DES FIEFS EN GÉNÉRAL
Fief, suivant ce que nous avons dit, est un immeuble, dont la propriété utile a été originairement accordée à un gentilhomme, qui s'est obligé par serment de servir
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en guerre celui qui lui a fait cette concession. Cette définition explique plutôt l'origiqe des fiefs que leur nature, telle qu'elle est aujourd'hui ; mais elle ne laisse pas d'en donner une idée assez distincte, et il est absolument nécessaire de savoir ce que les fiefs étoient autrefois, pour voir la raison de ce qu'ils sont aujourd'hui.
Il est très-difficile de savoir en quel temps les fiefs ont commencé parmi nous, mais il est très-certain que Pusageen a été très-fréquent depuis le commencement de la troisième race de nos rois ; car, dans ces premiers temps, la France étoit partagée entre une infinité de seigneurs, qui dépendoient tous les uns des au très, jusqu'à venir aux plus grands, qui dépendoient du roi ; mais ils ne laissoient pas de se faire la guerre de pair à pair; et, dans ces guerres, ils se servoient de leurs vassaux, en vertu du serment qu'ils en avoient pris en leur accordant le fief. Depuis, les rois s'étant, petit à petit, rétablis dans une domination plus absolue, ce service de guerre, qui étoit l'essentiel des fiefs, n'a plus eu de lieu, et il n'en est plus resté que quelques devoirs de cérémonie, et quelques petits droits, plus utiles aux praticiens, pour la multitude des procès qui en viennent, qu'aux seigneurs à qui ils sont dus.
Avant que d'expliquer ces droits en particulier, il n est pas inutile d'observer que les fiefs, suivant les qualités qu'ils donnent à ceux qui en sont revêtus, s'appellent fiefs de dignité, comme les duchés, comtés, etc., ou sans dignité ; et ceux-ci sont encore de deux sortes : car, si le droit de justice y est joint, cela s'appelle seigneurie proprement, sinon simple fief. Nous parlerons