‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 700 sur 703 · L'IMPRIMEUR AU LECTEUR · texte numérisé non relu

L'IMPRIMEUR AU LECTEUR

Ce livre a desja tant de fois esté rimprimé non seulement en Latin, mais aussi en François, qu'il est bien à présumer que ceux qui l'ont un peu attentivement fueilleté, pourroyent sans grande difficulté trouver les principaux poincts de doctrine, chacun en son endroit, sans estre aydez de ceste Table, Etmesme l'Autheur en ceste dernière édition, le divisant en quatre livres ou parties principales, a puis après comprins chacune en plusieurs chapitres, et assez brief, et si clairement et familiairement, qu'on se pourroit mieux que jamais passer de Table. Toutesfois, pource que plusieurs ne se peuvent contenter d'un livre, s'il n'y en a une : j'ay bien voulu en cecy me conformer à l'usage commun, espérant que prendrez la chose en gré, et ferez tant mieux vostre profit du livre, à l'honneur de Dieu et édification de son Eglise, Ainsi soit-il.

Des Acolytlies.

De ceux qu'on nommoit Acolythes en l'Eglise ancienne, liv. 4, chap. 4, sect. 1 . 9. Des Acolythes de l'Eglise papistique:et comment les Papistes badinent, en disant que Jésus Christ a esté Acolythe, 4, 19, 22 s.

De la cliente d^idam.

La cheute d'Adam n'est pas procedée de friandise, ains d'infidélité: (mesprisant la Parole de Dieu et sa vérité, il s'est desvoyé aux mensonges de Satan) laquelle a ouvert la porte à ambition et orgueil (auxquels vices ingratitude estoit conjointe): ambition aesté mère de rébellion, 2, 1, 4. Comme ainsi soit que par la cheute d'Adam les autres créatures ayent esté aucunement defligurées, ce n'est pas de merveille si tout le genre humain en a esté corrompu, c'est à dire est decheu de sa première création, et a esté fait sujet à malédiction. C'est ceste corruption que les anciens Doctem's ont nommée Péché originel:

lesquels toutesfois n'ont pas deduictce point de doctrine si clairement qu'il eust esté requis. Cependant il est monstre par raisons et tesmoignages de l'Escriture, que Pelagius a grandement erré, disant que le péché estoit descendu du premier homme en toute sa postérité par imitation seulement, et non point par génération, 2, 1, 5 s. Que pour entendre ceci, il n'est ja besoin de disputer assavoirmon si l'ame d'un enfant procède de la substance de l'ame de son père: veu que la souilleare n'apoint son fondement en la substance de la chair ou de l'ame, mais en ce que Dieu avoit ordonné que les dons qu'il faisoit au premier homme, il les eust pour lui et sa postérité; et aussi qu'à ceste doctrine n'est point contraire ce qui est dit, que les enfans des fidèles sont sanctifiez, 2, 1, 7. C'a esté un mot assez commun, mais qui a esté entendu de peu de gens. Que par la cheute d'Adam les dons naturels ont esté cori-ompus en l'homme, et les supernaturels ostez, 2, 2, 4. 16. L'exposition en est baillée en la section 12, assavoii- que l'homme a perdu les dons supematurels, comme la foy, l'amour envers Dieu et les prochains, et l'affection de suyvre droi-

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ture et justice : mais que par Christ il vient à les recouvrer: que les naturels, assavoir l'entendement et le cœ m-, ont esté corrompus, veu qu'il n'y est demeuré intégrité ne droiture. Item, q 18 la raison n'a pas esté du tout effacée en l'homme, mais en [jartie atïoiblie, eu partie corrompue. Aussi que la volonté, puis qu'elle est insepai'able de la nature de l'homme, n'est pas perie, mais tenue captive sous descupiditez perverses, 2, 2, 12. Il est demonstré par tesmoignage de sainct Augustin et de l'Escriture, que Dieu n'a pas seulement preveu ou promis, mais aussi décrété et ordonné la cheute du premier homme, et en icelle la ruine de son lignage, 3, 23, 7 s.

De VAme.

Que l'Ame ou l'esprit de l'homme n'est pas un souffle seulement, mais une essence immortelle, combien qu'elle ait esté créée, 1, 15, 2 s. Contre ceux qui sous couleur de nature nient la providence et le gouvernement de Dieu, lequel se monstre es facultez et opérations de l'Ame, qui sont admirables et quasi infinies, 1, 15, 4 s. Réfutation de l'erreur des Manichéens el de Servet, Que l'Ame de l'honnne est un sourgeon de la substance de Dieu. Item, de l'erreur d'Osiander, qui ne veut point recognoistre l'image de Dieu en Adam, s'il n'y a une justice e.ssentielle infuse en luy, 1, 15, 5. Quasi pas un des Philosophes n'a parlé asseurement de l'immortalité de l'Ame, mais ils ont limité ses facultez à la vie présente, en lieu que l'Escriture luy attribue tellement la conduite quand à ceste vie, qu'elle doit aussi le solliciter à recognoistre Dieu. Item de la division des facultez de l'Ame selon les Philosophes, 1, 15, 0. Autre division plus convenable à la doctrine chrestieune, assavoir que les parties de l'Ame sont l'entendement et la volonté ; et qu'elle est l'office et propriété d'icelles en la première création de l'homme, 1, 15, 7 s. Que mesmes es vices de l'Ame on peut appercevoir encores quelque reste de semence de religion, 1,15,0. De l'erreur de ceux qui ont estimé qu'en la mort, les Ames aussi mouroyent pour ressusciter au dernier jour avec les corps, 3,25, 0. Description que fait saiuct Bernard des misères de l'Ame fidèle considérée en ellemesme et au contraire de l'asseurance et matière de se glorifier qu'elle a en Christ, 3, 2, 2-3.

Des Anabaptistes.

Est mnustré àl'encontre des Anabaptistes, que le Buptesme des petis enfans accorde bien avec l'institution de Christ, et la nature du signe extérieur, 4, 16, 1 ss. Que le Baptesme a esté mis au lieu de la Circoncision : quelle convenance ou quelle diversité il y a entre les deux, 4, 1(3, 3 s. Veu que le Seigneur fait les petis enfans participans de la chose signifiée au Baptesme, que ce n'est pas raison de les exclurre du Baptesme, 4, lu, 5. Il est monstre que le Seigneur régénère

aussi de ceux qui sont en tel aage, 4, 16, 17 ss. Que puis que nous avons la mesme alliance, laquelle le Seigneur ayant contractée avec Abraham a voulu estre seellee es petis enfans par un Sacrement extérieur: qu'en iceux aussi le Baptesme doit aujourd'huy avoir lieu, 4, 16, 6. Que le Baptesme des petis enfans est jjien prouvé par ce que Christ a embrassé des petis enfans, et a mis ses mains sur eux, 4, 16, 7. Réfutation d'aucuns argumens que font les Anabaptistes contre le Baptesme des petis enfans, 4, 16, 8. 22. 23.25. 27. 28. 29. Qu'il revient un grand profit du Bai>tesme des petis enfans, tant aux pères fidèles qu'à iceux enfans, 4, 16, 9. Duquel bien Satan tasche de nous despouiller par le moyen des Anabaptistes, 4, 16, 32. Réfutation des argumens que les adversaires ameinent au contraire: assavoir, que la signification du Baptesme est autre que de la Circoncision: (jue nostre alliance est autre que l'ancienne : qu'autres gens sont aujourd'huy nommez Enfans, qu'anciennement, 4, 16, 10 ss. Res- [)onse à d'autres différences forgées par iceux entre la Circoncision et le Baptesme, 4, 16, 16. Item, à ce qu'ils objectent, que le Baptesme est Sacrement defoy et repen tance desquelles choses l'aage d'enfance n'est capable, 4, 16, 20 s. En ceux qui ont desja aage de discrétion, la foy et intelligence doyvent précéder l'administration du Baptesme, mais es enfans des fidèles le Baptesme a lieu avant qu'ils ayent intelligence, 4, 16, 24. Contre ceux qui tiennent pour damnez tous les petis enfans qui n'ont esté baptizez, 4, 16, 26. Que c'est pour une bonne raison que Clirist n'a esté baptisé qu'au trentième an de sa vie, et que cela ne fait rien pour ceux qui ne vejilent pas qu'on baptise les petis enfans, 4, 16, 29. Pourquoi c'est qu'on ne doit pas recevoir à la Cène les petis enfans, ne les exclurre du Baptesme, 4, 16, 30. Un grand catalogue des argumens par lesquels ce vilain Servet a combatu contre le Baptesme des petis enfans avec la réfutation d'iceux, 4, 16, 31. Du Baptesme des petis enfans, 4, 8, 16.

Des Anges.

Que les Anges sont créatures de Dieu,com- ])ien que Moyse ne l'exprime pas en l'histoire de la création, 1, 14, 3. Touchant le temps ou l'ordre auquel ils ont esté créés, il n'est pas expédient de nous en enquérir, veu que l'Escriture n'en dit rien, laquelle nous devons suyvre pour reigle, 1, 14, 4. Pourquoy c'est i[ueles Esprits célestes sont nommez Anges, Armées, "Vertus, Principautez, Puissances, Dominations, Thrones, Dieux, 1, 14, 5. Touchant les Anges, l'Escriture nous enseigne ce ijui est propre pour nostre consolation et confirmation de nostre foy, assavoir qu'ils sont ministres et dispensateurs de la libéralité de Dieu envers nous: et ce en diverses sortes, 1, 14, 6. 9. Qu'il n'y a pas un Ange seulement qui ait soin de nous, mais que tous d'un accord veillent pour nostre salut;

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et que pourtant c'est une question spjierflue de disputer si chacun a son Ange particulièrement ordonné pour le garder, i, 14, 7. Que c'est curiosité de s'enquérir du nonilDre et de l'ordre des Anges, et témérité d'en déterminer: et pourquoy, veu que ce sont esprits, l'Escriture sous les noms de Gherubim et Sera|ihim.lespeindayans ailes, 1,14, 8. Contre les Saddiiciens et semblables fantastiques, il est monstre par divers tesmoignages de l'Escriture, que les Anges ne sont point qualitez ou inspirations sans substance, ains vrayes natures spirituelles, 1, 14, !J. Qu'il nous faut donrer garde de superstition à l'endroit des Anges, ou de leur attribuer ce qui appartient à Dieu seul et à Christ, 1, 14, 10. Que pour éviter ce danger nous avons à considérer que Dieu se sert d'eux, non point par nécessité, comme s'il ne s'en pourroit passer, mais pour le soulagement de nostreimbecillité, 1, 14, 11. Les Anges aussi ont esté créez à l'image de Dieu, 1, 15, 3 .

De V Ascension de Clirist au ciel.

Combien que Christ en ressuscitantaitcommencé à magnifier sa gloire et vertu, que toutesfois il a vrayement lors exalté son règne, quand il est monté au ciel, pource qu'il a lors plus largement espandu les grâces de son Esprit, amplifié sa majesté, et declairé d'avantage sa puissance, tant en aidant les siens, qu'en abbataut ses ennemis: et que toutesfois il est tellement absent selon la présence de sa chair, qu'il est tousjours en tous lieux selon la présence de sa majesté, et avec ses fidèles selon sa grâce invisible et incompréhensible, 2, 16, 14. De ce que Christ est assis à la dextre du Père, et du fruict que nostre foy reçoit de cela en diverses sortes, 2, 16,

Des Archevesques et Patriarches.

Voyez 4, 4, 4. et 7, 15.

Du Baptesme.

La définition du Baptesme, la première fin d'iceluy est, qu'il sert à nostre foy envers Dieu : l'autre, qu'il en est tesmoignage envers les hommes. Nostre foy en reçoit trois fruicts. Premièrement, entant que c'est un signe de nostre purgation, et que noz péchez sont effacez, 4, 15, 1, ce qui est prouvé par tesmoignages de l'Escriture: et que ce n'est pas l'eau qui nous nettoyée, mais le sang de Christ, 4, 15, 2. Que la vertu du Baptesme ne doit point estre restreinte au temps qu'on l'administre, mais que par iceluy nous sommes une fois lavez pour toute nostre vie; et que neantmoins il ne faut pas prendre de cela licence de pécher à l'ad venir, 4, 15, 3s. Le second fruict que nostre foy reçoit du Baptesme, c'est qu'il nous monstre nostre morti-

fication et vie nouvelle en Christ, 4, 15, 5. Le troisième, qu'il nout monstre que nous sommes tellement uniz avec Christ, que nous participons à tous ses biens, 4, 15, 6. Que le Baptesme admijiistré par Jean Baptiste a esté le mesme que les Apostres ont administré, 4, 15, 7 s. Que tant nostre mortification comme nostre purgation a esté figurée au peuple <risrael par le passage de la mer, et le raffraichissement de la nuée, 4, 15, 9. Que c'est un |)oinct faux, de dire (jue par le Baptesme nous sommes remis en la mesme justice et pureté de nature qu'Adam avoit premièrement, 4, 15, 10 ss. Comment c'est que le Baptesme sert à rendre confession de nostre foy entre les homm.es, 4, 1.3, 13. Comment il nous convient user du Baptesme, tant pour confermer nostre foy, que pour en rendre tesmoignages envers les hommes; où il est monstre aussi que les grâces de Dieu ne sont pas encloses au Sacrement pour nous estre conférées par la vertu d'iceluy, 4, 15, 14 s. Que la dignité du Ministre n'apporte rien au Baptesme: aussi ([ue l'indignité d'iceluy n'y derogue rien, quoy qu'ay-ent allégué les Donatistes et aujourdhuy les Anabaptistes, 4, 15, 1(5 ss. Le Baptesme est Sacrement de pénitence pour toute la vie, tellement qu'il n'en faut point d'autre, 4, 15, 17. De l'eau charmée, du cierge, du chresme, du crachat et autres badinages adjoustez à la simple cérémonie du Baptesme de Christ, de laquelle la pure administration est monstrée telle qu'elle doit estre en l'Eglise, 4, 15, 19. Que c'est aux ministres de l'Eglise d'administrer le Baptesme et non pas aux particuliers: beaucoup moins aux femmes 4, 15, 50 ss. Touchant le Baplesme des petits enfans, voyez sous le mot Anabaptistes.

Des Cardinaux.

Quand premièrement a commencé ce nom à estre en usage, et comment c'est qu'en si peu de temps Testât des Cardinaux est monté si haut, 4, 7, 30.

De la Cène du Seigneur.

Des signes de la saincte Gène, qui sont le pain et le vin: où il est monstre par les paroUes du Seigneur en la Cène, pourquoy il a voulu que nous usissions de tels signes, 4, 17, 1. De la grande asseurance et consolation que nous donne la Cène, nous rendant tesmoignage que nous sommes tellement faicts un corps avec Christ, que tout ce qu'il a est nostre, 4, 17, 2 s. Que ce n'est pas le principal de ce Sacrement de nous présenter le ci>rps de Christ sans plus haute considération: mais plustost nous séeller ceste promesse de Christ, que sa chair est vrayement nostre viande, 4, 17, 4. Que la Cène ne fait pa» que Christ commence à nous estre pain de vie: mais nous fait sentir la vertu de ce pain.

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Qu'il nous faut garder de trop attribuer ou trop peu aux signes de la Gène. Item, que manger la chair de Christ n'est pas la foy, mais un effet de la foy, 4, 7, 5 s. Que ceux-là ne parlent pas assez avant, qui nous font seulement participans de l'Esprit de Christ, laissans derrière la mémoire de son corps et son sang. Que c'est un si grand mystère, que la langue ne le sauroit exprimer, non pas mesmes l'esprit comprendre, 4, 17, 7. Que Christ qui a esté dés le commencement la parole du Père vivifiante a fait que sa chair qu'il avoit prins, nous fust vivifiante, 4, 17, 8 s. Que les fidèles la mangent vrayement, quelque distance de lieux qu'il y ait entre icelle et eux 4, 17, 10. Que la Cène a deux parties, les signes et la vérité spirituelle, qui contient trois choses : la signification, la matière, et l'eft'ect, 4, 17, 11. De la transsubstantiation du pain et vin au corps et sang de Christ, forgée en la cour de Rome, 4, 17, 12. 13 et autres suyvans, et 20. Que les Docteurs anciens ne l'ont point ainsi tenu: aussi que ce ne seroit point Sacrement si la substance des signes ne demeuroit, 4, 17, 14. Que le pain n'est pas Sacrement sinon à ceux ausquels la parole s'addresse, 4, 17, 15; où aussi sont réfutez aucuns argumens des Docteurs de la transsubstantiation. De certains autres, qui confessent bien en un mot, que la substance des signes demeure, et toutesfois tenans que le corps de Christ est au pain et sous le pain, retombent en ceste imagination de présence locale du corps et mesme qu'il est en tous lieux, 4, 17, 16. 17. 18. 20. Apres sont refutées les objections de telles gens, 4, 17, 21 ss. Item est monstre qu'il n'y a passage ny en sainct Augustin, ny en l'Escriture, qui face pour eux en cest endroict, 4, 17 . 28 ss. Item sont encores refutées certaines autres de leurs objections : et principalement ce qu'ils disent que quand nous parlons de manger spirituellement le corps de Christ, ce n'est pas le manger vrayement etrealement; où aussi il est monstre qu'en la Cène le corps de Christ est présenté aux infidèles aussi, mais qu'ils ne le reçoyvent pas, 4, 17, 33. Et est prouvé par divers passages de sainct Augustin, qu'il n'a p.is estimé que les infidèles le receussent, 4, 17, 34. En quelle sorte le corps et le sang de Christ nous sont présentez en la Cène, et quelle présence de Christ il nous y faut recognoistre, 4, 17, 18. 19. 32. De l'exposition des paroles de Christ en la Cène, 4, 17, 20 s. Plusieurs passages de l'Escriture, qui monstrent de l'adoiation charnelle des Papistes, de la consécration de l'hostie (qu'ils appellent) et de la cérémonie de la porter en procession, 4, 17, 35 ss. Que le corps de Christ n'est pas infini, et qu'il est au ciel jusques au dernier jour, 4, 17, 26 s. Le Sacrement de la Cène nous doit inciter à action de grâces, nous exercer à réduire en mémoire la mort de Christ, et astre un aiguillon à profiter en saincteté de vie, et principalement en charité, 4, 17, 37 s. Qu'en la Papauté la Cène (en lieu que la droicte adminis-

tion n'en peut pas estre sans la Parolle} a esté tournée comme en un jeu sans parler; où aussi est touché de ceux qui gardent le Sacrement pour le porter aux malades, 4, 17, 39. Qu'à ceux qui prennent la Cène sans foy et affection de charité, elle est tournée en poison : et qu'à bon droict ils sont coupables du corps et du sang de Christ, 4, 17, 40. Que c'est une droicte géhenne des consciences, ce que les Papistes enseignent pour se préparer à dignement recevoir le corps de Christ: et que le diable ne pouvoit pas trouver plus beau moyen pour se despecher de ruiner les povres âmes : où aussi est baillé le remède pour éviter un tel gouffre: et est monstre que ceux-là s'abusent, qui requièrent que les fidèles apportent à la Cène une foy parfaite 4, 17. 41 s.; qu'il y a plusieurs choses indifférentes quant à la conduite externe de l'acte de la Cène: et comment c'est qu'on la peut administrer bien honnestement, 4, 17, 43. De ce qu'on partici^^e aujourdhuy si peu souvent à la Cène du Seigneur: ce qui est un signe du mespris d'icelle, et qui a grandement despieu aux Docteurs de l'Eglise ancienne . Item, que ça esté une droicte invention du diable, que l'ordonnance papale de communiquer une fois l'an, 4, 17,44 ss. Comme aussi que les lais ne participent au signe du sang, ce qui est contre l'Escriture et l'usage de l'Eglise ancienne, mesmes quatre cens ans après la mort de sainct Grégoire, 4, 17, 47 ss. Que c'est profaner la Cène de Christ, si on y reçoit toutes manières de gens indifféremment: et de l'office des ministres à en rejetter ceux qui en sont indignes, 4, 12, 5. Brief sommaire de ce que nous devons tenir quant aux deux Sacremens: et pourqucy la Gène se réitère souvent, et non pas le Baptesme, 4, 18, 19.

Des Cérémonies.

Que les Cérémonies anciennes de la Loy de Moyse ont esté abolies seulement quant à l'usage, non pas quant à la substance (laquelle nous avons bien à clair et avec plaine efficace en Jésus Christ) et que cela ne derogue rien à la saincteté d'icelle, 2, 7, 16. Et qu'à bon droict estans considérées à part et hors de Christ, sainct Paul les nomme Obligations contre nous, 2, 7, 17. Les ordonnances touchant les Cérémonies en la Papauté, enjoignent des Cérémonies en partie inutiles, quelquefois aussi sottes, quoy qu'elles ayent apparence de sagesse: d'avantage, le nombre en est si infini, que les consciences en sont accablées 4, 10, 11 ss. Qu'on ne peut excuser les Cérémonies papales sous couleur de dire qu'elles sont pour l'instruction des simples, comme les Cérémonies de la Loy ont servy de pédagogie aux Juifs, car il y a en ceci évidemment différence entre nous et le peuple ancien, 4, 10, 14. Les Cérémonies de la Papauté sont tenues comme sacrifices pour la satisfaction des péchez, et méritoires de la

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vie éternelle ; mais à la vérité ne contiennent lien de doctrine, et sont seulement moyens pour attraper deniers, 4, 10, 15.

Du Chant en V Eglise.

Que la voix et le Chant ne sert de rien en prières, si Taftection du cœur n'y est, 3, 20, 31. 33. De l'usage de Chanter es Eglises, 3, 20, 32.

De la Cliarité envers le prochain.

Charité est amour envers uostre prochain, non pas envei's nousmesmes, quoy que disent les Sorbonistes, 2. 8, 54. Sous le mot de Prochain sont comprins mesmes les plus estranges, voire et noz ennemis. 2, 8, 55. Parquoy on voit l'ignorance des Docteurs scolastiques, qui ont dit que de n'appeler point vengence et d'aimer noz ennemis, c'estoyent conseils, non pas commandemens : en quoy les Anciens ont esté d'autre opinion, voire mesme sainct Grégoire, 2, 8, 55 s. Qu'afin que nous ne nous lassions de bien faire à noz prochains, il nous est besoin d'estre patiens, et ne regarder pas ce que méritent plusieurs selon leur ingratitude, ou autres qualitez qui nous pourroyent refroidir: mais nous proposer Dieu qui le nous commande, 3,7,6.

Pour faire le devoir de charité, ce n'est pas assez que nous facions envers nostre prochain tout ce qui nous est possible: mais faut encore que cela se face d'une droite affection d'amour. Et à ceste tin est nécessaire que nous nous proposions celuy qui a besoin de nous, comme si nous estions en sa place, ce qui sera un moyen pour éviter toute corrogance, et autres vices qui deffigurent la Charité, 3, 7, 7. Charité non feinte est une approbation de vraye pieté : et pourtant Christ et le Apostres quelquefois parlans de la Loy, insistent sur la seconde Table, sans faire ■nention de la première, 2, 8, 52. Contre les Pharisiens de nostre temps, qui disputent que nous sommes justifiez par Charité, pource que S. Paul dit que Charité est plus grande que foy et espérance, 3, 18. 8. L'exposition du dixiemecommandement, par lequel nous sont ilefendues non-seulement toutes entreprinses et délibérations de nuire à nostre prochain (comme es autres commandemens) mais aussi toutes pensées et convoitises contraires à Charité, 2, 8, 49. 58. Qu'à bon droict le Seigneur requiert de nous une si grande droiture et telle ardeur de Charité, 2, 8, 50. L'exposition du sixième commandement : par lequel non seulement meurtres ethaynesnous sont interdictes: mais la conservation de la vie de nostre prochain nous est recommandée, pource qu'il est nostre chair, et image de Dieu, 2, 7, 39 s.

De Christ.

Probation de la divinité du Fils de Dieu,

1, 13, 7. Contre aucuns mastins, qui desrobent subtilement au Fils de Dieu son éternité, disans qu'il a commencé à estre lors que Dieu a parlé pour créer le monde, 1, 1.3, 8. Divers tesmoigiiages de l'Escriture qui moustrent sa divinité : premièrement du vieil Testament, 1, 13, 9 s., et puis du Nouveau, 1, 13, 11 . Le mesme est prouvé par les œuvres que l'Escriture luy attribue, 1, 13, 12. Item, par les miracles qu'il a faicts, 1, 13, 13. Plusieurs tesmoignages de l'Escriture et bien formels, que Christ a prins une vraye substance de chair humaine, et non pas un fantosme ou apparence (comme songeoyent les Marcionites) : ne semblablement un corps celeste (comme disoyent les Manichéens) 2, 13, 1. Exposition des passages de l'Escriture, desquels ces hérétiques et aucuns de leurs disciples aujourdhuy taschent de conformer leur erreur, 2, 13, 2 s., où aussi sont réfutez certains nouveaux Marcionites, lesquels pour prouver que Christ a prins un corps de rien, allèguent que les femmes n'ont point de semence. Ptefutation d'auti'es absurditez alléguées par lesdits, 2, 13, 4.

Des Clercs.

De la signification de ce mot, et quelles gens estoyent ainsi nommez en l'Eglise ancienne, 4, 4, 9.

De la Cognoissance de Dieu.

Cognoistre Dieu, ce n'est pas seulement concevoir qu'il y a un Dieu, mais entendre ce qu'il est bon de savoir de luy pour sa gloire et nostre salut, 1, 2, 1. La cognoissance de Dieu nous doit servir premièrement, pour nous duire à crainte et révérence envers luy, puis aussi afin que nous apprenions d'attendre tout bien de luy, 1, 2, 2; .5, 8. Que les Philosophes n'ont point autre cognoissance de Dieu, que pour estre rendus inexcusables, 2, 2, 18. Que tous hommes ont naturellement ceste maxime imprimée en eux, qu'il j a quelque Dieu, 1, 2, 1 ; est c'est afin que ceux qui n'auront point serv> le vray Dieu, soyent condamnez par leur propre conscience, 1, 3, 1. Combien que tous sachent naturellement qu'il y a un Dieu, les uns toutesfois s'esgarent en superstition, les autres de propros délibéré se destournent malicieusement de Dieu, 1, 4, 1. Vous trouverez d'autres choses à ce propos sous ce mot. De la Création du monde.

Des Conciles.

Qu'il faut tenir mesure à porter honneur aux Conciles, afin de ne deroguer à Jésus Christ. Item, que les Conciles anciens conferment pour la plus part nostre doctrine, 4, 9, 1. Que suyvant les Escritures, les Conciles n'ont authorité aucune, s'ils ne sont assemblez au nom de Christ : et que c'est

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qu'emporte ce mot, 4, 9, 2. Que les Papistes prennent une maxime fausse, de dire que la vérité n'est point en l'Eglise, si tous les Pasteurs n'en sont d'accord: et qu'il n'y a point d'Eglise, si elle ji'est en monstre, et si elle n'apparoist es Conciles généraux, 4, 9, 3 ss. Que c'est qu'il faut considérer, quand il est question de l'authorité de quel<{ue Concile : et que S. Augustin y prescrit un bon moyen, 4, 9, 8. Qu'il y a des contradictions entre les Conciles, 4, 9, 9. Que mesmes en ces premiers Conciles et plus anciens il y a eu des fautes, 4, 9, 10 s.

De la Concupiscence.

La différence entre Concupiscence et Conseil, 2, 8, 49. Que toutes les cupiditez de l'homme sont mauvaises et entachées de péché: non pas en tant qu'elles sont naturelles, mais pource qu'elles sont toutes desordonnées à cause de la corruption de nature. Et que telle a esté l'opinion de sainct Augustin, quand on le regardera de bien près, 3, 3, 12. Ce qui est monstre par plusieurs passages de ses escrits, 3, 3, 3.

De la Confession aiiricidaire, qi^on appelle.

Du débat qui est touchant la Confession auriculaire entre les Théologiens scolastiques et les canonistes, d'autant que ceux-ci tiennent que Dieu ne l'a pas commandée. Réfutation des argumens sur lesquels les autres se fondent. Premièrement, d'autant qu'il est dit en l'Evangile, que le Seigneur ayant nettoyé les lépreux, les renvoya aux sacrificateurs, duquel faict la vraye raison est rendue, 3, 4, 4. Item, que le Seigneur ayant ressacité Lazare, commande à ses disciples de le deslier, 3, 4, 5. La vraye exposition de deux autres passages, desquels ils pensent confermer leur Confession : assavoir que ceux qui venoyeut au Baptesme de sainct Jean confessoyent leurs péchez : et sainct Jaques veut que nous confessions noz péchez l'un à l'autre, 3, 4,6. Que l'usage de se Confesser à un Prestre, a bien esté une observation ancienne, mais toutesfois libre, comme une discipline politique, et non pas comme une loy faite par Christ ou ses Apostres: et que depuis Nectarius Evesque de Constantinoble l'abolit, à cause d'un Diacre qui sous couleur de cela avoit violé une femme. Item, que les Eglises n'ont point esté chargées de ceste loy tyrannique avant le temps da Pape Innocence troisième (il y a environ trois cens ans) et est aussi monstrée quant et quaut la sottise d'icelle ordonnance, et la barbarie des mots ausquels elle est couchée par eux, 3, 4, 7. Les tesmognages de l'abolissement d'icelle loy prins des livres de Chrysostome

Evesque de Constantinoble, 3, 4, S. Exposition de l'ordonnance du Pape Innocence, de Confesser tous ses péchez: ou sont recitées ces diverses opinions des théologiens Romauisques, touchant le nombre et l'usage des clefs, et de la puissance de lier et deslier, 3,4,10. La vilainie de chacun poiuct de ceste loy de Confesse: et principalement quanta celuy de conter tous ses péchez, 3, 4, 16. Une description naifve des tourmens et géhennes dont les povres consciences estoyent là estreintes par divers circuits, comme entre les mains d'an bourreau, 3, 4, 17. Est declairé par similitude comment c'est que la pluspart du monde s'es^ peu arrester à une telle illusion; que c'est une loy impossible, et qui rend les hommes hypocrites; après est monstrée une reigle infaillible de se bien Confesser, prinse sur l'exemple du Pef^ger, 3, 4, 18. Réfutation de ce poinct. Que les péchez ne sont point pardonnez, si on n'a ferme intention de les Confesser, et que la porte est fermée, etc., où aussi est refutée leur objection. Qu'on ne peut juger qu'après cognoissance de cause : c'est-à-dire, donner absolution : que le dénombrement de tous les péchez ne soit fait, 3, 4, 18. Que ce n'est pas de merveille si nous condamnons et abolissons la Confession auriculaire, et, que faussement les adversaires luy attribuent qu'elle humilie le pécheur en l'amenant à honte de son mesfait : veu qu'au contraire elle lui fournist une hardiesse à mal faire, 3, 4, 19. Qu'à tort les Prestres de la Papauté mettent en avant la puissance des clefs, veu qu'ils ne sont pas successeurs des Apostres, et n'ont le sainct Esprit, considéré que tous les jours ils lient ce que le Seigneur a commandé de desiier: et au contraire, 3, 4, 20. Que c'est une chose fausse, de dire que la puissance des clefs peut estre exercée sans science; veu que par ce moyen l'absolution seroit incertaine ; où aussi il est traicté tant de l'absolution que de la condemriation que le ministre de l'Evangile ou l'Eglise prononce, et de la certitude d'icelles, 3,4,21. Que l'absolution des Prestres papistiques est incertaine, tant de la part de celuy qui absout, que de celuy qui se confesse, ce ({ui est autrement en l'absolution de l'Evangile, laquelle ne dépend d'autre condition que ceste-ci : si le pécheur cherche satisfaction au sacrifice unique de Christ, et s'arreste à la grâce qui luy est présentée, 3, 4, 22. Que quand les Docteurs de la Papauté allèguent que la puissance de deslier a esté donnée aux Apostres, ils appliquent faussement à leur Confession auriculaire ce que Christ a dit en partie de la prédication de l'Evangile, en partie de l'excommunication. Des erreurs du maistre des Sentences et autres semblables, en ce poinct. Item, de leur façon de pardonner les péchez, avec injonction de peine et de satisfaction, 3, 4, 23. Le sommaire des choses susdites: assavoir que c'est que doyveut estimer les fidèles touchant la Confession auriculaire, 3, 4, 24.

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De la vraye Confession.

De la manière de Confession qui nous est prescrite en la parolle de Dieu : assavoir de nous confesser à Dieu qui cognoisfnoz cœurs et toutes nos pensées, 3, 4, 9. De ceste Confession secrelte que nous faisons à Dieu, s'ensuit une Confession volontaire devant les hommes, toutes fois et quantes qu'il est requis pour la gloire de Dieu, ou pour nous humilier. De laquelle seconde espèce de Confession Fusage a esté ordinaire sous la Loy en l'Eglise, et est encore aujourdhiiy: mais toutesfois doit estre spécialement practiqué, s'ils advient que tout un peuple ait cummis quelque faute , ou soit visité de quelque calamité. Item, de l'utilité d'une telle confession, 3, 4, 10 s. De de deux autres espèces de Confession particulière . desquelles la première se fail pour nostre regard, assavoir, quand estans tormentez en nous-mesmes pour le sentiment de noz péchez, nous recourons à nos frères pour estre consolez par eux (enquoy il se faut principalement adresser aux Pasteurs, en regardant toutesfois qu'on use de ce remède prudemment et avec modération, afin qu'il n'y ail point de servitude) : l'autre pour nous reconcilier avec nostre prochain, s'il a esté par nous offensé. Sous laquelle espèce est comprise aussi la Confession de ceux qui par leur péché ont scandalisé toute une Eglise, 3, 4, 12 s. Que la puissance des clefs a lieu en ces trois espèces de Confession : et quelfruict en revient à ceux qui se confessent ainsi, assavoir qu'ils savent que la remission de leurs péchez leur est annoncée par un ambassadeur du Christ, 3, 4, 14. Il y a une manière de (Confession des péchez, générale: il y en a aussi une spéciale, 3, 20, 9.

De la Confirmation en la Papaidé.

De la cérémonie de l'imposition des mains en l'Eglise primitive, quand les enfans des fidèles estans venus en aage rendoyent raison de leur foy, 4, 19, 4; en lieu de laquelle saincte observation a esté mis le sacrement de Confirmation en la Papauté, 4, 19, 5. Que c'est une moquerie d'alléguer l'exemple des Apostres, pour couverture d'un tel badinage, 4, 19, 6. Du blasphème des Papistes, d'appeler leur Chresme, Huile de salut, 4, 19, 7 s. Item, que nous ne sommes pas parfaitement Chrestiens, si nous n'avons la Confirmation de l'Evesque, 4, 19, 9. Et que telle onction doit estre en plus grande révérence que le Baptesme, 4, 19, 10 s. Qu'il seroit à désirer qu'on remist en usage la coustume de l'église ancienne, quant à faire rendre aux enfans raison de leur foy, 4, 19, 13.

De la Conscience.

Que c'est de la Conscience, et en quel sens sainct Paul dit qu'il faut obéir aux Magis-

trats pour la Conscience, 3, 19, 15 s. Que c'est de la Conscience, et connneut il convient distinguer entre le jugement de Dieu, lequel est spirituel, auquel proprement la conscience a à respondre, et la justice terrienne, 4, 10, 3. 5. De la liberté de la Conscience quant aux choses externes et indifférentes, 3, 19, 7 s. Que les Consciences estans mises en liberté par le beneiice de Chrst, sont affranchies de toute la puissance des hommes et connnentcelase doit prendre; où il est aussi parlé de la différence entre le régime spirituel et la police terrienne, 3, 19, 14, s. Que les Consciences des fidèles pour avoir asseurance de leur justification devant Dieu, doyvent, quknt à ce regard, oublier toute la justice de la Loy, 3, 19, 2 s. Item, qu'elles obéissent à la Loy, non pas comme contreintes par la nécessité que la Loy impose : mais qu'estans affranchies du joug de la Loy, elles obéissent d'un franc vouloir à la volonté de Dieu, 3, 19, 4 ss.

De la Craiyite des fidèles.

Que les fidèles souvente fois sont agitez de Crainte et deffiance, pour le sentiment qu'ils ont de leur infirmité, 3, 2, 17. Il y a aussi es cœurs des fidèles vme autre espèce de Crainte, qu'ils conçoyvent en regardant les exemples de la vengeance de Dieu sur les iniques, ou en considérant leur propre misère. Qu'une telle Crainte non seulement n'est point contraire à la foy : mais est fort nécessaire aux fidèles, et que ce n'est pas de merveille si foy et frayeur peuvent estre ensemble en l'ame fidèle, veu qu'à l'opposite on voit bien es iniques nonchalance et solicitude tout ensemble, 3, 2. 22, s. Que la Crainte du Seigneur procède de double sentiment: assavoir quand nous honorons Dieu comme Père, et le craignons comme Seigneur : et que ce n'est pas de merveille si ces deux affections peuvent estre ensemble, 3, 2, 26. Et que telle Crainte est bien autre que celle des infidèles, laquelle on appelle communément Crainte servile, 3, 2, 27.

De la Création du monde.

Combien que les hommes deussent bien cognoistre Dieu par la Création des choses : toutesfois afin que les fidèles ne s'escoulassent après les vaines inventions des idolâtres, il a voulu que l'histoire de la Création fust eru-egistrée en l'Escriture , et que le temps y fast marqué, 1, 14, 1, où aussi est refutée la moquerie profane des contempteurs, qui demandent pourquoy Dieu ne s'est plustost advisé de créer ciel et terre. Qu'à ceste mesnie fin est recité que tout l'œuvre n'a pas esté fait en un moment, mais parachevé en sept jours. Item est recité l'ordre: assavoir qu'Adam n'a point esté créé, que premièrement tout ce bastiment du monde ne fust dressé et rernply de tous

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bieus, 1, 14, 2. 22. Réfutation de l'erreur des Manichéens , qui mettent deux principes (assavoir un bon et un mauvais) en lieu de recognoistre Dieu seul pour Créateur,!, 14,3. Il est monstre par les Escritures, que par la cognoissance de Dieu, laquelle reluit en la Création du monde, nous ne pouvons venir à trouver le droit chemin, 1, 5, 13. Et que toutesfois nous sommes du tout desnuez d'excuse, 1, 5, 14. Combien que la contemplation du ciel et de la terre, et de la conduite des choses humaines, solicite les hommes à honnorer Dieu, si est-ce que cela (s'il n'y a remède d'ailleurs) leur esvanouist sans qu'ils en facent leur profit à bon escient ; ce qu'on voit estre advenu aux plus sages mesmes des Philosophes du temps passé, 1, 5, 10. De là est procedée la multitude infinie de dieux, et une si grande diversité et contrariété d'opinions entre les Philosophes, 1, 5, 11. L'essence de Dieu est invisible et incompréhensible: mais il s'est faict comme visible engravant en toutes ses œuvres des trescertaines marques de sa gloire, 1, 5, 1. Non seulement les choses que les Philosophes et gens savans comprennent en spéculant le ciel et la terre et les secrets de nature, reiident tesmoignage de la sapience de Dieu : mais mesmes ce que le commun peuple et les idiots peuvent appercevoir seulement en ouvrant les yeux, 1, 5, 2. A ce qu'en vraye foy nous appréhendions ce qu'il nous est expédient de cognoistre de Dieu, il est bon d'entendre l'histoire de la Création du monde, ainsi que Moyse l'a mise par escrit, de laquelle est faict un bref recueil, 1, 14, 20. La considération des œuvres de Dieu (c'està-dire de la Création de toutes choses) doit estre rapportée à deux fins principales ; la première est, qre nous ne laissions point passer (comme gens ingrats) par nonchalance ou oubliance, ses vertus qu'il nous monstre à l'œil es créatures, 1, 14, 21. L'autre est que nous appliquions icelles vertus envers nous-mesmes, pour nous soliciter à nous fier en luy, l'invoquer, louei, et aimer, 1,14,22. 1 > >

De porter la Croix.

Il faut que nous renoncions à nous-mesmes pour porter la Croix : ponrce que Dieu veut exercer tous les siens sous la Croix, commençant mesmes par Christ son premier nay; laquelle compagnie et conformité avec Christ, est desja un grand poinct de patience et consolation, 3, 8, 1. Qu'il nous est expédient pour plusieurs raisons, de vivre tousjours sous la Croix : premièrement, pour rabattre nostre arrogance et la présomption de nos forces ; duquel remède les plus saincts mesmes ont besoin, comme l'exemple de David le monstre, 3, 8, 2. Et que par ce moyen est confermée nostre fiance en Dieu, et nostre espérance croist,3, 8,3. Secondement,afin que nostre patience soites prouvée, et que nous soyons de plus en plus duicts à obéissance

3, 8, 4. Ce qui nous est tant et plus nécessaire, veu que nostre chair est si fertillante de rejetter le joug de Dieu, si tost qu'il nous baille nos aises, 3, 8, 5. Quelque fois aussi il nous envoyé quelque Croix pour nous chastier, et corriger nos fautes précédentes : en quoy nous recognoissons qu'il fait envers nous l'office d'un bon Père, en lieu qu'aucontraire les infidèles le plus souvent en deviennent plus obstinez, 3, 8, 6. C'est une singulière consolation, quand pour maintenir une bonne cause, nous souffrons ignominie, ou perte, ou autre incommodité, et ceste manière de Croix s'adresse le plus souvent aux fidèles, 3, 8, 7. Combien il est nécessaire sous la pesanteur des afflictions, que les fidèles soyent armez de ceste considération, que Dieu les aime, combien qu'il declaire son ire sur leurs pèches, 3, 4, 33 s.

De la Descente de Christ aux enfers.

Que la Descente de Christ aux enfers contient un bien grand mystère, et n'est pas de petite conséquence pour l'accomplissement de nostre Rédemption. Des diverses expositions de cest article, lesquelles sont refutées, 2, 1(3, 8 s. Puis est amenée de la parolle de Dieu la vraye exposition, qui est saincte, fidèle et pleine de grande consolation (et qui est aussi confermée par les livres des Docteurs anciens); assavoir que Christ n'a pas seulement souffert la mort corporelle, mais a porté aussi la rigueur de la vengeance de Dieu, pour s'opposer à son ire, et satisfaire à son juste jugement, et par ainsi qu'il a fallu qu'il combatif comme main à main contre les forces d'enfer et l'horreur de la mort éternelle. Et que toutesfois jamais Dieu ne luy a esté adversaire ou courroucé : mais qu'il a soustenu la pesanteur de la vengeance de Dieu, ponrce qu'estant frappé et affligé de sa main, il a expérimenté tous les signes que Dieu monstre aux pécheurs, en se courrouçant contre eux et les punissant, 2, 16, 10 s. Sont réfutez certains brouillons ignorans et malins, qui blasment aujourdhuy ceste exposition, crians que nous faisons injure au Fils de Dieu, et luy attribuons desespoir contraire à la foy. Ainsi à l'encontre d'iceux il est monstre par bons tesmoignages, que ces deux poincts s'accordent bien, que Christ a vrayement craint, esté troublé en esprit, angoissé et tenté en toutes choses comme nous : et que toutesfois cela a tousjours esté sans péché, 2, 16, 12.

Des Diables.

Tout ce que l'Escriture enseigne quant aux Diables, revient à ce but, que nous soyons soigneux de nous garder de leurs embusches, et nous munir d'armeures qui soyent suffisantes pour repousser ces enne-

mis tant puissans, 1, 14, 13. Et afin de nous inciter mieux à cela, elle nous advertit qu'il n'y a pas seulement un Diable ou deux, mais de grandes légions d'esprits malins qui nous font la guerre, et en quel sens doit estre prins ce qu'elle nomme quelque fois le Diable en nombre singulier, 1, 14, 14. Quand le Diable par tout en l'Escriture est nommé Adversaire de Dieu et de nous, cela nous doit bien enllamber à luy faire la guerre sans cesse, 1, 14, 15. Il est de nature pervers, homicide, menteur et inventeur de toute meschanteté, 1, 14, lô. Mais ceste malice naturelle ne luy vient pas de la création, ains de ce qu'il s'est dépravé, 1, 14, 16. C'est une curiosité de s'enquérir de la cause, du moyen, du temps et de l'espèce de la cheute des mauvais Anges, veu que l'Escriture n'en dit mot, 1, 14, 16. Que le Diable a cela de soymesme et de sa malice, que de tout son désir et propos il répugne à Dieu : mais ne peut rien faire ou exécuter, si Dieu ne le veut et permet, 1, 14, 17. Et Dieu compassé et modère tellement cela, qu'il ne permet point au Diable de dominer sur les âmes des fidèles, veu que tousjours ils obtiennent victoire (combien qu'en quelques actes particuliers ils se trouvent navrez et abbatus) ; mais luy abandonne seulement les infidèles et reprouvez afin qu'il exerce son empire en leur corps et âmes, 1, 14, 18. Est refuté l'erreur de ceux qui disent que les Diables ne soutque mauvaises affections et inspirations : et est monstre que ce sont esprits ayant sens et intelligence, 1, 14, 19.

Des Diacres.

Des Diacres, et de deux espèces d'iceux, 4. 3, 9. Que les Diacres en l'Eglise primitive ont eu mesme charge que du temps des Apostres : où il est aussi parlé des Soudiacres et Archediacres. et quand c'est qu'on a commencé à en faire, 4, 4, 5. Quel estoit l'usage et la distribution des biens d'p]glise en la primitive Eglise, 4, 4, 6 s. Des Diacres de la Papauté, de leur charge, et de la cérémonie qu'on observe à les faire, 4, 19, 32; 5, 15. Des Soudiacres de la Papauté : quelle moquerie c'est de la charge qu'on leur donne : et aussi du badinage de cérémonie à les faire, 4, 19, 33. Que de vray office de Diacres les Papistes n'en ont plus, veu qu'entre eux l'administration des biens d'Eglise est convertie en une volerie meschaate et pleine de sacrilège, 4, 5, 16. 18. 19. Piefutation de l'impudence des Papistes, quand ils disent que la somptuosité des Prestres et de toute l'Eglise Papale, est ce que les saincts Prophètes avoyent prédit touchant la grande magnificence dui-egne de Christ, 4, 5, 16.

De Dieu.

L'Escriture en nous enseignant que l'Essence de Dieu est infinie et spirituelle, ren-

verse non seulement les folles resveries du commun populaire, mais aussi toutes subtilitez des Philosophes profanes. Item, l'erreur des Manichéens, qui mettent deux principes, et des Anthropomorphites qui imaginent Dieu corporel, 1, 13, 1. En quel sens il est dit que Dieu est es cieux,et quelle doctrine nous avons à en recueillir, 3, 20, 40. Que c'est que sanctifier le Nom de Dieu, 3, 20, 41. Du règne de Dieu entre les hommes : item de l'advancement et perfection d'iceluy, 3, 20, 42. Voyey sous le mot Gognoissance de Dieu et sous le mot Trinité.

De la Discipline de V Eglise.

Que la Discipline est une chose tant et plus nécessaire en l'Eglise, 4. 12, 1. Des admonitions particulières, qui est le fondement de la Discipline Ecclésiastique, 4,12, 2. Du conseil ou consistoire en l'Eglise pour les mœurs, 4, 3, 8 Que les Princes, aussi bien que le commun peuple, doyvent estre sujets à la Discipline de l'Eglise : et qu'ainsi il a esté observé anciennement, 4, 12, 7. De la Discipline ancienne du Clergé et des synodes qui se faisoyent en chacune province tous les ans. Item, qu'en la Papauté tout cest ordre a esté ensevely, sinon qu'ils en ont retenu quelques mines seulement, 4, 12, 22.

De VEau henite des Papistes.

Voyez 4, 10, 20.

De VEglise.

L'Eglise est la mère de tous fidèles, 4, 1, 1. Exposition de l'article du symbole, Je crois la saincte Eglise, etc., 4, 1, 2 s.' Que la saincteté de l'Eglise n'est pas encox-e parfaite,4,8,12. De l'Eglise invisible : item, de l'Eglise visible, de laquelle les marques sont, la pure prédication de la Paroll?, et l'administration des Sacremens. 4, 1, 7 ss. Qu'en quelque lieu que ces marques apparoissent, il nous faut donner garde de nous séparer d'une telle compagnie, 4. 1, 12. Qu'il y peut avoir quelque vice ou en la doctrine, ou en l'administration des Sacremens pour lequel toutesfois il ne nous faudra pas séparer d'une Eglise, et beaucoup moins pourla corruption des mœurs, ou les imperfections quant à la vie: en quoy sont taxez les Anabaptistes, 4, 1, 12 ss. Que l'Eglise est tellement saincte, que tousjours elle est entachée de beaucoup de vices, et toutesfois ne laisse pas d'estre Eglise : ce qui est monstre par tesmoignages de l'Escriture, et l'expérience qui en a esté en tous aages, 4, 1, 17 ss.

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De la puissance Oe l'Eglise quant à déterminer des articles de la foy.

Que toute l'authorité que l'Eglise a, n'est point donnée aux hommes, à parler proprement, mais à la Parolle, de la(iiielle le ministère leur est commis: et par ainsi, que l'Eglise n'a jamais eu puissance de rien enseigner que ce qu'elle avoit receu du Seigneur,comme il est monstre par l'exemple des Prophètes et Apostres, voire mesmes de Christ, 4, 8, 1. 2. 3. 4. 8. 9. Que Christ a de tout temps enseigné son Eglise, combien qu'il ait tenu autres moyens d'enseigner devant la Loy que sous la Loy, et autres finalement quand il s'est manifesté en chair, 4, 8, 5. ss.

De la fausse Eglise.

Que là où mensonge et fausseté régnent, là il n'y a point d'Eglise: ce qui est monstre estre en la papauté, quoy que là on allègue à pleine bouche la succession continuelle des Evesques, 4, 2, 1 ss. Et pourtant, que ceux-là ne sont hérétiques ne schismatiques, qui abandonnent la Papauté, 4,2,5s. Quoy qu'on tasche de faire trouver legiers les vices qui sont en l'Eglise Papale, que toutesfois Testât n"y est de rien meilleur qu'il estoit au royaume d'Israël du temps de Jéroboam, 4, 2, 7 ss. Que toutesfois par la bonté de Dieu il y a encores de reste quelques traces d'Eglise en la Papauté, et qu'ainsi s'acconiplit ce qui avoit esté escrit, que l'Antéchrist seroit assis au Temple de Dieu, 4, 2, 11 s. Comparaison de la puissance qu'a la vraye Eglise à enseigner avec la tyrannie du Pape et des si^ns à faire de nouveaux articles de foy, 4, 8, 10. De la niaxime des Papistes, Que l'Eglise ne peut errer, 4, 8, 13. Que c'est mensonge de dire qu'il a fallu que l'Eglise adjoustast aux livres des Apostres, 4, 8, 14 ss. Réfutation des argumens, par lesquels les Papistes taschent de manifester que Dieu a donné puissance à l'Eglise de forger nouveaux articles de foy, 4, 8, 11 s.

Du sainct Esprit.

Tesmoignages de l'Escriture par lesquels est prouvée et confermée la divinité du sainct Esprit, 1, 13. 14 s. Que le sainct Esprit nous est le lien par lequel Christ nous coujoinct à soy avec efficace, et que sans icelu3' toutce que Christ a fait ou soufl'ertpour le salut des hommes nous seroit inutile, 3, 1, 1. 3. Que Christ est venu rempli du sainct Esprit d'une façon spéciale, assavoir pour nous séparer du monde: et que pourtant le sainct Esprit est nommé Esprit de sanctification. Et pourquoy il est nommé maintenant l'Esprit du Père, maintenant du Fils: et qu'il est nommé l'Esprit de Christ, non pas seulement entant que Christ est la

Parolle éternelle du Père, mais aussi quant à la personne du Médiateur, 3, 1, 2. Que la foy est le principal chef d'œuvre du sainct Esprit: et que pourtant à icelle se rapporte la pluspart de ce que nous lisons en l'Escriture touchant la vertu et opération du sainct Esprit, 3, 1, 4.

De VEvangile.

Que combien que Christ ait esté cognu des Juifs sous la Loy, toutesfois à proprement parler, il n'a esté révélé qu'en l'Evangile, et que les saincts Pères ont gousté la grâce qui aujourdhuy nous est oôerte en pleine abondance : qu'ils ont veu le jour de Christ (combien que ce soit d'une façon un peu obscure) duquel maintenant la gloire reluit en l'Evangile sans aucun voile, 2,9, 1 s. Où il est aussi monstre que l'Evangile signifie proprement la publication de la grâce qui a esté présentée en Christ, et non i)as les promesses qu'on trouve es Prophètes touchant la remission des péchez. De l'erreur de Servet, qui sous couleur de ce que par la foy de l'Evangile nous avons l'accomplissement des promesses, veut abolir les promesses : où est monstre que combien que Christ en l'Evangile nous oft're présentement plénitude de biens spirituels, la jouissance toutesfois en est cachée sous la garde d'espérance cependant que nous vivons en ce monde : et pourtant il nous faut encores appuyer sur les promesses, 2, 9,3. De l'erreur de ceux qui en oppo.^ant la Loy à l'Evangile, n'ont autre regard qu'à la diversité qui est entre les mérites des œuvres et la bonté gratuite de Dieu, par laquelle nous sonunes justifiez, 2, 9, 4. Que Jean Baptiste a eu une charge moyenne entre les Prophètes expositeurs de la Loy, et les Apostres prescheurs de l'Evangile, 2, 9, 5.

Des Evesques, Prestres, etc.

Le nom d'Evesque en l'Eglise ancienne a esté attribué à l'un des ministres en chacune assemblée, seulement pour tenir quelque ordre : et non pas que cestuy-là eust domination sur les autres, 'j, 4, 2. Que l'office tant de l'Evesque que des autres Prestres, estoit, de vaquer à la prédication de la Parolle et administration des Sacremens, 4, 4, 3, Que l'Eglise primitive a le plus souvent observé en l'élection des Ministres la reigle que les Apostres avoyent prescrite, 4, 4, lU ss. De la cérémonie qu'on observoit à ordonner les vrais ministres, après les avoir esleus, 4, 4, 14 S-, et 19, 28. Que souvent en l'Eglise les Sacrificateurs, Prophètes et Pasteurs ont esté fort corrompus, 4, 9, 3 ss. Qu'il n'est pas question d'obéir indifféremment aux pasteurs des Eglises, mais selon le Seigneur et sa parolle, 4, 9, 12 s. Qui et quels sont ceux qu'on fait Evesques en la Papauté, 4, 5, 1. Qu'on a osté la liberté du peuple quant à

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l'élection des Evesques.et enfreinctles Canons anciens, 4, 5, 2 s. Quelles gens on fait Prestres en la Papanté, et à quelle tin, 4, 5, 4 s. Des collations des bénéfices en la Papauté, 4, 5, (3 s. En quelle fidélité exercent leur charge tous Prestres en la Papauté, soyent Moynes ou séculiers, connue Chanoines, Doyens, etc. Curez, Evesqiies, 4, 5, 8 ss. De la nonchalance des gens d Eglise, du temps de sainct Grégoire et sainct Bernard, 4, 5, 12. Que toute la laron du gouvernement ecclesiasli([ue qui est en la Papauté, est une briganderie la plus desordonnée qui soit au monde, 4, 5, 13. Des grandes dissolutions de toutes sortes en la vie des Prestres, Evesques, etc., en la Papauté, 4, 5, 11.

De V Excoynrminication.

Quelle est la puissance de la jurisdiction de l'Eglise, combien elle est nécessaire et ancienne, 4, 11, 1. 4. De la puissance de lier et deslier, entant que concerne la discipline : où il est parlé de l'Excommunication 4, 11, 2. Que ceste puissance de l'Eglise est distincte d'avec \a puissance civile, et que cependant elles s'entr'aydent l'une l'autre : par ainsi qu'à tort il semble à aucuns que ceste |)uissance de l'Eglise n'a point de lieu là où les Magistrats sont Chrestiens, 4, 11, 1.3.8. Aussi est monstre que c'est un ordre stable et per- ]ietuel en l'Eglise, non pas temporel,!, 11, 4. Du droict usage de ceste jurisdiction en l'Eglise ancienne et que ceste puissance li'estoit par devers un seul, ains appartenait à toute la compagnie de ceux qu'on appeloit Prestres, c'est-à-dire Anciens. 4, 11, 5 s. et 12. 7. De l'Excommunication et authorité d'icelle 4, 12. 4 . Que l'Eglise en ses corrections et en l'Excommunication regarde à trois fins. 4, 12, 5. Comment il faut exercer la discipline de l'Eglise selon la qualité des péchez : veu que les uns sont cachez, les autres sont publiques ou notoires. Item, les uns sont moindres, les autres sont crimes ou actes vilains et meschans, 4, 12, 3. 4. 0. Qu'en l'Excommunication il faut garder une sévérité modérée : où est monstre que les Anciens y ont esté trop sévères. 4, 12, 8. Les particuliers niesmes doyvent tenir pour estranges de l'Eglise les Excommuniez, mais non pas pour désespérez, ains plustost s'employer à bon escient à les ramener au droict chemin, 4. 12. 9 s. S'il advient que les Anciens ne soyent pas assez soigneux de corriger les vices, ou que les Pasteurs ne puissent purger et amender toutes les fautes comme ils desireroyeut bien, il n'e;t pas question pourtant ou que les particuliers ne se séparent de l'Eglise, ou que les Pasteurs quittent leur niiuiîtere, 4, 12, 11. Contre les Donatistes du temps passé, et les Anabaptistes d'aujourdhuy, qui ne recognoissent pour assemblée de Christ aucune compagnie, sinon qu'on y voye reluire une perfection angelique en toutes sortes, 4, 12, 12. Que quand un vice estcom-

mun en un peuple, et que c'est comme une maladie contagieuse, ilfautattremper demisericorde la rigueur de la discipline, de peur de dissiper tout le corps, 4, 12, 13.

De la Foy.

Ce mot se prend autrement es livres de l'Escriture, qu'es autheurs payens, 4, 14. 13, Connnent se doit entendre ce mot commun. Que Dieu est l'object de la Foy, 2, G, 4. Les Sophistes sont taxez de ce que par le mot de Foy ils ne conçoyvent qu'une volonté de s'accorder à l'histoire de l'Evangile: et disent tout cruement que Dieu est l'object de la Foy, sans faire mention cependant de Christ, hors duquel, il n'y a ne P'oy ne moyen d'approcher de Dieu, 3,2, 1. Item, de ce qu'ils mettent une Foy implicite: c'est à dire enveloppée, en lieu que la Foy requiert une claire et distincte cognoissance de la bonne volonté de Dieu, eu laquelle consiste nostre justice. 3, 2, 2. Qu'il est bien vray que cependant que nous sommes en ce pèlerinage terrien, nostre Foy est tousjours enveloppée de beaucoup de reste d'ignorance, et qu'en tous il y a toiisjours de l'incrédulité meslée parmi la Foy (de quoy plusieurs exemples sont monstrez es disciples de Christ, avant qu'ils eussent pleine illumination) mais que neantmoins c'est un poinct tout vray, que la Foy ne peut estre sans intelligence, 3, 2, 3 s. Qu'il y a en aucuns quelque révérence à Christ, et une docilité avec désir de profiter : et que cela aucunefois est orné du tiltre du Foy, coml)ien que ce ne soit qu'une préparation à la Foy: et qu'on pourroit la nommer Foy implicite et enveloppée: mais neantmoins que c'est bien tousjours autre chose que la Fuy implicite des Papistes, 3, 2, 5. Qiie la vraye Foy ou cognoissance de Christ est, quand nous le recevons tel qu'il nous est donné du Père, assavoir revestu de son Evangile : et qu'il y a une correspondance mutuelle de la Foy à la Parole, pource que la Parole est la source de la î'oy, le fondement de la Foy, et comme le miroir auquel la Foy contemple Dieu, 3. 2, 6. Que combien que la Foy accorde et souscrive à toutes les parties de la ParoUe de Dieu, enicelle toutestois elle regnrde proprement la bonne volonté et n)isericorde de Dieu : c'est-à-dire les promesses de grâce fondées en Christ: en l'intelligence et certitude desquelles le sainct Esprit illumine nos entendemens, et conferme nos cœurs. De toutes lesquelles considérations l'autheur conclud la vraye définition de Foy. 3, 2, 7. Réfutation de la distinction que mettent les Sophistes entre la Foy formée et informée ; dont appert qu'ils iront jamais rien conceu du don singulier du sainct Esprit, par lequel la Foy lious est inspirée, veu que la Foy ne peut nullement estre séparée d'avec bonne affection, 3, 2, 8. Que le mot de Foy a diver-

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ses sigiiiflcations, et est prins quelque fois pour la puissance de faire miracles : (qui est un dou qu'ont quelque fois les reprouvez) qu'il se prend aussi improprement pour la ooguoissance de Dieu qu'on voit en d'aucuns iniques, lai}uelle est plustost une ombre et image de Foy, et de laquelle on en apperçoit diverses sortes, 3, 2, 9. 10. 13. Qu'aucune fois les réprouvez mesmes sont touchez quasi d'un pareil sentiment que les esleus: mais que tant y a qu'ils ne conçoyvent pas vivement la vertu de la grâce spirituelle, ains seulement en confus. Que toulesfois ce qu'ils ont une opération de l'Esprit inférieur: mais que c'est bien autre chose du tesmoignage spécial que le Seigneur rend à ses esleus, 3, 2, 11. Et que toutesfois il ne s'ensuyt pas que l'Esprit de Dieu trompe, quand il arrouse ainsi de quelque cognoissance de l'Evangile les reprouvez, et d'un sentiment de l'amour de Dieu, qui s'esvanouist après. Item, que mesme quelque fois il s'engendre en leurs cœurs quelque désir d'aimer Dieu mutuellement: mais c'est une amour mercenaire, et non point cordial. Finalement est concludde là, qu'il y en a aucuns, qui n'ayaus point la vraye Foy ont quelque apparence: combien que ce n'est pas qu'ils faceut semblant de l'avoir, mais ils se trompent eux-mesmes: ce qui est prouvé par tesmoignages de l'Escriture, 3, 2, 12. Et que l'Escriture appelle un tel sentiment, Foy: comlnen que ce soit improprement, 3, 2, 13. Que le mot de Foy se prend quelque fois pour la pure et saine doctrine de la religion, et toute la substance d'icelle : comme au contraire en d'autres lieux il se restreint à un objectparticulier: d'autres fuis il se rapporte au ministère de l'Eglise, 3, 2, 13. Qu'à bon droict la Foy est nommée Cognoissance et science: et que toutesfois c'est une cognoissance qui consiste plustost en certitude qu'à comprendre les choses, veu que ce que la Foy embrasse est infini en toutes sortes, 3, 2, 14. Que la Foy ne se contente point d'une opinion douteuse, ou appréhension obscure, mais requiert une certitude pleine et arrestée : et que là doyvent estre rapportez tous les filtres d'honneur desquels le sainct Esprit authorise la Parole de Dieu, 3, 2, 15. Qu'il y en a plusieurs qui conçoyent tellement la misei-icorde de Dieu, qu'elle ne leur revient pas à grande consolation, d'autant qu'ils doutent si Dieu leur sera miséricordieux: mais le sentiment de la certitude de la Foy est bien autre : dont le principal poinct est, que nous n'estimions pas les promesses de grâce estre vrayes seulement hors de nous, ains plustost que les recevans en nostre cœur nous les facions nostres. Dont e^t recueilly qui sont ceux qu'on peut appeler vrayement Fidèles, 3, 2, 15 s. De la certitude de la bonne volonté de Dieu envers nous, 2, 2, 18. De ce que les fidèles, en recognoissant la grâce de Dieu envers eux, nonseulement sont souvent inquiétez et agitez de doutes, mais aussi aucunefois sont grandement estonnez et espovantez: et que ce

n'empesche point que nous ne puissions dire que la Foy apporte tousjours avec soy asseurance: pource que quoy qu'ils ayent de merveilleusement rudes assauts, jamais toutesfois ils ne quittent ceste tiance qu'ils ont conceue certaine de la miséricorde de Dieu, ains combattans contre leur propre infirmité, ils sortent tousjours finalement victorieux, ce qui est monstre par plusieurs exemples en David, 3, 2, 17. 37. Description du combat qui est entre la chair et l'esprit en l'ame fidèle, 3, 2, 18. Réfutation de la folle imagination d'aucuns demy Papistes, qui confessent bien que cependant que nous regardons en Christ, nous trouvons la pleine matière d'espérance, mais toutesfois veulent qu'au regard de nostre indignité nous chancellions et soyons en bransle : au contraire, est monstre que nous devons attendre un salut certain et asseuré, veu que par une communion admirable de jour en jour et de plus en plus Christ est faict un corps avec nous, 3, 2, 24. Dés que nous avons la moindre goutte de vraye Foy, nous commençons à contempler la face de Dieu bénigne et propice envers nous: etcombien que ce soit de loin, toutesfois d'un regard si indubitable, que nous savons bien qu'il n'y a nulle tromperie. L'un et l'autre est monstre par tesmoignages evidensde sainct Paul, 3, 2, 19 s. Il est monstre par exemples, comment la Foy pour soustenir les assauts des tentations, se munit et arme de la parolle de Dieu, et comment l'ame fidèle n'endure jamais que la fiance qu'elle a à la miséricorde de Dieu luy soit ostée, combien qu'elle soit assaillie de beaucoup de reste de deffiance et incrédulité qui sont encores eu elle, 3, 2, 21. Combien que la Foy en cest amour de Dieu, lequel elle i-egarde, se propose principalement une attente certaine de la vie éternelle: i[ue toutesfois en icelle amour sont comprinses uiesme les promesses de la vie présente, et une ferme asseurance de tous biens: mais telle qu'on la peut concevoir de la parolle de Dieu. L'un et l'autre est monstre par tesmoignages de l'Escriture, 3, 2, 26. ss. Combien que la Foy embrasse la parolle de Dieu en tout et partout (c'est à dire es commandemens aussi et défenses, voire mesmes es menaces) que toutesfois elle a son fondement et son droict but en la promesse gratuite de miséricorde; et qu'à ceste cause l'Evangile est nommé la parole de Foy, et est opposé à la Loy, 3, 2, 29. Que ceste restriction ne deschire pas la foy, comme Pighius nous calomnie impudemment. 3, 2, 3U. Que la Foy n'a pas moins besoin de la parolle de Dieu, que la racine vive est requise en un arbre pour lui faire apporter fruict : et qu'avec la Parole il faut coujoindre la considération de la puissance de Dieu, sans laquelle les oreilles à grand'peiae recevront la parolle, ou ne l'estimeront pas ce qu'elle mérite. Et ceste puissance doit estre prinse etïectuelle en la considérant par les œuvres de Dieu, et ses bénéfices, ou particuliers, ou anciens, etfaicts à toute l'Eglise,

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3, 2, 31. Que les fidèles procèdent en telle sorte quelque fois, qu'il y a des fautes meslées parniy leur Foy, et qu'il semble qu'ils excédent les limites de la Parolle : mais c'est tellement, que la Foy ne laisse pas de dominer en eux; comme il est monstre par exemple en Sara et Rebecca, lesquelles en leurs destoiirs obliques Dieu a retenues d'une bride secrète en l'obéissance de sa parolle, 3, 2, 31. Qu'à cause de nostre aveuglement et obstination la Parolle seule ne suffit pas pour enj^endrer la Foy, sinon que quant et quant le sainct Esprit illumine nos entendemens et conferme nos cœurs: et que c'est son office non-seulement de commencer la Foy en nous, mais aussi de l'augmenter par degrez, 3, 2, 33. Combien que ce mot semble fort estrange à plusieurs, que nul ne puisse croire en Christ s'il ne luy est donné: il est toutesfois tresveritable, comme il appert par raisons, tesmoignages de l'Escriture, et exemples, 3, 2, 34. Qu'à ceste cause la Foy est nommée Espiit de Foy, Œuvre de Dieu, et Bon plaisir de Dieu: et que c'est un don singulier qu'il fait par un privilège spécial à ceux qu'il veut, comme il est monstre par de beaux passages de sainct Augustin, 3, 2, 25. Que ce n'est pas assez que l'entendement soit illuminé à entendre la Parolle, mais qu'il faut aussi que la certitude d'icelle soit mise en nos cœurs, que le S. Esprit fait tous les deux, lequel pourtant est appelé Seau, et Arche, et Esprit de Promesse, 3,2, 36. Réfutation de la doctrine trespernicieuse des Sorbonistes, que nous ne pouvons rien résoudre de la grâce de Dieu envers nous, sinon par conjecture morale, 3, 2, 38. Il est monstre que ce sont de misérables aveugles, quand ils nous accusent de témérité, pource que concevons une cognoissance indubitable de la bonne volonté de Dieu envers nous. Une belle antithèse entre ces gens et sainct Pi'.ul quant à ce point de doctrine, 3, 2, 37. Apres est refutée aussi leur tergivei'sation frivole, Que combien que nous puissions asseoir jugement de la grâce de Dieu selon la justice en laquelle nous consistons présentement, la certitude toutesfois de nostre persévérance demeure en suspens, 3, 2, 40. Et est monstre que la définition de Foy baillée en ce chapitre, sect. 7, accorde bien avec celle quel'Apostre baille en l'EpistreauxHebrieux, chap. 11. Item par un passage de sainct Bernard est refuté ce que disent les Sorbonisles, Que charité précède Foy et espérance, 3, 2, 41. Que la Foy engendre tousjours espérance, et qu'espérance tient tousjours bonne compagnie à la Foy, tellement que quand un homme est sans espérance, c'est signe qu'il n'y a point aussi de Foy. Item qu'espérance nourrit et conferme la Foy. Ce qui est tant et plus nécessaire, veut que la Foy est assaillie de tant d'espèces de tentations, 3, 2, 42. Qu'à cause de ceste affinité entre Foy et espérance, l'Escriture souvent prend l'une pour l'autre, ou les met toutes deux ensemble. Item est refutée l'erreur dumaistredes Sentences, qui

met double fondement de la Foy, assavoir la grâce de Dieu et le mérite des œuvres, 3, 2, 43. De l'impretation de la Foy, et de la confirmation et angmentationd'icelle, 4, 14,7, s Du sommaire de nostre Foy, lequel nous appelons le Symbole des Apostres, 2, 10, 18. Sommaire recueil des grans biens qui nous reviennentde ce qui est recité touchant Jésus Christ au Symbole des Apostres, 2, 10, 19.

Du Franc-arhitre.

L'honune en la première condition de sa création avoit son Franc-arbitre, 1, 15, 8, lequel il a perdu [jar sa cheute, ce que les philosophes ont ignoré : et pourtant ceu.x-là s'abusent bien lourdement qui les ensuyvent. attribuans encores un Franc-arbitre à l'homme, 1, 15, 8. La faculté ployable ou imbecille du Franc arbitre, laquelle a esté au premier homme, n'excuse point sa cheute, 1, 15, 8" Qu'il ne nous est pas moins prouffitable, que requis pour la gloire de Dieu, de recognoistre que toutes noz forces ne sont qu'un roseau, ou plustost fumée. Que cependant il faut prendre garde que quand on des- Douille l'homme de toute droicture, nous ne irenions de là occasion de nous annonchair : mesme que plustost aucontraire ce nous doit estre un moyen pour nous resveiller et inciter à chercher tous biens en Dieu, desquels nous sommes vuides. Que ceux qui maintiennent le Franc arbitre, le ruinent plustost qu'ils nel'establissent, 2,2,1. Les Philosophes constituent trois facultez en l'ame, asçavoir Entendement, Sens, et Volonté : et estiment que la raison qui est en l'entendement de l'homme suffist pour le bien conduire et gouverner, que la volonté est bien incitée à mal par le sens (qui est un mouvement inférieur) en sorte qu'avec peine elle s'assujetist à raison, ains est tirée parfois maintenant deçà, maintenant delà : mais que toutesfois elle a libre élection, et ne peut estre empeschée de suyvre la raison entièrement; bref, que tant les vertus que les vices sont en nostre puissance, 2, 2, 1 s. Les Docteurs de l'Eglise chrestienne, combien qu'ils recogneussenl que la raison et la volonté estoyent griefvement navrées en l'homme par le péché, ont toutesfois parlé de ceste matière trop en philosophes : quant aux anciens, ils l'ont fait premièrement, afin que ce qu'ils enseignoyent ne fiist Irouvé par trop absurde au jugement commun des hommes; secondement et principalement, afin que la chair qui de soy mesme assez prompte à nonchalance, ne prinst de là nouvelle occasion de se refroidir de bien faire, comme il est monstre [lar plusieurs passages de sainct Chrysostome et Hierosme. Les Docteurs Grecz par-dessus les autres, et entre eux singulièrement sainct Chrysostome, passent mesure à magnifier le Franc-arbitre : toutesfois quasi tous les anciens (exepté sainct Augustin) sont tant variables, ou parlent si

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douteusemeiit en ceste matière, qu'on n'en peut quasi recueillir de leurs livres aucune certaine resolution; ceux qui sont venuz depuis, successivement sont tombez de mal en pis. Diverses définitions du Franc-arbitre prinses d'Origene, sainct Augustin, Bernard, Anselme, du Maistre des Sentences, et Thomas d'Aquin.2, 2, 4. En quelles choses c'est qu'on a accoustumé communément d'accorder que l'homme a Franc arbitre : item, de trois espèces de vouloir en l'homme, et de la distinction commune aux escoles touchant les trois espèces de liberté, 2, 2, 5. Assavoirmon si l'homme est privé du tout de faculté de bien faire, ou bien s'il a encores quelque portion de résidu, mais petite et infirme; où il est parlé de la distinction commune de la grâce besoignante et de la grâce coopérante : et en quoy telle distinction est à reprendre, 2, 2, 6. Veu qu'on ne peut pas dire en autre sens que l'homme ait un Franc-arbitre, sinon d'autant que le mai qu'il fait, il le fait de volonté, et non pas par contreinte. Que ce seroit bien le prouffit de l'Eglise que jamais on n'eust mis en usage ce mot, qui a esté cause que les hommes se sont eslevez en fol oi'gueil pour se ruiner Que mesmes les anciens Docteurs souvent declairent ce qui leur en semi)!e : et sur tous S. Augustm, duquel })lusieurs passages sont alléguez, où il roigne les aisles au Franc-arbitre, et s'en mocque aucunesfois, l'appelant serf arbitre, d'autresfois aussi déduisant au long ce qui en est, 2 2, 7, 8. Combien que les anciens docteurs de l'Eglise passent mesure quelquesfois à magnifier le Franc-arbitre, et ayent parlé douteusement etincotislamment en ceste ujatiere il appert toutesfois par plusieurs passages de leurs livres, qu'ils n'ont du tout rien estimé les forces humaines, ou pour le moins qu'ils en ont bien peu estimé, en donnant toute la louange des bonnes œuvres au sainct Esprit; desquels passages aucuns sont recitez prins de sainct Cyprian, Augustin. Enchère ancien Eves(iue de Lyon, et chrysostome, 2, 2, 9. Qu'il ne faut pas estimer la Inrulté du Franc-arbitre i)ar l'événement des choses mais par l'élection du jugementet l'affection de la volonté, 2, 4, 8. A rencontre de ceux qui maintiennent le Franc arbitre, il est monstre, que le péché est de nécessité, et ne doit pas pourtant laisser d'estre imputé. Item, qu'il est volontaire, et toutesfois on ne le peut éviter, 2, 5, 1. Responce à une autre de leurs objections, Que si les vices et vertus ne procèdent de libre élection, il n'est point convenable que l'homme soit rémunéré ou puny, 2, 5, 2. Item, que s'il n'estoit en nostre faculté d'eslire le bien et le mal, il faudroit que tous les hommes fussent bons, ou tous meschans, veu qu'ils ont une mesme nature, 2, 5, 3. Item, contre iceux mesme, il il est monstre que les exhortations, admonitions, et reprehentions ne sont pas frustratoires, encores qu'il ne soit en la puissance du pecheiir d'y obtempérer: et est declairé quel en est l'usage, tant envers les meschans

qu'envers les fidèles, 2, 5, 4 s. Des commandemens de Dieu et de la Loy il ne faut pas conclurre que l'homme ait un Franc-arbitre, et quelques forces pour accomplir ce qui est commandé. Car comme Dieu commande ce qu'il faut faire, aussi il promet de donner aux siens la grâce d'obéir, 2, 5, 6.7. 9. Ce qui est monstre tant es cnmmandemens qui C(miinandent que l'homme se convertisse à Dieu, qu'en ceux qui recommandent simplement l'observation de la Loy. Item en ceux qui commandent de persévérer en la grâce de Dieu desja receue. Car le mesme Dieu qui requiert telles choses, tesmoigne aussi que ce sont dons gratuits procedans de luy, tant la conversion du pécheur, que la saincteté de vie et la constance à persévérer: et que ce n'est pas raison que la louange en soit partagée entre luy et l'homme, 2, 5, 8. 9. 11. Les promesses qui ont ceste condition. Si vous voulez. Si vous m'escoutez, et autres semblables promesses, ne prouvent pas que l'honnne ait une faculté libre de vouloir, ou escouter ce qui est commandé: et est prouvé que toutesfois Dieu ne se mocque pas des nommes, en faisant telles pactions avec eux, et quel est l'usage de telles protestations tant envers les fidèles qu'envers les meschans, 2, 5, lu. Les passages esquels Dieu reproche à ceux d'Israël, qu'il n'a tenu qu'à eux qu'ils n'ayent vescu en repos et remplis de tous biens, ne sont pas suffisans pour prouver qu'il ait esté en la puissance des hommes d'éviter les calamiiez desijuelles ils ont esté affligez; où il est Iraicté aussi de l'usage de telles reproches, tant envers ceuxquicontinuent obstinéement en leiu's vices, qu'envers ceux qui se monstrent dociles et se convertissent à repentance. Item, que quand l'Escriture assigne quelquestois aux hommes l'office de mettre la main à l'œuvre, elle ne le fait pour autre raison, sinon afin de resveiller la paresse de nostre chair, 2, 5, 11. Que ce que dit Moyse, Le conunandement est près de toy en ta bouche et en ton cœur, etc., ne sert rien à ceux qui maititiennent le Franc-arbitre : veu que là il n'est pas parlé des commandemens simplement, ains des promesse de l'Evangile, 2, 5, 12. Que les passages où il est dict que le Seigneur attend et considère que c'est que feront les honunes, ne leur servent non plus, 2, 5, 13. Item, ne ceux où les bonnes œuvres sont appelées noslres, et où il est dict que nous faisons ce qui est sainct et plaisant au Seigneur. Item est monstre que c'est le sainct Esprit seul, qui fait en nous tous bons mouvemens, et que toutesfois il ne besoigne pas en nous comme en des troncs de bois, 2, 5, 14. s. L'exposition de certains autres passages de l'Escriture, desquels les adversaires de la grâce de Dieu abusent pour establir le Franc-arbitre, 2, 5, 16 ss.

Des Guerres.

Que les Guerres sont légitimes, quand il

faut nécessairement que les Magistrats prennent les armes pour exécuter la vengeance publique contre ceux '(ui troublent la tranquillité de leurs pays, soyent ennemis domestiques ou estrangers, 4,:^0, il. Et qu'à cecy n''est point contraire ce qu'aucuns allèguent, qu'on ne trouve point avi nouveau Testament de passage ou d'exemple, ijui dise que la Guerre soit permise aux Chres tiens. Au reste, que les Princes et Magistrats doyvent bien se donner garde en entreprenant Guerre, de se laisser mener tant peu soit par leurs affections mauvaises, ou esmotious téméraires. Item, que comme la guerre, aussi les garnisons , alliances, et autres munitions sont permises aux Chrestiens, 4, 20, 12.

De V Homme.

L'Homme, par la cognoissance de soymesme est non seulement incité à chercher Dieu, mais mesme comme mené par la main à le trouver, 1, 1, 1. La création de l'Homme est un beau tesmoignage de la puissance, bonté et sagesse de Dieu, et pourtant aucuns des philosophes l'ont nomméun pefitmonde, 1, 5, 3. L'ingratitude des hommes, lesquels sentans les signes de la providence de Dieu en leurs corps et en leurs âmes, ne donnent point gloire à Dieu 1. 5, 4. Il y a double cognoissance de nousmesmes, assavoir quant à la première création, et puis quant à la condition survenue par la cheute d'Adam: et qu'il ne nous faut pas arrester à la seconde, laissans eu arrière la première, de peur qu'il ne semble r[ue nous attribuyons la corruption à Dieu, qui est autheur de nostre nature 1, 15, 1. Combien il est nécessaire à l'homme d'avoir droicte cognoissance desoymesme: laquelle (comme monstre la vérité de Dieu) consiste premièrement en ce que l'homme considérant à quelle fin il a esté créé, et doué de grâces excellentes, dépende totalement de Dieu, duquel il tient tout: puis après, que recognoissant sa misérable condition après la cheute d'Adam, il se desplaise à bon escient en soy mesme, et conçoyve un nouveau désir de chercher Dieu, pourrecouvrer en luy tous les biens desquels il se trouve desnué. Et que pourtant il nous faut bien donner garde de suyvre en cecy le jugement de la chair, et les liv.f-es des philosophes, lesquels nous arrestans en la considération de noz biens, nous transporteroyent en une tresdangereuse igiiorance de nous mesmes, 2,1. 1 ss. L'Homme ne peut jamais venir à une vraye cognoissance de soy mesme, jusques à ce qu'il ait contemplé la face de Dieu, c'est à dire commencé à considérer en la Parolle, et priser quelle et combien exquise est la perfection de sa justice, sagesse, et vertu, à laquelle il nous faut conformer, 1, 1, 2. Les plus saincts personnages mesmes, se sont trouvez frappez d'estonnement et

frayeur, quand il leur a quelquesfois manifesté sa [)resence et sa gloire par quelque moyen extraordinaire, 1, 1,3. L'homme est entièrement corrompu en toutes les deu.x parties de sa personne (c'est à dire et en l'entendement, et au cceiu*, ou la volonté) comme il appert l)ar les tiltres que luy baille l'Escriture, principalement (juaud elle dit iju'il est chair: lequel mot ne se rapporte pas seulement à la sensualité, mais aussi à la i)artie supérieure de l'ame, 2,8, 1. Que les Hommes se tourmentent en vain à chercher quelque chose de bien en leur nature, veu que sainct Paul parlant de toute la lignéed'Adam, et ne reprenant point les mœurs corrom|)uz de quelque aage, mais accusant la corruption perpétuelle de no.stre nature, nous despouille de justice, c'est à dire d'intégrité et pureté, puis après d'intelligence, et finalement de crainte de Dieu, 2, 3, 2. Response à l'objection qu'on pourroit faire, d'aucuns Paj^ens, qui par la conduicte de nature ont aspiré toute leur vie à vertu, car il semble par cela que nous ne devons pas estimer la nature de l'homme du tout vicieuse. Ainsi il est monstre, que combien que Dieu es incrédules ne purge pas au dedans la perversité de nature, de laquelle l'homme est de tous costez infecté (ce qu'il fait bien en sesesleus) neantmoins par sa providence il la bride, et la reprime par divers moyens, selon quilsaitestre expédient pour conserver le monde, 2, 3, 3. D'avantage, que telles vertus qu'on a veu es Pavens, ne sont pas argument suffisant pour prouver quelque pureté en nostre nature, veu que le cœur au dedans estoit pervers, infecté d'ambition ou autre poison, et non point conduict d'une affection de la gloire de Dieu. Item, considéré que ce ne sont point vertuz communes à nostre nature, ains grâces spéciales de Dieu, lesquelles il distribue en diverses sortes et à certaine mesure, mesmes à des gens |;rofanes, comme souvent aux Roys, quelque fois aussi à des particuliers, 2, 3, 4. De l'image de Dieu en l'Homme, Voyez sous, la lettre I.

De l'Humilité.

Que ce n'est pas une vraye Humilité, telle que Dieurequiertdenous, sinous ne nous recognoissons entièrement despourveuz de tout bien et justice, 3, 12, 6. De laquelle Humilité l'exemple est proposé en la personne du peagier, 3, 12.7. Qu'il faut que toute arrogance et présomption soit loin de nous, si^nous voulons donner lieu à la vocation de Christ, 3, 12,8. Il n'y a point dedangier que l'homme s'abbaisse trop,pourveu qu'il apprenne qu'il luy faut recouvrer en Dieu ce qui luy défaut. Que c'est une parolle diabolique qui exalte l'homme en soymesme, combien qu'elle nous soit douce: à rencontre de laquelle sont amenez de l'Escriture plusieurs passages notables, qui abbaissent l'homme bien rudement. Item, les promesses, qui ne promettent

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grâce sin'on à ceux qui défaillent en sentant leur povreté,2, 2, 10. Item, des belles sentences touchant la vraye Humilité, prinses de Chrysostome et S. Augustin, 2, 2, 11.

Des Idoles.

Quand l'Escriture donne à Dieu certaines marques et enseignes, ce n'est pas pour l'attacher en un lieu, ou à un peuple: mais elle le tait pour discerner sa majesté d'avec les Idoles, 2, 8, 15. L'exposition du premier commandement, où il est monstre qu'adoration, fiance, invocation et action de grâces doivent estre entièrement rapportées à Dieu: et qu'on n'en peut si peu destourner ailleurs sans luy faire grand tort : à luy, les yeux duquel voyent tout, 2, 8, 17. L'exposition du second commandement, où il est parlé des Idoles et images, 2, 8, 17. Que l'Escritui-e pour nous amener au vray Dieu, exclud nommément tous les dieux des Payens, 1, 10,3. Et principalement toutes Idoles et images, 1,11,1. Que Dieu se sépare d'avec les Idoles, non pas seulement afin que le nomdeDieu luy demeure, mais afin d'estre servi entièrement luy seul, et que de tout ce qui convient à sa divinité, on n'en transfère rien ailleurs, 1, 12, 1. Il est prouvé par raisons et tesmoignages de l'Escriture, ciue toutes statues et Images qui se font pour représenter Dieu, luy desplaisentprecisement

I, 11, 2. Et que la défense que Dieu en a faicte, ne s'addressoit pas aux Juifs seulement, 1,

II, 2. Que quand Dieu anciennement a manifesté par quelques signes visibles sa présence, ou à tout le peuple, ou à certains personnages choisis, il l'a fait en telle sorte que les mesmes signes les advertissoyent de son essence incompréhensible, 1,11, 3. Et que les Papistes sont hors du sens, quand pour maintenir leurs images dressées pour représenter Dieu et les saincts, ils allèguent les Chérubins qui couvroyent lePropiciatoire, 1, 11, 3. Que les images ne sont pas dieux, il appert par la matière de laquelle elles sont, et puis par l'ouvrage que les hommes y font de leurs mains, 1, 11, 4. Contre les Grecs, qui ne font point d'images gravées pour représenter Dieu, mais bien des peintures, 1, 11, 4. Ce

'que les Papistes allèguent de sainct Grégoire, Que les Images sont les livres des idiots, est refuté par tesmoignages de .leremie, et Habacuc, Lactance, Eusebe, S. Augustin et Varron autheur payen, et par le décret du (Concile Elibertin, 1, 11, 5 ss. Que les statues ou peinctures, par lesquelles les Papistes pensent représenter les Martyrs et sainctes Vierges, ne sont que patrons de pompe dissolue, et mesme d'infamté, 1, 11, 7. 12. Que le peuple apprendra plus par la prédication de la Parolle et administration des Sacremens, que de mille croix de bois ou autre matière, 1, 11, 7. De l'ancienneté d'Idolâtrie: et que la source d'icelle est, que les hommes

ne croyans point que Dieu leur soit prochain, sinon qu'ils Tayent présent d'une façon charnelle, ont dressé des figures, esquelles il lemsembloit qu'ils le contemployent devant leurs yeux, 1, 11, 8. De telle imagination s'ensuit mcontinent une folle dévotion d'adorer les Images, ou Dieu es images, ou quelque autre nature: desquels l'un et l'autre est défendu en la Loy de Dieu, 1, 11, 8 s. Contre ceux qui pour maintenir les idolâtries exécrables, allèguent ([u'ils ne tiennent pas les Images comme dieux, est monstre que les Juifs, quand ils forgèrent le veau, et les Payens, quand ils ont fait des Images, n'ont pas estimé que ces choses-là fussent Dieu: etneantmoins il n'y a celuy qui les osastsoustenir, 1, 11, 9. Que les Papistes aussi bien que les Payens, ou que les Juifs idolatrans, ont ceste persuasion qu'ils adorent Dieu sous leurs Images, 1, 11, 10, et comment leur distinction de Dulie et Latrie ne leur peut servir d'eschappatoire, 1, 11, 11. 16; 12, 2. Que quand on condamne l'Idolâtrie, ce n'est pas pour abolir l'ail de pemdre et tailler, mais on requiert que l'usage de l'une et l'autre soit pur et légitime, et qu'on ne s'amuse point à représenter Dieu par quelque figure visible, mais seulement les choses que la veue peut comprendre, 1, 11, 12. Des images es temples des Chrestiens,4,9, 9. De tout temps les idolâtres mesme ont bien cogneu naturellement qu'il y avoit un seul Dieu: mais ceste appréhension ne leur a de rien servy, sinon pour les rendre plus inexcusables, 1, 10, 3. L'Idolâtrie mesme est un tesmoignage certain que les hommes ont naturellement quelque appréhension de cognoissance de Dieu, 1, 3, 1.

Du Jusne.

De la partie de la discipline, qui est que les Pasteurs exhortent le peuple à.Jusnes ou prières extraordinaires , quand la nécessité y est: etcommentles Pasteurs y doyvent procéder, 4. 12, 14. 16 s. Qu'il se faut bien donner garde quele Jusne ne tombe en quelque superstition, 4, 12, 19. Le Jusne sainct et droict regarde à trois fins, 4, 12, 15. Que c'est que Jusne, 4, 12. 18. De la superstition du Jusne de Caresme, et de la diversité de l'observation d'iceluy, 4, 12, 20 s.

De V Image de Dieu en Vliomme.

Que c'est qu'emporte, que l'homme a esté créé à l'Image de Dieu: où sont refutées les expositions frivoles d'Osiander et de quelques autres; et est monstre que combien que la gloire de Dieu reluise en l'homme extérieur, et que l'Image de Dieu s'estende à toute la dignité par laquelle l'homme esteminentpar dessus toutes espèces d'animaux, le siège souverain toutesfois d'icelle a esté au cœur et en l'esprit, ou en l'ameetses facultez,!, 15,

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3 et 2, 2, 1. L'Image de Dieu a au commencement reluy eu Adam, en clairté d'esprit, droicture de cœur, et en intégrité de toutes parties: comme on peut cognoistre par la restauration de nostre nature corrompue, quand Christ nous reforme à limage de Dieu, et autres argumens, 1, 15, 4.

De Vlmposition des mains.

De l'Imposition des mains quand on reçoit les Ministres en leur office, 4, 14, 20. DeTImposition des mains en l'Eglise ancienne, quand les enfans des fidèles estans venus en aage rendoyent raison de leur foy, 4, 19, 4. De l'Imposition des mains à faire les Prestres de la Papauté, 4, 19, 31.

Des Jugemens et Plaidoijers.

De l'usage des .Jugemens des Magistrats, et des loix entre les Chrestiens. Qu'il est per- *mis aux Chestiens de plaider et poursuyvre leur droict devant le Magistrat, pourveuque cela se face sans deshonorer Dieu, ne délaisser l'affection de charité envers le prochain, 4, 20, 17 s. Qu'il se faut tousjours donner garde de procéder par affection de vengeance, soit en en cause civile, soitencriminelle,4,20, 19. Que le commandement de Christ délaisser le manteau mesmes à celuy qui nous aura osté nostre saye, et autres semblables commandemens, n'empeschent pas qu'un Glirestien ne puisse plaider devant le Magistrat, et recourir à la justice pour maintenir le sien, 4, 20, 20. Que sainct Paul ne condamne pas tous Plaidoyers en gênerai, mais reprend une ardeur desordonnée de plaidover qui estoit en l'Eglise de Corinthe, 4, 20, 21.

Du dernier Jugement.

De la présence visible de Christ quand il apparoistra au dernier jour du .Jugement des vifs et des morts : et qu'à bon droict nostre foy est addressée à attendre ce jour-là et y penser. Item, de la singulière consolation qui en revient à nos consciences. 2, 16, 17 s. De l'horreur incompréhensible de la vengeance de Dieu qui s'exécutera sur les iniques au dernier jour, 3, 25, 12.

Des Juremens ou sermens.

L'exposition du troisième commandement, qui contient trois choses : assavoir que nous ne pensions et ne parlions rien de Dieu sinon reveremment et avec grande sobriété: que nous n'abusions point desaparolleetsaincts Sacremens: finalement que nous ne mesdisions ou detractions de ses œuvres, 2, 8, 22. La définition de .Jurement: où il est monstre que c'est une espèce de glorifier Dieu: et que pourtant il nous faut prendre garde que

noz .Juremens n'emportent profanation du nom de Dieu (ce qui avient quand on se parjure) ou mespris; ce qui est en sermens superlluz, où esquels on prend le nom d'autre que de Dieu, 2, 8, 23 ss. Il est prouvé par l'Escriture à l'encontre des Anabaptistes, que tous sermens nenous sont pas defenduz, et que -Jésus Christ en son Evangile n'a rien changé de la reigle des Juremens prescrite en la Loy, 2, 8, 26. Ce qui est confermé par ce qu'il en a luy mesme usé. Item, que non seulement les .Juremens publiques et solennels, mais aussi les particuliers sont permis, pourveu qu'on y observe la modération contenue en la Loy, 2, 8, 27.

De la Justification de la foy.

De la .Justification de la Foy, et premièrement de la définition du mot et de la chose, 3, 11. Que la doctrine de la .Justification de la Foy est un poinct de grande importance, 3, 11,1. Il est monstre par l'Escriture, que c'est que signifie estre justifié par les œuvres, ou par la foy, 3, 11, 2 ss. Réfutation de la resverie d'()siander touchant la justice essentielle qu'il attribue aux fidèles: qui est pour empescher les povres âmes de gouster à bon escient la grâce gratuite de rihrist, 3, 11, 5 ss., et autres suivans jusqu'à la 13. Réfutation de l'erreur d'Osiander, que Jésus Christ estant Dieu et honmie, nous a esté fait justice au regard de sa nature divine, et non pas humaine, 3, 11, 8 s. Contre ceux <{ui imaginent une justice composée de la foy et des œuvres, il est monstre que l'une estant dressée, nécessairement l'autre est mise bas, 3, 11, 13 ss. A rencontre des Sorbonistes il est jn'ouvé par l'Escriture que c'est une maxime bien certaine. Que nous sommes justifiez par la seule foy, 3, 11, 19 s. Item, que la justice de la foy n'est autre chose que reconciliation avec Dieu, laquelle consiste en la remission des péchez seulement, 3, 11, 21 s. Que c'est par le seul moyen de la justice de Christ que nous sommes justifiez devant Dieu, 3, 11, 23. Que pour estre persuadez à bon escient de lajustification gi-atuite, il nous convient eslever nos espi'its au siège judicial de Dieu, devant lequel rien n'est acceptable, sinon ce qui est du tout entier et pur de toute macule, duquel la majesté espovantable est descrite de plusieurs passages de l'Escriture, 3, 12, 1 s. Il est monstre par des passages de sainct Augustin et sainct Bernard, que tous les Docteurs Chrestiens donnent bien à entendre, que quandil est question de venir devant Dieu, le refuge unique des consciences est en la miséricorde gratuite de Dieu, sans y mesler aucunement la fiance des œuvres, 3, 12, 3. Qu'il est requis de considérer deux choses en la justification gratuite: assavoir que la gloire de Dieu soit confermée en sou entier; ce qui est quand on le recognoit seul juste: car quiconque se glorifie en soy, cestuy-là se glorifie contre Dieu, 3, 13, 1 s. Et

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que nos consciences puissent avoir repos et assearance devant son jugement, 3, 13, 3 ss. Quel est le comujencement de la Justification et quels en sont les avancemens continuels, 3, 14, tout au long. Un bref sommaire du fondement de la doctrine chrestienne, prins de S. Paul: où est monstre qu'il nous faut arrester en Christ seul, l'appréhendant par foy, 3, 15, 5. Et que tous bons Ministres ayans mis ce fondement, peuvent là dessus bastir bien et deuement : soit quïl faille enseigner et exhorter, soit qu'il faille consoler 3, 15, 8. Que la doctrine de la Justification delà foy n'abolist point les bonnes œuvres, 3, 16, I. Que c'est une menterie, de dire que nous destournons les cœurs des hommes d'affection de bien faire, en leur ostant la fantasie de mériter, 3, 16, 2 s. Que c'est une calomnie frivole, de dire que nous convions les hommes à pécher, en preschant la remission des péchez gratuite, en laquelle nous colloquons toute justice, 3, 16, 4. En quel sens c'est que l'Escriture dit quelquesfois, Que les hdeles sont justifiez par les œuvres, 3, 17, 8 ss. Item, que ceux qui font la Loy sont justifiez, 3, 17, 13. Item, que celuy qui chemine en intégrité, est juste, 3, 17,15. L'exposition de certains passages, où les fidèles offrent hardiment leur justice à Dieu pour estre examinée, et désirent do recevoir sentence selon icelle : où est monstre que tels passages ne sont point contraires à la justification gratuite de la foy, 3, 17, 14. Item, ne semblablement ceste sentence de Christ, Si tu veux entrer en la vie, garde les commandemens, 3, 18, 9.

Des Larrecins.

L'exposition du huitième commandement:

en laquelle est traité des diverses espèces de Larrecins, et d'aucunes qui sont tenues pour Lrrecins devant Dieu, combien que les honmies en jugent autrement : et mesme, que quiconque ne s'acquitte point envers les autres du devoir que porte sa vocation, cestuy-là est larron, 2, 8, 45. Comment c'est qu'il nous faut faire pour obéir à ce commandement, chacun eu son endroict selon sa condition et vocation, 2, 8, 46.

De la Liberté Clirestienne.

Combien nous est nécessaire la cognoissance d'icelle, 3, 19, I. Que la Liberté Chrestienne consiste eu trois poincts : le premier est traité 3, 19, 2 s. Le second, 3, 19, 4 ss. Le troisième, 3,19,7s. Que la Liberté Chrestienne est une chose spirituelle: et que tous ceux-là la prennent mal, qui en font une couverture pour satisfaire à leurs cupiditez desordonnées, ou qui en abusent avec scandale de leurs frères infirmes, 3, 19, 9 s.

De la Loy.

Que la Loy, c'est à dire la forme de religion telle que Dieu a publiée par la main de Moyse, n'a pas esté donnée pour arrester le peuple ancien à soy, mais pour nourrir l'esperance de salut qu'il devoit avoir en Jésus Christ, jusques à ce qu'il vinst. Ce qui est monstre par ce que tant souvent en Moyse il est fait mention de l'alliance : item, par l'ordonnance des cérémonies, tant en sacrifices qu'en lavemens : item, par le droict de Sacrificatiu'e en la lignée de Levi, et la dignité royalle à David et sa postérité. Que mesme la Loy des dix comman démens fut donnée afin de préparer les hommes à chercher Jésus Christ, 2, 7, 1 s. Ce qu'elle tait quand nous amenant là, que nous demeurons de tous costez convaincus de nos péchez, elle nous rend par ce moyen tant plus inexcusables, pour nous soliciter à demander pardoii, 2, 7, 3 s. Il est prouvé par l'Escriture, que l'observation de la Loy est impossible, et déclaré comment cela se doit entendre 2, 7, 5. Que l'office et usage de la Loy qu'on appelle Mo-' raie, consiste en trois parties. La première. Qu'en nous monstrant la justice qui est agréable à Dieu, elle nous est comme un miroir, auquel nous contemplons nostre foiblesse, en après l'iniquité qui procède d'icelle, finalement la malédiction qui est faite des deux: et que cela n'est point au deshonneur de la Loy, mais à la gloire de la bonté de Dieu, laquelle nous subvient par aide de la grâce à faire ce qui nous est commandé en la Loy et efface nos fautes usant de miséricorde. Et que neantmoins cest office de la Loy a aucunement lieu, mesme es l'eprouvez, 2,7,6 ss. L'autre partie est, que par crainte de punition elle reprime les meschans, afin qu'ils ne se desbordent à mettre en exécution la perversité, laquelle il ne laissent pas de nourrir tousjours en leur cœur, et aimer. Item, qu'elle retire de dissolution externe les enfans de Dieu avant qu'ils soyent régénérez, 2, 7, 10 s. La troisième regarde les fidèles. Car combien qu'ils ayent la Loy escrite du doigt de Dieu en leurs cœurs, elle leur sert toutesfois encores en deux sortes. Car eu la méditant ils sont tousjoiu's de plus en plus confermez en l'intelligence de la volonté du Seigneur et solicitez, voire mesme fortifiez à obéir, afin que la nonchalance de la chair ne les abastardisse, 2, 7, 12 s. Car quant à la malédiction de la Loy, elle est abolie pour le regard des fidèles, pour ne se desployer plus contre iceux à les damner et destruire, 2, 7, 14. Des dix c^mmandemans de la Loy nous apprenons les mesmes choses, desquelles nous avions seulement quelque goust par la loy dénature, assavoir premièrement que nous devons à Dieu révérence, amour, crainte : qu'il prend plaisir à justice, iniquité luy desplaist; en après qu'en examinant nostre vie à la reigle de la Loy. nous nous trouvons indignes de retenir nostre lieu entre les créatures de Dieu et qu'en considérant noz forces, non seule-

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meut elles sont insuffisantes à accomplir la Loy, mais du tout nulles. L'un et l'autre engendre en nous humilité : qui nous enseigne à recourir à la miséricorde de Dieu, et demander l'aide de sa grâce, 2, 8, 1 ss. Poûrce queDieuestLegislateur spirituel (c'est à dire ne parle pas moins à l'ame qu'au corps) la Loy aussi ne requiertpas seulement une honnesteté extérieure, mais une justice intérieure et spirituelle, voire mesme une pureté angelique, 3, 8, 6. Ce qui est prouvé par l'exposition que Christ luy-mesme eu haille, en réfutant la fausse glose des Pharisiens, qui ne preschoyent qu'une observation extérieure seulement de la Loy, 2, 8, 7. Les commandemens et défenses de la Loy contiennent tousjours plus que les parolles n'expriment. Et pourtant, pour avoir la droicte et vraye exposition d'iceux, il faut considérer quelle est la raison et latin d'un chacun. Puis après, de ce qui est commandé ou défendu, il nous en faut tirer un argument au contraire, en sorte que nous entendions que quand quelque mal est défendu, par mesme moyen le bien contraire à ce mal est commandé, 2, 8, 8 s. Pojrquoy c'est que Dieu en ses dix commandemens a parlé ainsi brièvement, entendant beaucoup plus qu'il n'exprimoit, 2, 8, 10. De la division de la Loy en deux tables, et que par icelle sommes enseignez que le service de Dieu est le premier fondement de justice, voire mesme l'ame, 2, 8, 11. De la division des dix commandemens, et combien il en faut mettre en la première table, combien aussi en la seconde, 2, 8, 12. 50. L'exposition des commandemens de Dieu, où il est monstre d'entrée que le Seigneur au commencemeut de sa Loy use de trois argumens pour confermer la majesté d'icelle. Car premièrement en s'attribuant puissance souveraine et droict de nous commande!*, il nous astreiud comme par nécessité à iuy obéir: et puis en nous prommettant sa grâce, il nous attire comme par douceur : et pour le troisième, réduisant en mémoire le bien qu'il a fait à ses serviteurs, les solicite à Iuy complaire et n'estre point ingrats, 2, 8, 13 ss. Que la Loy n'enseigne pas quelques petits commencemens seulement, et comme rudimens de justice, ains un vray accomplissement d'icelle, une conformité à l'image de Dieu, et une perfection de saincteté. qui consiste toute en deux poincts, assavoir en l'amour de Dieu et du prochain, 2, 8, 51. De la Loy de nature, Voyez 2, 2, 22 ss.

Des Loix iwlitiqiies, cest à dire qiti concernent la police entre les hommes.

Les Loix ne peuvent consister sans le Magistrat, ne le Magistrat sans les Loix. Réfutation de l'opinion de ceux qui disent qu'une PiCpublique n'est point bien dressée, si elle n'est gouvernée par les Loix politiques de Moyse : et à ceste fin to ate la Loy de Moyse est divisée eu trois parties : assavoir en mœurs, cérémo-

nies et jugemens : de chacune desquelles le but est declairé, et par là est monstre qu'il est libre à chacun peuple de faire des Loix politiques, 4, 20. 14. s, Pourveu qu'elles soyent compassées à ceste équité naturelle, qui est declairée en la Loymorallede Moyse. Et par ainsi qne les Loix qui prescrivent la punition des mesfaits, peuvent estre diverses, et changer selon le pays, le temps et autres circonstances. Ce qui est declairé par exemples 4, 20. 16.

Des Magistrats.

Que la charge des Magistrats est nonseulement saincte et légitime, mais aussi tressacrée et honorable entre toutes les autres : ce qui est prouvé par divers tiltres d'honneur desquels l'Escriture l'orne, et par les exemples des saincts personnages, qui ont eu dominations, et exercé estais concernans la police terrienne, 4, 20, 4. Que ceste considération est un aiguillon aux Magistrats fidèles pour les soliciter à bien faire leur devoir, et une consolation merveilleuse pour leur faire prendre en patience les difficultez et fascheries qu'ils ont à porter en leur office, 4,20. <!. Réfutation de l'opinion de ceux qui disent que d'autant que la façon d'estre gouvernez par Rois et .Juges est servile, combien qu'elle ait eu lieu anciennement entre le peuple de Dieu sous la Loy, ne convient point toutesfois à la perfection que Christ a apportée avec son Evangile, 4, 20, 5. 7. Que ceux qui ne veulent point que les Magistrats ayent soin des choses appartenantes à la religion, s'abusent bien fort: veu que l'office d'iceux s'estend à toutes les deux tables de la Loy. Item, est monstre par l'Escriture, qu'ils sont constituez protecteurs et conservateurs tant du service de Dieu que de la paix et honnesteté publique, de quoy ils ne se peuvent pas du tout acquiter sans user d'armes et de la puissance du glaive, 4, 20, 9. Une question. Gomment c'est que les Magistrats sans laisser d'estre fidèles, peuvent des ployer le glaive et espandre le sang. Laquelle est résolue suivant l'Escriture, et est monstre que tant s'en faut qu'ils pèchent de punir les meschans, qu'au contraire c'est une des vertus royales, et un bon tesmoignage de la pieté et crainte de Dieu, qu'ils ont. Au reste, qu'il y a deux vices desquels ils se doyvent garder en cest endroit, assavoir de sévérité desordonnée, et folle et superstitieuse affectation de douceur, 4, 20, 10. Le devoir des sujets envers les Magistrats est premièrement d'avoir en grande estime et honneur leur estât, comme de gens qui sont serviteurs et lieutenans de Dieu : voire quant à l'office et dignité où ils sont constituez, et non pas qu'il faille tenir pour vertuz les vices des Seigneurs et supérieurs, 4, 20, 22. Secondement, que les ayans ainsi en honneur et révérence, ils se rendent sujects à eux en toute obéissance, soit qu'il faille obéir à leurs ordonnances, soit qu'il

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faille payer imposts, soit qu'il faille porter quelque charge publique, etc. Pour le troisième, qu'ils recommandent à Dieu par prières la conservation et prospérité d'iceux, qu'ils ne facent point d'esmotions et n'entreprennent témérairement sur l'office du Magistrat, 4, 20, 23. Que s'il y a un mauvais Prince, de vie dissolue, et exerçant une domination tyrannique, les sujects neantmoins luy doyvent porter aussi grande révérence (quant à ce qui appartient s l'obéissance deue à sa supériorité) qu'ils feroyent à un bon Roy s'ils en avoyent un, 4, 20, 24 s. Pource que ce n'est pas sans la Providence de Dieu et opération spéciale, que tels aussi viennent à estre eslevez en puissance publique: ce qui est coufermé par plusieurs authoritez et exemples de i'Escriture, et est monstre quelles considérations doyvent prendre pour reprimer toute impatience, les povres sujets qui vivent sous tels meschans tyrans, et qui sont sans crainte de Dieu, 4, 20, 26. 27. 28. 29. 31. Qu'il n'est pas permis aux personnes privées de s'eslever contre les tyrans, ains seulement à ceux qui selon les Loix du Royaume ou du pays, sont protecteurs et défenseurs de la liberté du peuple, 4, 20, 31. Que le Seigneur par sa merveilleuse iionté, puissance et providence, suscite aucune fois de ses serviteurs, qui facent l'exécution de sa vengence sur les tyrans : quelque fois il adresse a cela la fureur d'autres meschans qui machinoyent autre chose, 4, 20, 30. En l'obéissance qui est deue aux Roys et autres supérieurs, il y atousjours une exception à faire: c'est que cela ne nous destourne point de l'obéissance que nous devons à Dieu. Et qu'on ne leur fait point de tort en refusant de leur obéir en ce qu'ils commandent contre Dieu: item, que c'est nostre devoir d'ainsi faire, quoy qu'il nous puisse venir grand danger d'une telle constance,

Du Maricuje.

L'expositi(>n du septième commandement, auquel le Seign-eur défend paillardise, et requiert de nous chasteté et pureté, laquelle nous devons nourrir et conserver et de cœur et de regard, et par accoustremens convenables, et honnesteté en paroles, et attrempance au boire et au manger, 2, 8, 41. 44. Que continence est un don singulier de Dieu, lequel il ne donne point à tous, mais à certaines personnes, et quelquefois pour un temps seulement: et que ceux ausquels il n'est pas donné, doyvent précisément recourir au Mariage, qui est le remède ordonné du Seigneur pour la nécessité humaine, 2, 8, 41 ss. Il faut que ceux qui sont mariez advisent de ne rien faire qui soit contraire à la saincteté et honnesteté du Mariage: autrement ils semblent plustost estre paillars de leurs femmes, que non pas mariz, 2, 8, 44. Que les Papistes s'abusent en appellant le Mariage Sacrement: desquels aussi les rai-

sons sont refutées, 4, 19, 34. Il est monstre que le passage de sainct Paul, duquel ils se pensent couvrir, ne leur sert de rien, 4, 19, 35. Et que cependant ils se contredisent euxmesmes, en défendant ce Sacrement à leurs prestres, en disant que c'est une immondicilé et pollution de la chair, 4, 19, 36. Que sous ceste fausse couverture de Sacrement, le Pape et les siens ont tiré à eux la cognoissance et jugement des causes du Mariage: et ont fait des loix touchant le Mariage, en partie meschantes contre Dieu, eu partie injustes contre les hommes, lesquelles sont recitées 4, 19, 37. De l'impudence de ceux qui magnifient l'abstinence du Mariage, comme chose nécessaire et un ornement de l'Eglise; eu quoy ils font grand deshonneur à l'Eglise ancienne. Par quels degrez telle tyrannie est survenue en l'Eglise, et qu'on ne la peut défendre sous couleur de certains Canons anciens, 4, 12, 26 ss. Que quand on a défendu le Mariage aux prestres, c'a esté une meschante tyrannie contre la Parole de Dieu et toute équité, 4, 12, 23. Response à l'objection des adversaires, qu'il faut qu'il y ait quelque marque pour discerner le Clergé d'avec les Lais, 4, 12, 24. Que c'est une allégation frivole, de vouloir maintenir ceste défense du Mariage sous couleur de ce que les Sacrificateurs Le vitiques, quand ils devoy eut entrer au Sanctuaire, couchoyent à part d'avec leurs femmes, 4, 12, 25, Le blasphème du Pape, que le Mariage est une imuiondicité et pollution de la chair, 4, 12, 24.

De Toffice de Médiateur entre Dieu et nous, que Christ a.

Qu'il a fallu que Christ pour faire office de Médiateur fust fait homme : pource que Dieu l'avoit ainsi ordonné, sachant que ce nous estoit le plus utile: veu que nul autre ne pouvoit estre le moyen de nous réconcilier avec luy, ne nous faire enfans de Dieu, ne nous asseurer de l'héritage du royaume celeste, n'en lieu de nostre désobéissance apporter à l'opposite pour remède obéissance, 2' 12, 1 ss. Réfutation de la spéculation extravagante d'aucuns, qui disent qu'encore que le genre humain n'eust point eu besoin d'estre racheté, Jésus Christ toutesfois n'eust pas laissé d'estre fait homme, et est monstre par plusieurs raisons et tesmoignages, que comme ainsi soit que toute I'Escriture chante haut et clair qu'il a vestu nostre chair afin d'estre nostre Rédempteur, c'est une grande témérité d'imaginer autre cause ou fin, 2, 12, 4. Et qu'il ne nous est pas licite de nous enquérir de Jésus Christ plus outre: et que ceux qui le font se desbordent d'une audace trop énorme à forger un nouveau Christ. Làdessus est reprins Osiander, qui derechef a esmeu de nostre temps ceste question et dispute, qu'il n'y a point de passage de I'Escriture qui reprouve ceste opinion, 2, 12, 5. Est refuté un principe sur lequel il se fonde,

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assavoir que l'homme a esté créé à l'image de Dieu, d'autant qu'il a esté formé au patron de Christ afin de le représenter en la nature humaine: et est monstre qu'il ne faut point chercher l'image de Dieu sinon aux marques d'excellence dont Adam a esté anobly ; laquelle reluit aussi es Anges, 2, 12, 6 s. La resolution d'autres objections ou absurditez que ledit Osiander craind: comme que Christ ne seroit nay que par accident, et qu'il auroit esté créé à l'image d'Adam : item, que les Anges eussent esté privez de ce clief, et que les liommes n'eussent point eu Christ pour Roy, 2, 15,7. Comment les deux natures font une seule personne en Clirist Médiateur: ce ijui est declairé parla similitude de la conjonction du corps et de l'ame en un homme. Puis est demonstré par plusieurs passages, que l'Escriture attribue quelquesfois à Christ des choses qui compétent particulièrement a la Divinité, aucunesfois des choses qui ne se peuvent rapporter qu'à l'humanité: item, que quelq\iesfois elle attribue à l'une des natures ce qui appartient à l'autre, laquelle façon de parler est nommée Communication des proprietez, 2, 14, 1 s. Aussi que d'autres fois elle attribue à Christ des choses qui comprennent les deux natures ensemble, et ne peuvent pas bien convenir à l'une ou à l'autre séparément: ce que plusieurs des Anciens n'ont pas bien observé, et toutesfois est nécessaire de noter pour soudre beaucoup de difflcultez, et éviter les erreurs de Nestorius et Eutyches, 2, 14, 3 s. Réfutation de l'erreur de Servet, qui a v^onlu supposer au lieu du Fils de Dieu, un fantosme composé de l'essence de Dieu, de son Esprit, de chair, et de trois elemeus non créez. Son astuce est descouverte, et est monstre (ce qu'il nie) que Christ, mesme devant qu'il nasquist en chair, estoit le Fils de Dieu, d'autant qu'il est ceste Parole éternelle engendrée du Père devant les siècles, 2, 14, 5. Item est prouvé que Christ est vrayement et proprement Fils de Dieu en la chair, c'est à dire en sa nature humaine, toutesfois au regard et pour raison de sa deité, et non pas de la chair, comme Servet gazouille, "2^ 14, 6. L'exposition de certains passagesque ce vilain-là et ses sectateurs allèguent pour maintenir leur erreur ; aussi est refutée une autre de ses calomnies, assavoir qu'en l'Escriture le nom de Fils n'est jamais attribué à la Parole jusques à la venue du Rédempteur, si ce n'est sons figure, 2, 14, 7. Descouverte de l'erreur de tous ceux qui ne recognoissent point .Jésus Christ Fils de Dieu sinon en chair: où aussi sont recitées sommairement les lourdes illusions de Servet desquelles il s'est ensorcelé avec plusieurs autres, renversant ce que la saincte foy croit touchant la personne du Fils de Dieu. Et de là est conclu que ce chien mastin avoit proposé d'esteindre toute espérance de salut par ses illusions 2, 14, 8.

De Mensonge.

L'exposition du neufvieme commande-

ment : auquel le Seigneur reprhne toute fausseté, par laquelle nous blessons la renommée d'aucun, ou empeschons son profit, soit par Mensonge ou en mesdisant, 2, 8, 47. Que nous nelaissons pas de pécher grièvement en cest endroit, encores que nous ne mentions point. Et que toutesfois il faut bien distinguer la detraction qui est icy condamnée, d'avec une accusation judiciaire, ou une reprehension qui se fait pour corriger l'homme, etc., 2, <S, 48.

Des Mérites des œuvres.

Que tout ce qui est dit pour magnifier les Mérites, destruit tant la louange de Dieu que la certitude de nostre salut, 3, 15. Quiconques a le premier appliqué le nom de Mérite aux bonnes œuvres au regard du jugement de Dieu, que cestuy-là n'a pas fait chose expediente pour entretenir la syncerité de la foy. Et qu'il est bien vray que les anciens Docteurs en ont usé, mais eu telle sorte, que cependant ils ont bien monstre en plusieurs passages qu'ils n'attribuoyent point le salut aux œuvres, 3, 15, 2. L'exposition d'aucuns passages par lesquels les Sophistes s'efforcent de prouver que le mot de Mérite se trouve es Escritures attribué à l'homme au regard de Dieu, 3, 15, 4. Il est prouvé par l'authorité de l'Apostre et de sainct Augustin, que le loyer de justice, c'est à dire des bonnes œuvres, dépend de la pure bénignité de Dieu, 2, 5, 2.

Touchant les Mérites, vous trouverez encores quelque chose sous le mot De la Justification de la fo}'. Il est monstre que c'est une fausse doctrine, de dire que Christ nous a mérité seulement la première grâce, et que nous puis aj-res méritons par noz œuvres, 3, 15, 6 s.

Dit Mérite de Christ.

Que c'est bien parlé et proprement de dire que Christ nous a mérité la grâce de Dieu et salut: où il est monstre que Christ n'est pas seulement instrument ou ministre de nostre salut, mais autheur et prince, et que ceste façon de parler n"obscurcist point la grâce de Dieu, d'autant qu'on n'oppose pas le ]\Ierite de Jésus Christ à la miséricorde de Dieu : mais au contraire il en dépend, et pourtant n'y est pas répugnant, 2, 17, 1. La distinction entre le Mérite de Christ et la grâce de Dieu est prouvée par plusieurs passages de l'Escriture, 2, 17, 2. Plusieurs tesmoignages de l'Escriture, par lesquels il appert que Christ par son obéissance nous a acquis faveur envers le Père, et mesme nous l'a méritée, 2, 17, 3 ss. Que c'est une folle curiosité, de questionner si Jesus-Christ a rien mérité pour soy, et une audace téméraire d'en déterminer, 2, 17, 6.

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De la Messe.

Que c'est que la Messe, suyvaut la deflnitiou de l'Antéchrist Romain et de ses prophètes, 4, 18, 1. La première vertu de l;i Messe, c'est que là il se fait un blasphème et deshonneur intolérable à Jésus Christ : veu que sa Sacrihcature n'est point recognue estre éternelle, entant qu'on luy baille un autre comme pour successeur. Et est monstre que cela se fait en la Messe, quoy que les Papistes vueillent desguiser les matières, 4, 18,

2. La seconde vertu de la Messe, qu'en dressant derechef un autel elle renverse la croix de Christ, et par nouveau sacrifice elle ensevelit le sacrifice de Christ, lequel est unique. ])erpetuel, et ofl'ert une fois seulement, 4, 18,

3. 9. 14. Exposition d'un passage de Malachie, sur lequel les Messotiers s'efforcent de fonder leur sacrifice de la Messe, 4, 18, 4. La troisième vertu de la Messe, qu'elle efl'ace et oste de la mémoire des hommes la vraye et unique mort de Jésus Christ, 4, 18, 5. La qu;itrieme, qu'elle nous oste le fruict qui nous provenoit de la mort de Jésus Christ, 4, 18. G. La cinquième qu'elle oste, perd et abolit la sacrée Cène, en laquelle nostre Seigneur avoit laissé la mémoire de sa passion engravée et imprimée, 4, 18, 7. De l'origine du nom de Messe, 4, 18, 8. Qu'on ne peut maintenir le sacrifice de la Messe par l'authorité des Docteurs anciens. Car combien qu'ils ayent nommé la Cène Sacrifice, c'est toutesfois en autre sens que les Papistes : et qu'encores neantmoins il semble bien que les Anciens en cela se sont trop des tournez aux ombres de la loy, 4, 18, 10 s. Que plusieurs pour la confiance qu'ils ont de satisfaire à Dieu par le sacrifice de la Messe, prennent plus grande hardiesse de poursuivre en leurs vices et meschancetez, 4, l>i, 15. Les vrais filtres de la Messe, et que c'est à la prendre en sa sanctissime saincteté, 4, 18, 18.

Du Ministère de V Eglise.

Du ministère de l'Eglise et de ceux qui mesprisent ce moyen d'apprendre et profiter,

4. 1, 5. De l'efficace du Ministère, 4, 1, 6. Que Dieu, qui pourroit lui seul enseigner son Eglise, ou par ses Anges, le fait parle Ministère des hommes pour trois raisons, 4, 3, 1. Que l'Escriture orne de filtres excellens le Ministère de l'Eglise 4, 3, 2 s. Des Apostres, Prophètes, Evangelistes, Pasteurs et Docteurs, et qu'eniportoyent telles charges, 4, o, 4 s. Que le principal delà charge des Apostres et Pasteurs est de prescher l'Evangile et administrer les Sacremens, 4, 3, (J. Les Pasteurs tellement attachez à leurs Eglises, qu'ils ne sont doyvent pas changer de place selon leiu' appétit, et sans authorité publique,4,3, 7. Que ceux qui ontla charge de gouverner les Eglises, sont nommez en l'Escriture Evesques, Prestres, Pasteurs, Ministres, 4, 3, 8. Que nul ne se doit ingérer à enseigner ou gouverner

en l'Eglise : mais que la vocation y est requise, 4, 3, 10. La prédication de la Parole de Dieu est accomparée à la semence qu'on jette en la terre : dont il est aisé à entendre que tout le profit d'icelle dépend de la bénédiction de Dieu, et de l'efficace du sainct Esprit, 4, 14, 11. Quelles gens il fauteslire à estre Evesque, comment, et par qui ils doyvent estre esleus, et de la cérémonie à les ordonner, 4, 3, 11 ss. L'Eglise ancienne, avant que la Papauté se fust levée, n'avoit que trois espèces de Ministres, assavoir les Pasteurs, les Anciens et les Diacres, 4, 4, 1. Du mandement de pardonner et retenir les péchez, ou de lier et deslier, qui est une partie de la puissance des clefs, et se rapporte au ministère de la Parole, 4, 11, 1.

De la Moynerie.

Que les Monastères anciennement estoyent comme semence pour fournir l'Eglise de bons Ministres. La description que fait sainct Augustin de la forme de la Moynerie ancienne, et que la coustume des Moynes estoitlors de gaigner leur vie au travail de leurs mains dont appert que la Moynerie qui est aujourdhuy en la Papauté est toute autre, 4, 13, 8 ss. Du filtre superbe, d'estat de perfection lequel les moynes attribuent à leur ordre, 4,

13, 11; pource qu'ils promettent de garder les conseils evangeliques, auxquels (disentils) les autres Chrestiens ne sont point communément astreints, 4, 13,13; et pource qu'ils ont quitté tous leurs biens, 4, 13, 13. Que tous ceux qui entrent aux cloistres pour se faire Moynes, se séparent de l'Eglise: veu mesmes qu'ils afferment que la Moynerie est iine espèce de second Baptesme, etc., 4, 13,

14. Qu'il y a grande différence quant aux mœurs, entre les Moynes de la Papauté, et ceux de l'Eglise ancienne, 4, 13, 15. Qu'il y avoit des choses à reprendre en la profession mesme de la Moynerie ancienne et que quiconques en a esté le premier autheur a introduit en l'Eglise un exemple dangereux, 4,13,16. Que les Moynes par leurs vœu. s se consacrent au diable, non pas à Dieu, 4, 13, 17. Que tous vœux qui ne sont pas légitime ne deuement entreprins, comme ils ne sont de nulle estime envers Dieu, doyvent aussi par nous estre tenus pour nuls, 4, 13, 20. Et que pourtant c'est à tort que ceux qui laissent la Moynerie, pour s'adonner à quelque honneste estât et manière de vivre, sont accusez comme ayans faussé leur foy, et perjures, 4, 13, 21.

De la Mort de Christ.

Jasoit que Christ en tout le cours de son obéissance (c'est à dire en toute sa vie et chacune partie d'icelle) se soit monstre nostre Rédempteur, l'Escriture toutesfois pour déterminer plus certainement le moyen de nostre salut, attribue cela comme propre etpecu-

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lier à sa Mort. En laquelle la subjection volontaire de Christ tient le premier degré: et toutesfois tellement volontaire, que ce n'a point esté sans combat qu'il s'est demis de sa propre affection. Il faut aussi considérer sa condamnation: eu laquelle il y a deux choses à noter: assavoir que Christ a esté réputé entre les iniques, et que toutesfois son innocence a esté par plusieurs fois testiliée, voire mesme par la bouche du juge, 2, 16, 5.

Il faut aussi noter l'espèce de Mort : assavoir la croix, qui estoit maudicte: et qu'il falloit qu'ainsi lust fait, afin que la malédiction qui nous estoit deue, estant transportée sur luy, et l'ayant surmontée et abolie, nous eu fussions délivrez. Item est monstre par plusieurs tesmoignages d'Isaie et des Apostres, que ce qui a esté représenté par figure aux sacrifices anciens de Moyse, a esté à la vérité accompli en .Jesus-Christ, qui est la substance et le patron des figures, 2, 10, G. Que tant de la Mort que de la sépulture de Christ, il nous revient double fruict, assavoir délivrance de la Mort, à laquellenous estions asserviz, et la mortification de nostre chair, 2. 16. 7.

De V Obéissance des enfans envers leurs Itères et mères.

L'exposition du cinquième commandement:

la fin et la somme d'iceluy, 2, 8, 35. De la signification du mot d'Honneur en ce commandement et qu'il comprend trois poincts : assavoir, révérence, obéissance, et amour procédant d'une recognoissance des bienfaicts, 2, 8, 30. De la promesse de vivre longuement, adjoustée à ce commandement: et eu quelle sorte elle s'adresse aujourdhuy à nous, 2, 8, 37. Comment Dieu par divers moyens exerce sa vengeance sur les enfans desobeissans. Item, qu'Obéissance n'est point deue aux pères et mères, ou à autres, sinon entant quïl se peut faire sans enfreindre la Loy de Dieu, 2, 8, 88.

Des Œuvres.

Comparaison de la pureté qui est en Dieu, avec toute la justice des hommes, 3. 12, 4 s. Toute le lignage d'Adam est divisé en quatre manières de gens pour monstrer que les hommes n'ont rien de saincteté ou justice. Ce qui est declairé premièrement en ceux qui n'ayans nulle cognoissance de Dieu, sont plongez en idolâtrie: esquels combien que quelquesfois apparoissent des vertus excellentes, qui sont dons de Dieu, il n'y a rien toutesfois de pur et net, 3, 14, 1 ss. Et puis en ceux lesquels ayans receu la Parolle et les Sacremens, ne sont Chrestiens que de filtre et profession, renonçans Dieu par leurs Œuvres. Item es hypocrites, qui cachent leur

perversité sous couverture de preudhommie, 3, 14, 7. s. Pour le dernier, il est, monstre que mesme les enfans de Dieu, qui sont vrayement régénérez de son Esprit, ne peuvent par aucune justice de leurs Œuivres consister devant le jugement de Dieu : pource qu'ils ne peuvent mettre aucune bonne Œuvre en avant qui ne soit souillée et corrompue de quelque pollution de la chair, et pourtant digne de cond(!mnation. Et ((u'encores qu'il s'en trouvast aucunes pures et parfaictes, un seul l)eché toutesfois suffit pour eftacer toute la mémoire de la justice précédente, 3, 14. 9 ss. liefiitation des subterfuges des Papistes touchant la justice des Œuvres, et principalement de ce monstre horrible'des (Euvres. de supererogatiou, 3, 14, 12 ss. Que quand il est question de noz Œuvres il y a deux pestes qu'il nous convient chasser de noz cœurs: assavoir que nous n'ayons nulle fiance en noz Œuvres, et nous gardions de leur attribuer aucune louange, 3, 14, 10. Des quatre genres de causes que nous avons à considérer en nostre salut, et la déclaration d'icelles prinse de TEscnture ; dont il est monstre que les Œuvres ne viennent aucunement eu considération comme causes de nostre salut, en quelque sorte qu'on le sache prendre, 3, 14. 17. En quel sens doitestre prins ce que souvent les saincts seconferment et consolent en réduisant en mémoire leur innocence: et ((ue cela ne derogue point à la justice gratuite que nous avons en Christ, 3, 14, 18 ss. Que quand TEscriture dit que les bonnes Œuvres des fidèles incitent le Seigneur à leur bien faire, elle ne veut pas signifier la cause pourquoy il leur fait bien, mais seulement l'ordre qu'il y tient, 3, 14, 21. Pourquoy c'est que le Seigneur en l'Escriture appelle nostres les bonnes Œuvres qu ils nous adonnées, et promet qu'elles seront rémunérées de luy, 3- 15, 3. Ptefutation de la fantasie des Sophistes touchant des Œuvres morales, pour rendre les hommes agréables à Dieu avant qu'ils soyent incorporez en Christ, 3, 15, 6 et 17, 4. Que le loyer que le Seigneur en sa Loy avoit promis à tous observateurs de justice et saincteté, est rendu aux Œuvres des fidèles : mais qu'il y a trois causes dont cela procède, 3, 17, 3. Qu'il faut considérer en l'Escriture double acception de l'homme devant Dieu: desquelles la dernière, combien qu'elle regarde les bonnes Œuvres des fidèles, ne laisse pas toutesfois de dépendre de la miséricorde gratuite de Dieu, 3, 17, 4 s. Que quand il est dit que Dieu fait bien à ceux qui l'aiment, ceci n'est pas mis comme cause de ce qu'il leur fait bien, ains plustost comme la manière par laquelle, et pour demonstrer quels ils sont par la grâce de Dieu, 8, 17, 6. L'exposition de certains passages, esquels l'Escriture honore du filtre de justice les bonnes Œuvres: où il est monstre qu'ils ne sont point contraires à la doctrine de la justification de la foy, 3, 17, 7. Qu'une bonne Œuvre ou plusieurs ne suffisent pas pour nous rendre justes devant Dieu, combien

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qu'un péché seul suffise pour nous condemner: et qu'en cest endroit la maxime commune n'a pas lieu, Que les choses contraires passent par une mesme reigle. 3, 18, 10. Pourquoy c'est que le Seigneur dit qu'il rétribue aux Œuvres ce qu'il avoit gratuitement donné devant les Œuvres, 3, 18, 3. Et que par ce moyen il obvie à nostre infirmité, afin que nous ne perdions courage, 3, 18,4. 6. 7. Que la justice des bonnes Œuvres que les fidèles font, dépend de ce quelles sont receues de Dieu avec pardon, 3, 18, 5.

Des Officiaux.

Des Officiaux (qu'on appelle) desEvesques de la Papauté, 4, 11, 7 s.

Z)' Oraison.

Que la vraye foy ne peut estre que d'icelle ne s'ensuyve invocation de Dieu, 3, 20, 1. Combien l'exercice de prier est nécessaire et utile eu beaucoup des sortes, 3, 20, 2. .Ja soit que le Seigneur, quand nous ne l'en requerrions point, ne laissera pas de faire ce qu'il sait estre bon, et n'ait point besoin d'advertissement, 3, 20, 3. La première loy de bien et deuement faire prière, Que nous ne soyons point autrement disposez d'entendement et de courage, qu'il convient à ceux qui entrent en propos avec Dieu, 3, 20, 4 s. L'autre, qu'en priant nous sentions tousjours nostre indigence et défaut, ei qu'estaus persuadez à bon escient que nous avons besoin de tout ce que nous demandons, nous conjoiguionsune ardente affection à nos requéstes, 8, 20, 6. Qu'il faut prier en tous temps, et que lors mesmes que nous sommes en la plus grande tranquillité qu'on sauroit avoir, la seule souvenance de nos péchez nous doit servir d'un aiguillon vif pour nous soliciter à tel exercice, 3, 20, 7. La troisième reigle de bien prier, que nous nous desmettions de toute fantasie de nostre propre gloire : de peur qu'en présumant le moins du monde de nous mesmes, nous ne trébuchions devant la face de Dieu avec nostre fol orgueil, 3, 20, 8. Le commencement de bien prier est de requérir mercy avec humble et franche confession de noz fautes, 3, 20. 9. En quel sens doivent estre prinses certaines oraisons que font les fidèles, esquelles il semble qu'ils allèguent leurs jus tices en aide, afin d'obtenir plus facilement de Dieu ce qu'ils requièrent, 3, 20, 10. La quatrième reigle de bien prier, qu'estans ainsi abbatus et mattez en vraye humilité, neantmoins nous prenions courage à prier : esperans pour certain d'estre exaucez : et ainsi qu'il faut que foy et pénitence se rencontrent en la prière, 3, 20, 11. De la certitude de la foj% par laquelle les fidèles sont resoluz que Dieu leur est propice, et combien elle est nécessaire en la prière. Item, qu'elle n'est

point renversée, estant meslée parmy l'appréhension de noz misères, 3, 20, 12. Dieu commande que nous l'invoquions, il promet que nous serons exaucez et tous les deux sont nécessaires à ce que nous puissions prier en foy, 3, 20, 13. Le récit de diverses promesses de Dieu, la douceur desquelles est telle, que ceux-là sont du tout sans excuse, qui n'en sont point touchez pour estre esmeus à prier, 3, 20, 14. L'exposition de certains passages, où il semble que Dieu ait exaucé aucuns personnages, qui ont prié n'estans fondez sur aucune promesse, 3, 20, 15. Il est monstre par plusieurs exemples, que ce qui a esté dit des quatre reigles de bien prier, ne doit pas estre prins en telle rigueur, que Dieu en cest endroit ne supporte es siens beaucoup d'infirmitez, voire mesme excès et desbordemens, 3, 20, 16. Qu'il faut tousjours addresser noz prières à Dieu au nom de Christ seulement, 3, 20, 17. 36. Et que jamais les fidèles n'ont esté autrement exaucez, 3, 20, 18. Qu'à ceux qui prient autrement, il ne reste rien devant le throne de Dieu, sinon ire et frayeur,3, 20,19.Que quand il nous est commandé cîe prier les uns pour les autres, cela ne contrevient point à l'office de Christ d'estre Médiateur, 3, 20, 19. Réfutation de la fantasie des Sophistes, Que Christ est Médiateur de la rédemption, les fidèles de l'intercession, 3, 20, 20. Contre ceux qui prennent pour leurs intercesseurs envers Dieu, les saincts décédez de ce monde, oumeslent l'intercession de Christ avec les prières et mérites d'iceux, 3, 20, 21. Que ceste folie en la Papauté est procedée jusques à des monstres d'impiété, et horribles sacrilèges, 3, 20, 22. Réfutation des argumens, par lesquels les Papistes taschent de confermer l'intercession des saincts décédez, 3, 20, 23 ss. Qu'il n'est pas permis d'adresser noz prières aux saincts décédez, veu que la prière est une partie du service que Dieu s'est réservé comme propre, 3, 20, 27, Des diverses espèces d'oraison et principalement de celle qui est nommée Action de grâces Item, de l'exercice continuel des fidèles en prières et en acdons de grâces, 3, 20, 28 s. Des longues prières et barbotemens des Papistes : Item, d'éviter toute ostentation en prières, et de se retirer à part pour mieux prier, et des prières publiques, 3, 20, 29. Des prières publiques en langage du pays, et entendu du peuple, où il est aussi parlé de la manière de s'agenouiller, et d'avoir la teste descouverte en prières, 3, 20, 33. De la singulière bonté de .Jésus Christ, en ce qu'il nous a mesme prescrit le formulaire de prier: et combien cela nous apporte grande consolation, 3, 20, 34. La division de ce formulaire de prier, qu'on appelle oraison Dominicale, 3. 20, 35. L'exposition d'icelle oraison, 3, 20, 36 ss. Que c'est une oraison parfaite en toutes sortes et vrayement légitime, 3, 20, 48. A laquelle il ne faut rien adjouster, combien qu'on puisse bien user d'autres mots en priant, 3, 20, 49.

De la confiance et asseurance que nous

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apporte le tiltre d'Eûfans de Dieu, laquelle le remors mesnie de noz péchez ne doit point esbranler, 3, 20, 3(J s. Combien ([u'il nous faille prier pour tous honunes (et principalement pour les domestiques de la l'oyj.que cela toulesfois n'empesche point qu'il ne nous soit permis de prier spécialement pour nous et pour certains autres, 3, 20, 38. 39. 42. De la grande hardiesse à demander, etliance d'obtenir que le Seigneur donne aux siens,

3, 20, -47. Qu'il est bon que chacun de nous pour s'inr:iter à cest exercice, se constitue certaines heures à prier, pourveu que ce soit sans superstition, 3. 20, 50. En toutes noz prières il nous faut soigneusement garder de vouloir attacher Dieu à certaines circonstances, 3, 20, 50. De la persévérance et patience en l'exercice de prier, 3. 20, 51 s.

Des Ordres EccJesiasiiques du Pape.

Le Saci'ement de l'Ordre en la Papauté engendre sept autres petits Sacrementaux. des noms et distinction desquels les Papistes ne s'accordent pas bien encores, 4, 19, 22. Leur folie ridicule et pleine d'impiété, qu'en chacun d'iceux ordres ils font Christ leur compaignon, 4, 19, 2^3. Des Acolythes, Hiij ssiers, et Lecteurs, lesquels les Papistes disent estre Ordres Ecclésiastiques et Sacremens, 4, 19, 24. Item, des cérémonies avec lesquelles ils les consacrent. 4, 19, 27. D'un autre Ordre qu'ils appellent Exorcistes, 4, 19, 24. Que les ordres de Psalmistes, Huyssiers, Acolythes, sont noms sans effect en la Papauté, veu que ceux qui sont nommez tels, n'en font pas l'office en la Papauté, mais quelque enfant ou un homme lay, 4, 19, 24.

De la tonsure des clercs, et que c'est qu'elle signifie suivant la doctrine des Papistes, 4. 19, 25. Que c'est sans raison qu'ils la rapportent à l'exemple de sainct Paul, quand ayant fait vœu il se tondit, ou aux Nazariens du temps de la Loy, 4. 19, 26. Il est monstre de S. Argustin d'où est venue l'origine d'icelle,

4, 19, 27. Des trois grans Ordres des Papistes, et premièrement de l'ordre de Prestrise, où il est monstre qu'ils ont renversé l'Ordre que Dieu avoit estably, et qu'ils font deshonneur et outrage à Jésus Christ le sacrificateur unique et éternel, 4, 19, 28. Et puis de l'Ordre des Diacres, 4. 19, 32, et des Soudiacres, 4, 19, 33. Du soufflement à faire les Prestres de la Papauté: et que c'est un abus à eux de vouloir en ceste cérémonie contrefaire Jésus Christ, où aussi il est traité que le Seigneur a fait plusieurs choses, qu'il n'a pas voulu nous estre exemples pour ensuivre, 4, 19, '29. De l'huille sacrée de laquelle sont oincts les Prestres de la Papauté quand on les fait, qui imprime un charactere qu'ils appellent indélébile : et que c'est une mocquerie de dire que c'est à l'imitation des Sacrificateurs anciens enfans d'Aaron. Item, qu'en voulant estre imitateurs des Lévites ils se monstrent apostats de Jésus Christ, 4, 19, 30s.

Dit Pape.

Q;ie la primauté du siège Romain n'est point procedée de l'institution de Christ, 4, 6, 1 ss. Et que S. Pierre n'a point eu de principauté en l'Eglise, ou entre les Apostres, 4.

6, 5 ss. Item, qu'il ne se peut faire, et n'est point utile qu'un seul homme préside sus toute l'Eglise, 4, G, 8 ss. Qu'encore que'sainct Pierre eust eu primauté en l'Eglise, il ne s'ensuit i)as toutesfois que le siège d'icelle primauté doyve estre à Home, 4, 6, 11 ss. Il est monstre par plusieurs argumens, que S. Pierre n'a point esté Evesquê deRome,4,6.14s. Que la prunauté du siège Romain n'est point de l'usage de l'Eglise ancienne, 4, G, IG s. De la source et accroissement de la Papauté, jusques à ce qu'elle se soit eslevéeen la grandeur qu'on la voit, dont toute liberté a esté opprimée et toute équité confuse, 4,7. Qu'en plusieurs Conciles le premier lieu n'a pas esté donné à l'Evesque de Rome ou à ses ambassadeurs, ains à quelque autre Evesque; qu'au Concile de Chalcedone il l'a bien eu, mais c'a esté extraordinairement. 4, 7, 1 s. Du filtre de primauté, et autres filtres d'orgueil desquels le Pape se magnifie : en quel temps et comment ils ont esté introduits 4.

Sainct Grégoire dit apertement que le tiltre d'Evesque universel est procédé du Diable, et a esté publié par le précurseur de L'Antéchrist, 4, 7, 4. Il est monstre par l'usage d^ l'Eglise ancienne, que c'est une chose fausse ce que le Pape se vante que la jurisdiction luy appartient sur toutes Eglises, 4, 7, 5, soit quant à ordonner les Evesques, 4, 7, 6, soit quant aux corrections ou censures Ecclésiastiques, 4, 7, 7, soit quant à la puissance d'assembler les Conciles, 4, 7, 8, soit quant aux appellations, 4, 7, 9 s. Que les anciens Papes en plusieurs de leurs rescrits et epistres décrétâtes ont par ambition magnifié leur siège : mais lesquelles lors n'ont pas eu grand crédit. Item, qu'ils ont en plusieurs epistres faussement supposé les noms de quelques bons Pères afin de les faire trouver plus anciennes, 4, 7, 11. 20. Combien que du temps de S. Grégoire l'authorité de TEvesque de Rome fust fort augmentée, il appert toutesfois par ses livres que cela estoit bien loin d'une domination desreiglée et tyrannique, 4, 7, 12. 13. 22. Il y a eu débat touchant la primauté entre l'Evesque de Constantinoble et celuy de Rome, 4, 7, 14 ss., jusques à ce que l'Empereur Phocas ottroya à Roniface troisième que Rome fust le chef de toutes les Eglises : ce que depuis le Roy Pépin conferma, donnant au siège Romain la jurisdiction sur toutes les Eglises Gallicanes, 4, 7, 17. Depuis lequel temps la tyrannie du siège Romain s'est de plus en plus augmentée en partie par labestise, en partie par la nonchalance des Evesques, laquelle dissipation de tout ordre Ecclésiastique S.

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Bernard déplore de son temps, et reproche au Pape, 4, 7, 18. 22. La présomption et impudence des Papes de Rome à magnifier leur souveraine authorité, 4, 7, 19 s. Pour laquelle redarguer et confondre sont amenez certains passages de S. Gyprian et Grégoire, 4. 7, 21. Que Rome ne peut estre la mère de toutes les Eglises, veu que ce n'est pas Eglise. Item, le Pape de Rome ne peut estre prince des Evesques, veu qu'il n'est pas Evesques, 4, 7, 23 s. 11 est prouvé de S. Paul, que le Pape est Antéchrist, 4, 7, 2.3. Qu'encore que jadis l'Eglise Romaine eust eu l'honneur de primauté, il ne s'ensuit pas toutesfois qu'il le faille attacher à un lieu, 4, 7, 20. 29. Des mœurs de la ville de Rome, du Pape et des Gardinaux, et quelle est leur théologie, 4, 7, 27 s. Que le Pape ne se contentant plus des Gontez ou Duchez moyennes, finalement a mis la patte sur les Royaumes, etmesme sur l'Empire, ce qui ne convient nullement à celuy qui se vante d'estre successeur des Apostres ; et à ce propos sont amenées des reprehensions tresaspres que luy fait S. Bernard, 4, 11, 11. De la. donation de Gonstantin, de laquelle le Pape s'ettbrce de colorer son lorigandage, 4, 11, 12, et qu'il n'y a pas encore plus de cinq cens ans que les Papes estoyent sujets des Empereurs: et comment c'est ou par quelle occasion ils ont rejette la domination «l'iceux, 4, 11, 18. Qu'il n'y a que cent trente ans ou environ que les Papes ont réduit en leur sujection la ville de Rome, 4, 11, 14.

De Patience.

Une partie du renoncement de nous-mesmes, entant qu'il regarde Dieu, consiste en patience et mansuétude. Laquelle nous pratiquerons en nous remettant du tout à Dieu, quant à chercher le moyen de vivre à nostre aise et en tranquillité ; item, quand nous n'appeterons, espérerons, ou jjenserons à aucun moyen de prospérer, sinon par la bénédiction de Dieu, 3, 7, 8. Gela fera que jamais nous ne chercherons avancement par moyens illicites, ou en faisant tort à noz ])rochains. Item, que nous ne bruslerons point d'une convoitise de richesses ou honneurs: et que nous ne nousesleverons point en arrogance, quand les choses nous viendront à souhait: semblablement que nous nous garderons d'impatience quand noz affaires iront en arrière, 3, 7, 9. Ge qu'il faut aussi estendre à tous les evenemens ausquels la vie présente est sujette: lesquels les fidèles recognoissent estre conduits et gouvernez par la main de Dieu leur Père, et non pas par Fortune, 3, 7, 10. Que la patience des fidèles n'est pas de n'avoir aucun sentiment de douleur, mais de s'appuyer sur la consolation spirituelle de Dieu : et en ce faisant combatre contre le sentiment naturel de douleur. Et que pourtant c'est une folle imagination que la Patience des Stoïciens. Item, que ce ne sont point choses vicieuses en elles mesmes, de

plourer ou estre. espovanté, 3, 8, 8 s. La description de la répugnance qui est es cœurs des fidèles entre le sens de nature lequel ils ne peuvent du tout despouiller, et l'aft'ection de pieté par laquelle il faut que l'autre soit bridée et domtée, 3, 8, 10.

Qu'il 5^ a grande différence entre la Patience des Philosophes et celle des Ghrestiens; d'autant que les Philosophes enseignent d'obéir et se sumettre pource qu'il est force: mais Ghrist, pource que la chose est juste, et puis nous est salutaire, 3, 8, 11.

Des Pèches.

Réfutation de la sentence de Platon, que les hommes ne pèchent sinon par ignorance. Item de ceux qui pensent qu'en tous péchez il y ait une malice délibérée, 2, 2, 22. 23. 25. Gontre l'imagination perverse des Sophistes touchant les péchez venielz (lesquels ils disent estre cupiditez mauvaises sans consentement délibéré, et lesquelles ne reposent point long temps dedans le cœur) il est monstre que tout péché, jusques aux moindres lîoncupiscences, mérite la mort, et est mortel, sinon es saincts qui en obtiennent pardon par la miséricorde de Dieu, 2, 8,58 s. Réfutation de leur sotte distinction entre les Péchez mortels et les véniels : et de leur calomnie, quand ils disent que nous faisons tous péchez égaux, 3, 4, 28. Gomment doit estre entendu, que Dieu visite l'iniquité des pères sur les enfans en la troisième et quatrième génération: et assavoir-mon si telles vengeances répugnent à la justice de Dieu, 2, 8, 16. 20.

Du Péché originel.

La définition de Péché originel, et déclaration d'icelle, 4, 15, 10 ss, item 2, 1, 8 s. : où il est monstre qu'Adam ne nous a pas faits seulement redevables de la peine au jugement de Dieu, sans nous avoir communiqué son péché, mais que le péché descendu de luy réside en nous; item comment ce pechélà est péché d'autruy, et neantmoins est jn-opre à un chacun de nous; item que ceste contagion n'a pas infecté la partie inférieure seulement, que nous appelons la Sensualité, mais est entrée jusques à l'entendement et au profond du cœur, tellement qu'il n'y a partie en l'ame exempte de ceste corruption, 2, 1, 8 s. Gontre ceux qui osent bien attribuer la cause de leurs péchez à Dieu, quand nous disons que les hommes sont naturellement vicieux : où il est déduit qu'il est bien vray que l'homme est naturellement corrompu en perversité (afin qu'on ne pense pas qu'il l'acquiert par mauvaise accoutumance) mais qu'il n'est pas procédé de nature : ains est une qualité survenue, et non pas une }»roprieté de sa substance qui ait esté dés le commencement en luy, 2, 1, 10 s.

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Du Peclié contre le S. Esprit.

La vraye définition et les exemples du péché contre le S. Esprit : le tout prins. de l'Escriture, 3, 8, 22. Que ce n'est point quelque faute particulière, ains un revoltenient universel, duquel la description est declairée suyvant le passage de l'Apostre aux Hebrieux : et que ce n'est pas de merveille si Dieu ne pardonnera jamais à ceux qui sont ainsi tombez, 3, 3, 23. Veu qu'il ne promet de l'ardonner sinon à ceux qui viendront à re- ]ientance : ce que tels jamais ne feront; et jasoit que l'Escriture attribue à aucuns d'iceux larmes et cris, que cela toutesfois n'estoit pas repentaiice ne conversion, mais jdustost un torment confus et aveugle procédant de desespoir, 3, 3, 24.

De Perdtence ou Repcrdanœ.

Que Pénitence ne précède pas la foy, ains procède d'icelle, 3, 3, 1. Réfutation de ceux qui tiennent le contraire : et que toutesfois cela n'est pas pour signifier qu'il y ait quelque espace de temps auquel la foy engendre repentance : mais seulement pour monstrer que nul ne peut à bon escient s'adonner à repentance, si premièrement il ne cognoit qu'il appartiert à Dieu, et est de ses enfans. Item, touchant l'erreur d'aucuns Anabaptistes, des Jésuites, et autres semblables fantastiques, qui donnent du commencement à leurs disciples certains jours pour s'exercer à Pénitence, 3, 3, 2. Que de long temps aucuns hommes savans ont mis deux parties de Repentance, assavoir Mortification (que le commun nomme Contrition) et Yivification : laquelle ils exposent mal, disans que c'est la consolation qui revient du sentiment de la miséricorde de Dieu, veu que c'est plustost une affection de vivre sainctement, 3, 3, 3. Que les autres mettent deux esfjeces de Pénitence : l'une Légale, et l'autre Evangelique; où aussi sont proposez les exemples de chacune espèce, prins de l'Escriture, 3, 3, 4. La vraye définition de Pénitence selon l'Escritui'e : et que combien qu'on ne puisse séparer Pénitence d'avec la foy, il est toutesfois besoin de les distinguer, 3, 3, 5. Déclaration plus familière de la définition de Pénitence : où premièrement il est monstre qu'il est requis qu'il y ait une conversion à Dieu, c'est à dire un changement non pas seulement aux œuvres externes, mais aussi en l'ame, 3, 3, 6, et puis qu'elle procède d'une droite crainte de Dieu; où aussi il est parlé de la tristesse qui est selon Dieu, 3, 3, 7. Pour le troisième est declairé ce qui avoit esté dit, que Pénitence consiste en deux parties, assavoir en mortification de la chair et vivification de l'Esprit, 3, 3, S. Que l'une et l'autre nous vient de la communication que nous avons avec Christ; la première, de la participation de sa mort : l'autre, de sa résurrection. Et par ainsi que Pénitence est

un renouvellement de l'image de Dieu en nous, et un restablissement de la justice de Dieu par le bénéfice de Christ; ce qui ne s'accomplit pas en nous en un moment, 3, 3, 9, mais que tousjours il demeure aux fidèles, cependant qu'ils habitent en ce corps mortel, quelque matière de combatre contre leur propre chair. Et que telle a esté l'opinion de tous les anciens Docteurs de l'Eglise : et principalement de S. Augustin qui appelle ceste source de mal et ceste maladie de concupiscence qui demeure encore es fidèles. Infirmité, et quelques fois Péché; et est monstre que c'est vrayement péché, 3, 3, 10. Ce qui est confermé par le tesmoignage de S. Paul et par le sommaire des comniandemens de Dieu. Item, que quand il est dit, que Dieu purge son Eglise de tout péché, cela se rapporte à l'imputation du péché, plustost qu'à la matière : lequel pèche ne laisse pas d'habiter es fidèles, combien qu'il ne leur soit point imputé, mais seulement cesse d'y régner, 3, 3, 11- Déclaration des sept causes, ou efi'ects, ou parties, ou aô'ections de Pénitence, lesquelles S. Paul recite, assavoir, Solicitude, Excuse, Indignation, Crainte, Désir, Zèle, Vengeance, où il est touché, suyvant le dire de sainct Paul, qu'il faut bien aviser de tenir mesure en telle crainte et vengeance : ce qui est esclairci par une Ijelle remonstrance que fait S. Rernard, 3, 3, 15.

Les fruits de Pénitence sont Pieté envers Dieu, Charité envers les hommes, Saincteté et innocence de vie. Toutes lesquelles choses doy vent commencer par l'att'ection intérieure du cœur, dont puis après les tesmoignages s'en nionstrent par dehors; où aussi il est traitté de quelques exercices externes de Pénitence, lesquelles les anciens Docteurs semblent avoir par trop recommandé, 3, 3, 16. Que la conversion du cœur à Dieu est le principal poinct de Pénitence; que le sac, la cendre, les larmes et jusnes ont esté en grand usage entre les anciens devant la venue de Christ, comme tesmoignages de repentance publique; desquelles choses les deux dernières peuvent encores aujourdhuy avoir lieu, quand quehiue calamité est prochaine de l'Eglise, afin de le prier qu'il destourne son ire, 3, 3, 17. Que c'est hors de la propre signification, quand le mot de Pénitence est attribué à une telle déclaration externe. Es péchez la confession publique n'est pas tousjours nécessaire : mais la confession secrette qui se fait à Dieu, ne doit jamais estre omise: en laquelle il ne faut pas seulement confesser les péchez ordinaires, mais aussi les fautes lourdes et autres péchez commis de long temps. De la Pénitence spéciale qui est requise des gens de mauvaise vie, ou qui ont commis quelque grand scandale : et de la Pénitence ordinaire, à laquelle se doyvent employer les enfans de Dieu toute leur vie: voire jusqu'aux plus parfaits, 3, 3, 18.

Que le Seigneur justifie les siens gratuitement afin de les restaurer quant et quant en vraye justice par la sanctification de son

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Esprit; et que pourtant Jean Baptiste, Glirist, et les Apostres ont presché Pénitence et remission des pecliez; de laquelle manière de parler le sens est quant et quant declairé^ 3,3, 19. Que les Ghrestiens doyveut tousjours s'exercer et advancer en Pénitence: et que cestuy-là a beaucoup profité qui a apprins à se desplaire à bon escient, 3, 3, 20. Que repentance est un don singulier de Dieu : que Dieu la requiert de tous hommes, et donne à tous ceux qu'il veut sauver : et laquelle (comme l'Apostre declaire) jamais il ne donnera aux Apostats volontaires, desquels l'impiété est irrémissible, c'est à dire à ceux qui pèchent contre le sainct Esprit, 3, 3, 21. Que combien qu'une Pénitence feinte ne soit point plaisante à Dieu, quelquesfois neantmoins il pardonne pour un temps aux hypocrites, monstrans par dehors quelques signes de conversion; ce qu'il fait non pas en leur faveur, mais pour donner exemple à tous, afin que nous apprenions d'appliquer noz affections à vraye repentance; ce qui est monstre par l'exemple d'Achab, d'Esau, et des Israélites, 3, 3, 2o. Que les Théologiens Sorbonistes s'abusent bien lourdement es définitions qu'ils baillent de Pénitence : Item en la divisant en Contrition de cœur. Confession de bouche, et Satisfaction d'œuvre.' Item des questions qu'ils esmeuvent, par lesquelles il appert que quand ils parlent de Pénitence, ils gazouillent de choses qui leur sont incognues, 3, 4, 1. Que quand ils requièrent ces trois choses susdites en Pénitence, parmesme moyen ils attachent à icelle la remission des péchez ; ce qu'estant vray, nous serions bien misérables, veu que jamais nous n'aurions rej^os de conscience; ce qui est monstre premièrement en la contrition du cœur telle qu'ils requièrent, 3, 4,2; et puis en la confession de bouche, 3, 4, 4 ss. Item en la satisfaction, 3, 4, 2-3. Qu'il y a grande difi'erence entre ceste contrition" de laquelle parlent les Sorbonistes, et celle que l'Esci'itin-e requiert des pécheurs, assavoir qu'ils ayent vrayement faim et soif de la miséricorde de Dieu, 3, 4, 3. Eu quel sens c'est que les anciens Docteurs ont estimé que la Pénitence solennelle, laquelle estoit lors requise pour les grandes oô'enses, ne se devûit non plus réitérer que le Baptesme, 4,1,29.

De la Pénitence que le Pape met entre les Sacremens.

Pource que les Papistes taschent de maintenir leur fantasie sous couleur de la façon de l'Eglise ancienne en la Pénitence publique, il est traitté d'icelle et de l'imposition des mains reconciliatoire : et est monstre que par succession de temps on a usé de ceste cérémonie es absolutions mesme privées, 4, 19, 14. Diverses opinions des Théologiens Romanisques, comment Pénitence est Sacrement. Item est monstre que la défi-

nition de Sacrement ne luy convient point, 4. 19, 15 s. Que c'a esté mensonge et tromperie tout ce qu'ils ont imaginé touchant le Sacrement de Pénitence : et qu'ils l'ont orné d'un filtre plein d'impiété et de blasphème, disans que c'est une seconde planche après le naufrage, depuis le Baptesme, 4, 19, 17.

De Persévérance.

Voyez 2, 5, 3. Réfutation d'un erreur bien dangereux, assavoir que Dieu donne la persévérance selon les mérites, c'est à dire selon qu'un chacun s'est monstre n'estre point ingrat envers la première grâce. Et qu'en cela il y a double faute. Item de la distinction commune entre grâce Ouvrante, et grâce Coopérante : et comment S. Augustin en a usé, 2, 3, 11.

De la Police ou gouvernement civil.

Qu'il faut distinguer le gouvernement civil d'avec le gouveruement intérieur de l'ame et que ceux-là sont à rejetter qui taschent d'abolir la police, comme chose qui n'est Doint nécessaire aux Ghrestiens, ou qui ne 3eut consister que la liberté spirituelle de 'ame ne tombe pas. Item les flatteurs qui attribuent trop à la police, et l'opposent à la domination de Dieu, 4, 20, 1 s. Que la Police est un don de Dieu dont reviennent de grans profits au genre humain et une ayde qui n'est pas petite pour entretenir Testât de la religion. Qu'il y a trois parties au gouvernement civil, assavoir le Magistrat, les Lolx, et le Peu})le, 4, 20, 3. Des trois espèces de Gouvernement civil, assavoir Monarchie, Aristocratie, Démocratie : qu'on ne peut pas déterminer simplement laquelle est la meilleure, et toutesfois que le défaut qui est es hommes fait qu'il est plus seur et tolerable que plusieurs gouvernement, que si un seul regnoit. Mais que tant y a que toutes ces, espèces de gouvernement sont de Dieu, et qu'il dispose ainsi les choses diversement selon son plaisir, et que pourtant le devoir des particuliers est d'obéir, et non pas de changer Testât à leur appétit, 4, 20, 8. De l'immunité que s'attribue le Clergé du Pape, incognue aux Evesques de l'Eglise ancienne, 4, 11, 15. Qu'anciennement es causes de la foy la cognoissance en estoit à l'Eglise, non pas aux Princes, combien que quelques fois les Princes interposassent bien leur authorité en choses Ecclésiastiques : mais c'estoit pour conserver Tordre de l'Eglise, non pas pour le troubler, 4, 11, 15 s. De la puissance du glaive usurpée par les Evesques en la Papauté : et comment de petits commencement ils se sont peu à peu eslevez si haut, 4, 11, 9 s.

De la Prédestination.

Que la cognoissance de la doctrine de la

Prédestination est douce et savoureuse au fruict qui eu revient. Les trois principales utilitez d'icelle sont touchées, et sont admonnestez ceux qui estans menez d'une curiosité s'ingèrent es secrets de la sagesse de Dieu outre les limites de l'Escriture, 3, "ii, 1 s. Item ceux qui ne veulent qu'on face aucunement mention de la Prédestination, 3, 21, 3 s. Que c'est la Prédestination. Item la prescience de Dieu : et que c'est mal entendu de fonder la Prédestination sur la Prescience. Un exemple de la Prédestination en toute la lignée d'Abraham au regard des autres nations, comme il est monstre par plusieurs tesmoignages de l'Escriture, 3, 21, 5. Et qu'outi'e ceste Prédestination générale, il y en a eu une autre spéciale, par laquelle I)ieu d'entre les enfans d'Abraham en a prins aucuns et rejette les autres, 3, 21, 6 s. Confirmation de la doctrine de la Prédestination par tesmoignages de l'Escriture 3,22. Contre ceux qui imaginent que la cause de la Prédestination est que Dieu a preveu les mérites d'un chacun. Item contre d'autres qui intentent procès à Dieu, de ce qu'en eslisant les uns il laisse là les autres, 3, 22, 1. Que Dieu tant en l'élection qu'en la réprobation n'a eu aucun esgard aux œuvres : mais que son bon plaisir est la cause de l'une et l'autre, 3, 22, 2. 3. 4. 5. 6. 7. 11. Ce qui est confermé par certains passages de S. Augustin, 3, 22, S, et est refutée la subtilité frivole qu'amené au contraire Thomas d"Aquin, 3, 22, 9. Que Dieu n'assigne pas les promesses de salut à tous hommes, mais particulièrement à ses esleus, 3, 22, 10. Que ce ne sont point choses répugnantes, que Dieu en appelle plusieurs par la prédication externe de la ParoUe et neantmoins ne donne le don de foy qu'à un petit nombre, 3, 22, 10. Contre ceux, qui accordent tellement l'élection, que cependant ils nient que Dieu reprouve aucuns, 3, 23, 1. Qu'en vain les reprouvez plaident contre Dieu, veu qu'il ne leur est de rien redevable, et ne veut rien qui ne soit juste : veu aussi que quant à eux ils trouvent en eux-mesmes les causes de leur damnation, et bien justes, 3, 23, 2 ss. Piesponse à l'interrogation audacieuse et pleine de sacrilège laquelle aucuns font, Pourquoy Dieu imputeroit à vice aux hommes les choses, desquelles il leiir a imposé nécessité par sa Prédestination, 3,23, 6. 8. 9. La définition de Prédestination, 3, 23, 8. Ptesponse à ceux qui concluent de la doctrine de la Prédestination, que donc Dieu a acception de personnes, 3, 23, 10 s. Contre aucuns porceaux qui sous couleur de la Prédestination poursuyvent asseurez en leurs vices : et contre tous ceux qui allèguent que ceste doctrine estant establie, toute solicitude de bien vivre est abbatue, 3, 23, 12. A rencontre de ceux qui disent que ceste doctrine renverse toutes exhortations à saincteté de vie, il est monstre par les livres de S. Augustin, que la prédication de la Parolle a son cours, et que cela toutesfois n'empesche point la cognoissance

de la Prédestination, 3. 23, 13. Quand on voit que les uns obéissent à la Prédication de la Parolle de Dieu, les autres la mesprisent, ou par icelle sont tant plus aveuglez et endurcis, combien que cela avienne par leur malice et ingratitude, si faut-il savoir toutesfois qu'une telle diversité dépend du conseil secret de Dieu et qu'il nous faut arrester sans en chercher cause plus haute, 3, 24, 12 ss.

Exposition de certains passages, où il semble que Dieu n'accorde pas que les iniques périssent par son décret, sinon entant que contre son vouloir et quasi maugré luy, ils se jettent à perdition: ou est montré qu'ils ne sont point contraires à la doctrine de la Prédestination, 3, 24, 15 ss. Que ce que les promesses de salut sont universelles ne contrevient à la doctrine de la Prédestination des reprouvez : et que toutesfois ce n'est pas sans fort bonne cause qu'elles sont couchées universellement, 3, 24, 17, où aussi sont desmeslées certaines objections que font ceux qui nient ce poinct de doctrine.

Des Promesses de Dieu.

Que non sans cause toutes les Promesses de Dieu sont encloses en Christ, veu que chacune promesse est tesmoignage de l'amour de Dieu envers nous et qu'il est certain que nul n'est aimé de Dieu hors de Christ. Item, que Naaman Syrien, Corneille le Centenier. et l'Eunuque auquel S. Philippe fut adressé, n'estoyent point du tout sans cognoissance de Christ, combien que le goust qu'ils en avoyent fust bien petit, et qu'ils eussent une foy en partie enveloppée,

3, 2, 32. Le Seigneur, afin d'adonner noz cœurs à amour de justice et haine d'iniquité, ne s'est point contenté d'avoir simplement proposé ses commandemens, mais a puis après adjousté les Promesses des bénédictions tant de la vie présente que de la béatitude éternelle, semblablement les menaces tant des calamitez présentes que de la mort éternelle. Les menaces monstrent la parfaite pureté qui est en Dieu : les Promesses, le grand amour qu'il a à justice, et une merveilleuse bénignité envers les hommes, 2, 8,

4. De la Promesse que Dieu fait de continuer sa miséricorde eu mille générations, 2, 8, 21. Que les Promesses de la Loy, jasoit qu'elles soyent conditionnelles, n'ont pas toutesfois esté données en vain, 2, 7, 4.

De la Providence de Dieu.

Que quand les Payens selon leur entendement naturel confessent que Dieu est créateur, c'est d'une autre sorte que nous, qui l'advouons tel par la foy. Car elle nous enseigne que luy-mesme aussy est le gouverneur de toutes choses : et non pas d'un mouvement universel seulement, mais d'une Providence spéciale qui s'estend jusques aux

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petits oiselets, 1, IG, 1. Ceux qui attribuent quelque chose à fortune, ensevelissent la Providence de Dieu, par le conseil secret duquel tous evenemens sont gouvernez, 1, 10, 2 Que les choses qui n'ont point d'ame, combien que Dieu leur ait assigné à chacune sa propriété naturellement, ne peuvent toutesfois mettre en avant leur etîect, sinon d'autant qu'elles sont presejderaent adressée jarla main de Dieu : comme il est monstre 3ar le soleil, avant lequel créer Dieu a vouu qu'il y eust clairté au monde, et que la terre fust garnie de toutes sortes de biens, lequel aussi au commandement de Dieu s'est arresté en un degré l'espace de deux jours, et une autre fois s'est reculé de dix degrez, 1, 16, 2. Item par les estoilles et signes du ciel, lesquels les inlideles craignent, 1, 16, o. Quand Dieu estditTout-puissant,c'est pour monstrer qu'il a une puissance qui besoigne continuellement, tellement qu'elle conduit mesme tous les mouvemens particuliers, et que rien n'avient. sinon ainsi qu'il a déterminé en son conseil: ce que ceux qui ne recognoissent, despouillent Dieu de sa gloire, et amoindrissent sa bonté. Nous au contraire recueillons de là double fruict, 1, 16, 3. Il est prouvé que la providence de Dieu ne contemple pas seulement les choses qui avicnnent, mais mesme conduit tous les evenemens. Dont est mis bas l'erreur de ceux qui imaginent en Dieu une prescience nue, ou une providence seulement universelle : item l'erreur des Epicuriens, et de ceux qui n'attribuent à Dieu domination que sur le milieu de l'air. Qu'on peut bien constituer une providence universelle en Dieu, mais que cependant on n'obscurcisse point la spéciale, qui conduit tons actes particuliers, et non pas aucuns seulement, 1, 16, 4 s. Que Dieu ne gouverne pas seulement le principe du mouvement, il appert par la fertilité d'une année et la stérilité de l'autre : veu q'.:e le Seigneur nomme la première sa bénédiction, l'autre sa malédiction et vengeance, 1, 16, 5 s. Que la providence de Dieu au gouvernement du monde doit estre principalement considérée à l'endroit du genre humain, et en la diversité des conditions qu'on voit entre les hommes, et en l'adresse des evenemens divers, 1, 16, 6 s. Contre ceux qui calomnient ceste doctrine de la Providence de Dieu, disans que c'est la fanlasie des Stoïciens, que toutes choses aviennent par nécessité, 1, 16, 8. Assavoir-mon s'il avient quelque chose par cas fortuit ou d'aventure ; et à ce propos la sentence de Basile, Que Fortune et Aventure sont mots de Payens. Item, que S. Augustin se repent d'avoir usé du mot de Fortune. Item, que loutesfois on peut appeller choses fortuites, celles qui considérées en leur nature, ou estimées selon nostre cognoissance, semblent telles : ja soit qu'au conseil secret de Dieu elles soyent nécessaires. Item toutes choses à-venir, entant qu'elles nous sont incertaines, 1, 16, 8 s. Quelles choses sont à considérer pour rapor-

ter la doctrine de la providence de Dieu à sa droite fin, à ce que nous en recevions le fruict qu'il faut. Et que quand les causes des choses qui aviennent ne nous apparoissent point,il nous faut donner garde de penser que les affaires se démènent par une impétuosité de fortune, ou de gronder contre Dieu, ains au contraire avoir en telle révérence ses jugemens secrets, que nous tenions sa volonté pour la cause tresjuste de toutes choses, 1, 17, 1. Alencontre d'aucuns chiens qui abbayent aujourdhuy contre la doctrine de la Providence de Dieu, il est prouvé par l'Escriture, que comme ainsi soit que Dieu ait tellement révélé sa volonté eu la Loy et en l'Evangile qu'il illumine de l'Esprit d'intelligence les entendemens des siens, pour comprendre les mystères qui sont là conteims, lesquels autrement sont incompréhensibles; la façon toutesfois qu'il tient à gouverner le monde, à bon droict est appellée un abysme profond, pource qu'il novis la faut adorer avec humilité quand les causes nous en sont cachées, 1, 17, 2. Que telles gens profanes tempestent sans raison en alléguant que si ceste doctrine de la Providence de Dieu a lieu, les oraisons des fidèles quand ils demandent quelque chose à l'avenir, sont perverses : qu'il ne faut point prendre conseil des choses à-venir : que ceux qui ont commis contre la Loy de Dieu n'ont point peclié; lesquels dangers éviteront tous ceux qui viendront avec une vraye modestie considérer la Providence de Dieu, 1, 17, 3 ss. Qu'en toutes choses desja passées la volonté de Dieu est entrevenue : et que ceux qui ont commis quelques meschancetez, ne sont pas pourtant excusez, veu que leur propre conscience les redargue, et qu'ils n'obéissent pas à la volonté de Dieu, mais à leur propre cupidité. Qu'il est bien vray qu'ils sontinstrumens de la providence de Dieu, mais en sorte qu'ils trouvent en eux tout le mal de l'œuvre, et en Dieu n'y a sinon un usage légitime de leur malice, 1, 17, 2, et 18, 4. Où cela est monstre en l'élection du Roy Jéroboam quand les dix lignées se révoltèrent de la maison de David : Item en la défaite des fils d'Achab, et en ce que le Fils de Dieu a esté livré à morl.

Que quant aux choses à venir l'Escriture accorde bien les délibérations des hommes avec la providence de Dieu : d'autant que ses décrets éternels n'empeschent point que sous sa bonne volonté nous ne prouvoyions à nous, et mettions ordre à noz affaires: car l'industrie de prendre conseil et se garder a esté inspirée de Dieu aux hommes, afin que par icelle nous servions à sa providence en conservant nostre vie, 1, 17, 4. La manière de bien et sainctement méditer la providence de Dieu selon la reigle de pieté. Premièrement, qu'estans bien persuadez que rien n'avient par cas fortuit, nous regardions tousjours à Dieu comme à la principale cause de tout ce qui se fait : en après, que nous ne doutions point que sa providence veille d'un

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soin spécial pour nous, soit que nous ayons affaire aux hommes, tant bons que mauvais, soit aux autres créatures. Et à cest usage faut prendre les promesses de Dieu qui nous en rendent tesmoignage, desquelles aucunes sont touchées, 1, 17, 6. Il faut aussi adjouster les passages de l'Escriture, qui enseignent que tous hommes sont en la puissance de Dieu, soit qu'il faille les encliner à nous aimer, ou reprimer leur malice : lequel dernier. Dieu fait en diverses sortes, laquelle cognoissance en temps de prospérité nous incitera nécessairement à action de grâce, 1, 17. 7. Et en adversité engendrera en nous patience et tranquillité d'esprit : soit que les hommes nous molestent (comme il est monspar les exemples de -Joseph affligé par ses frères, et de Job par les Chaldeens; item de David injurié par Semei) soit que quelque autre affliction nous presse sans que les hommes s'en meslent, 1, 17, 8, La contemplation de la Providence de Dieu n'empesche pas le fidèle de considérer aussi les causes inferieu)-es : ainsi ayant receu plaisir de quelqu'un, il confessera et recognoistra de bon cœur estra tenu à luy : s'il a souffert dommage, ou porté à un autre par sa négligence ou imprudence, il s'imputera sa faute: et beaucoup moins excusera-il les actes meschans. Quant aux choses à venir, il aura esgard principalement aux causes intérieures, tellement toutesfois qu'en prenant conseil il ne suyvi'a pas son propre sens, ains se recommandera à la sagesse de Dieu: et ne s'appuyera pas tellement sur les moyens extérieurs, que sa fiance y repose quand il les a, ou qu'il perde courage quand ils defaudront, 1,17,9. Une belle et ample description delà félicité inestimable du fidèle qui se repose en la providence de Dieu: et de la misérable crainte et détresse, de laquelle sans cela nous sommes enserrez, veu que l'infirmité de ce corps terrien nous rend sujets à tant de maladies : veu aussi que nostre vie et nostre salut est assiégé de tant de périls, en la maison, et dehors, sur mer et sur terre par les hommes et par les diables, 1, 17, 10 s. Que les passages de l'Escriture où il est dit que Dieu s'est repenti, ne répugnent point à la doctrine de la providence de Dieu : veu que là (comme aussi quand il est dit qu'il se courrouce) l'Escritiu'e s'abaissant à nostre capacité, le descrit, non pas tel qu'il est en soy, mais tel que nous le sentons. Item, ce qu'il a pardonné aux Ninivites lesquels il avoit menacé de destruire dedans quarante jours : et prolongé de plusieurs années la vie à Ezechie, auquel il avoit dénoncé la mort présente : pource que telles menaces, combien qu'elles soyent simplement couchées, contiennent toutesfois une condition tacite; ce qui est rnonstré par un semblable exemple, quand Dieu menace le Roy Abimelech à cause de la femme d'Abraham, 1, 17, 12 ss. Contre ceux qui voulans estre estimez modestes, attentent de maintenir la justice de Dieu par fausses excuses, alleguans que ce

que Satan et tous les iniques font, avient seulement par la permission de Dieu, et n'est pas conduit par sa providence et volonté. Et est monstre par l'affliction de Job : la tromperie faite à Achab : la mort de Christ : l'inceste d'Absalon, et autres plusieurs exemples, que les hommes ne font rien que Dieu n'ait desja déterminé en soymesme, et qu'il ne conduise par une adresse secrette, 1, 18, 1. Et que cela a lieu non seulement quant aux actions externes, mais aussi quant aux affections et mouvemens secrets. Car il est monstre par l'endurcissement de Pharaon, et autres tesmoignages, que Dieu œuvre es esprits et es cœurs des iniques mesme. Et à cela n'est point contraire, ce que souvent l'opération du Diable entrevieut là : car Dieu ne laisse pas neantmoins d'y besoigner, mais d'une manière qui luy est propre, assavoir en exerceant sa juste vengeance, 1, 18, 2. Et par ainsi que Dieu n'est point autheur des maléfices, 1, 18, 4. Il est monstre que ceux qui, sous couleur de modestie, rejectent ceste doctrine, sont gens pleins d'un orgueil insupportable. Et est refutée une objection qu'ils font, que s'il n'avient rien que par le vouloir de Dieu, il y aura deux volontés contraires en luy, entant qu'il decerneroit en son conseil estroit les choses qu'il a manifestement défendues par sa Loy; où est monstre que Dieu ne répugne point à soymesme, que sa volonté n'est point muable, qu'il ne fait point semblant de vouloir ce qu'il ne veut pas : mais que sa volonté, laquelle est une et simple en soy nous semble diverse, pom'ce que selon la débilité de nostre sens nous ne comprenons pas comment il veut et ne veut point en diverses manières qu'une chose se face. Finalement est touché après S. Augustin, que l'homme veut quelquesfois d'une bonne volonté ce que Dieu ne veut pas, et qu'il veut d'une mauvaise volonté ce que Dieu veut d'une bonne, 1, 18, 8. La considération de la puissance de Dieu au gouvernement du ciel et de la ten-e, et de chacune partie d'iceux, 1, 3, 5. Que Dieu par sa providence gouverne tellement la société humaine, qu'il se monstre libéral, miséricordieux, juste et severe, 1, 5, (J. Que ce qu'on estime estre cas fortuitz en la vie humaine, sont autant de tesmoignages de la providence céleste, 1, 5, 7. Et nous doyvent res veiller à l'espérance de la vie à-venir, 1, 5, 9. Gomment le Seigneur besoigne es cœurs des siens, et Satan es cœurs des iniques, tellement toutesfois que cela ne les excuse pas, 2, 4, 1. Que Dieu aussi besoigne es iniques, voire en une mesme œuvre que Satan, et que toutesfois ce n'est pas à dire que Dieu soit autheur de péché, ou que Satan avec les iniques soit à excuser : mais qu'il faut distinguer l'un de l'autre tant en la fin qu'en la manière d'opérer, 2, 4, 2. 5. Que les anciens docteurs quelquesfois ont rapporté telles choses non pas à l'opération de Dieu, mais à sa prescience et permission, de peur que les malins ne prinssent de là occasion de parler irreverem-

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ment des œuvres de Dieu. Que toutesfois l'Escriture en disant que Dieu endurcit, aveugle, etc., dénote bien quelque chose d'avantage qu'une permission, combien que Dieu besoigne en deux sortes es malins, assavoir en les abandonnant et retirant son Esprit d'eux : item , en les livrant à Satan comme ministre de l'ire de Dieu, 2, 4, 3 s. Que le ministère de Satan entrevient à inciter les mauvais, quand Dieu par sa providence les veut fleschir çà et là, 2, 4, 5.

Du Purgatoire.

Qu'il ne faut pas se feindre de résister à la doctrine du Purgatoire, veu que c'est une invention mortelle de Satan, pour anéantir la croix de Christ, 3, 5, 6. L'exposition de certains passages de l'Escriture lesquels les Papistes destournent faussement pour coufermer leur Purgatoire, 3, 5, 7 ss. Responce à ^e que les Papistes objectent, que c'a esté une observation bien ancienne en l'Eglise, de faire prières pour les trépassez : où il est monstre que les anciens l'ont fait par une imitation mal reiglée, craignans queles Chrestiens ne fussent estimez pires que Payens, s'ils ne faisoyent point de service aux trépassez. Et que cependant toutesfois il y a grande différence entre ceste cheute et faute qui est avenue aux anciens, et Terreur des Papistes conjoinct avec opiniastreté et rébellion, 3, 5, 10.

De la Raison qui est en Vhomme.

Que l'entendement de l'homme n'est pas teUement aveuglé, qu'il ne luy reste aucune cognoissance eu chose du monde : mais que c'est desja une estincelle de clairté, de ce qu'il a quelque désir de s'enquérir de la vérité. Et toutesfois que ce désir deschet incontinent en vanité : pource que l'esprit humain est si hebeté et débilité, qu'il ne peut tenir le droit chemin à chercher la vérité : et puis le plus souvent il ne sait discerner à quelle chose il se doit appliquer, et en chercher la vraye cognoissance, 2, 2, 12. Il est monstre l)ar exenqjles, que l'esprit de l'homme a une vivacité quant aux choses terriennes comme quant à la police et administration des Republiques : item, quant à gouverner un mesnage particulier; car il n'y a celuy qui n'entende qu'il faut que les assemblées du genre humain soyent reiglées par quelques loix, et qui n'ait quelques principes d'icelles loix en son entendement, 2. 2, 13. Item, quant aux arts tant mechaniques que libéraux : pour lesquelles apprendre, voire mesme augmenter et polir , l'homme a quelque dextérité, combien que les uns y soyent plus propres que les autres. Et que toutesfois la lumière de raison et intelligence est tellement un bien universel en tous hommes, qu'un chacun

pour soy en son intelligence doit recognoistre une grâce spéciale de Dieu ; ce que Dieu nous monstre en créant aucuns fols et stupides : item, en faisant que les uns sont plus subtils, les autres ont meilleur jugement, les autres ont l'esprit plus agile a inventer ou apprendre quelque art. Item, en inspirant des mouvemens singuliers à chacun non seulement selon sa vocation, mais aussi selon que le temps, ou quelque affaire présent le requiert, 2, 2, 14. 17. L'invention des arts, la manière de les enseigner par bon ordre, la cognoissance singulière et excellente d'icelles, qu'on voit reluire es anciens Jurisconsultes, Philosophes, et Médecins (qui estoyent povres Payens) nous admonnestent que l'esprit de l'homme, quoy qu'il soit descheut de son intégrité, ne laisse point toutesfois d'estre encore orné de dons de Dieu bien excellens, 2, 2, 15. Que telles choses sont dons de l'Es- 3rit de Dieu, lesquels il distribue à qui bon uy semble (voire mesmes aux iniques) pour e bien commun du genre humain, et que pourtant il nous en faut user, encore que le Seigneur nous les communique par le moyen des infidèles, ausquels ils sont choses frivoles et de nulle importance, pource qu'ils n'ont point de ferme fondement de vérité, 2, 2, 16. Que la raison de l'homme ne peut rien veoir en ce qui concerne le roj'aume de Dieu et es choses célestes : ce qui gist en trois poincts, assavoir de cognoistre Dieu, sa faveur paternelle envers nous, et comment il nous faut reigler noslre vie selon la reigle de la Loy; cela est demonstré aux deux premiers poincts, 2,2,18. Et à ce propos sont alléguez plusieurs tesmognages de l'Escriture, 2, 2, 19 s s. Quant au troisième, il semble bien que l'esprit de l'homme a quelque subtilité d'avantage qu'aux deux premiers, veu que par la loy de nature l'homme est instruict à la droicte reigle de bien vivre : mais une telle cognoissance est imparfaicte, et ne sert autre chose à l'endroit des incrédules, sinon de les rendre inexcusables, et ne peuvent par ceste lumière naturelle cognoistre la vérité en chacun poinct. L'exposition de ce qu'a dit Themistius que l'entendement de l'honmae ne s'abuse gueres en considération générale, mais qu'il se trompe en considérant particulièrement ce qui concerne sa personne. Item, est monstre que le jugement universel que l'honmie a à discerner le bien et le mal, n'est pas du tout sain et entier, car il ne cognoit nullement ce qui est le principal en la première Table, comme de mettre nostre fiance en Dieu, etc. ; quant à la seconde Table, combien qu'il y ait un peu plus d'intelligence, encore y defaut-il bien aucunesfois, comme quand il trouve absurde d'endurer une supériorité trop dure, et de ne se venger point, et quand en toute la Loy de Dieu il ne cognoit point le mal de concupiscence qu'il a en soy, 2, 2, 22 ss. Il est prouvé par l'Escriture, que toute la subtilité de nostre entendement est infirme pour nous conduire en toutes les parties de nostre vie : et que la

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grâce d'illumination est nécessaire à noz entendemens non ]ias pour le commencement seulement, ou pour un jour, mais à chascune minute 2, 2, 25. Voyes le reste sous le mot de Franc- arbitre.

Dit Rédempteur qui est Christ.

Que ce nous seroit une chose inutile de cognoistre Dieu créateur si la loy n'estoit conjoincte pour nous le proposer Père et Rédempteur en Christ : et que ceste doctrine depuis le commencement du monde a eu lieu en tous aages entre les enfans de Dieu, 2, 9, 1. Il est prouvé par divers argumens et tesmoignages de TEscriture, que la félicité que Dieu a promise de tous temps à son Eglise, a esté fondée en la personne de Jésus Christ. Car la première adoption du peuple et la conservation de TEglise, et la délivrance d'icelle es dangers où elle a esté, et la restauration après qu'elle avoit esté dissipée, dependoyent tous] ours de la grâce du Médiateur, et l'espoir de tous les fidèles n'a jamais reposé ailleurs qu'en Jésus Christ, 2, 6, 2 ss. Qu'il faut diligemment considérer comment Christ s'est acquitté de l'office de Rédempteur, afin que nous trouvions en luy toutes les choses qui nous sont nécessaires, veu que (comme dit S. Bernard) il nous est clairté, ^'iande, huille, sel, etc., 2, d6, i. Il est déduit comment s'acorde de dire que Dieu nous a esté ennemy, jusques à ce qu'il nous ait esté reconcilié par Jésus Clii'ist, veu que de nous donner Christ, et nous prévenir par miséricorde, estoyent desja signes d'une amour qu'il avoit envers nous; et est monstre que l'Escriture use de ceste manière de parler, et autres semblables, s'accommodant à nostre sens : et que toutesfois ce n'est pas autrement qu'en vérité qu'elle parle ainsi : le tout est prouvé par l'Escriture et par S. Augustin, 2,

De la Régénération.

Contre aucuns Anabaptistes qui, au lieu de la régénération spirituelle des fidèles, Imaginent je ne say quelle intempérance phi-enetique : c"est que les enfans de Dieu (comme il leur semble) estans réduis en estât d'innocence, ne se doyvent point soucier de refi-ener les concupiscences de leur chair, mais seulement suyvre l'Esprit pour conducteur, 3, 3, 14. Voyez le reste ci-dessus sous le mot de Pénitence.

De la Religion.

La nécessité fait confesser comme par force aux meschans, qu'il y a un Dieu, 1, 4, 4. Que ceux-là s'abusent, qui disent que la Religion a esté controuvée par la finesse de quelques gens sutils, afin que par ce moyen ils missent quelque bride sus le simple populaire, 1, 3, 2. Les gens profanes mesmes et les Ateistes j

sont contreints, bon gré mal gré qu'ils en ayent, de sentir qu'il y a un Dieu, 1. 3, 2. Et en quel sens c'est que David dit qu'ils pensent en leur cœur qu'il n'y a point de Dieu 1, 4, 2.

De la Remission des péchez.

Contre ceux qui songent que les fidèles puissent avoir une telle perfection en ceste vie, qu'ils n'ayent plus besoin de demander pardon à Dieu, 3, 20, 45. De la Remission des péchez, et en quel sens les péchez sont nommez dettes, et est dit que nous remettons et pardonnons à ceux qui nous ont ofl'encez, 3, 20, 4o. De la distinction entre la peine et la coulpe : où est refutée par bons tesmoignages de l'Escriture la resverie des Papistes, que Dieu, en ren^etlaut la coulpe, reserve encore la peine, laquelle il faut racheter par satisfactions, 3, 4, 29 s. Où aussi il est mon&tré qu'ils ne peuvent eschapper par la distinction qu'ils mettent entre la punition éternelle et les temporelles. De certains passages de l'Escriture, par lesquels ils s'efforcent de confermer leur erreur : où il estmonstré qu'ilya deux espèces dejugemensde Dieu, ' l'un de vengeance, l'autre de correction ou chastiment, lesquels il faut distinguer l'un d'avec l'autre, 3,4, 31. Le [tremier, les fidèles l'ont tousjours eu en horreur : l'autre, ils l'ont rej ceu d'un courage paisible, pource qu'il emporte tesmoignage d'amour. Item, que quand il est dit que le Seigneur se courrouce à ses fidèles, cela n'est point dit au regard de la volonté de Dieu et de l'affection qu'il a en les chastiant, mais de la douleur véhémente dont ils sont touchez .sitost qu'il leur monstre quelque rigueur : et que cela leur est expédient, afin qu'ils se desplaisent en leurs vices. Que les meschans au contraire estans battuz des fléaux de Dieu en ce monde, commencent desja aucunement àendurerlarigueur de son jugement. Le tout est confermé par tesmoignages de l'Escriture, et expositions de Chrysostome et sain et Augustin, 3, 4, 32 s. Que Dieu ayant pardonné à David son adultère, n'a pas laissé de le chastier, tant pour l'humilier, qu'afin que ce fust un exemple en tous aages, et que pour ceste mesme raison, estant propice à ses fidèles, il ne laisse pas toutesfois de les assujetir aux misères communes de ceste vie par chacun jour, 3, 4, 35. Exposition de l'article du Symbole touchant la Remission des péchez, 4, 1, 20 s. Que les clefs ont esté données à l'Eglise pour pardonner les péchez, non pas seulement à la première entrée, à ceux qui se convertissent de nouveau à Jésus Christ, mais aux fidèles durant tout le cours de leur vie, 4, 1, 22. Ce qui est confermé par tesmoignages de l'Escriture contre les Novatiens, et aucuns Anabaptistes qui imaginent que le peuple de Dieu est par le Baptesme régénéré en une vie pure et angelique et qu'il ne reste point de pardon pour ceux qui viennent à tomber puis après, 4, 1, 23 ss. Contre

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ceux qui estiment toute volontaire transgression de la Lov estre peciié irrémissible 4, 1,

D^i renoncement de nousmesmes.

Le fondement pour bien dresser nostre vie selon la reigle que la Loy nous prescrit, est de considérer que nous ne sommes pas à nousmesmes, ains consacrez et dédiez à Dieu. Et que pourtant il nous convient renoncer à nousmesmes, et à nostre raison (laquelle seule les Philosophes veulent que nous suyvions) afin d'estre gouvernez par la parolle de Dieu et son sainct Esprit, 3, 7, 1. Item, qu'il ne nous faut pas chercher les choses qui nous agréent, ains celles qui sont plaisantes à Dieu, et servent à exalter sa gloire. Et c'est ce que nous nommons le Renoncement de nousmesmes : qui est un point sans lequel il y a un monde de vices caché eu l'ame de l'homme: et s'il y a quelque apparence de vertu, elle est corrompue par une meschaute cupidité de gloire, 3, 7, 2. Le renoncement de nousmesmes, ou la mortification regarde en partie les hommes, en partie (et principalement) Dieu. L'Escriture, pour nous enseigner de nostre devoir envers noz prochains, nous commande deux choses : assavoir que nous leur portions honneur, et que nous nous employions sans feintlse à procurer leur profit: quant au premier, il est monstre comment nous nous en pourrons acquiter, 3, 7, 4. Du second aussi il est declairé comment l'Escriture nous y mené comme par la main, 3, 7,5. Voyez aussi à ce propos, 3, 20, 43.

De la Résurrection de Christ.

Que tout ce que nous croyons de la croix, mort et sépulture de Christ, seroit imparfait sans sa résurrection: que nous en recevons proufit en trois sortes : c'est qu'elle nous a acquis justice devant Dieu, et nous est un gage de la Résurrection à-venir, et que par icelie nous sommes dés maintenant régénérez en nouveauté de vie, 2, 16, 13. Exposition de l'histoire de la Résurrection de Christ, 3,2.3,3.

De la Résurrection dernière.

Que les fidèles ont sur tout besoin d'espérance etjtatience, afin de ne perdre courage eu la course de leur vocation, et que pourtant cestuy-là à bon escient proufite eu l'Evangile, qui s'est accoustumé à méditer continuellexuent la résurrection bien-heureuse, 3, 25,1. s. L'article delà Résurrection dernière contient une doctrine de grand poids, et difficile à croire. Et afin que la foy puisse surmonter la difficulté qui y est, l'Escriture nous donne deux aides: l'une est en la similitude de Jésus Christ, l'autre en la puissance infinie de Dieu, 3, 25, 3 s. Réfutation

de l'erreur des Saduciens qui nioyent la Résurrection, et des Chiliastes qui restreignoyent au terme de mille ans la durée du règne de Christ, 3, 25, 5. Item de ceux qui imaginent que les âmes au dernier jour ne reprendront pas les mesmes corps desquels elles sont maintenant revestues, mais en auront d'autres, 3, 25, 7 s. De la manière comment se fera la résurrection dernière 3, 25, 8. A quel tiltre la résurrection dernière, qui est un singulier bénéfice de Jésus Christ, est commune aux iniques qui sont maudis de Dieu, 3, 25, 9.

Du Sahhat, ou jour du repos.

L'exposition du quatrième commandement, la fin d'iceluy et les trois causes qu'il contient, 2,8,28. Il est prouvé par divers passages de l'Escriture, que la première cause, c'est assavoir la figure du repos spirituel (c'est à dire de nosti-e sanctification) a eu le principal lieu en ce commandement, 2, 8, 29. Pourquoy c'est que le Seigneur y a assigné le septième jour, 2, 8, 30 s. Et (jue ceste partie d'autant qu'elle estoit ceremoniale a esté abolie par la venue de Christ, 2, 8, 31. Les deux autres causes conviennent également à tous siècles: c'est assavoir qu'il y a certains jours assignez pour faire les assemblées Ecclésiastiques, et qu'on donne quelque relasche aux serviteurs, 2, 8, 32. Des jours pour faire les assemblées ecclésiastiques, à ouir la Parolle de Dieu, et faire les prières pul)liques où aussi il est parlé de l'observation du jour du Dimanche, 2, 8, 32 s. Et qu'il se faut donner garde de supex'stition en cerst endroit, 2, 8, 34.

Des Sacremens.

Que c'est Sacrement, 4, 14, 1 Pour quelle raison les anciens ont usé de ce mot en telle signification, 4, 14, 2.13. Qu'il n'y a jamais de Sacrement sans quelque promesse précédente, laquelle le Seigneur séele par ce moyen, remédiant à nostre ignorance et tardiveté, et puis aussi à nostre infirmité, 4, 14, 3. 5. 6. 12. Que le Sacrement consiste eu la parolle et au signe extérieur : mais qu'il faut autrement prendre ce mot, Parolles sacramentales que ne font les Papistes, 4, 14, 4. Que les Sacremens ne laissent point d'estre tesmoignages delà grâce de Dieu, pour tant que les mauvais aussi les reçoyvent, qui en acquièrent tousjours plus griefve condemnation, 4, 14, 7. Que les Sacremens servent tellement à confermer nostre foy, que toutesfois cela procède de l'efficace intérieure du sainct Esprit, 4, 14^ 9 ss. Et qu'on ne met point la vertu es créatures, 4, 14, 12. Réfutation de la doctrine diabolique des escoles deSorbonne, Que les Sacremens de la nouvelle Loy justifient et confèrent grâce, si nous n'y met-

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tons empeschemeut de péché mortel, 4, 14, 14. La bonne distinction quesainct Augustin fait entre Sacrement et la chose da sacrement: par laquelle distinction il est monstre .que combien que Dieu es sacremens présente vrayement Christ, les iniques toutesfois ne reçoyvent rien que le sacrement, c'est à dire le signe extei-ne, 4, 14, 15 s. Qu'il ne faut pas penser qu'il y ait quelque vertu secrète anexée et attachée aux Sacremens, tellement ([u'ils nous confèrent d'eux-mesmes les grâces du sainct Esprit, 4, 14, 17. Le Seigneur anciennement a présenté aux siens des Sacremens aucunesfois en miracles, et d'autres fois en choses naturelles, où il est parlé de l'arbre de vie, et de l'arc du ciel, 4, 14, 18. Comme de la part de Dieu les Sacremens nous sont tesmoignages de grâce et de salut: aussi de nostre costé ce sont enseignes de nostre profession, 4, 14, 19. Que les Sacremens de l'Eglise ancienne sous la Loy ont eu le mesme but que les nostres aujourdhuy, assavoir Christ, lequel toutesfois les noslres présentent plus clairement. Par ainsi ce que les Docteurs de leschole disent que ceux-là n'ont que figuré en l'air la grâce de Dieu, et et les nostres la donnent présentement, est une doctrine du tout à rejetter, 4, 14, 2U ss. I/exposition de certains passages de l'Escriture, et aussi des anciens docteurs par lesquels il pourroit sembler qu'autrement fust,4, 14, 24 ss.

Des cinq autres cérémonies faussement appellées Sacremens.

Quand parlans de ces cinq cérémonies inventées par les hommes, nous nions que ce soyent Sacremens, nous ne debatons pas du mot, mais de la chose: pource que les Papistes veulent que ce soyent figures visibles de la grâce de Dieu invisible, 4, 19, 1. Il est monstre par plusieurs raisons pourquoy c'est qu'il n'est pas permis aux hommes de faire des Sacremens. Item, qu'il faut distini[uer entre les Sacremens et les autres cérémonies 4, 19, 2. Qu'on ne peut prouver par authorité de l'Eglise ancienne, qu'il y ait sept Sacremens 4, 19, 8. Combien que l'Eglise ancienne sous la Loy ail eu des Sacremens en plus grand nombre qu'aujonrdhuy, toutesfois l'Eglise chrestienne se doit contenter des deux qui sont ordonnez par Christ, et qu'il n'est pas permis aux hommes d'en faire d'autres ou d'adjouster quelque chose à ceux-ci 4, 18, 20,

De la Sacrificature de Christ, de son Règne, et de Voffice de Prophète.

Que pour savoir à quelle fin Christ nous a esté envoyé du Père, et que c'est qu'il nous a apporté, il faut considérer trois choses principalement en luy, l'office de Prophète, son Règne et sa Sacrificature; et qu'à ces

trois offices s'estend le nom de Christ, ou Oinct, qui luy est attribué: combien qu'il a esté ainsi nommé spécialement pour le regard du Règne. Il est prouvé que combien que Dieu ait tousjours donné des Prophètes et Docteurs à son Eglise, neantmoins tous fidèles ont attendu la pleine lumière d'nitelligence à la venue du Messias : item, qu'il l'a oinct Prophète pour tout le corps de l'Eglise, afin que la prédication y soit ordinaire, 2, 15, 1 s. Quant au Règne qu'il faut premièrement noter que la nature d'iceluy est spirituelle: dont on peut recueillir l'éternité d'iceluy, laquelle il faut considérer en deux sortes. La première .s'estend à tout le corps de l'Eglise, l'autre est spéciale à chacun membre: déclaration de l'une et l'autre par tesmoignages de l'Escriture, 2, 15, 3. Il est déduit que nous ne pouvons autrement comprendre l'utilité du Règne de Christ, qu'en le cognoissant estre spirituel; et qu'icelle consiste en deux poincts : c'est assavoir qu'il nous enrichit de tous biens nécessaires pour le salut éternel de noz âmes: en après, qu'il nous donne force et vertu à rencontre du diable et de tous ses assauts, par ainsi que Christ règne plustost pour nous que pour soy-mesme, et que pourtant non sans cause nous sommes nommez Chrestiens. Au reste queceste sentence de sainct Paul, que Christ au dernier jour rendra le royaume à Dieuson Père, et autres semblables, ne deroguent rien à l'éternité du règne de Christ, 2, 15, 4. s. De la sacrificature de Christ: où il est monstre que pour en sentir l'efficace et le profit, il faut commencer par sa mort. Que de là s'ensuyt qu'il est intercesseur à jamais : et qu'à sa requeste et en faveur de luy nous sommes agréables à Dieu: dont s'ensuit aux fidèles asseurance certaine à prier Dieu, et tranquillité paisible de conscience. Finalement, qu'il est tellement Sacrificateur, qu'il nous fait ses compagnons en tel honneur, à ce que les sacrifices de prières et de louange procedansdenous soyent aggreables à Dieu, 2,15,6.

Des Sacrifices.

La différence entre les Sacrifices de Moyse et la Cène du Seigneur en l'Eglise Chrestienne, 4, 18, 12. Que c'est que signifie proprement le mot de Sacrifice: et des diverses espèces de Sacrifices sous la Loy, lesquelles peuvent estre raportées à deux: c'est que les uns soyent nommez Sacrifices d'action de grâces, les autres Propiciatoires ou d'Expiation, 4, 18, 13. Nous n'avons qu'un Sacrifice propiciatoire, assavoir la mort de Christ, mais bien plusieurs d'action de grâces, assavoir toutes œuvres de charité, prières, louanges, et tout ce que nous faisons appartenant an service de Dieu, 4, 18, 13. 16. 17. Et cette manière de Sacrifice a joux'nellement lieu en l'Eglise, et en la Cène du Seigneur: et de là tous Chrestiens sont Sacrificateurs, 4, 18, 13. 16. 17.

TABLE

De la Sainde Escritiire, de la imrolle de Difiu, et de VautJiorité d^icelle.

Que les hommes ne recognoissent pas bien Dieu pour créateur, et ne savent pas par la considération des choses créées le discerner d'avec les faux dieux jusques à ce qu'ils soyent esclairez par la parolle, et que Dieu a tenu cest ordre à enseigner les siens, non seulement depuis qu'il a esleu les Juifs pour son peuple, mais aussi dés le commencement du monde envers Adam, Noé, et les autres Pères, 1, 6, 1. Que les Pères ont eu la parolle ou par oracles et visions, ou par le ministère d'autres hommes : laquelle ils ont esté bien asseurez estre parolle de Dieu, par laquelle ils ont cogna le vray Dieu créateur et gouverneur de toutes choses: laquelle puis après luy-mesme a voulu estre enregistrée en la Loy et es Prophètes pour tous siècles, 1, 6, 2 s. Où aussi il est monstre qu'à ce que nous concevions une cognoissance de Dieu vaine, il est besoin d'adjouster à la contemplation des choses créées la doctrine de la parolle. De ceux qui disent que l'authorité de l'Escriture dépend dujiigement de l'Eglise, et comment nostre cas iroit bien mal si ainsi estoit, 1, 7, J. Que cest erreui- est suffisamment réfuté par sainct Paul, disant que les fidèles sent édifiez sur le fondement des Prophètes et Apostres, 1, 7, 2. En quel sens sainct Augustin dit, qu'il ne croiroit pas à l'Evangile si l'authorité de l'Eglise ne l'y esmouvoit, lequel passage tels calomnient pour confermer leur erreur, 1, 7, 3. Combien qu'il y ait plusieurs autres argumens, qui monstrent, et mesme font confesser par force a\ix gens profanes, que l'Escriture est procedée de Dieu, il n'y a toutesfois que le tesmoignage intérieur du S. Esprit <|ui mette vrayement ceste persuasion en noz cœurs, que c'est Dieu qui parle en la Loy, es Prophètes et en l'Evangile : ce qui est confermé par plusieurs passages d'Isaie, 1, 7, 4 s. La dispensation de la sagesse divine si bien ordonnée, la doctrine qui ne sent rien de terrien, un si bon accord quïl y a en toutes les parties et sur tout le bas stile contenant les hauts mystères du Royaume celeste, sont des secondes aides pour establir la certitude de l'P^scriture, 1, 8, 1. 2. 11. Item, l'ancienneté de l'Escriture, veu que les livres des autres religions sont depuis ceux de Moyse: qui toutesfois ne forge point un Dieu nouveau, mais propose au peuple d'Israël le Dieu des Pères anciens, 1, 8, 3 s. Ce que Moyse ne cache point l'infamie de Levi son prédécesseur, le murmure d'Aaron son frère et Marie sa sœur: item, qu'il n'avance point en haut estât ses propres enfans, sont signes qu'il n'y a rien en ses livres inventé par l'homme, 1, 8, 4. Item, tous les miracle» avenus tant en la publication de la Loy, qu'en tout le reste du temps, 1, 8, 5. Lesquels les autheurs payens ne pouvans nier, ont calomnié disans que Moyse les avoit faits

par art magique, ce qui est refuté par bonnes et fermes raisons, 1, 8, 6, Item, ce que Moyse parlant en la personne de Jacob assigne la principauté à la lignée de Juda, et prédit la vocation des (jentils (veu que le premier n'est avenu que quatre cens ans après, et l'autre deux mille ans) sont tesmoignages que c'est Dieu luy-mesme qui parlées livres de Moyse 1, 8, 7. Ce qu'Isaie prédit la captivité des Juifs, et leur retour par le commandement de Cyrus (qui ne nasquit que cent ans après la mort du prophète) ce que Jeremie, devant que le peuple fust emmené en captivité, lui prescrit le terme de septante ans à demeurer là : ce que Jeremie et Ezechiel estans eslongnez l'un de Tautre de grande distance de lieux, s'accordent si bien en tous leurs propos: ce que Daniel prédit des choses avenir jusques à six cens ans après, sont bons tesmoignages pour confermer l'authorité des livres des Prophètes, 1, 8, 8. Contre certains profanes moqueurs, qui demandent comment nous savons que les livres que nous avons soyent de Moyse et des Prophètes ou qu'il y ait jamais eu un Moyse, 1, 8, 9. Item, d'où nous sont venues les cojjies des livres de l'Escriture, veu qu'Antiochus fit tout brusler, où il est parlé de la puissance admirable de Dieu à les conserver par tant d'aages, entre tant d'ennemis, et de si cruelles persécutions, 1, 8, 10. La simplicité du style des trois Evangelistes contenant des mystères célestes, celuy de sainct Jean comme tonnant du ciel, une majesté céleste, qui reluit es escrits de sainct Pierre et sainct Paul, ce que sainct Matthieu de son banc de changeur, sainct Pierre et sainct Jean de leurs nasselles sont appeliez à prescher l'Evangile, sainct Paul d'adversaire est tait Apostre, sont signes que l'Esprit de Dieu parle par eux, 1, 8, 11. Le consentement de tant de siècles, diverses nations et discordantes de façons, à recevoir l'Escriture : et la saincteté excellente qui a esté en aucuns doyvent confermer envers nous l'authorité de l'Escriture, 1, 8,12. Item, le sang de tant de martyrs qui par un zele de Dieu ferme et sobre ont souffert la mort pour la confession d'icelle, 1, 8, 13. Contre aucuns fantastiques, qui delaissans la lecture et doctrine de l'Escriture, se vantent d'avoir révélations du sainct Esprit, 1, 9, 1 s. Où aussi est refutée leur objection, que ce n'est pas raison que l'Esprit de Dieu auquel toute choses doyvent estre sujettes, soit assujetti à l'Escriture. Item, ce qu'ils nous reprochent, que nous arrestons trop à la lettre qui occit : où il est monstre que le Seigneur conjoinct ensemble d'un lien mutuel la certitude de son esprit et de sa parolle, 1, 9, 3. Ainsi que Dieu nous est figuré en la contemplation du ciel, de la terre, et des autres créatures, tel aussi l'Escriture le nous représente, assavoir éternel, plein de bonté, clémence, miséricorde, justice, jugement et vérité : et tout à mesme fin, 1, 10, 1 s. Que c'est qu'il nous faut estimer touchant la puissance de l'Eglise à exposer l'Escriture,

4, 9, 13. Que les Romanisques abusent faussement de ceste couverture pour confermer leurs erreurs et blasphèmes, 4, 9, 14.

Des Satisfactions des Papistes.

De la Satisfaction, que les Papistes mettent pour le troisième poinct requis à Pénitence de ce qu'ils disent que Dieu en pardoimant la coulpe, reserve la punition, et d'autres semblables mensonges qui sont en cest endroit de leur doctrine, qui tombent bas quand on met en avant la remission gratuite des péchés par le nom de Christ, 3, 4, 25. Réfutation de l'erreur et blasphème des Docteurs Scolastiques, Que la remission des péchez et la reconciliation se fait unefoisauRaptesme: mais que si après le Raptesme nous retombons, il nous faut relever par Satisfactions, 3, 4, 26. Que telle doctrine despouille Christ de son honneur, et trouble la paix des consciences, veu que jamais elles ne se pourront asseurer que Dieu leur ait pardonné, 3, 4, 27.

Quand en Daniel Nabuchadnesar est admonnesté de racheter ses péchez par justice, que cela se raporte plustost aux hommes qu'à Dieu: et qu'il ne descrit pas la cause pourquov Dieu pardonne, ains la manière d'une vraye conversion. Autant en est il de certains autres passages de l'Escriture. 3, 4, 36. L'exposition de ce passnge de l'Evangile, Que plusieurs péchez avoyent esté remis à la femme, pourtant qu'elle avoit aimé beaucoup: assavoir que l'amour et charité n'est pas cause de la remission des péchez, ains en est la probation, 3, 4, 37. Que les anciens Docteurs de l'Eglise parlans des Satisfactions, ne l'ont pas prins au sens que les Papistes : et qu'ils ont entendu que les Repentans satisfaisoyent à l'Eglise, non pas à Dieu, 3, 4, 38 s

Des Scandales.

De quels Scandales on se doit garder et lesquels aussi on peut mespriser : que c"est de Scandale qui se donne: item, de Scandale qui se prend. 3, 19, 11. Quelles gens doyvent estre tenues pour infirmes, ausquellesilfaut nous garder de doncer Scandales; ce qui est declairé par la doctrine de S. Paul et par exemple, 3, 19, 12. Que ce qui nous est commandé, de prendre garde de ne scandaliser les infirmes, n'a lieu sinon es choses indifférentes : et que pourtant ceux-là abusent de ceste doctrine, qui disent qu'ils vont à la Messe de peur de scandaliser les infirmes, 3, 19, 13.

De la Superstition.

La simplicité des Superstitieux ne les excuse pas, pource que leur aveuglement se trouve meslé de vanité, d'orgueil et de rébellion, 1, 4, 1. 3. La superstition quand elle veut gratifier à Dieu, s'enveloppe en des

TABLE 739

folies comme en se jouant, 1, 4, 3. Les superstitieux n'approchent de Dieu que par force, et d'une crainte servile, 1, 4, 4. Tous ceux qui abbastardissent la religion, ja soit qu'ils suyvent le conseutement de l'ancienneté, ou la coustume de qjjelque ville, se révoltent du vray Dieu, 1, o, 12, La différence entre la religion et superstition est monstrée par la source de deux mots 1, 12. l,Les astuces de superstition, quand en les laissant à Dieu le souverain degré, elle l'environne d'une nmltitude infinie de petits dieux, 1, 12, 1. 3.

Des Tailles et autres tributs.

Des Tailles, péages, imposts et autres espèces de tributs qui reviennent aux princes, et comment c'est que les Princes fidèles s'en peuvent aider en bonne conscience. 4, 20, 13.

Des Temples.

Des Temples des Ghrestiens à célébrer les assemblées de l'Eglise. -3. 20, 30. Il est monstre par l'authorité de l'Eglise ancienne, et raisons de ^ainct Augustin, qu'il n'est nullement bon qu'il y ait aucunes images es Temples des Ghrestiens, 1,11, 13. La prédication de la Parolle et [les sacremens sont les vives images] et n'y en a point d'autres convenables aux Temples des Ghrestiens, 1, 11. 7. 13. L'impiété, les vilenies et badineries du Concile de Nice Tqui fut fait par le commandement de ceste meschante Proserpineirené, pour approuver les images es Temples, et l'adoration d'icelles, l, 11, 14 ss. De l'ornement des Temples en l'Eglise ancienne, 4 4, 8 et 5, 18.

Des Tentations.

Des diverses espèces de Tentations et en quel sens il est dit que Dieu nous tente, 3, 20, 46.

Du vieil et noîiveau Testament.

De la similitude du viel et nouveau Testament : où il est monstre que c'est tout une mesme alliance en substance et vérité : et que la diversité est seulement en l'ordre d'estre dispensée. Que la similitude consiste en trois articles principalement, 2, 10, 1 s. Le premier. Que le viel Testament n'a point arresté les Pères en une félicité terrienne, mais tendoit principalement à la vie avenir; ce qui est monstre de sainct Paul, quand il dit que sous iceluy sont contenues les promesses de l'Evangile, 2, 10, 3. Ce qui est aussi prouvé par la Loy et les Prophètes : premièrement en considérant ces parolles de l'alliance, .Je suis vostre Dieu, 2, 10, 7 s. Item,

TABLE

.le seray le Dieu de vostre semence après vous, 2, 10, 9. Eu après aussi par la vie des saincts Pères, assavoir Adam, Abel, Noé, 2, 10, 10. Abraham, 2, 10, 11 : Isaac, .Jacob, 2, 10, 12 ss. Item, par plusieurs passages de David, 2, 10, 15 ss. Item, de Job, 2, 10, 19. Item, en gênerai des autres Prophètes qui sont depuis venus, 2, 10, 20. Mais nommément Ezechiel, 2, 10, 21. Isaie et Daniel, 2, 10, 22. Finalement est faite la conclusion de cest article : où derechef sont amenez aucuns tesmoignages du nouveau Testament, 2, 10,23.

Le second article, Que l'ancienne alliance n'a pas esté fondée sur les mérites des hommes, ains sur la seule miséricorde gratuite de Dieu, 2, 10, 2. 4.

Le troisième. Que donc l'alliance des Pères avec Dieu consistoit par la cognoissance de Christ Médiateur, 2, 10, 2. 4. Que les Israélites sous la Loy ont esté égaux aux peuple Chrestien, mesmes en la signification des Sacremens, 2, 10, 5 s. Quatre différences du vieil Testament d'avec le nouveau : ausquelles on en peut encores adjouster une cinquième.

La première, que Dieu anciennement pour enti'ctenir son peuple en l'espérance de l'héritage céleste, auquel il les appelloit, le leur faisoit contempler et comme gouster sous des bénéfices terriens : mais maintenant il esleve noz entendemens tout droit à la méditation de la vie éternelle sans ces exercices intérieurs, 2, 11, 1. Que pour ceste cause l'Eglise ancienne est comparée à un héritier qui est encore petit enfant, 2, 11, 2. Que c'est aussi la raison pourquoy les saincts Pères ont plus estimé ceste vie présente et les bénédictions d'icelle, que nous ne devons faire aujourdhuy, 2, 11, 8.

La seconde différence est es figures, esquelles l'ancien Testament monstroit une ombre et image des biens spirituels, en lieu que le nouveau nous en propose la vérité présente et comme le corps. La raison pourquoy le Seigneur a tenu cest ordre. Item, la définition du vieil Testament, 2, 11,4. Que pourtant il est dit que les .Juifs ont esté conduits à Christ par la doctrine puérile de la Loy, avant qu'il fust manifesté en chair, 2, 11, 5. Ce qui a eu lieu mesme aux plus excellens Prophètes, et douez de grâces singulières du sainct Esprit, 2, 11, 6.

La troisième différence est prinse du 31. de Jeremie, et 2 Cor. 3. Que l'ancien Testament est une doctrine literale: le nouveau, doctrine spirituelle : l'ancien est mortel, le nouveau est instrument de vie, etc., 2, 11,7 s.

La quatrième, Que l'Escriture appelle l'ancien Testament, Alliance de servitude, pource qu'il engendre crainte aux cœurs des hommes : le nouveau, de liberté, pource qu'il les conferme en seureté et fiance. Les trois dernières différences sont comparaisons entre la Loy et l'Evangile: la première comprend les promesses mesme faictes devant la Loy, Que les Pères sous la Loy et l'ancien Testament

ont tellement vescu, qu'ils ne s'y sont point arrestez,ains ont tousjours aspiré au nouveau, et mesme y ont participé de vraye affection de cœur, 2, 11, 9 s.

La cinquième. Que devant la venue de Christ le Seigneur avoit mis à part une nation en laquelle il tinst enclose l'alliance de grâce, laissant cependant comme en arrière les autres peuples. Ainsi la vocation des Gentils est une marque notable de l'excellence du nouveau Testament par-dessus l'ancien. Et a esté une chose si incroyable, qu'elle a esté comme nouvelle aux Apostres, mesme estans desja exercitez en la lecture des Prophètes, et ayans receu le sainct Esprit, 2, 11, 11 s. La conclusion des différences entre le vieil et le nouveau Testament: et response à diverses objections d'aucuns, qui allèguent pour une grande absurdité la diversité du gouvernement de l'Eglise, la diverse façon d'enseigner, le changement des cérémonies : où est monstre qu'en ceste diversité reluit la constance de Dieu: et qu"il n'a rien fait que justement, sagement, et en miséricorde, quand il a autrement gouverné son Eglise estant en enfance, que maintenant qu'elle t-st venue en aage : item, quand devant l'advenement de Christ il a tenu enclose en un peuple la manifestation de sa grâce laquelle il a depuis espandue sur toutes nations, 2, 11, 13 s.

Des Traditions.

Que puis que Dieu voulant prescrire la reigle de vraye justice a rapporté tous les poincts d'icelleà sa volonté, dontilappertque toutesles bonnes œuvres que les hommes inventent à leur fantasie ne sont de nulle estime devant Dieu, mais que le service légitime de Dieu consiste seulement en obéissance, et que c'est l'origine, la mère et la gardienne de toutes vertus, 2,8, 5. Des Traditions humaines, c'est à dire des ordonnances touchant le service de Dieu faites parles hommes outre sa ParoUe: de l'impiété et nécessaire observation d'icelles, 4, 10, 1. 2. 5. 6. 7. 8. Des ordonnances Papales (qu'on appelle traditions Ecclésiastiques) lesquelles contiennent en partie les cérémonies, en partie concernent (comme ils disent) la discipline. L'impiété de l'une et l'autre espèce: qu'on establit en icelles le service de Dieu, et elles astreignent les consciences d'une rigueur extrême, 4, 10, 9. Et pour icelles le commandement de Dieu est mesprisé, 4, 10, 10. La vraye marque des Traditions humaines, lesquelles l'Eglise doit rejetter et tous fidèles reprouver, 4, 10, 16. Réfutation de la couleur que prennent aucuns pour maintenir les Traditions Papales, disans qu'elles sont de Dieu pource que l'Eglise ne peut errer et est gouvernée par le sainct Esprit, 4, 10, 17. Que c'est une pure tromperie, de raporter aux Apostres l'origine des Traditions, desquelles par ci devant l'Eglise a esté opprimée, 4, 10,

18 ss. Que c'est à tort qu'aucuns pour excuser la tyrannie des Traditions Papales, allèguent l'exemple des Apostres , qui defendoyent aux Gentils de manger des choses sacrifiées aux idoles, de la chair de la beste j estouflfée, et du sang, 4, 10, 21 s. C'est ravir à Dieu son royaume, quand on le veut servir par loix d'inventions humaines : et est monstre par tesmoignages et exemples de TEscriture, que c'a tousjours esté devant Dieu un crime bien énorme, 4, 10, 23 s. Que le fait de Menoha, père de Samson, lequel estant homme privé a offert sacrifice à Dieu, ou de Samuel qui a sacrifié en Ramatha, ne sert de rien pour maintenir les inventions humaines au ser\'ice de Dieu, 4, 10, 25. Ne semblablementceqae Christveut qu'on porte les charges impoi'tables que les Scribes et Pharisiens imposoyent, 4, 10, 22. Des constitutions de l'Eglise sainctes et utiles, et du but d'icelles, 4, 10^ 1. Des constitutions Ecclésiastiques qu'on doit tenir pour sainctes, pource qu'elles servent à honnesteté en l'Eglise, ou à y conserver bon ordre et paix, 4, 10, 27 ss. Et qu'il faut bien aviser celles qui sont vrayement telles, afin de ne se mesprendre, 4, lO, 30. Que le devoir du peuple chrestien est de les observer: item, de quels erreurs il se faut garder en cest endroit, et comment la liberté des consciences ne laisse pas de demeurer tousjours en son entier, 4, 10, 31 s.

De la Trinité.

Qu'en l'essence de Dieu une et simple nous avons à considérer distinctement trois personnes, ou (comme les Grecs disent) hypostases, 1, 13, 2. Ptefutation de ceux qui enceste matière condamnent et rejettent le rnot de Personne, comme estant nouveau, 1, 13, 3ss. Que les saincts Docteurs ont esté contreints d'inventer de nouveaux mots pour maintenir la vérité de Dieu alencontre des calomniateurs, qui esfans malings et rusez taschoyent de la renverser par leurs tergiversations, comme contre Arrius le nom de Consubstantiel, contre Sabellius le mot de trois Personnes ou Proprietez, 1, 13, 4. 16. Des diverses opinions de S. .Jerosme, Hilaire, et Augustin quant à l'usage de ces mots, 1, 13, 5. Que c'est que nous entendons par le mot de Personnes, en traictant de la Trinité, 1, 13, 6. De l'erreur de Servet en l'usage de ce mot, 1. 13,22. Que selon que Dieu à Tadvenement de son Fils unique s'est plus clairement manifesté, aussi les trois personnes ont esté alors mieux cognues, 1, 13. IG. Les tesmoignages de l'Escriture qui monstrent la distinction entre le Père etlaParolle.item. entre la Parolle et le sainct Esprit, 1, 13. 17. Et que là le Père est distingué d'avec la Parolle et l'Esprit, et l'Esprit d'avec les deux, tant par l'observation de l'ordre, que des choses qui sont proprement attribuées à l'un ou à l'autre, I, 13, 18. Que ceste distinction des personnes ne contrevient point à l'unité de Dieu,

1, 13, 19. Où aussi il est monstre en quel sens les anciens Docteurs ont dit que le Père est le commencement du Fils, et que toutesfois le Fils a son essence de soy-mesme. Un bref recueil de ce qu'il nous faut croire de l'essence unique de Dieu et des trois personnes. 1, 13, 20. Et qu'il nous faut en cest endroit sur tous autres poincts de la doctrine, estre sobres et modestes, tellement que noz pensées ou noz langues ne s'avancent point plus loin que les limites de la parolle de Dieu ne s'estendent, 1, 13, 21. Réfutation de resveries de Servet sur ce point de doctrine, 1,13,22. Réfutation de l'erreur de certains autres brouillons, Que le Pereestant proprenientseul vray Dieu, s'est formé son Fils et son Esprit, et a fait descouler sa divinité en eux, 1,13, 23. Et qu'ils prennent une maxime fausse, assavoir que toutes fois et quantes que l'Escriture met le nom de Dieu simplement, il se rapporte au Père seulement, 1, 13, 24. Item, en ce qu'ils imaginent trois desquels chacun ait une partie de l'essence divine, 1, 13, 25. Responsô à ce qu'ils objectent, Que si Ghiust estoit vrayement Dieu, il seroit mal nommé Fils de Dieu, 1, 13, 26. L'exposition de plusieurs passages d'Irenée. qu'il ameinent pour confermer leur erreur: où ce sainct Docteur dit que le Père de nostre Seigneur Jesus- Christ est le vray Dieu d'Israël, 1, 13, 27. Item, de certains passages qu'ils allèguent de TertuUian, 1, 13, 28.

Que -lustin Martyr, S. Hilaire et Augustin font contre tels brouillons, et conferment ce poinct de nostre doctrine, 1, 13, 29. Que le Fils est consubstantiel avec le Père, 4, 8, 16.

De la vie de Vliomme Chrestien.

La Loy monstre la façon de bien reigler nostre vie: ce qu'aussi on trouvera par ci par là en divers passages de l'Escriture estre enseigné: et avec quelque ordre et méthode, combien qu'elle n'y soit si exquise et affectée qu'es livres des Philosophes, 3, 6, 1. L'ordre cjue tient icy l'Escriture consiste en deux poincts : elle imprime en noz cœurs l'amour de justice : et puis nous donne cortaine reigle pour suyvre justice. Quant au premier, elle le fait par divers arguinens et raisons. 3, 6, 2. Et que les fondemeus qu'elle prend en cest endroit sont beaucoup meilleurs qu'on n'en saurait trouver en tous les livres des Philosophes, 3, 6, 3. Contre ceux qui prétendent la coguoissance de Christ, combien que leur vie et mœurs ne monstrent point qu'ils soyent Chrestiens, 3, 6, 4. Combien qu'il seroit à désirer que nous fussions tous parfaits, que neantmoins il ne faut pas laisser de recognoistre pour Chrestiens plusieurs mesme qui n'ont encore gueres avancé. Item, qu'il nous faut tousjours efforcer, et ne perdre pas courage pourtant si nous ne profitons qu'un petit, 3, 6, 5. Toutes les parties de bien reigler

ii2

TABLE

nostre vie comprises en un passage de saiuct Paul: la considération de la grâce de Dieu, renoncement d'impiété et des désirs mondains, Sobriété, Justice et Pieté (qui signifie une vraye saincteté) l'Espérance de l'immortalité bien heureuse, 3, 7, 3.

De la Vie à venir.

Que Dieu par diverses afflictions nous duit à mespriser la vie présente, afin que nous desiiions à bon escient celle qui est à venir, 3, 9. 1. 2. 4. Que le mespris de la vie présente lequel est requis de nous doit estre tel, que ce ne soit pas pour la hayr ne pour estre ingrats envers Dieu, veu queceste vie mesme est aux fidèles un tesmoigtiage de sa bonté paternelle, 3, 9, 3. Remonstrance à ceux qui ont trop grand'horreur de la mort, que plustost les Chrestiens doyvent désirer ce jourlà qui mettra fiii à leurs miseies quasi continuelles, et les remplira d'une vraye Joye, 3, 9, 5 s. De l'excellence incompréhensible de la félicité éternelle (qui est le but de la résurrection) de laquelle il nous faut journellement gouster et savourer la douceur en ce monde. Mais toutesfois qu'il nous faut donner garde de curiosité, qui engendre les questions frivoles et nuisibles, et mesme des spéculations mortelles. Item, que la mesure de gloire au ciel ne sera pas égale en tous les enfans de Dieu, 3, :25, 10 s Où aussi est respondu à plusieurs questions qu'aucuns font touchant Testât des entans de Dieu après la résurrection. En quel sens la vie éternelle est nommée Loyer des œuvres, 3. 18,2.4.

De la Vie présente et de ses aydes.

Que l'Escriture nous monstre à tenir une bonne mesure pour user droictement des biens de ceste vie, 3, 10, 4 s. Qu'il faut en ceci se donner garde de deux vices : c'est assavoir qu'en usant de trop grande austérité, nous ne lions les consciences plus que ne permet la Parolle de Dieu: et aussi que sous couleur de la liberté nous ne laschions la bride à l'intempérance des hommes, 3, 10, 1.3.

Que Dieu et es vestemens et es viandes n'a pas voulu pourvoir à nostre nécessité seulement mais aussi à nostre récréation, 3, 10, "2. Qu'il est fort nécessaire que chacun de nous en tous les actes de sa vie regarde à sa vocation, afin de ne rien attenter témérairement, ou en doute de conscience, 3, 10, G. Que Dieu ne desdaigne pas de pourvoir aux nécessitez mesme de nostre corps terrien. Item, en quel sens c'est que nous luy demandons nostre pain quotidien, 3, 20, 44.

De rUndion des Papistes.

Quelle est l'administration de l'Unction

dernière des Papistes, et en quels mots elle se fait: et qu'on ne la peut maintenir par le passage de sainct .Jacques, ou par l'exemple des Apostres, 4, 19, 18. Veu que le don de Guerison donné jadis aux Apostres a delong temps cessé d'estre en l'Eglise, 4, 19, 19 s. Et quand bien il y seroit encore, que toutesfois il y a grande différence entre la saincte cérémonie des Apostres, et l'observation des Papistes pleine d'impiété quand ils conjurent l'huille, et luy attribuent ce qui appartient au S. Esprit, 4, 19, 21.

De la Vocation.

Delà Vocation intérieure, c'est à dire qui est avec efficace, laquelle est un tesmoignage certain de l'élection, et dépend de la seule miséricorde gratuite de Dieu, 3, 24, 1 s. Contre aucuns qui en la prédestination font l'homme compagnon de Dieu: item, contre ceux qui suspendent de la foy l'élection, 3, 24, 3. Qu'il nous faut chercher la certitude de nostre élection en la Parolle, et en la Vocation de Dieu: et nous donner garde de vouloir entrer au conseil éternel de Dieu, 3, 24, 4. Le Père nous a esleuz en son Christ seulement: arrestonsnous donc en luy seul pour contempler la fenueté de nostre élection, 3, 24, 5. Voire telment que de là nous concevions une asseurance certaine de persévérer jusques en la fin, 3, 24, 6 ss. De deux espèces de Vocation à salut: l'une qui est universelle, assavoir par la prédication externe: l'autre spéciale, par l'illumination intérieure du sainct Esprit, 3, 24, 8. Que les esleuz devant leur Vocation ne différent en rien d'avec les autres: et est prouvé par divers exemples et tesmoignages de l'Escriture. que c'est une fausse imagination ce que disent aucuns, que dès la nativité les esleuz ont je ne say quelle semence d'élection enracinée en leurs cœurs, 3, 24, 10 s. Il est traitté bien au long, Que comme le Seigneur par la vertu de sa Vocation conduit ses esleuz au salut, auquel il les avoit preordonnez en son conseil éternel: aussi d'autre part il a ses jugemens sur les reprouvez, par lesquels il exécute ce qu'il a déterminé d'en faire, et donne voye à sa prédestination, 2, 24, 12 ss.

Des Vœuz.

Des Vœuz qui se font outre la parolle de Dieu expresse, assavoir en quelle estime on les doit avoir: et si un homme Chrestien en peut faire quelcun tel; et s'il en a fait combien il est obbgé, 4, 13, 1. 6. Qu'il y a trois choses à observer es Vœuz. Premièrement qui est celuy auquel le Vœu s'adresse, assavoir Dieu qui prend plaisir à obéissance, 4, 13, 2. Secondement, qui nous sommes nous qui vouons: afin que nous mesurions noz forces, et que nous regardions nostre Vocation, et que nous mesprisions point la liberté que Dieu nous a donnée, 4, 13,3. Tiorcement,

TABLE

de quelle intention c'est que nous vouons, 4, 13, 4. Du Vœu que les Prestres, Moyiies, et Nonnains font de ne se point marier, 4, 13, 3, 17 ss. Quatre fins auxquelles se doyvent raporter tous noz Vœuz, desquelles les deux appartiennent au temps passé, les deux autres au temps à venir, 4, 13, 4 s. D'un Vœu qui est commun entre les lideles, leque 1 a esté fait pour nous au Baptesme, 4, 13, G. De la témérité et superstition qui a esté au monde à faire des Vœuz, 3, 13, 1. 7.

De la Volonté de lliomme.

Assavoir-mon si la Volonté de l'homme est en tout et par tout vicieuse et corrompue, tellement qu'elle n'engendre que mal, ou si elle a encore quelque liberté. A ce propos est exposé un mot commun prins des philosophes anciens, Que toutes choses naturellement appetent le bien : et est monstre que de là ne se peut prouver que la volonté de l'homme soit en liberté, 2, 2, 26. Que la faculté de l'ame est non seulement nulle, mais du tout imbecille pour aspirer au bien volontairement. Et qae si tout l'homme est détenu en la servitude de péché, il est nécessaire que la Volonté soit estreincteet enserrée de liens Iresfermes; ce qui est prouvé par tesmoignages de l'Escriture et de S. Augustin, 2. 2,27. Il est prouvé par S. Augustin et S. Bernard, que l'homme par sa cheute n'a pas perdu sa Volonté, mais saine Volonté, en sorte qu'elle ne se peut aucunement remuer à bien, tant s'en faut qu'elle s'y applique, mais nécessairement est tirée ou menée à mal, combien que ce ne soit pas par contrainte, ains volontairement; item, est bien au long monstrée la différence entre Contrainte et Nécessité, 2, 3, 5. Veu que c'est le Seigneur qui commence et parfait le bien en noz cœurs, veu qu'il besoigne en nous le vouloir (c'est à dire la bonne Volonté) veu

qu'il crée un cœur nouveau, veu qu'il oste le cœur de pierre et donne un cœur de chair: il s'ensuytbien que la Volonté de l'homme est du tout corrompue et n'a rien de bien, 2, 3, 6. Il est prouvé par raison et divers tesmoignages de TEscriture, que Dieu œuvre la bonne Volonté es siens, non seulement en les préparant ou convertissant pour le commencement (en sorte que puis après d'elle mesme elle face quelque bien) mais pource que c'est luy seul et de sa grâce que la Volonté est incitée à aimer le bien, inclinée à le désirer, et esmeue à le chercher et s'y adonner : d'avantage, que cest amour, désir et effort ne défaillent point mais durent jusques à leur effect: finalement, que l'homme poursuit le bien et y persévère jusques à la fin, 2, 3, 7 ss. Et pourtant, que ce qu'on a imaginé et enseigné par longues années est faux, assavoir que Dieu esmeut tellement nostre Volonté qu'il est après nostre élection d'otemperer à son mouvement ou résister : item, telles autres sentences. Ce qui est prouvé par authorité de l'Escriture et de S. Augustin, 2, 3, 10 ss. Que mesme es actions lesquelles de sjy ne sont ne bonnes ne mauvaises, et appartiennent plustost à la vie terrienne que spirituelle, la Volonté de l'homme n'est pas libre, mais que par un mouvement spécial de Dieu les hommes sont inclinez à douceur, miséricorde, courroux, frayeur, et autres affections diverses, toutes fois et quantes il veut donner voye à sa providence; comme il est monstre par l'Escriture, par l'expérience qu'on en voit journellement, et par tesmoignages de sainct Augustin, 2, 4, G s.

De la Volonté de Dieu.

De la Volonté de Dieu secrette et cachée: item, I sance

1, d'une autre qui nous appelle à une obéisse volontaire, 3, 20, 43; 24, 17.

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