‹ Institution de la religion chrestienneChapitre 143 sur 335 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

de monstrer quelle est la sagesse, vertu et pureté de Dieu, et non sans cause.

Nous voyons comme Abraham, d'autant plus qu'il est approché pour contempler la majesté de Dieu, se confesse terre et poudre ': comme Hélie cache son visage n'osant attendre telle approche*: tel effroy les fidèles conçoivent de ceste haute majesté. El que feroit l'homme qui n'est que vers et pourriture, veu qu'il faut que les Chérubins et Anges du ciel se couvrent pour la peur et estonnement qu'euxmesmes en ont? C'est ce que dit le Prophète Isaïe, que le soleil aura honte, et

la lune sera confuse, quand le Seigneur des armées régnera1: c'est-à-dire, quand il desployera sa clarté, ou qu'il la fera veoir de plus près, tout ce qui esloit auparavant le plus clair du monde, sera en comparaison d'icelle obscurci de ténèbres. Toutesfois combien qu'il y ait une liaison mutuelle entre la cognoissance de Dieu et de nous-mesmes et que l'une se rapporte à l'antre, si est-ce que l'ordre de bien enseigner requiert qu'en premier lieu nous traitlions que c'est de cognoislre Dieu, pour venir au second poinct.

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