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final que de scandaliser le peuple fidèle , et d'énerver le lien sacré de la subordination cléricale. Pour produire un bien médiocre, on s'exposerait à opérer un mal considérable. Nous désavouons donc à l'avance toutes démonstrations imprudentes et téméraires, propres seulement à compromettre une cause qui n'est pas mûre encore. Sans doute , notre intention est d'aider a l'instruction de cette cause , et nous la voudrions voir jugée déjà et gagnée par la tradition contre la nouveauté ; mais une si grande révolution ne s'accomplira qu'à Paide du temps , et la main de nos Evoques devra intervenir, afin que toutes choses soient comme elles doivent être dans cette Eglise de Dieu qu'il leur appartient de régir.
Tel est notre avis que nous déposons ici pour la décharge de notre conscience , nous souvenant de notre qualité de membre indigne du Clergé Régulier, lequel a dans tous les temps témoigné de son attachement inviolable à l'Ordre Hiérarchique, sans croire parla porter atteinte aux privilèges dont la discipline générale de l'Eglise l'a investi ; tandis qu'on a vu constamment les docteurs du Presbytérianisme , guidés par un secret instinct , confondre dans une même aversion la prérogative divine de l'Episcopat et les droits concédés aux corps privilégiés. Nous en appelons, sur ce point, à l'histoire des controverses qui s'agitèrent , en
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France , aux dix-septième et dix-huitième siècles, sur la Hiérarchie et ses applications. Ce qui nous perd aujourd'hui , c'est l'ignorance de ce passé , sans lequel, pourtant, on espérerait en vain comprendre et terminer les questions présentes.
Il ne sera peut-être pas inutile de répéter ici ce que nous avons déjà dit ailleurs , savoir que , dans cette Introduction Historique, nous touchons un grand nombre de questions, sur lesquelles nous sommes amenés à prendre un parti , sans que la marche du récit nous permette de nous arrêter assez pour motiver notre avis. Si quelquefois le lecteur avait peine à se rendre compte des raisons qui nous déterminent pour telle ou telle conclusion , nous le prierions d'attendre le développement même de l'ouvrage ; il n'est pas une seule des questions soulevées dans l'Introduction , qui ne doive être discutée dans la partie didactique de notre travail. On peut revoir le plan de l'ouvrage entier dans la préface du premier volume.
On nous a prié de caractériser la nature et l'étendue de la réaction liturgique du dix-huitième siècle; c'était déjà notre intention, et nous croyons même que rien ne sera plus utile , quand , d'une manière précise, nous en viendrons a l'explication détaillée des Offices divins, que de placer jour par jour, en regard des formules de l'antiquité , les innombrables pièces nouvelles qu'on y a substi-
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tuées, en France. La science liturgique, comme toute science de faits , avance principalement par la réunion et la comparaison des données positives ; c'est ce qui nous a porté à ne rien négliger pour procurer à notre ouvrage les compléments dont il a besoin pour être , autant que nos forces nous le permettront , une véritable Somme liturgique. Ainsi nous n'interrogerons point seulement les anciennes Liturgies de l'Orient et de l'Occident ; mais nous étudierons , dans le plus grand détail , les produits de notre fécondité nationale en ce genre, à partir du Bréviaire de Cluny, de 1686, jusqu'aux récents Bréviaires que notre siècle a vu paraître.
Nous avons déjà dit et nous répétons ici volontiers que nous nous ferons un devoir de répondre franchement aux observations ou réclamations qui nous seraient adressées ; la préface du volume suivant contiendrait nos éclaircissements sur les points contestés, ou même, s'il y avait lieu, les rectifications qu'une plus ample instruction delà matière nous mettrait à même de fournir.
Jusqu'ici du moins, nous le disons en toute simplicité , nous n'avons recueilli que des suffrages bienveillants. Pour ne parler que de la France, les encouragements directs que nous ont transmis plusieurs de nos Archevêques et de nos Evèques, h sympathie que d'autres Prélats nous ont fait