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CHAPITRE XXn

FIN DE L'HISTOIRE DE LA LITURGIE DURANT LA PREMIÈRE MOITIÉ DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE. — - TRAVAUX DES SOUVERAINS PON- TIFES SUR LA LITURGIE ROMAINE. — AUTEURS LITURGISTBS DE CETTE EPOQUE.

Dans le cours des cinq chapitres que nous venons de consacrer à l'histoire de la Liturgie, dans la première moitié du dix-huitième siècle , nous n'avons eu à nous occuper que de la France* Ce pays tout seul a été le théâtre de la triste révolution dont nous avons eu à retracer le désolant tableau. Le reste de la Catholicité demeurait Ûdèle aux traditions antiques, à l'unité Romaine de la Liturgie. Le Siège Apostolique y réglait toujours les formes du culte; ses décrets y étaient reçus avec obéissance , et les livres Grégoriens continuaient d'y servir d'expression à la piété du clergé et des fidèles.

Mais, durant les cinquante années de ce demi-siècle, la Liturgie Romaine ne fut pas sans recevoir de précieux accroissements. Pendant aue l'Ealise Gallicane procédait car voie de destruction , les Pontifes Romains , si jaloux de conserver l'antique dépôt de saint Grégoire , r enrichissaient de nouveaux Offices et de nouvelles Fêtes.

Le grand et pieux Clément XI , dans sa sollicitude pour les besoins temporels du peuple Chrétien , remplit une lacune importante dans les livres de la Liturgie. Parmi les prières que l'Eglise adresse à Dieu dans les diverses calamités, les siècles précédents n'en avaient point offert pour détourner le redoutable fléau des tremblements de terre. En Tannée 1705 ,

^ msTmmoNs

l'Italie ayant été désolée par de nombreuses catastrophes de ce genre, Clément XI composa et plaça dans le Missel les trois magnifiques Oraisons qui portent en tête cette Rubrique : Tempore terrœ motu$. Au Bréviaire, dans les Litanies, il prescrivit désormais cette invocation : A flageUo terrœ motus. tf. bera nos , Domine.

Ce fut le même Pape qui étendit à l'Eglise universelle la solennité du très saint Rosaire, du rite double majeur, en commémoration de la victoire de Lépante. Il donna un nouvel Office de saint Joseph , établit doubles la fête de saint Anselme avec le titre de Docteur, et celle de saint Pierre d'Alcantara; et semi-doubles celles de saint Pie V, de saint Jean de Dieu et de sainte Hedwige. Il créa semi-doubles d'obligation les fêtes de saint Vincent Ferrier, de saint Antonin et de saint Ubalde, dont l'Office était précédemment ad libitum. Enfin, il établit la Commémoration de saint Liboire, Evêque du Mans, au 25 juillet, en reconnaissance du soulagement qu'il avait éprouvé par l'intercession de ce saint dans une infirmité pour laquelle on l'invoque dans toute l'Eglise.

Innocent XIII institua la fête du très saint Nom de Jésus, du degré double de seconde classe , et celle de saint Isidore de Sé ville , double mineur avec le titre de Docteur. Il éleva au même rang dédouble mineur, de semirdoubUs qu'ils étaient, les Offices de saint Paul, Ermke, et de saint Jean de Dieu, et créa semi-double d'obligation celui de sainte Elisabeth de Portugal, qui auparavant était ad libitum*

Benoit XIII, outre la fête de saint Grégoire VII dont nous avons parié, institua celle des Sept Douleurs de la Sainte Vierge, celle de Notre-Dame du Mont-Carmel, et celle de Notre-Dame de laMercy, toutes trois du degré double majeur. Il établit du rite double mineur les fêtes de saint Pierre Chrysologue, avec le titre de Docteur; de sainte Seholastique,

de saint Jean de Sahagun, et de sainte Rose de Lima. Il éleva au même degré les Offices de saint Vincent Ferrier, des saints Jean et Paul, et de sainte Brigitte, qui n'étaient que «mtdoubtee auparavant. Saint Eusèbe de Verceil et saint André d'Avellino, furent admis au Bréviaire avec le degré «amidouble par le même Pontife, qui créa semi-double d'obligation la féte de saint Wenceslas, qui jusque-là jouissait de ce degré seulement ad libitum.

Ces travaux sur le Bréviaire Romain ne sont pas les seuls mérites de Benoît XIII à l'égard de la Liturgie. Le Cérémonial dee£vêquee, fut, de sa part, l'objet d'une révision minutieuse et obtint d'importants accroissements > par les soins personnels du Pontife et de la Commission qu'U institua à cet effet. Le Cérémonial , ainsi réformé, fut an* noncé à l'Eglise Catholique et promulgué par un Bref du 7 mars 1727.

Aucun Pape n'a surpassé Benoît XIII, et bien peu l'ont égalé dans son zèle pour les Fonctions saintes. On compte

néveut, pendant qu'U en était Archevêque, soit à Rome, dans le cours de son Pontificat : la seule Basilique de saint Pierre en renferme douze consacrés par lui. Le nombre des Eglises qu'il dédia n'est pas moins étonnant. On le vit , entre autres, durant son Pontificat, se transporter au Mont-Cassin, pour y faire la Dédicace de la nouvelle et magnifique Eglise de Saint Benoît, qu'U érigea en Basilique. Désirant honorer la mémoire de Gavanti, il créa pour l'Ordre des Barnabites, à perpétuité* une charge de Consulteur de la Congrégation des Rites.

Clément XII éleva au rite double majeur la fête de sainte Anne, mère de la Sainte Vierge, et transféra celle de saint Joachim au Dimanche dans l'Octave de l'Assomption. Il institua , du rang double mineur. l'Office de saint André Gorsinif

à la famille duquel il appartenait; de saint Vincent de Paul et de sainte Gertrude. Il éleva au même degré les fêtes ternidoublet de saint Stanislas de Cracovie et de sainte Monique, etétaMit semi-doublet celles de saint Jean de la Croix et de sainte Julienne de Fakonierî.

Enfin , Benoit XIV monta sur le Siège Apostolique. H dut nécessairement s'occuper du culte divin, lui qui ne fut étranger à aucune des nécessités de l'Eglise, et que ses doctes écrits ont placé à la tête des liturgistes de son temps. Versé profondément dans la connaissance des usages de l'antiquité, ce Pontife ne vit pas avec indifférence la modification grave qu'avait snbie le Calendrier du Bréviaire Romain, depuis l'époque de saint Pie V. Les Fériés se trouvaient diminuées dans une proportion énorme, par l'accession de plus de cent Offices nouveaux ; le rang de doubles, assigné à la plupart de ces Offices, entraînait de fait la suppression d'une grande partie des Dimanches. Il était bien clair que l'antiquité n'avait pas procédé ainsi. D'autre part, cet inconvénient de la multiplicité des fêtes des Saints avait été exploité par les novateurs Français : devait-on continuer à laisser subsister un prétexte à l'aide duquel ils avaient rendu totérable à bien des gens leur divorce avec les livres Romains ?

Le Pontife commença par prendre une résolution à laquelle il se montra fidèle dans tout le cours de son Pontificat de dix-huit ans ; ce fut de n'ajouter aucun nouvel Office au Bréviaire (4). Seulement, il attribua à sairit LéOn-le-Grand le titre de Docteur, par une Bulle solennelle ; mais ce saint Pape était déjà au Calendrier Romain depuis de longs siècles. On aime à voir cette réclamation en faveur des usages antiques,

(i) Emmanuel de Arevedo. De Divino Offiào exercitûtiones selectce. Parti, page ^

cette répugnance à entrer dans des voies nouYeBes qui caractérise les opérations du Saint Siège. Mais la Providence ne tarda pas à manifester ses volontés sur cette grande question, par l'organe des successeurs de BenoK XIV, qui reprirent tout aussitôt l'usage d'insérer, à chaque Pontificat, de nouveaux Saints au Bréviaire.

Benoît XIV ne chercha pas seulement à garantir FOffice du Dimanche et celui de la Férié contre Pinvasion des Fêtes nouvelles; il projeta même une réforme du Bréviaire» H croyait, en effet , que si , dans le Bréviaire Romain , la partie Grégorienne devait être réputée inviolable, la partie mobile, à savoir les Leçons introduites par saint Pie V, pouvait être susceptible d'une révision. L'œuvre du seizième siècle était, sans doute , un chef-d'œuvre pour son temps ; mais deux siècles après, n'était-il pas possible de remplacer certaines Homélies des saints Pères que la science moderne avait démontrées apocryphes? de retoucher quelques Légendes, bien qu'en très petit nombre (1) qui avaient besoin d'être mises en harmonie avec les exigences d'une critique plus sévère? En conséquence, il chargea le P. Fabio Danzetta, Jésuite, de faire un travail sur cet objet. L'ensemble des notes de Danzetta sur la correction du Bréviaire Romain, ne formait pas

(1) U oo Vagit ici que de quelque* traits seulement; car on doit savoir que le docte Benoit XIV éUit bien loin de mépriser l'autorité des Légendes du Bréviaire Romain. U dit même expressément , dans son Traité de la Canonisation des Saints, qu'il n'en est pas une qui ne soit susceptible d 6tr© défendue d après les principes de la science eccléstastique. U était donc bien loin d'abonder (Uns le sens de nos modernes llturgistes , qui ont sacrifié en masse les traditions Catholiques sUr la plupart des Saints du Calendrier. Nous aurons ailleurs occasion de juger leur travail, Jour par jour ; comme aussi , nous traiterons spécialement de l'autorité des Légendes du Bréviaire Romain , en général et en particulier.

moins de quatre volâmes in4° (1). Nous avons cherché en vain ce curieux manuscrit, durant notre séjour à Rome. Zaccaria atteste en avoir vu un exemplaire entre les mains du Prélat, depuis Cardinal Gabrielli. Quoi qu'il en soit, le travail de Danzetta resta à l'état de Remarques sur le Bréviaire Romain , et Benoît XIV, après avoir considéré attentivement les difficultés de plus d'un genre qui s'opposaient à celte réforme du Bréviaire, finit par renoncer à son projet; sans doute , le temps n'était pas venu encore de tenter ce grand œuvre , peut-être parce que les inconvénients qu'on voulait éviter n'étaient pas réels, ou encore que les principes qui auraient présidé à ce travail n'étaient pas de nature à l'amener à une fin heureuse et convenable.

Au reste , Benoît XIV, s'il n'opéra pas la réforme du Bréviaire Romain , n'en porta pas moins sa sollicitude efficace sur un grand nombre de matières liturgiques qui la réclamaient impérieusement. Le Martyrologe Romain dont nous avons raconté ailleurs la réforme par Grégoire XIII , et auquel les Pontifes Romains avaient successivement ajouté les noms des Saints nouvellement canonisés, fut spécialement l'objet des travaux de Benoît XIV. Il en prépara une édition qui parut à Rome , par son autorité, en 1748. Plus tard, il adressa à Jean V, Roi de Portugal , des Lettres Apostoliques dans lesquelles il rend compte , avec moins de dignité peutêtre que d'érudition, des motifs qu'il a eu d'admettre ou de n'admettre pas certains personnages dans ce Martyrologe. Cet immense Bref est du 1er juillet 1748.

Le Pontife s'occupa aussi du Cérémonial des JEvêques, sur lequel Benoît XIII avait déjà travaillé, ainsi que nous venons

(1) Albergotti, Evôque d'Arezzo. La Divina Salmodia. page 231,— ' ïl Breviario Romano difeto e gituti/kato. Anonyme. 1790. page 82. — Zaccaria. BMotheca BUuatii. Tome III. page cccxxxviij.

de le dire. La publication définitive de ce livre , dans la forme qu'il garde encore aujourd'hui, fut faite par un Bref du 25 mars 4752.

Le Bullaire de Benoît XIV présente de nombreuses preuves du zèle qui l'animait pour la conservation des Rites sacrés , et nous aurons occasion d'y revenir souvent dans le cours de cet ouvrage. Nous indiquerons seulement ici en passant les nombreuses Constitutions et Règlements sur les rites des Grecs et des autres Orientaux unis; les Bulles et Brefs, sur la célébration de l'Octave des saints Apôtres, à Rome; sur la défense faite aux Evêques de jamais obéir aux Princes qui leur enjoignent des prières publiques ; contre les Images superstitieuses ; sur la Bénédiction des Palliumê ; pour accorder à tous les Prêtres des Royaumes d'Espagne et de Portugal la faculté de célébrer trois Messes le jour de la Commémoration des Morts; contre la musique profane dans les Eglises ; sur la Rose d'or ; contre l'abus des Chapelles privées ; pour l'érection de l'Eglise de Saint-François, à Assise, en Basilique patriarchale , etc.

Le même Pontife, jaloux d'imiter la conduite de Benoit XUf , qui avait voulu , comme nous l'avons rapporté ci-dessus, honorer la mémoire de Gavanti, créa aussi, pour l'Ordre des Théalins, à perpétuité, une charge de Consultcur dans la Congrégation des Rites, en reconnaissance des services rendus à la science liturgique par le B. Joseph-Marie Tommasi et par le savant Gaétan Merati. Peu de temps après, il fit la même chose en faveur de la Compagnie de Jésus, et nomma Consulteur l'illustre P. Emmanuel Azevedo. On trouvera ci-dessous la notice des travaux de Merati et d' Azevedo.

Enfin, Benoît XIV, voulant procurer plus efficacement encore l'avancement de la science liturgique, érigea dans le Collège Romain, qui est en même temps une Université tenue T. u. 34

par les Pères de la Compagnie de Jésus, une Ecole spéciale des Rites sacrés, qui a été depuis transférée au Séminaire Romain. On ne tarda pas à ouvrir dans différentes villes d'Italie des Ecoles de Liturgie sur le modèle de celle de Rome. Nous croyons faire plaisir à ceux de nos lecteurs qui s'intéressent au progrès de la science ecclésiastique, en insérant, dans une note, à la fin de ce chapitre, les règlements de l'Ecole Romaine. Qui sait si quelque jour il ne nous prendra pas fantaisie, à nous autres Français, de nous livrer enfin à l'étude raisonnée des Rites sacrés (1) ?

Tels furent les travaux des Pontifes Romains sur la Liturgie, durant la première moitié du dix-huitième siècle. Il n'est pas rare d'entendre des personnes * graves d'ailleurs, témoigner leur étonnement de ce que ces mêmes Pontifes, si zélés pour le dépôt des traditions liturgiques, n'aient pas fulminé contre les nouveautés dont les Eglises de France étaient le théâtre à cette époque. Nous avons même été à portée de nous apercevoir que plusieurs semblaient disposés

à regarder ce silence comme une sorte d'approbation.

Cependant , si ces personnes voulaient se donner la peine de parcourir les Collections imprimées des Décrets des Congrégations du Concile de Trente et des Rites, elles y trouveraient des preuves multipliées des intentions persévérantes du Saint Siège sur l'observation des Constitutions de saint Pie V, pour le Bréviaire et le Missel Romains. Toutes questions adressées sur ce sujet , à Rome , ont été et seront toujours résolues dans ce sens.

Maintenant, est-il nécessaire que le Siège Apostolique entreprenne de faire le procès à toutes les Eglises qui, n'étant pas dans le cas d'exception admis par saint Pie V, ont,

(I) Vid. la note A.

nonobstant ce, abjuré les usages Romains? D'abord , pour cela, il faudrait qu'on eût gardé à Rome une Statistique de la Liturgie des Eglises d'après les règles fixées dans la Bulle Quod a nobis , afin d'être en mesure de poursuivre celles qui se seraient écartées de leur devoir. Mais cet Etat, quand a-t-il été dressé? par qui Ta-t-il été ? Il est visible qu'avant de lancer sa Constitution , le saint Pape n'avait même pas un rapport exact de la situation des Eglises, quant à la Liturgie Romaine, puisqu'il était contraint d'adopter la moyetme de deux cents ans de possession. De plus, il n'exigeait même pas que les Eglises instruisissent le Saint Siège du parti qu'elles auraient pris; il s'en rapportait , comme on l'a vu , à la conscience des Evêques et des Chapitres. Les Archives Pontificales ne possèdent donc aucun titre de conviction contre les Eglises qui auraient violé la Bulle. Il est vrai que le défaut de ce titré de conviction ne saurait faire que ce qui , au seizième siècle, eût constitué un grave délit, soit devenu légitime au dixhuitième.

Il y a long-temps que des novateurs ont prétendu s'autoriser du silence du Saint Siège dans leurs sentiments, ou leurs pratiques audacieuses. On leur a toujours répondu que le silence du Saint Siège ne devait pas plus être invoqué par eux comme une approbation, qu'il ne devait non plus être regardé comme la confirmation de certaines sentences rendues dans d'étroites localités. Le Pontife Romain a reçu la mission d'en* seigner ; il est le Docteur de tous les Chrétiens. Quand il a parlé, la cause est finie. Tant qu'il n'a pas parlé, on doit s'abstenir d'arguer quelque chose de son silence. Admettons donc, d'une part, qu'il ne s'est pas expliqué sur les nouvelles Liturgies Françaises; mais convenons , d'autre part, qu'il n'a pas manqué une occasion pour déclarer que les Eglises astreintes au Bréviaire et au Missel de saint Pie V n'ont point

la liberté de se donner un autre Bréviaire et un autre Missel.

Que si nous voulons chercher les raisons de la grande réserve que le Saint Siège a gardé dans l'affaire des nouvelles Liturgies, il nous sulïlra de nous rappeler la maxime fondamentale du Gouvernement Ecclésiastique , maxime suggérée par le Dieu fort et miséricordieux : Il n'éteindra pas la mèche qui fume encore ; il n'achèvera pas de rompre le roseau déjà brisé (1) . Est-ce à dire pour cela que Rome doit approuver l'affaiblissement de la lumière dans cette lampe qui devait toujours luire avec splendeur , ou qu'elle devra se réjouir des fractures imprudentes qui ont compromis la solidité du roseau ? Autant vaudrait dire que Dieu , qui dissimule les péchés des hommes à cause de'la pénitence qu'ils en feront (2) , est de connivence avec ces mêmes péchés. Et pour ne parler que des matières contenues dans ce volume, quand Benoît XIV nous dit , en parlant de la Défense de la Déclaration de 1682 , par Bossuet (5) , qu'il serait difficile de trouver un ouvrage aussi opposé à la doctrine reçue partout sur les droits du Pontife Romain , et que cependant o» s'est abstenu , à Rome , de le censurer ; quels motifs donne le Pontife pour expliquer cette tolérance ? Met-il en avant les égards dus à la mémoire du grand Evêquede Meaux qui a, d'ailleurs, si bien mérité de la Teligion, ex tôt aliis capitibus de religione bene meriti? — Nedum , répond Benoît XIV. Ce fut uniquement pour éviter de nouvelles discordes : Sed ob justum novorum dissidiorum timorem. Quand les Parlements Français et l'Assemblée du Clergé de 1730 s'entendaient, chacun à sa façon, pour supprimer le culte de saint Grégoire VII , dira-t-on que le

(1) Is. XLIH. 3. — Matth. XII. 20.

(2) Sap. XI. 2i.

(5) Via. ci-dessus, pa$es 186 et 46i

silence que garda Benoît XIII signifiait qu'il renonçait à son Décret universel pour le culte de ce saint Pontife? qu'il tenait pour abrogés les cinq Brefs qu'il avait rendus contre les opposants à ce Décret? Il faut bien convenir qu'il n'en est pas ainsi, puisque la fameuse Légende a été maintenue au Bréviaire Romain, comme de précapte strict, pour le 23 mai, sub pœna non satisfaciendi (1). Apprenons donc à connaître la raison sublime de cette patience du Siège Apostolique , et souvenons-nous que ce n'est pas la sagesse humaine, mais la divine et éternelle Sagesse qui a donné ce conseil à ceux qu'elle envoyait au milieu des hommes : Soyez prudents comm le serpent : estote prudentes sicut serpentes (2).

Il est temps enfin de mettre sous les yeux du lecteur la Bibliothèque des auteurs liturgiques de la période que nous avons parcourue.

(1701). Notre liste s'ouvre par Lazare-André Bocquillot , Chanoine d'Avallon, qui a laissé un ouvrage assez curieux, mais écrit avec les préjugés de son temps, intitulé : Traité historique de la Liturgie sacrée, ou de la Messe. Paris, 1701, in-8°. Il rédigea aussi le Rituel du Diocèse d'Autun.

(1701). Alain, Chanoine de Saint-Brieuc, a donné un volume in-12, rare et curieux , sous ce titre : Devoirs et Fonç* tions des Aumôniers des Evêques.

(1701). Prosper Tinti , personnage que nous ne connaissons que par Zaccaria , est éditeur du volume intitulé : Séries

(1) Nous pouvons même attester, de science certaine , que l'Evêque de New- York , en 1830, ayant demandé à Rome s'il pouvait, dans son Diocèse, omettre l'Office de saint Grégoire VII , par ce seul motif de ne pas fournir un prétexte de plus aux continuelles déclamations contre l'Eglise Romaine , dont les journaux protestants des Etats-Unis retentissent trop souvent, il lui fut répondu qu't/ ne devait rien innover, mais célébrer, comme par le passé, la fête du saint Pontife.

(2) Matth. X. 16.

aacrorum Rituum in aperitione portœ Basilicœ Patriarchalis sancti Pauli. Rome. in-4°.

(1702). François-Antoine Phœbeus, publia cette année, à Rome, trois dissertations : De sacris Liturgiœ Ritibus. 1702. in-8\

(1702) . Jean-Christophe Battelli, Bénéficier delà Basilique Yaticane, et plus tard Archevêque d'Amasie, a laissé un gavant traité sous ce titre : Ritus annuœ ablutionis altaris majoris Basilicœ Vatieanœ in die Cœnœ Domini, explicatus ac iîlustratus. Rome. 1702 et 1707. in-8°. Il a laissé aussi : Brevis enarratio sacrorum Ilituum servatorum in aperiendo et claudendo portam sanctam Patriarchalis Basilicœ Libe* rtanœ. Cet ouvrage, continué par Antoine-Dominique Norcia, Chanoine de Saint-Laurent in Damaso, parut à Rome , in*f°, en 1736.

(1703) . Adrien Baillet, critique scandaleux et téméraire, a complété ses Vies des Saints par une Histoire des Fêtes mobiles. Paris , 1703 , in-8°.

(1705) . R. Vatar, auteur du livre intitulé : Des Processions de l'Eglise, de leurs antiquités, utilités et des manières d'y bien assister (Paris, 1705, in-8°) , ne nous est connu que par son livre.

(1706) . Jean Pastricio, Professeur de Théologie polémique au Collège de la Propagande , a pubjié une dissertation sous ce titre : Patenœ argenteœ mysticœ, quœ Foro~Cornelii in Cathedrali Ecclesia colitur descriptio et explicatio. Rome , d706, in-4°.

(1708). Dom Benoît Bacchini, Abbé Bénédictin de la Congrégation du Mont-Cassin, mérite une place distinguée parmi les liturgistes de son temps , pour les savantes notes dont il a enrichi son édition du Liber Pontificalis, sive vitœ Pontifieum Ravennatum. Modène, 1708, 2 vol. in-4a.

LITUKGIQUES. 535

(1708) . Joseph Bingham , Docteur de l'Université d'Oxford et Curé Anglican, ne saurait être oublié ici sans injustice, ayant si grandement mérité de la science des antiquités ecclésiastiques et liturgiques en particulier, par le bel ouvrage dont il publia le premier volume à Londres, en 1708, sous: ce titre : Origines Ecclesiasticœ , or the antiquities of the Christian Church. Cet ouvrage , grandement utile , malgré les innombrables erreurs protestantes dont il est souillé, a été traduit en latin par J. H. Grichow, et publié à Hall, en onze volumes in-4*. 1724 — 1738.

(1709) . Antoine Baldassari, Jésuite Italien, a publié les ouvrages suivants : 1° II Sacerdote sacrificante a Dio nelV Altare, eon la norma délie Rubriche, cioè U Sacerdote reso espetto nelleCerimonie délia Messa. Pistoic. 1G99.— 2° La sacra Liturgia dilucidata. Forli et Urbin. 1097-1098. 3 vol. in-42.

— 3° 1 Pontificii Agnus Dei dilucidati. Rome, 1700, in-12.

— \* La Rosa d'oro, che si benedice nella quarta Domenica di Quaresima dal Pontefice. Venise , 1709 , in-8°. — 5° Il Pallio Apostolico dilucidato. Venise, 1719, in-8°.

(1709) . Dom Thierry Ruinart, savant Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, a laissé manuscrit l'ouvrage intitulé : Disquisitio historica de Pallio Archiepiscopali , qui a été publié parmi les ouvrages posthumes de Dom Mabillon. 4724. in-*».

(1710) . François Orlendis, Dominicain, a laissé un savant traité : 3e duplici lavacro in CœnaDomini. Florence, 1710, \n-k\

(1710). Jean-Baptiste Frescobaldi, personnage qui ne nous est connu que par Zaccaria, a laissé : Pedilavium sive de numéro pauperum quitus lavandi sunt pedes, in feriaVCœnœ Domini. Lucques, 1710, in-4°.

(1715). C'est Tannée en laquelle mourut Jean-François de

Percin de Montgaillard , Evêque de Saint-Pons, Prélat qui a reçu les plus grands éloges de la part des Jansénistes et qui les méritait. Nous avons déjà eu l'occasion de mention* ner son zèle pour les maximes françaises sur la Liturgie. Il publia un Traité du droit et du pouvoir des Evêques de régler les Offices divins dans leurs Diocèses. 1686. in-8<>. Benoît XIV flétrit ce livre avec énergie et désapprouve hautement la doctrine qu'il contient , dans son Traité de la Canonisation des Saints, à l'article où il parle du Bréviaire Romain.

(1714) . Dom Simon Mopinot, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, a composé des Hymnes remarquables; on admire surtout celles d'un Office de l'Enfant Jésus.

(1715) . D. J. Grandet, Curé de Sainie-Croix d'Angers, a donné le curieux livre intitulé : Dissertation apologétique sur l'apparition miraculeuse de N. S. J. C. arrivée au Saint- Sacrement, en la paroisse des Vîmes de Saint-Florent, près de Saumur, le 2 juin de l'année 1668. Château-Gontier, 1715, in-12. On trouve dans cet ouvrage les plus précieux détails sur la fameuse procession de la Fête-Dieu, dite le Sacre d'Angers.

(1715) . Christophe-Matthieu Pfeff, Chancelier de l'Université de Tubingue , entre plusieurs dissertations qu'il a laissées sur des matières liturgiques, et dans lesquelles il a répandu une érudition qui fait regretter qu'un homme aussi distingué ait dépensé, hors de la vraie Eglise , les trésors de sa science, a composé celle que nous avons citée ailleurs sous ce titre : Disquisitio de Liturgiis , Missalibus , Agendis, etc. Tubingue. 1721.

(1716) . Philippe Buonarotti, Sénateur de Florence, illustre archéologue, est connu par un ouvrage célèbre, indispensable à ceux qui se livrent à l'étude des Antiquités Chrétiennes, et intitulé: Osservazioni sopra alcuni frammentidi vasiantichi,

, LITO10IQW*. $H

ornatidi figure, trovati nei Cimiterj di Roma. Florence, 1716, in-4°.

(1716) . Eusèbe Renaudot, un des plus savants Ecclésiastiques de son temps, appartient à notre Bibliothèque liturgique par le magnifique ouvrage qu'il publia sous le titre de : Liturgiarum Orientalium collectio. Paris, 171C, 2 vol. in-4'.

(1717) . Jean-Baptiste Halden , Jésuite , a laissé cet ouvrage pratique : Ephemerologian EccUsiastico-Rubrieisticum novum. Brescia, 1717, in-4°

(1717) . Honoré de Sainte-Marie, Carme déchaussé, dans son célèbre traité sur l'Usage et les Règles de la Critiqué, tomes H et III , traite un grand nombre de questions d'Anti* quité Liturgique. *

(1718) . Le Brun Desmarettes, Acolythe, auteur des Bréviaires d'Orléans et de Nevers , a laissé, sous le pseudonyme de Sieur de Moléon , d'intéressants Voyages Liturgiques de France, ou Recherches faites en diverses villes du Royaume. Paris, 4718, in-8#. C'est à cet auteur Janséniste que nous devons la dernière édition du livre de Officiis EecUsiasticis t de Jean d'Avranches.

(1718). Dom Jacques BouiUart, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, fit paraître , cette année, une édition du Martyrologe d'Usuard , sur le manuscrit original de cet auteur, qui fut Moine de Saint-Germain-des-Près. Le volume est intitulé : Usuardi San-Gertnanensis Monachi Martyrohgium sincerum t ad autographi t in San-Germanensi Abbatia servait fidem editum, et ab observationibus R. P* SollerU Societatis Jesu vindicatum. Paris. in-4°.

(4719). Sébastien Paulli, Clerc Régulier des Ecoles Pies , a laissé une dissertation curieuse : De JMtu EccUtiœ N eritinœ exorcisandi aquam in Efifhania. Naples, 1719, w4°.

Il a traité aussi de la fameuse patène de saint Pierre Chryso- Jogue, sous ce titre : De Patena argentca Foro- Corne liengi. Naples, 1745, in-8°. 11 laissa, eo manuscrit, deux ouvrages fort importants: 1° Lexicon saerorum RUuum Ecclesiœ Grœcœ et Latinœ. Libri duo, in quibus Ritus utriusque Ecclesim exponuntur et elucidantur ; nec non plura ad eos speotantia, sacra vasa, vestes, libri cantus , Festivitates , munera Ecclesiastica, Officia, saerorum ordinum collationes , Monachorum antiquorum consuetudines , vestes , et quidquid sacram Liturgiam spectat, ex probatissimis Auetoribus recensentur. 2 vol. in-fol. — 2° Collectio quarumdam precum , quasin sacris Liturgiis, aliisque Eccksiasticis Oficiis quondam adhibitis , partim ex MSS. , partim ex editis vetustis Co* dicibus eruit, notis illust ravit Sebastianus Paulli, 2 vol. in-fol.

(1719) . Joseph-Simon Assemani, Maronite, Archevêque de Tyr, a rendu un éminent service aux amateurs de la Liturgie orientale, par la publication de sa fameuse Bibliotheea Orientales, où il mentionne un grand nombre de pièces concernant les Offices divins. EUe parut à Rome, de 1719 à 1728. Son édition de saint Ephrem est aussi d'un grand prix, pour les nombreuses Hymnes de ce saint Moine, qui jusqu'alors étaient demeurées inédites, au moins pour la plupart. Enfin, Joseph-Simon Assemani a publié les six premiers volumes d'un grand ouvrage, malheureusement resté imparfait, comme tant d'autres, et qui porte ce titre : Kalendaria Ecclesiœ univers*. Rome, 175M757, 6 vol. m-4».

(1720) . Philippe Bonanni, Jésuite, est auteur du livre intitulé : La Gerarchia Ecclesiastica considerata nslle vesti sacre e civili, usât» da quelU quali la compongono, espresee^ e spiegate con le immagini di ciascun grado délia medeeima. Rome. 4720. In*4*.

(1739). Thomas Brettj BocUur Anglican , fit paraître en

cette année, à Londres, une Collection des principal** Li* turgies de l'Eglise Chrétienne usitées dans la célébration de la suinte Eucharistie. Cette collection , en langue anglaise , se compose : 1° De la Liturgie tirée des Constitutions Apostoliques; 2° de celle de saint Jacques ; 5° de celle de saint Marc ; 4° de celle de saint Jean-Chrysostôme ; 5° de celle de sainl Basile ; 6° de la Liturgie de l'Eglise Ethiopienne : 7- de celld de Nestorius; 8° de celle de Sévère; 9° des fragments du Missel Gothique de D. Mabillon ; 40° des fragments du Missel GaTKcan, du même ; 11° de certaines parties du Missel Mozarabe ; 12« du Missel Romain, édition de Rome, 1747 ; 13« de la Liturgie d'Edouard VI et du livre des Prières Communes , édition de Londres, 1749 ; 14° de la formule de communion de l'Eglise Anglicane ; 15° du fragment de la première Apologie de saint Justin, sur l'Eucharistie; 16» de la Catéchèse cinquième de saint Cyrille de Jérusalem.

(1720) . François Oudin , Jésuite , est connu par des Hymnes en l'honneur de saint François-Xavier, qui le mirent en telle réputation, qu'il fut prié d'en composer d'autres pour le Bréviaire d'Autun.

(1720), Le Comte Ortensio Zago , de Vicence, l'un de ces savants italiens que l'on voit cultiver les sciences Ecclésiaa» tiques conjointement avec les sciences profanes, a laissé deux Dissertations , savoir : De veterum Christianorum ins" criptionibus et de Liturgiarum in rébus Theologid* mu. Padoue, 1720, in-4°.

(1720). Marc-Antoine Boldetti, Chanoine de Sainte-Marie Trans Tiberim, et Custode des Sacrés Cimetières , occupe une place distinguée parmi les investigateurs de Rome Souterraine , par son bel ouvrage qui enrichit de nouvelles découvertes les mémoires si précieux de Bosio et Aringhi. I] est intitulé : Osservazioni sopra i cimiterj de' Sancti Mar»

Uri. ed* Ântichi CHstiani di Rom a. Rome, 4720, in-fol.

(1721). Joseph-André Zaluski, Evéque de Kiow, fondateur de la fameuse bibliothèque de Varsovie, et l'un des plus généreux défenseurs de la nationalité polonaise , est auteur d'un livre intéressant, intitulé : Analecta hUtorica de sacra, in die Natati Domini, a Romanis Pontificibus quotannis usitata ceretnonia ensem et pileum benedicendi, eaque munera principibus Christianis mittendi. Varsovie, 1721, in-4%

(1721). Dom Ange-Marie Quirini, Bénédictin de la Congrégation du Mont-Cassin, Evêque de Brescia et Cardinal, ne fut pas moins versé dans la science liturgique que dans les autres branches de l'antiquité ecclésiastique. 11 a laissé, entre autres: O/ficium Quadragesimale Grœcorum, recognitumet castigatum, ad fidetn prœstantissimi codicis Barberini . in latinumsermonem conversum.atquediatribisillustratum. Rome , 1721 , t»-4o. Les Dissertations que renferme ce volume, qui n'a pas été suivi du second que l'auteur avait promis , roulent sur les objets suivants : 1° De origine et antiquitate saerœ Grœcorum Synaxas ; 2° De authoribus Ofjiciiproprii Quadragesimalis Grœcorum ; 5d De Dominicis, hebdomadibus QuadragesimaUbus Grœcorum ; 4* De erroribus quibus édita Ofrcii proprii Quadragesimalis Grœcorum exemplariaconspurcantur, quibusque omnino vacant veteres eodices MSS.; 5* De Triodicis et Theotociis Quadragesimale bus ; 6* De veteri Quadragesimali Grœcorum Typico, . En 1743, le même Cardinal adressa une lettre de cinquante-deux pages in-folio à Dom Laneau, Supérieur général de la Congrégation de Saint-Maur , De priscis hymnographi* Grœcœ Ecclesiœ (Brescia), à l'occasion des travaux que Dom Toustain et Dom Tassin avaient entrepris sur saint Théodore Studite. Les deux Bénédictins Français ré-

pondirent par une lettre de cinquante-deux pages ifi-4% en date du 49 avril 1744 ( Paris) , dans laquelle ils proposent des difficullés au savant Cardinal sur quelques points de sa Dissertation.

Parmi les lettres latines du Cardinal Quirini, publiées à Rome, il en est une où il combat sur plusieurs points la célèbre Dissertation, en forme de Bref, que Benoît XIV a mise en tête de son édition du Martyrologe Romain. Dans le catalogue que le Cardinal a dressé lui-même de ses ouvrages, il mentionne une Dissertation De nulla Ecclesiœ N. consecratione ex non rite facta duodecim crucum unctione. Il a donné aussi, sous le titre û'Enchiridion Grœcorum (Bénévent, 1725, t»-8n ) , une collection des décrets des Pontifes Romains sur les Dogmes et les Rites des Grecs , depuis le schisme.

(17-21). Dom Dominique Fournier, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur , est auteur des Offices de saint Germain d'Auxcrre, saint Anselme, saint Laumer de Blois, saint Phalicr et sainte Scholastique , imprimés à Rouen , en 1721. Les Hymnes de l'Office de sainte Scholastique sont de la composition de D. Gabriel Guérin , confrère de Fournier.

(1721). Pierre Moretti, Chanoine de Sainte-Marie Trans Tiberim , a composé les traités suivants , dans lesquels il a fait preuve du plus rare savoir : 1° De ritu ostensionû sacrarum reliquiarum , dissertatiô historico*ritualis. Rome, 1721 , in-4°; — 2° De ritu variandi chorale indumentum in solemnitate Paschaîi, Rome, 1723. Cet ouvrage renferme un supplément à la Dissertation sur l'Ostension des reliques; — Z°Ritus dandi Presbyterium Papœ, Cardinalibus et Clericis nonnuUarum Ecclesiarum Urbis , nunc primum investigatus et explanatus, Rome, 1741, in-&° ; — 4° Parergon ad lucubrationem de ritu dandi Presbyterium , etc., Sivt de fetto in /w-i

norem Principes Apostolorum Romœ ad diem XXV AprUis inttUuto enarratio. Rome , i 742 , in-4°.

(1722). François-Marie Galluzi, Jésuite, a laissé un ouvrage précieux sous ce titre : Il rito di consecrare le Ckiese con la sua antichità, significato, contenienza , prérogative. Rome, 1722.

(1722). L'illustre Prélat Romain , François Bianchini > n'est pas une des moindres gloires de la science liturgique au dix-huitième siècle. Nous citerons ses deux savantes Dissertations De Kalendario et eyclo Cœsaris ac de Pasckali Canone Saneti HippoUti Martyris (Rome, 1703, in-fol.) ; mais surtout la magnifique édition du Liber Pontificalis attribué à Anastase le Bibliothécaire , dont il publia trois volumes en 1718, 1723 et 1728; ouvrage dont les Préfaces, les Dissertations et les Notes sont du plus haut intérêt pour les amateurs de la science des Rites sacrés.

(1722) . Michel Àmati , Prêtre Napolitain , est auteur d'une Dissertation De opobalsami specie ad tacrum Chrisma conficiendum requisita. Naples , 1722.

(1723) . Jean-Frédéric Bernard , savant libraire d'Amsterdam , n'est point un personnage assez sérieux sous le rapport liturgique pour avoir droit à une place dans celle Bibliothèque; nous l'y admcltons cependant à raison de l'importance que les gravures de Bernard Picart ont données à son ouvrage sur les Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde. Ce grand ouvrage, dans la composition duquel il fut aidé par Bruzen de la Marlinière, et dont l'esprit protestant et superficiel n'a pas entièrement disparu dans l'édition postérieure qu'en ont donnée les Abbés Banier et Le Mascrier , se compose de huit tomes , en neuf volumes infolio, dans la première édition de Jean-Frédéric Bernard (Amsterdam, 1723-1743) ; elle en a onze dans celle de 1739-

4743 (Amsterdam). L'édition française est de 1741, et n'a que sept volumes in-fol. La fortune surprenante de cet ouvrage n'est due qu'aux dessins du célèbre graveur, et nous avons eu plus d'une fois l'occasion de nous affliger en voyant l'importance que lui attribuaient des personnes graves d'ailleurs;

(1724). C'est l'année où Benoit XIII monta sur le Siège Apostolique : nous y rattacherons aussi ses divers travaux liturgiques. Etant Archevêque de Bénévent^ il rédigea le Memoriale Rituum mnjoris hebdomadœ pro functionibus per-> solvendis, Archiepiscopo célébrante vel assistente , ad usum Beneventanœ Ecclesiœ. Bénévent, 1706, in-8\ Àprèslamort du Pontife, on fit paraître à Rome, 1736, in-4% sous le titre

Optra Liturgica, plusieurs opuscules qu'il avait laissés inédits.

(1724). Eusèbe du Très-Saint-Sacrement, Espagnol, de l'Ordre des Trinilaires Déchausses , est auteur d'un livre de pertinentibus ad celebrationem jejunii Ecclesiastici Quatuor anni Temporum scilicet Quadragesimœ , Pentecostes , Septembre et Decembris (Rome, 1724, in-4°), dans lequel il ex* plique avec beaucoup d'étendue l'Office de l'Eglise pour les jours des Quatre- Temps.

(1724) . Jacques de la Baune , Jésuite , paraît être l'auteur d'un ouvrage contre les innovations du fameux Curé Jubé : Il est intitulé : Réflexions sur la nouvelle Liturgie d'Anièrcs, 1724,in-12.

(1725) . Nicolas Antonelli, Cardinal, a laissé sur les matières qui nous occupent les ouvrages suivants, qui méritent leur réputation : 1° De Titulis quos S. Evaristus Presbyteris Romanis dUtribuit. Rome, 1725, in-8". — 2° Vêtus Missale Romanum Monasticum Lateranense cum Prœfationibus, notis et Appendice. Rome , 1 752 , in-4\

(1726) . Pierre Lebrun , Oratorteu, dont nous avons déjà

cilé plusieurs fois le bel ouvrage sur la Messe , est un deâ derniers écrivaios liturgistes vraiment dignes de ce nom que la France ait produits. Son savoir égala son orthodoxie. V Explication littérale , historique et dogmatique des Prières et Cérémonies de la Messe est en quatre volumes in-8° , publiés à Paris , de 1716 à 1736. Cet ouvrage a été traduit en italien, et a paru à Vérone, en 1752, in-4°. Nous avons encore du P. Lebrun, 1° Une lettre touchant la part qu'ont Us fidèles à la célébration de la Messe. 1718, in-80.— 2* Manuél pour assister d la Messe et autres Offices de l'Eglise, 1718, in-16. — 3° Défense de l'ancien sentiment sur la forme de la Consécration de l'Eucharistie. 1727, in-8«.— 4« Lettré qui découvre l'illusion des journalistes de Trévoux dans le jugement de la Défense de l'ancien sentiment sur la forme de la Consécration de l'Eucharistie. 1728, in-8°. Ces deux derniers écrits sont une réponse à la critique que le P. Bougeant, Jésuite, avait faite d'une des Dissertations de l'Explication de la Messe. Cette controverse qui tient aussi à la théologie sera touchée ailleurs dans cet ouvrage.

(1726). Dom Pierre-Marie Giustiniani, Bénédictin de la Congrégation du Monl-Cassin, et successivement Evêque de Sagone, en Corse, et de Viotimille, a laissé, au rapport d'Armcllini, une Dissertation, De variis Gentilium ritibus quos Christiana Ecclesia sanctificavit, atque in suum usum convertit.

(1726) . Jean-Baptiste Memmi, Jésuite, est auteur du livre intitulé : Il rito di canonizare i santi spiegato. Rome , 1726, in-8\

(1727) . Juste Fontanini , savant Prélat Romain , a laissé: !• Discus argenteus votivus veterum Christianorum Perusiœ repertus, et commentario illustrât us. Rome, 1727, in-4°. 2° Codex Constitutionum quas summi Pontifices ediderunt in solemni Canoniaatione sanctorum a Joanne XV, ad fane^c*

mtomiqui*. 545

tum XIII. Rome, 1727, in-folio. 3° Note soprala Corona Ckericale degli Ordini Monastici e de' Vescovi. &• De vera forma Consécrations Corporis et Sanguinis Domini Nostri Jesù Christi. Ces deux opuscules se trouvent daus les mémoires sur la vie de Fonianini, publiés à Venise en 1736.

(1727). Jacques-Joseph Duguet, Prêtre de l'Oratoire, dont il sortit plus tard, écrivain Janséniste Jamcux, a corn* posé une Dissertation théologique et dogmatique sur les Exorcisme* et autres Cérémonies du Baptême. Paris , 1727 , in-12.

(1727). Guillaume-Hyacinthe Bougeant, Jésuite , est connu dans la science liturgique par les deux ouvrages suivants : 1» Réfutation de la Dissertation du P. Lebrun sur la forme de la Consécration Eucharistique. Paris , 1727. — 2° Traité théologique de la forme de l'Eucharistie. Lyon, 1729.

(1729). On publia cette année, à Venise, sous le titre de Bibliothéca selecta de ritu Azymi ac Fermentati, les Dissertations de Bona , Macedo , Ciampini et Mabillon , sur la question des Azymes, réunies en deux vol. in-8°. La même compilation fut réimprimée à Bologne en 1750.

(1731). Jérôme Baruffaldi, Archiprêtre d'une collégiale d'Italie, s'est rendu célèbre par ses Commentaria ad Ritualè Romanum, imprimés pour la première fois à Venise, en 1731, in-fol.

(1731). Joseph-Augustin Orsi, Dominicain, puis Cardinal , célèbre par son Histoire Ecclésiastique , doit être admis dans cette Bibliothèque pour les trois ouvrages suivants : 1° Dissertatio historica . qua ostenditur Catholicam Ecclesiam tribus prioribus sœculis capitalium criminum reis pacem et absolutionem neutiquam denegasse , et plures alice incidentes quœstiones ad eorumdem temporum Chronologiam Ecclesiasticam pertinentes quibusdam digressionibus data opéra examinantur. Milan, 1730, in-8 \ — 2n Dissertatio thedt. H. 35

logica de intoeatione Spiritus Sancti in Liturgiis Grœcorum et Orientalium. Milan, 1731, in-4\— 3° Dissertatio Historico- Theologka de Chrismate confirmatorio. Milan, 1734, in-4°.

(1731). Dominique Georgi, l'un des Chapelains de Benoit XIV, est auteur du rare et précieux traité : De liturgia Romani Pontificis in solemni ceîebratione Mis s arum. Rome, trois volumes in«4°. 1731, 1743, 1714. 11 a laissé aussi : Gli abiti eacri del Romano Pontefice paonazzi e neri in alcune solenni Funzioni délia Chiesa giustificati. Rome, 1724, in-4\ Enfin, nous avons de lui une magnifique édition du Martyrologe d'Adon. Rome, 1745, in-folio.

(1729). Jean Pinius, l'un des continuateurs de Bollandus, a donné, en tête du sixième tome de Juillet des Acta Sanctorum, l'importante dissertation de Liturgia Mosarabica, que nous avons citée ailleurs. Nous profiterons de l'occasion pour mentionner les divers travaux liturgiques des Jésuites d'Anvers. D'abord, leur magnifique compilation, si importante sous tant de rapports, est avant tout une œuvre liturgique. De plus, il n'est pas rare de rencontrer, en tête des divers volumes, des Dissertations spéciales sur les choses du culte divin. Le deuxième tome de Mars est remarquable par un travail sur le Martyrologe de Bède. Le premier tome de Mai offre , sous le litre de : Ephemerides Grœcorum et Moscorum, un curieux travail sur le Calendrier de l'Eglise Grecque, par le P. Papebrok. Le deuxième tome de Juin est accompagne d'une dissertation non moins utile du P. Nicolas Rayœus: DeAcoluthia Oflicii Canonici Grœcorum. Les tomes VI et VII de Juin renferment la célèbre édition du Martyrologe d'Usuard, suivie d'un grand nombre d'autres inédits, par le P. du Sollier. Le premier tome de Septembre présente une excellente dissertation de Diaconissis, par le Père Pinius , etc.

(1720). Simon Gourdan, Chanoine Régulier de l'Abbaye

de Saint-Victor, personnage de grande piété et sincère orqui mourut celte année, a composé des Hymnes et des Proses, dont plusieurs sont employées dans les livres Parisiens actuels. Nous regrettons que le défaut de renseignements sur ce point ne nous permette pas de les désigner autrement à nos lecteurs.

(1733). Remy Brcyer, Chanoine de la Cathédrale deTroyes, l'un des auteurs du Bréviaire de ce Diocèse, a laissé une Nouvelle Dissertation sur les paroles de la Consécration, Troyes, 1735, in-8°, dans laquelle il combat le sentiment du P. Le Brun. Le lecteur se rappelle sans doute d'avoir vu le nom de Breyer parmi ceux des Chanoines opposants au Missel de Troyes.

(1734.). Le Journal des Savants de 1734, page 041, donne l'analyse d'un ouvrage du P. de Boncrueil, intitulé : L'Esprit de l'Eglise dans la récitation de cette partie de l'Office qu'on appelle Complies. Imprimé à Paris, la môme année, in-12.

(1733). Joseph Bianchini, neveu de François Bianchini, de l'Oratoire de Rome, a rendu de grands services à la science liturgique, en publiant le Sacramentaire dit Léonien, qu'il fit paraître d'après un manuscrit de Vérone, en tête du IVe tome de la superbe édition d'Anastase , commencée par son oncle , et dont le cinquième et dernier volume n'a pas paru. La Préface de l'Ordre Romain publié par François Bianchini , dans son IIP volume d'Anaslase, appartient pareillement à Joseph. Nous avons parlé, à l'article du B. Cardinal Tommasi , de l'édition des Œuvres de cet illustre Liturgiste, que Joseph Bianchini avait entreprise et qu'il n'acheva pas. Il importe de détailler ici les matières contenues dans le seul Tome qui parut de cette collection, à Rome, 1741, en deux parties. Après une préface remplie d'érudition, Bianchini produit les matières suivantes : 1° Joliannis Pinii tractalus

de Liturgia Hispanica. 2° Nctilia Breviarii Mozarabki. 3° Ordo dlvini Officii Gothici Mozarabicu 4° Libellas orationùm Ecclesiasticomm O/jiciorum Gothico-Hispanus , nunc primum in lucem editus ex incomparabili et plusquam millenàrio MS. codice, in fol. major is [ormœ, amplis s imi Capiluli Veronensis. Nous mentionnerons ici , comme tenant à notre sujet, la belle publication projetée par François Bianchini et commencée par son neveu, sous le litre de : Demonstratio Hisloriœ Ecclesiasticœ quadripartites , monumentis ad fidem tetnporum etgestorum. Rome, 1752, grand in-folio.

(1736). Joseph Catalani, de la Congrégation des Hiéronymites de Home , est un des plus importants liturgistes des temps modernes. Ses divers ouvrages sur les Rites sacrés Sont : 1° De Codice sancti Evangelii atque servatis in ejus lectione et usu variis rilibus. Rome, 1753, in-4\ — 2° Commentaria in Pontificale Romanum. Rome, 1736, trois volumes in-fol. — 3° Cœremoniale Episcoporum commentariis illustratum. Rome, 1744 , deux volumes in-fol. — 4° Sacrarum Cœremoniarum sive Jtituum Ecclesiasticorum S, R. E. libri très ah Augustino Patricio ordindti et a Marcello Corcyrensi Archiepiscopo primum editi, commentariis aucti. Rome, 1730, deux volumes in-fol. — 5° Rituate Romanum Bcnedicti Papœ XlVjussu editum et auctum, perpetuis commentariis exorriatum. Rome, 1757, deux vol. in-fol.

(1736). Jean de Johanne, Chanoine de la Cathédrale de Pàlerme, a travaillé sur la Liturgie des Eglises de Sicile, antérieure au Bréviaire de S. Pie V, et qui n'était autre que la Liturgie Romaine-Française, introduite en Sicile par les Ducs d'Anjou. Son livre est intitulé : De divinis Siculorum Ojficiis. Palerme, 1736, in-4°.

(1736). Gaëlan-MarieMcrati, ïheatin, est fameux par ses nouvelles observations et additions au thésaurus sacrorum

Rituum de Gavanti. Elles parurent d'abord en quatre volumes in-4°, à Rome, en 1730, 1737, 1738, et sont dans les mains de tous ceux qui s'occupent de Liturgie sous le point de vue pratique. Merati entreprit son travail à la sollicitation du Cardinal Lambertini, qui, devenu Pape, témoigna la plus grande estime pour les travaux et la personne de ce liturgiste, au point qu'il alla lui rendre visite dans sa dernière maladie. Merati préparait une collection des Liturgies Occidentales, dont il avait concerté le plan avec le B. Tommasi, son confrère. Il mourut en 17-45, laissant une bibliothèque considérable en livres liturgiques, et dont Benoît XIV voulut enrichir la sienne.

(1737). C'est l'année où mourut le P. Antoine-Marie Lupi, auteur de la célèbre Dissertation sur TEpitaphe de sainte Sévère, et de tant d'autres travaux archéologiques. Il a traité savamment des Baptistères anciens et de plusieurs autres matières liturgiques. Ces divers mémoires ont été recueillis par Zaccaria, sous le titre de : Dissertazioni , lettere edaltre opperette, con giunteed annotazioni. Faenza, 1755, in-Wn deux parties.

(1737). Agnello Onorato, Chanoine d'Aversa, fit paraître à Lucques, en 1737, in-4°, neuf Dissertations sur diverses thèses de l'antiquité Ecclésiastique, dont plusieurs ont trait à la science liturgique. Nous citerons en particulier la quatrième qui est intitulée : Dell' estrema unzione : delV antico osia lodevol rito di santa Chiesa nell' amministrare agl'infermi la sacra unzione prima di dar îoro il viatico.

(1737). Dom Léger Mayer, Bénédictin de l'Abbaye dcMuri, en Suisse, est connu par son Explicatio compendiosa litteralit historica cœremoniarum , earum prœcipue quœ ad S. Liturgiam spectant. Tugii. 1757, in-12.

(1737). Jean Bottari, Prélat Romain, a complété la série

des ouvrages qui traitent des monuments de Rome Souterraine, si importants pour la science liturgique, par son beau travail intitulé : Sculturc e pitture sacre estratte da Cimeteri di Roma, publicate gia dagli Autori délia Roma Sotterranea nuovamente date in luce colle spiegazioni. Rome, o volumes in-folio. 1737, 1746 et 1754.

(1759). Dom Germain Cartier, Bénédictin d'Ettenheimunster, au Diocèse de Strasbourg, a composé un ouvrage très utile à ceux que leur vocation appelle à célébrer l'Oftice divin; il est intitulé: Psalmodia) Ecclesiasticœ dilucidatio, Strasbourg, 1739, in-8°.

(1741). Jean Lebeuf, Sous-Chantre de la Cathédrale d'Auxerre , personnage grandement érujlit , mais qui eut le malheur de fabriquer durant sa vie une trop grande masse de plain-chant, a laissé un Traité historique et pratique sur le Chant Ecclésiastique. Paris, 1741, in-8°. Il est auteur du Martyrologium Autisiodorense.

(1740). Jean-Chrysostônie Trombelli, Chanoine Régulier, l'un des hommes les plus versés dans la science liturgique qu'ait eu l'Italie au dix-huitième siècle, a laissé, entre autres ouvrages, trois magnifiques traités : De cultu sanctorum dissertationes decem quibus accessit appendix de Cruce. Bologne, 1740. Cinq volumes in -4° et six avec les Ft»diciœ — Mariœ Sanctissimœ Vita ac gesta , cultusque illi adkibilus per dissertationes descripta. Bologne, 1761. Six volumes in-4°. — Tractatus de Sacramentis per polemicas et Liturgicas dissertationes dispositif Bologne, 1775. Douze volumes in-4°. Cet illustre liturgiste a donné une édition de YOrdo Ofliciorum Ecclesiœ Senensis ab Oderico ejusdem Eccletiœ Canonico compositus, ouvrage inédit, et dont Muratori avait indiqué l'existence au tome V* de ses Antiquitates Italicœ. L'édition de Trombelli est de Bologne , in-4°,

(1745). Jacques Merlin, Jésuite, a composé un Traité hisr torique et dogmatique sur les paroles ou les formes des sept Sacrements de l'Eglise. Paris, 1745, in-12.

(1713). Joseph-Michel Cavalieri, Augustin, est célèbre parmi les auteurs pratiques sur la Liturgie , par ses savants Commentaires sur les Décrets de Congrégations des Rites, dont la meilleure édition parut après la mort deTauteur, en 1758, Venise, cinq tomes in-folio, sous ce titre: Cavalieri opéra omnia Liturgica, seu commentaria in authentica S. R. C. Décréta, Cavalieri se montre, en beaucoup d'endroits, hostile à Merati, et le combat avec affectation ; ce qui lui attira une réplique assez énergique de la part d'un certain Charles de Ponivalle, qui publia des Mémoires en Italien sur la vie et les écrits de Merati , à Venise, 175o, in-4°.

(1743) . DomBennon Lobel , Bénédictin Allemand, Abbé de Sainte-Marguerite de Prague , a composé une savante dissertation sur la fameuse Médaille de Saint Benoît, qui a été l'objet des sarcasmes de J.-B. Thiers, comme aussi des naïvetés de plusieurs] personnes contemporaines. Elle est intitulée : Disquisitio sacra numismatica de origine, quidditate, virtute, pioque usu Numismatum , seu Crucillarum Sancti Benedicti Abbatis , per SS. D. N. Benedictum XI F. P. M. t>wtaurato. Vienne, 1743, in-8°.

(1744) . Jean Marangoni, Adjoint à Boldetti dans la garde des sacrés Cimetières, a laissé un ouvrage d'une valeur inappréciable pour l'archéologue et le liturgiste. Il porte ce titre : Délie cose gentilesche e profane trasportate ad uso e ad ornamento délie Chiese. Rome, 1744, in-4°. Il y a aussi des choses très importantes pour la science liturgique, dans le savant ouvrage du même auteur sur la chronologie des Papes, intitulé : Chronologia Romanorum Pontificum superstes in

pariete auitraîi Basilic® S. Pauli viœ Ottiensis. Rome, 1751 , in-folio.

(1744) . Dom Charles-François Toustain et Dom René-Prosper Tassin , Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, appartiennent à notre Bibliothèque, non seulement par la Lettre au Cardinal Quirini dont nous avons parlé plus haut, mais aussi par leurs grands travaux , malheureusement restés manuscrits, pour l'édition de saint Théodore Studite, l'un des principaux hymnographes de l'Eglise Grecque. Dans la Lettre au Cardinal Quirini , ils démontrent qu'il y a une véritable poésie imitée des anciens poètes dramatiques, dans les Tropaires , Stichères, Odes et Cantiques du saint Abbé de Stude. Il est fâcheux qu'ils n'aient pas étendu cette observation aux autres monuments du môme genre , tant de l'Eglise Grecque que de l'Eglise Latine. Dom Toustain a laissé manuscrit un ouvrage intitulé : Recherche sur la manière de prononcer les paroles de la Liturgie chez les Grecs et les Orientaux, où l'on prétend réfuter la Dissertation du P. Le Brun sur le même sujet. Nous n'avons pas besoin de signaler l'esprit qui a présidé à la composition de cet ouvrage.

(1745) . Antoine Martinetti a laissé un livre important sous ce titre : DepsaUerio Romano. Rome, 1745, in-folio.

(1743). Dom Charles Chardon , Bénédictin de la Congrégation de Saint- Vannes, est connu avantageusement par un ouvrage plein de recherches, intitulé : Histoire des Sacrements, ou de la manière dont ils ont été célébrés et administrés dans l'Eglise, et de l'usage qu'on en a fait depuis le temps des Apôtres jusqu'à présent. Paris, 1745. Six volumes in-12. Celle histoire a été traduite en Italien.

(1646). Jean-Baptiste Gattico, Chanoine Régulier de Latran, est connu par les ouvrages suivants : 1° De Oratoriis

domesticis et de usuAltari* portât ilis, juxta veterem ae recentem Ecclesiœ disciplinam. Rome, 1746, ln-fol. — 2° Epistota Apologetica ad amicum , dans laquelle l'auteur défend ce qu'il a avancé au chapitre XXIX du précédent ouvrage , au sujet de l'administration du Sacrement de l'Eucharistie dans les Oratoires privés. Bergame, 1751. — 3W Acta seleeta Cœremonialia sanctœ Romance Ecclesiœ ex variis MSS. Codicibus et Diariis sœeuli XV. XVI. XVII. Home, 1753, in-folio; un volume et demi , l'impression du second n'ayant point été achevée. Cet ouvrage renferme des détails du plus grand prix pour l'histoire domestique de la Cour de Rome, autant que pour la Liturgie.

(1747). C'est l'année où parurent à Rome, en douze volumes in-folio, les œuvres du grand Pontife Benoît XIV, dont le nom seul rappelle la plus vaste science liturgique dont jamais un homme ait été orné. Il suffira sans doute de désigner ici en abrégé les divers ouvrages de ce grand homme , puisqu'ils sont entre les mains de tout le monde. 1° De servorum Dei Beatificatione et de Beatorum Canoniza- Uone. — 2° De Sacrosancto Mistœ Sacrificio. — 3° De Festie D. N. J. C. et B. M. V. Le Bullaire et les Inetitutiones Eccletiasticœ renferment une infinité de question liturgiques que l'illustre auteur discute et approfondit toujours. Nous avons parlé de son édition du Martyrologe.

(1747) . Robert Sala, Cistercien de la Congrégation des Feuillans d'Italie, personnage dont nous avons déjà parlé à propos du Cardinal Bona, son confrère, a enrichi de notes précieuses les deux livres Rtrum Liturgicarum du pieux et docte Cardinal. Cette édition , dédiée à Benoît XIV, est en trois volumes in-folio. Turin, 1747. Ils ont été suivis d'un quatrième , contenant les lettres de Bona.

(1748) . L'illustre Louis- Antoine Muratori, dont le nom

seul rappelle les prodiges de la science la plus colossale, ne dédaigna pas les éludes liturgiques, et s'est acquis le droit de 6gurer dans notre Bibliothèque par sa Liturgia Romana vêtus tria Sacramentaria complectens. Venise, 1748. Deux volumes in-folio. On dit cependant que le fonds de ce travail appartient au savant Dom Benoît Baccbini, Bénédictin de la Congrégation du Mont-Cassin.

(1749). Thomas-Marie Mamachi , Dominicain fameux, mérite aussi une place dans ce catalogue, pour le magnifique ouvrage qu'il voulut opposer aux Origines Christianœ de Bingham. 11 est intitulé : Originum et Antiquitatum Christianarum libri viginti. Rome, 1749-1753, cinq volumes in-4°. Malheureusement, cet ouvrage, quelque peu gâté par certains traits échappés à un esprit de corps injuste, est resté incomplet. Nous citerons encore , parmi les écrits de Mamachi : De'costumi de primitivi Cristiani. Rome , 1753-1757, trois volumes in-8°.

(1749). Léonard Cecconi, EvéquedeMontalte, est connu par sa Dissertazione sopra l'origine, significalo , uso e morali ammaestramenti per la divota recita dell' Alléluia. Velletri, . 1749,in-8\

(1749). Joseph-Aloyse Assemani, neveu de Joseph Simon, est à jamais illustre par sa magnifique collection liturgique, intitulée : Codex Liturgicut Ecclesiœ universœin XV Libros distributus, in quo eontinentur Libri Rituales, Missales, Pontificales, Officia , Diptycha , etc., EccUsiarum Occidentis et Orientis. Le premier volume parut à Rome, en 1749, in-4°. Cet œuvre, comme tant d'autres, est demeurée inachevée, neuf volumes seulemement ayant paru. Vingt auraient à peine suffi à remplir le plan de l'auteur. Il a laissé , en outre, une Dissertation de Sacris Ritibus. Rome,

4757, in-4° ; et un Traité de Ecclesiis , earum reverentia et asylo. Rome, 1756, in-fol.

(1749) . Cousin de Contamine, séculier, employé dans les Fermes Boyales, fil paraître, sous le voile de l'anonyme, une brochureiutitulée:2Vatfe critique du plain-chant usité aujourd'hui dam l'Eglise , contenant les principes qui en montrent Us défauts et qui peuvent conduire à le rendre meilleur. Paris, 1749, in-12 de 69 pages. On remarque , en tête du volume, une vignette sur laquelle est représenté un bœuf piqué par un cousin; ce qui signifie assez que railleur, en faisant allusion à son propre nom, a eu en vue d'attaquer l'Abbé Lebeuf.

(1750) . Poisson, Curé de Marchangis, a laissé, sur le Chant Ecclésiastique, un intéressant ouvrage dont nous avons cité quelque chose ailleurs, et qui porte ce litre : Traité théorique et pratique du Plain-chant appelé Grégorien. Paris, 1750, in-8°. Il est également auteur d'un livre sur les Règles de la composition du Plain-chant, que nous n'avons pu nous procurer. La brochure de Cousin , dont il est question au précédent article, est adressée à Poisson.

(U50). Dominique-Marie Manni, célèbre imprimeur de Florence, a publié : 1° Vlstoria degli cyini santi dal loro principio sino al présente del MDCCL. Florence. — 2° Délia disciplina del Canto Ecclesiastico antico ragionamento. Flo» rence, 1756, in-4°.

(1750). Paul-Marie Paciaudi, Théatin, antiquaire distingué, a laissé sur les matières liturgiques les ouvrages suivants : 1° De sacris Christianorum Balneis. Venise, 1750, in-4°. — 2* De cultu S. Joannis Baptistœ. Rome, 1755, in-4°.

(1750). Antoine-François Gori, Prévôt du Baptistère de Florence , antiquaire non moins illustre , appartient à notre Bibliothèque par une grande partie de ses travaux Arcj^ogiques. Nous citerons en première ligne le Ihesaurus

55ô INSTITUTIONS

veterum Diptycorum Consularium et Ecclesiasticorum que la mort lui empêcha d'achever, et qui ne parut qu'en 1759 par les soins de J. B. Passeri. Florence, 1759, trois vol. in-foî. On trouve plusieurs Dissertations curieuses sur les matières liturgiques dans un recueil d'Opuscules de divers auteurs que Gori fit paraître en 1 748 à Florence et à Rome, sous le litre de Symbolœ Literariœ. On a encore de Gori une Dissertation de Antiquis Coiicibus MSS. quatuor Evangeliorum, deque internis externisque eorumdem Codicum ornamentis. Ce savant homme , lorsqu'il fut atteint par la mort , préparait des travaux importants sur les matières suivantes : 1° De antiquis Eccletiarum Hierothecis; 2« Vetusti Ambonis Ecclesiœ Florentines Sancti Pétri sacra emblemata nunc primum prolata et illustrata ; 3e Liturgia antiqua Sanctœ Ecclesiœ Fbrentinœ cum observationibus ; 4° De forma, cultu , ornatuque veterum Baptisteriorum apud Christianos ; 5° Vetusta monumenta Liturgica, ad Basilicam reconciliandam ; 6° De ritu attollendi faces in sacris Ecclesiœ Mysteriis.

(1750). Emmanuel de Azevedo, Jésuite Portugais, ami particulier de Benoît XIV, dont il publia les Œuvres, sur lesquelles il exécuta des travaux analytiques du plus haut mérite, fut pendant plusieurs années professeur à l'Ecole Liturgique du Collège Romain. C'est au zèle d'Azevedo à remplir les fonctions de sa charge , que nous sommes redevables de ses précieuses Exercitationes Liturgicœ de Divino Officio et Sacrosancto Missœ Sacri/icio, dont quelques-unes parurent à Rome, en 1750, in-4°, et qui ont toutes été recueillies dans l'édition de Venise , in-folio en deux parties, 1783. Celte dernière édition renferme aussi un ouvrage inédit du même auteur, intitulé : De Catholicœ Ecclesiœ pietate erga animas in Purgatorio retentas. Azevedo avait projeté la publication d'une Collection Liturgique , dont il lança le Pros-

pectus dans le public, en 1749. Elle devait être intitulée : Thésaurus Liturgicus, et atteindre au moins le nombre de douze volumes, bien qu'Azevedo n'eût dessein d'y renfermer que les Livres Liturgiques de l'Eglise Latine.

Notre Bibliothèque Liturgique, toute incomplète qu'elle est, le serait encore davantage si nous omettions de mentionner ici , en terminant cette période , divers Recueils qui renferment un grand nombre de Mémoires sur les matières liturgiques , mais d'une dimension trop restreinte pour qu'on ait pu songer à les imprimer à part. Nous conseillerons donc à nos lecteurs de feuilleter le Journal des Savants , les Mémoires de Trévoux et surtout le Mercure de France, lis y trouveront de véritables richesses, et souvent des éclaircissements précieux sur les questions les plus difficiles et les plus inattendues. Ils feront bien aussi de consulter les diverses publications de ce genre qui ont paru en Italie, et , en particulier, l'immense Collection du P. Ange Calogera, Camaldule, dans laquelle ce savant a recueilli sous le litre de Raccolta d'Opuscoli scientifici e filologici (cinquanteiiQ volumes in-12, 1729 et années suivantes) une grande quantité de Dissertations des savants Italiens sur les questions les plus curieuses de l'Archéologie Liturgique. Calogera commença en 1755, une Nuova Raccolta qui fui continuée après sa mort par le P. Fortuné Mandclli, Camaldule.

Passons maintenant aux conclusions des faits contenus dans ce chapitre.

La marche de la Liturgie Romaine continue de s'opérer avec majesté. En même temps que l'antique fonds de saint Grégoire est maintenu, le culte des Saints continue de prendre de nouveaux accroissements.

Si , un moment, Benoît XIV semble hésiter, comme préoccupé du désir d'arrêter un développement inconnu aux siècles

précédents, la lenteur avec laquelle il procède, les précautions dont il s'entoure, la résolution de ne traiter qu'avec toute sorte d'égards l'œuvre séculaire de la Liturgie, tout, jusqu'à l'abandon de ce projet de réforme, atteste avec quelle gravité l'Eglise entend procéder dans les améliorations de ce qui touche au culte divin.

Pourtant, cette Italie, si lente à prendre un parti dans l'amélioration du Bréviaire, ne fut jamais plus richement; pourvue d'hommes versés dans l'érudition liturgique. Une Seule période de cinquante ans nous donne , entre autres , Buonarolli, Boldetti, Bottari, les Assemani, Quirini, Morellî, Georgi, les Bianchini, Benoit XIV, Catalani, Merali, Cavàlieri, Trombeili, Marangoni, Gallico, Sala, Muratori, Màmachi, Paciaudi, Gori, Àzevedo, etc.

En France, si l'on excepte Renaudot et Le Brun, les noms que nous avons cités n'appartiennent, pour la plupart, qu'à des lilurgistcs du second ou du troisième ordre, et encore nous a-t-il fallu un zèle tout patriotique pour les découvrir. Cependant, à celte époque, de toutes parts en France , on voyait éclore Bréviaires et Missels, sur un plan perfectionné : comment , au milieu d'une si prodigieuse fécondité, la science liturgique se montrait-elle ainsi aux abois? Par une raison toute simple : c'est que la science liturgique, comme toutes les branches de la science ecclésiastique, est avant tout une science de Tradition ; d'où il suit que nous avons encore huit ou neuf cents ans à patienter, d'ici que les Bréviaires et Missels de Vigier, Mesenguy, Le Brun des Marelles , Robinet et les autres, soient de nature à devenir l'objet d'une science véritablement liturgique.

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