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CHAPITRE XXI

da ruptures produites dans la superficie du globe,

§ i3o. Les eflPéta produits ' par le développe* ment des gaz et par la formation de la vapeur tqaeuse, durent se combiner avec ceux qui rèmitaient de la consolidation de la superfirie ; et ces deux causes quoique diverses, quoique agisunt en sens contraire , étaient bien capables par kar concours ,, de changer Tordre , la po- «idon, la continuité et la distribution régulière de la superficie et des parties qui lui étaient contigoes. D*un côté les gaz se dirigeaient vers la tuperficie ; de Tautre la compression produite par la consolidation des parties voisines de cette raperficîe, faisait effort vers le centre; mais la îiôitance que les parties internes, encore fluides, opposaient à cette compression , tendant a soulever et ft déchirer les couches déjà consolidées, doit être considérée comme une forcé qui agi»ttit du centre vers la superficie. H faut observer , ^ outre , que la compression produite par la loperficie, contribuait à accroître les efforts et ftnergie des gaz qu'on peut comparer à un floide introduit parmi les parties d'un coips ; si <^ corps vient à subir une compression ^ le fluijde

aOO IMSTITUTIOilS GÉOLOGIQUES..

cléploie tonte la force de son élasticité pour eni sortir.

§ i3i. Voilà donc deux causes qoi lors da refroidissement du globe ^ ont concouru à bouleverser la superficie; et quoique chacune d^eilesi ait agi d^une manière différente , leur effet peut i avoir été le même. La superficie externe en se consolidant, en se restreignant à un moindre volume par Teffet du refiroidistement , comprimait la masse interne encore fluide; et celle-ci i réagissant de son côté ^ et se trouvant fornaée i d^une matière plus homogène et plus dense que celle dont se composaient les couches superficielles, dut soulever ces couches et les déchirer. Ainsi Tordre fut détruit, ainsi cessa toute régularité. Les couches récemment consofidées étaient contigues, parallèles et horizontales; elles furent soulevées et déchirées ; quelquea-uoes devinrent inclinées, d^autres perpendiculairee ; beaucoup se détachèrent et se séparèrent : la matière interne, encore molle, s^étant ouvert nue voie à la faveur des déchirures, s^insinna dans les intervalles formés par Téloignement réciproque des couches; et si son dégorgement avait été assez copieux , elle eut pu se répandre même sur la superficie. Il n^est pas possible de déterminer les accidens et les combinaisons qui durent résulter d'une opération uniquement dirigée par le hasard. Cependant dans ce détordre

finénl oecaaiooQè par le développement des gas et des Tapeurs , et par le resserrement de la superficie qui se eonsoUdait, il y a eu comme on k verra dans la suite ., une cause dont Faction tendait à produire du moins autant que possible^ une certaine régularité d^effets , au milieu de tant de phénomènes dépendans de combinaisons iccidentelles. Si Ton observe ^ ea général ^ les pandas chatnes de montagnes ^ on y remarquera on plan presque uniforme qui indique qu^une loi gèDèrale et constante a présidé à leur cons* trocdoa; mais si Ton vient à examiner en détail les puties qui les constituent , on ne pourra ({aj reconnc^tre beaucoup d* anomalies qui sont le produit des combinaisons particulières.

§ i3a. Tant que les gaz et les vapeurs pou- ^ùcDt traverser la masse encore fluide ^ ils ne prodmsaient aucun vide permanent, parce qu^à p^ne passaient-ils d*un lieu à un autre , que les parties quMls avaient séparées , retombant sur cBeamémes, retournaient à leur première place: ^ loisqu*ils arrivaient à la superficie où les parties étaient déjà consolidées ou près de Tétre^ rik avaient une force suffisante pour la soulever H la rompre , ils occasionnaient des séparations fc continuité et des a£Faîssemens proporûonnés iQ torrent vaporeux ou gazeux qui s^ouvrait un P^age. A ces causes qui devaient produire des ^ichiremens dans la superficie, et détruire sa

±ÙA IKSTfrtrtIOm GÉOtOCIQtlES.

régularité ^ on peat joindre celle dont nous avoni déjà parlé ^ c*eat-à-dire , \é resserremeiit de h matière à mesure que la croûte ee consolidait par le refroididdem^nt G^eet ici un phénomène qui 6e fait plus ou moins remarquer soit dam les corps fondus quand ils se refroidissent ^ aoit dans les corps mou^ quand il sèchent : et comtnc le resserrement des parties ne peut être uniforme^ la superficie présente nécessairement beaucotqi d^enfoncemens dont quelques-uns pénètrent datii la masse interne jusqu^à une certaine profondeur, § i33. Il est très-probable que c^est à la même cause dont nous venons de parler^ qu^on doit attribuer ces grandes crevasses ou profondes ca« vités qu'on rencontre dans quelques lieux: tellea sont, celle d'Ordesa près le Mont Perdu ^ laquelle suivant Samond^ a 896 mètres ( 2754 pieds) de profondeur; celle de Rio Guracu dans le Pérou ^ dont la profondeur ^ suivant Humbôldt , est de 1364 mètres (4200 pieds); et ceHe de Chota dans le royaume de Quito , à laquelle^ suivant le même auteur^ on donne 1 566 mètres (48^4 pieds) de profondeur. Pour offrir ici en petit un exemple de ces fentes produites par le refroidissement des substances qui ont été fondues, je citerai ceHe qu^on remarque dans un courant de lave des Champs Pblégréens à Tendroit appelé Fossa spaccato. Si dans ce petit lit de lave, le retirement causé par Je refroidissement, a produit une

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oayerture de i5o pieds de longueur ^ de 4 à 5 de largeur , et d^une profondeur incoâkiué (i) ^ qoeHes immensiss déchirures ou cayitéB n^out-ellei pasdâ résulter du refroidissement des grandes flUMes du globe ?

§ 134. M/ La-Métherie a proposé cette même klèie dans Thypothèse de la cristallisation aqueuse. Toici comîûe il s*éxprime § 1 609 de la Théorie et la terre r « Il ^t certain qu'une sphère de a865 lieaes de diamètre^ Comkne la terre ^ qui a une grande chaleur intérieure et qui te refroidit à sa surface , doit se gercer à cette surface^ et qu'il doit s*y produire dea fentes considérables ou de grands écartemens i Textérieur, qui pénétreront à une profondeur plus ou moins grande et produiront des Tidea considérables. On peut donc regarder comme certain que la même chose a eu lieu pour la terre. Cette cause a pu produire des vallées plus ou moins profondes ^ et dés écartemena çii servent aujourd'hui de bassins à différentes

(i) Tontca les £oit que f ai viflité cet endroit avant 1798 , f a£ iBotOement tenté de ireconnoidre la profondeur de la fente. Lea P^es de« deox paroia oppoaéea a^avancent sur la fente et te trtiiieiu de manière qn^eÛet empêchent d*y faire deteendre un* lOBdé ou d'y faire tomber librement une pierre qui par le tenp* ^ w chute puisse indiquer, la profondeur. En me plaçant di* rectement sur la fente , j*y ai jeté dea pîerret que f ai entendu inder pendant tix ou sept tecondet , tans pouvoir distinguer le ^^ coup* qui aurait frappé sur le fond.

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31 mers^ soit des mëditerranées^ comme la me^ 3» Bouge ^ la Méditerranée ^ la Baltique ^ le seia » Fersique , etc. ^ soit aux grandes mers ^ comme » TÂtlantique. 3» Considérer les grandes irrègu* larités de la superficie terrestre comme contemporaines de sa consolidation et produites par son refroidissement, me paro(t une conjecture très-probable; aussi n*ai-je pas fait difficulté de Tadopter. Mab en premier lieu, j*appréhende que les effets attribués par M/ La-Métherie au seul resserrement des parties de la superficie terrestre i^ ne soient exagérés; et je crois quMl convient de recourir encore aux autres causes que j*ai déjà signalées, et particulièrement au développement des gaz et des vapeurs. En second lieu, je ne vois pas comment on pourrait faire concorder cette idée avec la doctrine sur les dépositions et les cti^ tallisations aqueuses. La chaleiur centrale du globe, suivant La-Métherie , procède de la chaleur primitive, et cdle-ci était nécessaire à la fluidité de Teau qui tenait en dissolution tous les élémens. Mais on peut douter si cette quantité de calorique qui suffisait pour rendre Teau fluide , était capable de produire les effets qu^on lui attribue. Quoiqu*il en soit ^ et de quelque 'manière qu^on veuille envisager son action , on peut se référer à ce qui a été dit dans le § 77 sur Topinion de La-Métherie relativement à la chaleur primitive de la terre. Cest une singularité remarquable

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