Daragon des instructions, rédigées pour le due de Bourgogne, qui toutes ont le droit et la politique pour objet; par exemple, un Extrait de la République de Platon, dont Fleury admirait beaucoup Vidée fondamentale, une Lettre sur la justice) des Réflexions sur Maehiatieli etc. Partout, Fleury fait preuve d'une élévation d'esprit et d'Iiùe connaissance des principes qui feraient honneur à aes plus célèbres jurisconsultes.

Mais je ne sais rien de plus remarquable qu'une pièce intitulée : Avis à Louis, duc de Bourgogne, puis DempMn S Ce sont des notes concises* qui contiennent tout un plan de gouvernement. Eglise, justiee^ police^ commerce, etc.* tout est examiné par l'auteur ; il indique en quelques mots les réformes nécessaires avec une netteté et une hardiesse remarquables» Fleury n'a jamais été appelé aux affaires ; os ne peut savoir si, dans la pratique, il ne se fût pas arrêté devant le privilège et le préjugé* eomme fit d'Àguesàeau ; mais, si l'on veut comparer les projets de l'un et de l'autre et ne considérer que les idées de ees deux grands hommes* on verra, je ne crains pas de l'affirmer, que le sous-préeepteur des princes était un esprit plus solide et plus politique que ne le fut jamais l'honnête et timide chancelier.

Je regrette de ne pouvoir copier tout au long les idée9 de Fleury sur l'Eglise, c'est-à-dire sûr les rapporte de l'Eglise et de l'Etat, de la royauté et de Borne ; mais voici quelquesunes de ses vues sur la réformation de la justice : on verra qu'à la veille de 1789 l'opinion n'allait pas encore aussi loin que le précepteur et le conseiller du duc de Bourgogne.

1 Daragon, Droit public, tome I«, p. 140.

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