‹ Institutiones canoniques (volume 2)Chapitre 675 sur 863 · CHAPITRE XL VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL VIII

De la correction fraternelle. Du chapitre des coulpes.

— De la dénonciation des fautes au supérieur, ou à la supérieure.

Art. 1413. — De la correction fraternelle; sa définition; son importance et ses difficultés. — Le grand devoir de la correction fraternelle, prescrit par la loi de Notre Seigneur Jésus-Christ, oblige tous les chrétiens, à plus forte raison, les religieux et religieuses, qui, plus encore que les simples fidèles, sont tenus au plein accomplissement de la loi évangélique. La vie commune des religieux et religieuses présente d'ailleurs des facilités spéciales pour l'accomplissement intégral de ce devoir. L'expérience a démontré que la perfection individuelle des religieux et religieuses, la paix des communautés, aussi bien que la prospérité spirituelle et temporelle des œuvres qui leur sont confiées, dépendent en grande partie du soin qu'on apporte à bien pratiquer le devoir de la correction fraternelle 1.

1. La correction fraternelle présente dans ses applications des difficultés nombreuses et fort délicates. C'est ici surtout que le zèle et la charité doivent être réglés par la prudence, ^.ussi l'on peut affirmer que si ce devoir de la vie re- Ligieuse esi un des plus importants, il est aussi un de «eux dans l'accomplissement desquels on rencontre, au sein communautés, le plus de manquements.

défectuosités proviennent d'excès en sens opposé.

Ici. le devoir de la correction fraternelle esi négligé, OU

même complètement oublié,

parer: que l'égOÏSme et la

crainte des difficultés trouvent leur compte dans les ménage-

ments de la lâcheté humaine.

Là. au contraire, les passions s'emparent du prétexte de la correction fraternelle, pour manquer radicalement par ce moyen à la grande loi de la charité, semer les haines, les zizanies, les rancunes, fomenter les schismes et la discorde.

Il n'y a donc pas un point de l'observance religieuse, sur lequel il convient davantage d'instruire les religieux et religieuses, afin qu'ils ne négligent pas un moyen si efficace de perfection, afin surtout qu'ils ne transforment pas une loi de paix et d'amour en un moyen trop facilement accessible d'assouvir les sentiments les moins avouables, et de

La correction fraternelle peut se définir d'une façon générale : un avertissement convenable, fait au prochain par un motif de charité, dans le but de l'éloigner du péché qu'il a déjà commis, ou qu'il va commettre2.

La correction fraternelle est faite par les religieux, entre eux, ou par les religieuses, entre elles, sous forme d'avertissement charitable, en regard du péché déjà accompli, ou à accomplir dans l'avenir. Elle a pour but, tout à la fois, et l'amendement du, ou de la coupable, et la cessation du scandale pour la communauté3.

Art. 141$. — De l'obligation de la correction fraternelle, et de Vétcnduc de cette obligation. — Le devoir de la correction fraternelle oblige tous les religieux et toutes les religieuses 4.

troubler ainsi profondément la paix des cœurs et le repos des communautés. Les abus, que peut occasionner la correction fraternelle mal pratiquée, ne sont jamais un motif suffisant pour la négliger, encore moins pour la supprimer, puisqu'il s'agit ici d'un précepte imprescriptible de l'ordre moral, imposé par le Christ à tous les observateurs de sa loi. Du reste, la plupart des abus, en matière de correction fraternelle, proviennent de l'ignorance des règles qui y président. Très peu nombreux sont les instituts religieux, où les novices sont bien instruits de ces règles. Est-il dès lors étonnant qu'un grand nombre de religieux et religieuses les transgressent fréquemment et presque sans s'en douter? C'est pourquoi nous allons nous attacher ici à donner de ces règles un exposé aussi clair et aussi complet que possible.

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