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LA PHILOSOPHIE

Yenable à un rhéteur qu'à un empereur ; qu'en général ses lois sont très inférieures aux précédentes en éloquence, en majesté et en prudence. »

La philosophie. — La plus ancienne école philosophique des Grecs a reçu le nom d'école ionienne, parce que la plupart des philosophes qui en faisaient partie étaient nés en lonie. Elle a pour chef Thaïes de Milet, né vers 610 avant notre ère, et fut ensuite transformée par Anaximandre et plusieurs autres. Rejetant les fables mythologiques qui avaient cours dans le peuple, cette école rechercha les causes premières dans l'étude des phénomènes extérieurs, et admit les éléments, l'eau, l'air ou le fea, comme étant le principe et l'origine du monde. L'école italique, qui s'éleva parallèlement à la précédente, mais dans une direction tout opposée, eut pour chef Pythagore, qui était natif de Samos, mais qui vint enseigner en Italie, au vi^ siècle avant notre ère. Au lieu de prendre les phénomènes naturels pour point de départ, les pythagoriciens considéraient leurs rapports. Les nombres étaient pour eux le principe des choses, et comme ils partent tous de l'unité, Dieu, qui est l'unité primordiale, préside à l'univers comme intelligence suprême, et les âmes qui sont assimilées aux nombres sont immortelles en ce sens qu'elles renaissent sans cesse par la métempsycose. Cette école, qui avait eu pour point de départ les mathématiques, aboutit promptement à un spiritualisme mystique et finit par nier toute réalité matérielle et par ne plus admettre que l'unité absolue. Empédocle, Épicharme, Archytas de Tarente, Xénophane, Parménide et Zenon d'Elée en furent les principaux sectateurs. Considérant la connaissance donnée par les sens comme une simple illusion, les derniers pythagoriciens arrivèrent a4nsi à la négation du mouvement et des phénomènes, sur lesquels l'école d'Ionie avait échafaudé son système.

Entre ceux qui voyaient partout la pluralité et ceux qui n'admettaient que l'unité se placèrent les sophistes, dont le plus célèbre, Gorgias de Leontium, s'efforça de prouver : 1° que rien n'existe ; 2° que quand même une chose existerait, nous ne pourrions pas la connaître ; 3° que quand même nous pourrions la connaître, nous ne parviendrions pas à la démontrer. Ce système négatif, qui ressemblait moins à une philosophie qu'à une rhétorique, plut infiniment aux Grecs, dont la jeunesse ergoteuse apprenait chez les

sophistes à plaider indifféremment le pour et le contre. II eut aussi pour résultat de préparer pour les luttes de l'Agora une foule d'orateurs plus habiles que convaincus. Socrate, qui fut le plus violent adversaire des sophistes, bien qu'il ait souvent emprunté leurs procédés d'argumentation, assigna pour point de départ à la philosophie la connaissance de soi-même et fut en Grèce le premier moraliste. La morale fut dés,ormais considérée comme liée intimement à la philosophie, qui jusque-là avait circonscrit son domaine, soit dans l'observation du monde visible, soit dans les pures spéculations de l'esprit. Avec Socrate commence la seconde période de la philosophie grecque.

Ici les écoles naissent en foule et les systèmes se croisent de toutes parts. Parmi celles qui relèvent directement de Socrate, la plus importante est l'école platonicienne, nommée aussi Académie. Suivant Platon, les idées, en tant que conçues par l'esprit, ne sont que des réminiscences d'une existence antérieure. Ces idées ont leur raison d'être en Dieu, essence du beau et du bien. Comme les idées ont existé avant les choses', les notions que nous pouvons puiser dans la nature extérieure sont nécessairement trompeuses; il n'y a de vrai que les types éternels dont la réalité de ce monde n'offre qu'une infidèle image. La perfection que l'homme doit chercher dans la morale comme dans l'art est en nous comme un souvenir confus, qui plane au-dessus des réalités terrestres.

Les péripatéticiens, ou sectateurs d'Aristote, rejettent la doctrine de la réminiscence, tout en conservant le principe divin au Sommet de la hiérarchie des êtres. Dieu, qui est le principe et la cause de tout, existe en nous comme âme impérissable, mais non personnelle, car ce qui dans notre âme est individuel, est par cela même condamné à mourir avec le corps. En rejetant les idées premières j de Platon, pour porter la philosophie dans l'étude des causes premières, Aristote donna une très grande part à l'observation des faits, et son savoir encyclopédique ne contribua pas moins que sa doctrine à donner au Lycée, qui est le nom sous lequel on désigner son école, un caractère essentiellement scientifique.

Épicure enseignait que le monde, qui n'a pas eu de commencement et qui n'aura pas de fin, est composé d'un nombre infini^ d'atomes, dont la rencontre fortuite dans le vide a formé tous les! êtres. Il ne niait pas l'existence les dieux, mais ne leur attribuait aucune inlluence sur l'univers. Samorale était une doctrine de Tin-

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