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DU CANADA

Ie Canada, découvert par Jacques Cartier en 1534 et colonisé par Champlain, était autrefois une colonie francaise : c’est Pourquoi notre pays s’est appelé la Nouvelle-France jusqu’en 1760, époque «son abandon par notre ancienne mère-patrie, la France (1). !

Sous le régime français, les vices-rois gouvernérent la colonie de 1540 à 1608. De cette date à 1648 les affaires du Pays furent confiées à des gou- Yérneurs et aux compagnies de commerce.

Le premier gouvernement qui ait été donné à la Nouvelle-France fut Je Conseil de Québec, établi en 1648. Ce conseil éteit composé du gouverneur général, du supérieur des Jésuites, de trois habitants et des Souverneurs de Montréal et de Trois- Rivières.

En 1663, le roi Louis XIV abolissait le Conseil de Québec et créait, par édit spécial, le Conseil Supérieur ou souverain, Ce nouveau gouvernement se composait du gouverneur, de l’évêque, de l’intendant, d’un Procureur-général, d’un greffier et de quatre autres conseillers nommés par le gouver-

(1) Le Canada fut cédé à l'Angleterre et non conquis par cette puissance.

neur, l’évêque et l’intendant. Ce conseil ait chargé d'administrer la justice et de régler le commerce local. Il fut maintenu jusqu'à la ression de notre pays à l'Angleterre, en 1760.

De 1760 à 1763, le pays subit le régime militaire. De 1763 à 1774, le gouvernement civil absolu est imposé. De 1774 à 1791, le gouvernement législatif. Durant cette période, un pey plus douce que les deux précédentes, les affaires publiques sont administrées par de simples employés civils, sous la direction d’un Conseil exécutif dont les membres sont entièrement choisis parmi des Conseillers législatifs irresponsables au peuple. C'était au beau temps de l’oligarchie, où une petite poignée de favoris gouvernaient, dépensaient les deniers publics sans prendre la peine de consulter les citoyens. Les Canadiens ne se découragent pas. Ils ne cessent de. réclamer une constitution représentative. Enfin, en 1791, grâce à l'esprit de justice qui animait Pitt, Lord Granville, Lord Abington et quelques autres hommes d'Etat anglais, la chambre des communes d'Angleterre adapta une loi accordant un: nouvelle constitution au Canada.

La constitution de 1791 fut proclamée par le gouverneur Clarke le 18 novembre 1791, mais le Canada n’a réellement changé de régime qu’en 1792. Cette charte divisait la colonie en deux provinces, le Haut et le Bas-Canada, et accordait à chacune d’elles un Conseil législatif et une Chambre élective. Ce dernier point était d’une grande importance, car la nouvelle constitution accordait au peuple un gouvernement dans lequel il pût manifester ses opinions par la voix de ses représentants. Elle garantissait

de nouveau aux Bas-Canadiens leurs vieilles lois françaises et le libre excrcice de leur religion. Néanmoins, le nouvel état de choses était loin d’être parfait: le Conseil exécutif n’était pas responsable à la Législature. Ainsi, les habitants, par leurs représentants dans la Chambre d'Assemblée, votaient les subsides nécessaires au fonctionnement du service civil et aux entreprises publiques, mais cette Chambre n'avait aucun contrôle sur les dépenses. Le ministère commettait toutes sortes d’injustices, employait les deniers publics malhonnêtement et restait toujours impuni, car il était irresponsable à la Chambre : il ne rendait compte de sa conduite qu'au Souverain.

Avec 1792 commence cette grande lutte païiementaire qui devait finalement se terminer par la tourmente de 1837-38. Les biens des Jésuites, l’éducation, les subsides, la responsabilité ministérielle, l’amovibilité des juges, voilà autant de questions primordiales qui ont été discutées dans l’ancienne Chambre, Papineau, Bédard, Morin, Lafontaine, Taschereau, Blanchet, Viger, Bourdage et plusieurs autres luttèrent comme des lions pour les libertés canadiennes La joute dura quarante-cinq longues années. ‘

En 1840, l'Angleterre réunit le Haut et le Bas-Canada et donna un seul Parlement au pays. Cet acte d'Union, dans l'esprit de ses auteurs, devait anéantir les Canadiens français. La langue française était officiellement abolie, (1) les vieilles

(1) Lord Elgin inaugura le rétablissement de la langue française dans le Parlement canadien, en

lois en partie abrogées et la responscbilité ministérielle encore lettre morte. Il faut avouer, cependant, que l'adoption de l’Acte d'Union était le commencement d’une politique plus libérale de la part de l'Angleterre.

Nos pères furent bientôt remis de la terreur de 1838 et recommencèrent avec plus d'énergie que jamais les combats constitutionnels. Lafontaine et Morin dans la Chambre, et Parent dans le Canadien se firent les principaux échos du peuple, réclamèrent avec force et obtinrent promptement le rétablissement du français comme langue officielle, la responsabilité du ministère aux Chambres, l'abolition des réserves du clergé protestant, l'abolition de la tenure seigneuriale, etc., etc. En quelaues années le pays fut transformé et les Canadiens français reçu rent leur part d'influence dans les affaires du pays. La cause du succès du parti canadien-français à cette époque se trouve dans l’union étroite de ses membres. Dans ces temps de luttes, il n’y avait qu’un parti dans le Bas-Canada, c'était le parti des patriotes.

Le pays se développa rapidement sous l’Union, et bientôt cette constitution ne répondit plus à ses besoins. ‘En 1867, les provinces du Canada furent réunies par un lien fédéral, et chacune d'elles fut dotée d’une Législature provinciale.

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