S. C. des f'v. m Rio., Vorme$, 28 juin 1001. „n
pensée et tout désir, prohibés par le sixième et le neuvième commandements du Décalogue aux personnes non engagées dans les liens du mariage, deviennent donc pour le religieux et la religieuse qui ont émis le vœu de chasteté, non plus seulement une faute contre le sixième ou le neuvième commandement, mais encore un sacrilège, c'est-à-dire une faute contre le vœu, en vertu duquel le corps et l'âme du religieux et de la religieuse sont spécialement consacrés à Dieu.
Non seulement les actes externes, comme les attouchements mauvais, les regards et les discours impudiques, mais les actes internes, comme les imaginations honteuses, les mauvais désirs, les délectations moroses, tombent donc sous le vœu qui les interdit d'une façon spéciale à tous ceux qui ont émis le vœu de chasteté religieuse2.
Comment faut-il entendre cette règle, donnée par quelques théologiens, qu'en ce qui concerne la chasteté, il n'y a pas légèreté de matière, et que toute faute contre la chasteté est une faute grave, faute grave contre la vertu et par là-même faute grave contre le vœu ?
Il est de la plus grande importance de bien comprendre cette règle de conduite, donnée par des théologiens, afin de ne l'exagérer en aucun sens et de ne tomber à son sujet ni dans un excès de rigorisme, ni dans un excès de laxisme, l'un et l'autre funeste au bon état de la conscience.
Toute faute contre la chasteté, attouchement, imagination, désir, délectation morose, voulue et recherchée directement, en vue du plaisir mauvais qu'elle procure,
l. Salmaoticenses, Theol. universum, tit. III, part. IV
Moral., tom. TV, tract. XV. in tit. 35, libr. III Décrétai,
De îtatv Religioso, cap. VI, n° 41. — S. Alph. Lig., Mo-
punct. III, n« 31. -- Suarez, rai., libr. IV, n° 37. — Marc,
I)< rirtuU ei statu Religionis, Theolog. Moral., n° 2160. —
tract. VII, libr. TX, cap. III, Gury, Theolog. Moral., n° 167.
T)"n l« '" el '■',. Schmalz- — Lkiimkulh, Theolog. Moral.,
oruebeb, lus Ecclesiasticum n° 531.
constitue une faute mortelle contre la vertu et, par conséquent, contre le vœu. En effet, toute faute de ce genre, par sa nature même, tend à produire en nous un grave désordre, à réveiller la concupiscence, à troubler l'empire que notre âme doit exercer sur notre corps, à paralyser plus ou moins complètement le jeu normal de nos facultés dans les exercices de la piété chrétienne, et à plus forte raison dans les exercices de la vie religieuse. Il faut donc bien prendre garde de tomber dans le laxisme de certaine- consciences, qui, prétextant la tendance innée de la nature humaine aux plaisirs voluptueux, accordent au corps, ou à Fimagination, certaines satisfactions mauvaises, soit par des attouchements, soit par des regards, ou i\v> pensées, avec l'intention de ne pas pousser ces actes jusqu'à leurs dernières conséquences, se persuadant faussement que de tels acte> ne constituent que des fautes vénielles contre la vertu et le vœu, et ne voulant reconnaître de fautes mortelles que dans la corruption de la chair se manifestant sous la forme d'actes extérieurs complets, ne laissant plus aucun doute possible sur leur gravité .
Mais, d'autre part, pour qu'il \ ait faute grave contre la vertu et le voeu, il faut qu'il y ait pleine ndvertance et plein consentement. Un attouchement, un regard, une pensée impudique, se produisant par légèreté, inadvertance, par mode de jeu ou de plaisanterie, OU même par curiosité, excluant la pleine délibération, et le plein consentement, constituent une faute légère, et non une faute grave '.
Enfin, si un attouchement, <>u un regard, constituant en eux-mêmes un péril, son! posés en vue d'un but bon et légitime, comme par exemple, la nécessité de pourvoir à la santé, à l'hygiène, à la propreté sur soi-même ou sur les autres, surtout quand il s'agii de personnes qui, en raison de leur office, doiveni vaquer au soin