VI AVERTISSEMENT
Quant au contenu du manuscrit, certaines dates qui s'y rencontrent ne permettent pas de douter que l'original ne soit contemporain de la copie. C'est ainsi qu'à la fin de la seconde partie, qui traite des personnes, on trouve à la marge la date : 22 aoust 1665; dans un autre passage où Ton cite un édit de 1626, qui établît des commissaires aux saisies, en titre d'office, l'auteur remarque qu'il y a quarante ans que cet édit a été rendd * . C'est donfc aux fcrtvfrons des années 1665 et 1666 que l'ouvrage a été rédigé.
Un autre genre de preuves ne permet pas de placer cet écrit à une date plus récente. D'une part, il y est question des États généraux, dont on ne parle guère dans les dernières années de Louis XIV; d'autre part, la procédure civile exposée dans les livres VI et VII est la procédure instituée pat t'ordonnance de lS39; ï'dûtéuf n'a pas connu la grtmdé téfbrnïe de 166Î, ou dii moins il n'y fait allusion qu'une foie.
Je parcourus ce manuscrit avec intérêt. C'est un exposé de notre ancien droit civil, fëif par un esprit clair et précis. Les principes sont Meri poééé, les côtlséquences nettement déduites; ce n'eStpàâ le Whiet d'titi |Hfttifeien, c'est l'œuvre d'un jurisconsulte*
Malgré ces qualités, je ne crus pas avoir trouvé un trésor ; je mis dans un coin de ma bibliothèque l'auteur anonyme dont personne ne s'était inquiété depuis bientôt deux siècles, je l'oubliai pendant plus de dix ans, et il courait grand risque de rester toujours inconnu, quand un hasard heureux m'apprit ce que je ne soupçonnais guère, c'est que cette Institution au droit françois était une œuvre inédite et perdue de Claude Fleury.
En l'année 1851, je fis au Collège de France un cours sur l'histoire de l'ancienne administration française. Parmi les
1 T. II de notre édition, p. 179. j
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litres qui pouvaient me sertir < j'avais remarqué lé Br&it publie de France, oUvrage posthume de l'abbé Fletfty 5 publié par J.-Bi Daragon, professeuren rUaifersité de Paris (Parte* 1769, 2 vol. in- 12). C'est une suite de notes fort eictëteè sfch* notre ancien droit publie* notes qui sertirent à Fléufy, lorsque, sous lés ordres de Féneion, il fut chargé del'êdb-» cation du duc de Bourgogne* Daràgon* devenu possesseur des manuscrits de l'abbé Fleùry$ pfcr la mort de son neveu M. de La Vigne dé Fréohevillfcj premier médecin de la tëiae, nous apprend qu'il ti'avait pti rencontrer dans les papiers de Fleury ce Droit public deFfmce, dotit iti rettouirftit tdutes les dates, mais que M. Paris de Maysieu fut assea bon pouf lui communiquer l'érigitiaL du Omit public et que c'est à sa générosité qu'on doit la publ&etàcHi de cet otlïrage intéressant1.
Daragen parle ensuite des ouvragés inédits de l'abbé Fleury qu'il a entre les mains et qu'il se propose d'imprinief plus tard, tels que le tome XXI dôT Histoire eektèèiaiiiqui**, le Soldat thtêtien> eto*, et il ajoute oe qui suit 9 :
« A l'âge de vifigI*troisans, M. Fleury entreprit de rédi-
1 Par une bonne fortune singulière, j'ai trouvé, il y a quelque temps, près du fxmt de là Concordé, tin tfiariuscrit dii Droit public, qui n*esi pas celui que possédait Ma de Maysieb* car fi né sUtnble &tè écHt de la mafn de Fleury. C'est un petit in-folio" relié en parchemin, et qtfi porte le litre de Droit pit* Uic. L'écriture en est très-nette, et semble du dix.- septième siècle, le teste est le même que celui que donne Daragon, sauf quelques différences de style que j'attribue à l'éditeur, baragon, |)ar exemple, Imprime : « Droit c positif divin est ee qu'il a plu* à Dieu de commander au* bdmhtés. » Le manuserit dit plus simplement : « D. positif divin, ce qu'il a plu à Dieu c commander aux nommes. »
* Ce tdme XXI, comportant tés livrés Ét-ttv, à été publié à Paris, en 1837, par l'abbé Vidal, dans le VIe volume de V Histoire du Christianisme, qui n'est, sous un autre nom, que Y Histoire ecclésiastique de l'abbé Fleury.
8 Daragon, Préface au droit public, p, x.