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doit y avoir un certain nombre de masses distinctes et superposées ou du moins appuyées les unes contre les autres. On ne saurait déterminer exactement le nombre de ces masses, parce qu'il dépend de la hauteur particulière de chaque masse, et de la hauteur totale de la montagne; 1° les plans qui se regardent dans la superpolition, et qui font proprement la liaison des couches, doivent être assez lisses ou du moins ils ne doivent pas oflFrir de grands ressauts ou f autres inégalités tranchantes formées de matières bomogènes , c'est-à-dire , qu'au lieu de liaisons , il ne doit pas y avoir des crevasses ou des séparations forcées ; 3.** ces plans ou ces liaisons doirent former avec Thorizon un angle constant, et par conséquent les masses doivent être parallèles; \.^ dans chacun de ces plans , on doit remarjuer une direction constante par rapport aux wints cardinaux ; 5.*^ indépendamment des quatre )ropriétés ci-dessus mentionnées , les masses doircnt s'étendre considérablement tant dans la haueur, que daos la largeur et dans la longueur le la montagne.
§ 190. C'est d'après ces divers caractères d'une Dontagnc stratifiée, que M/ Pino ayant observé le près la chaîne du Saint-Gothard pendant m espace d'environ 60 milles, assure qu'il n'y I reconnu aucune véritable stratification. Palis, qui a examiné plusieurs grandes chaînes de
montagnes granitiques^ remarque qu^on ne trouve jamais le granit en couches , et il ajoute qu'à la vérité quelques granits semblent amoncelés en couches de plusieurs pieds de grosseur^ mais que les fentes qui ont divisé ces couches en grandes masses parallélipipèdes , doivent être considérées comme les articulations des basaltes , ou comme les fentes d'un argile durcie au feu. Bonnard dans Y Essai géognosdque sur rErzgebirge (Yoy. Journal des mines ^ octobre i8i5) parlant des granits de ce groupe ou système qu'il appelle de Test^ dit qu'ils ne présentent aucun indice de stratification. De Buch convient aussi que le gra- ^ nit ne se trouve jamais en couches ( Yoy. Journal n de physique^ fructidor an 7 )^ et il affirme ^u*il ^ n'a vu aucune trace de stratification dans la chaîne <i granitique du Reinsengebirge qui a plus de 3o i lieues de long, ainsi que dans les granits de la ) Saxe^ de la Bohême et de la partie des Alpes qu'il a visitée. Selon Hutton , nous ne devons supposer à nos masses de granit aucune structure déterminée ) à l'exception des veines et des fentes formées par la retraite de la matière i l'époque de la consolidation. J'ai moi-même visité avec le savant M.*^ Isimbardi qui m'honore de son amitié^ les granits de la partie septentrionale du Lario^ et nous n'avons pu y remarquer aucune stratification. J'en dirai tout autant des deux montagnes granitiques du Lac Majeur, savoir^
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celles de Baveno et de Montorfano. Dans le cé« lèbre bloc de granit transporté à Pètersbourg , qui avait 21 pieds de hauteur, 34 de largeur et 4a de longueur, il n*y avait aucun indice de couches» Enfin Playfair n*a pu découvrir le moindre vestige de stratification dans la partie granitique de la chaîne du Goatfield dans Fîle d^Aran, et Brochant ttsure positivement que les granits du midi de b France n'ont point des couches distinctes.
§ 191. An contraire Playfair que nous avons Jèjà cité , prétend avoir observé dans la forêt ie Charley , dans Leicestershire et dans Ber- ^icksbire à Lammermuir près le village de Priestaw, un véritable granit disposé eu couches égolières. Un grand nombre de géologues tels pe Dolomieu , Saussure , De Luc (i> , "Werner nt soutenu la stratification du granit, et Hum* loldc en a même déterminé la direction en étabsant que les couches granitiques comme celles
(i) Cet ameur dans V Abrégé de géologie imprimé à Paria en ^16 , prétend démentir ce que De Buch a écrit sur les granits i Reisengebirge ; il le Use d'observateur peu exact, et il assure n'il résulte de ses propret observations , que la chaîne des monts !» Géans est composée de granit stratifié. U est possible que KM une chaîne de 3o lieues de longueur, les lieux vérifiés par iâ de ces deux naturalistes, soient différens de ceux observés t ramre» Du reste, De Budi par ses ouvrages et par ses voyages» st déjà assuré un rang distingué parmi les premiers géologues ! ce siècle , et les expressions peu mesurées de De Luc ne Braient porter la moindre atteinte à une réputation si bien qnise.
3o4 INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.
cles autres terrains primitifs^ sont incliaëes ai nord tirant un peu vers Touest^ et formani avec Taxe du globe un angle de 4^ ^ ^7 degrés, pendant que les couches des montagnes aecon* daires , suivant le 'même auteur ^ sont toujoun inclinées au sud pliant un peu à l'est. Cependant les géologues suisses qui admettent là stratification du granit^ conviennent que dans les Alpet du Saint-Gothard ^ Tinclinaison des couches ai nord-ouest n^est pas celle qui prédomine gêné ralement, mais qu^au contraire Finclinaison ai sud-est se fait remarquer dans des extexisioni encore plus considérables^ puisqu*au revers septentrional des mêmes montagnes^ et à la partie boréale de la chaîne centrale, cette inclinaisol prédomine généralement jusques aux dernière limites des formations primitives: elle se montra encore généralement dans les chaînes paraUèle| les plus méridionales ; et enfin dans cette parci^ de la chaîne centrale et des chaînes méridionale^ les plus voisines où prédomine Tinclinaison ai nord-ouest^ on remarque d^espace en espaa Tinclinaison méridionale des couches. Dolomieu, qui a combattu Topinion de Humboldt, adm^ les couches de granit , mais il nie la régulant^ de leur direction dans la chaîne des Alpes; c^ qui encore a été confirmé par Cordîer relative meut à la chaîne des Pyrénées. On doit observei que quoique Saussure ait toujours soutenu 1^
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stradficadon da granit , il a néanmoins avoué ne ravoir pu! • reconnoître dans les granits qui bordent le Rhône entre Lyon et Valence.
§ 192. Que devrons-nous conclure de ces observations si. contradictoires ? Elles confirment ^ ce me semble ^ une grande vérité , c*est qu*en géologie ^ il faut bienf se garder de trop généraliser: un grand nombre d'erreurs sel sont introduites dans cette science, parce que bien souvent on a voulu étendre à toute la superficie du ^obe, les phénomènes observés dans quelques contrées. Le granit dans certaines montagnes, pourra être stratifié ; il pourra ne pas Tétre dans f autres , ce qui ne devra point nous surprendre toit dans Fhypo thèse de la fluidité aqueuse, soit lans celle de la fluidité ignée. Si Ton admet la brmation du granit par le moyen d'une cristalbation qui s*est opérée dans Ytau , lorsqu'on 'oudra expliquer T origine de. la stratification de «tte roche, on devra supposer diverses préci- »i(ations successives; et puis pour rendre raison b la formation des montagnes granitiques qui omposent de grandes masses, il faudra recourir une seule précipitation, mais à une précipitaon. aussi étendue qu'abondante. Ces deux phénolènes concordent encore avec notre hypothèse: i le granit s'est cristallisé par l'effet du refroidis- (ment d'une matière qui a été dans un état de ision , il aura dû former des masses unies et