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L EDIFICE

annoncer l'apparition des dieux. Les apparitions, qui devaient venir d'en haut, se faisaient au moyen d'une machine qui déplaçait subitement un décor et laissait voir la divinité qu'on voulait faire intervenir.

La scène, construite d'une manière monumentale, offrait une ordonnance régulière composée de colonnes et ornée de statues. La décoration était de trois espèces selon la pièce que l'on jouait. Pour la tragédie, la scène montrait des bâtiments rehaussés de portiques; pour la comédie, des rues et des places publiques, et pour les pièces satiriques, des rochers ou des bosquets.

Fig. 47- — Théâtre d'Herculanum.

11 y avait des décors triangulaires, où chaque face montrait une peinture différente et qu'on tournait sur pivot pour montrer la face qu'exigeaient les circonstances, mais il y avait aussi de grands tableaux que l'on faisait glisser sur la scène, et qui lorsqu'on les retirait en laissaient voir d'autres laissés derrière.

On a beaucoup discuté sur les connaissances des anciens en fait de perspective. Vitruve nous renseigne à cet égard : « Agatharchus, dit-il, ayant été instruit par Eschyle, à Athènes, de la manière de faire les décorations de théâtres pour les tragédies, il fit le premier un livre sur l'art de les peindre ; il apprit ensuite ce qu'il en savait à Démocrite et à Anaxagore, qui ont écrit aussi sur ce sujet et principalement sur l'artifice au moyen duquel on pouvait, en plaçant un point sur un certain lieu, imiter si bien la disposition naturelle des lignes qui sortent des yeux en s'élargissant, que, bien que cette disposition des lignes soit une chose qui nous est inconnue, on parvenait à faire illusion et à représenter fort bien les édifices dans les

perspectives que Ton peignait sur la scène, où ce qui est peint seulement sur une surface plate paraît être rapproché en de certains endroits et être plus éloigné dans d'autres. »

Chez les Grecs l'orchestre était plus grand que chez les Romains à cause des chœurs, mais la scène était généralement plus petite. L'usage du rideau ou de la toile, qui ne parait pas avoir été usité chez les Grecs, se trouve au contraire chez les Romains. Mais au lieu de la lever comme on fait aujourd'hui, on la baissait et on la faisait glisser par unetrappe sous le proscenium. Elle était décorée de sujets empruntés à l'histoire ou à la mythologie. Les acteurs grecs et romains étaient masqués; pourtant nous voyons par Cicéron que le célèbre acteur Roscius jouait quelquefois sans masque.

Les théâtres grecs les plus célèbres étaient celui de Bacchus à Athènes, celui de l'île d'Égine, celui de Mégalopolis, le plus grand de la Grèce suivant Pausanias, celui d'Epidaure, bâti par Polyclète dans le bois sacré d'Esculape. En Asie, le théâtre d'Ephèse était extrêmement fameux. La Sicile était aussi richement dotée; on y peut voir encore les restes du théâtre de Syracuse. En Italie, comme en Grèce, les plus anciens jeux scéniques n'étaient que des danses, ou des dialogues en vers grossiers que les villageois improvisaient. Ce ne fut que fort tard que les Romains eurent des théâtres en pierres comme ceux des Grecs, et cet usage, venant d'une influence étrangère, rencontra même une assez vive opposition. Il existe en Italie, en Espagne et dans le Midi de la France de beaux restes de théâtres romains.

En Grèce, où les représentations théâtrales avaient un caractère religieux, tout le peuple y était admis. Mais en Italie, les personnes qui voulaientassister à une représentation théâtrale devaient être munies d'un billet d'entrée, qu'on nommait fessera, et sur lequel était marquée la place que le spectateur devait occuper et même le nom de la pièce qu'on devait jouer.

Un de ces jetons a été découvert à Pompéi (^gf. 48; et nous apprend par son inscription que celui qui l'avait en main devait assister à une représentation de la Casina de Plante.

Fig. 48.

Billet de spectacle.

Les masques. — Les acteurs grecs et romains portaient sur le

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