‹ Institutiones géologiquesChapitre 145 sur 151 · LIVRE III. CHAP. XLVI · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAP. XLVI

cette contrée n^appartiennent point à la formation primitive, mais quils sont le produit des for« mations récentes qui se sont opérées à la su«> perficie du globe après sa consolidation. Malgré cela , les géologues ont encore donné le nom de trapp , à quelques roches qui se trouvant associées aux gneies et aux schistes , doivent être contemporaines de ceux-ci. Quelle idée devronsnous donc nous former de cette pierre ? Tâchons d^éclaircir nos doutes dans les auteurs qui se sont expliqués avec plus de clarté.

§ 1280. Saussure au § 194S ^ définit le trapp, une pierre composée de petits grains de nature diverse confusément cristallisés , renfermés dans une pâte , et quelquefois unis entr^eux sans antenne pâte distincte , et sans qu^on y voie des cristaux réguliers , à moins que ce ne soit rarement et par accident. Cette définition rapproche le trapp , des granits et des porphyres , roches auxquelles il passe quelquefois. Si donc Ton veut ,

Bergman Sur les produits volcaniques , publié à Florence avec les note* de Dolomieu, pag. 64. Cen inutilement que pour éclaircir ce paMage de Bergman nous avons consulté le Voyage en Noro^ge et en Laponie de M.' De Buch : il n*y est fait aucune mention du trapp , et il parolt que la roche indiquée par Bergman sous cette dénomination , est celle que De Buch appelle graustein basaltique. De Buch, en excluant le terme de trapp d*un ouvrage consacré à la description des roches d*un pays où ce terme a pris naissance , a peut-être voulu nous avertir qu*il serait tempa de Texclure aussi de la géologie.

diaprés Saussure ^ se former Tidèe d^un trapp ^ il suffira d^maginer un porphyre ^ mais sans cristallisations régulières visibles , ou encore un granit dont les parties soient si petites qu on ait de la peine à les reconnoître à Tœil. Mais comme Saussure écrivait à une époque où Fétude de roches n^était pas encore parvenue à ce degré de développement auquel elle à été portée par les travaux de Tillustre berner , consultons les auteurs qui se sont occupés du. même objet postérieurement au célèbre genevois. Il est à remarquer que plusieurs géologues français ont mé\fe la doctrine des trapps avec celles des roches de corne (0, dénomination qui l^eureusement commence à être rejetée dans les écoles. Patrin dans V Histoire naturelle des minéraux ^ tom. i , pag. 125^ définit le trapp i^ une roche d^une couleur noirâtre plus ou moins foncée ^ de formation primitive , contemporaine des porphyres et des dernières couches du granit ^ et composée des mêmes élémeus que celui-ci ^ unis sous la forme de petits grains presque imperceptibles , et mêlés

(i) Il ne faut pas confondre la roche de corne de« Français, avec le homttein des AUemanda « qui , par cette seconde dfnoniination, veulent indiquer le silex et le petro-silex. LVpithète de cornéen (horn)^ dont les minéralogistes allemands font un fréquent usage , est attribuée à des fossiles de nature fort différente , par exemple , hornblende ( amphibole ), homhley { plomb corné ou muriatique), homerz (mine cornée» argent muriaciqur. d'Hauy) etc.

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avec la matière du schorl noir ( amphibole ) de laquelle résulte la couleur noire. Puis à la pag. 1 119 , il ajoute que la roche de corne est une roche primitive ^ composée ainsi que le trapp ^ des mêmes élémens que le granit , et dans laquelle abonde le schorl ( amphibole ) qui lui communique une couleur gris obscure ^ quelquefois noirâtre. Tous les élémens dont se compose la roche cornéenne ^ sont dans un tel état de division , qu^ils forment une pâte égale ^ continue y où Ton n*àperçoit aucune molécule distincte.

§ 281. Brongniart dans la Classification miné'' ralogique des roches milies ^ forme Tespèce 22.* de la trappite qu'il rapporte au genre des roches qui ont pour base Tamphibole ; et Brochant dit que les trapps primitifs sont, composés d^amphibole souvent mêlé de feld-spath ou plus rarement de mica . et de quelques autres substances ^ principalement de pyrites , ce qui les distingue des autres trapps non primitifs. Aux trapps primitifs^ se rapporte d'après beaucoup de géologues ^ le porphyre vert ( ophite de Brongniart ) , roche qui a pour base un mélange d'amphibole et de feld-spath si intimement unis ensemble que Toeil ne peut les distinguer. Sa couleur varie entre le veit de poireau , le vert d'olive et le vert de pistache ; et sa texture est compacte ^ souvent ècailleuse. Cette roche renferme de grands cristaux de feld-spath , colorés en vert ^ tirant quelquefois

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