‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 46 sur 291 · IV. DisTiUDirriOM db la tiupératurb a la subpacb · texte numérisé non relu

IV. DisTiUDirriOM db la tiupératurb a la subpacb

DU OLOBK.

La terre a nue température popre qui va toujours en croinant i mesure qn on s*enfonce dans ses entrailles ; mais à la surface Tiiifluence de cette température est presque nulle. GTest donc uniquement par le soleil que la ivrface de la terre est échauffée. Mais ce qui contrebalance l'action de cet astre, c'est que l'espace dans lequel Il terre se ment a nne température très-basse que les physiciens ont estimée être de 60<* à I ^O^au-dessous de léro.

L'état nuageux du ciel et la pluie tendent en général k abaisser la température de l'air. Toutefois, pendant la nuit un ciel serein est une cause de refroidissement en fsiorisant le rayonnement calorifique des corps vers les espaces célestes.

hfuence dtt rents. — Elle est infiniment plus puissante que celle des nuages et de la pluie, et,' sons ce point de vue, on peut dire que les vents sont les tyrans de l'atmosphère. Ponr s'en assurer il suffit de consulter le tableau suivant , qui est dû i M. Otto Eisenlohr : Températttre suivant U$ diférenU venU à midi, d'aprèê emse ans d'observation.

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Si nous recherchons pour nn certain nombre de villes quel est le vent le plus chaud et le vent le plus froid , ooai construirons le tableau suivant :

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On voit qne le vent le plus froid souffle presque toujours d'une direction comprise entre le N. et l'E. Pesth fait une exreption remarquable. Il en est de même dans la Norvège septentrionale, près du cap Nord, à Bossekop, Mosle 70®. Pendant l'hiver c'est le vent de S.-E. qui est le plus froid , car en 1 839 la moyenne a été de — 11M5; puis TE., — 10^,35; le N.-E., — 6»,92 etleN.,— 5«S6.

Tons ces faite prouvent que les vents conservent une psrtic des propriétéa^n'ils ont acquises dans les pays qu'ils

ont parcourus ; aussi fanl-il avoir égard , dans ces considérations, à la direction dans laquelle se trouvent les pays froids et les pays chauds. Pour la France , les pays froids sont dans le N. -E. ; les pays chauds, dans le S. De là la grande différence de température des vente qui soufflent de ces deux régions.

Extrêmes de température observés dans divers lieux. — La connaissance de la plus grande chaleur et du plus grand froid , qui ont été observés dans un lieu donné , est d'une haute importance pour l'horticulteur. En effet, elle lui apprend quels sont les végéUux qu'il peut élre sûr de conserver toujours , ou ceux qui seront tués par le froid ou desséchés par la chaleur. Ainsi , en Provence, l'olivier est exposé à perdre ses branches environ tous lea dix ans. Il en est de même des figuiers à Paris.

Les chiffres suivante nous montrent combien, suivant les pays, les minima de température ou plus grands froids observés peuvent varier. Ils nous prouvent aussi qu'ils sont fort différents à latitude égale. Exemple ; Bologne , en Italie et Bangor aux Etets-Uois :

Voici quelques minima observés : Surinam, 2^,3;

— Pondichéri , 21», 6 ; — La Ifartinique, 17«,1 ; — le Caire, 9^1 ; — Bagdad, 5^0; -- Charlestown , 1TS8; — Washington, 26^6; — Rome, 5o,9; — Montpellier, 13o,l; — Nice, 9o,6; — Bologne, 16®,9;

— Bangor (Etate-Unis) 40o,0; — Milan, 15«,0 ; — Montréal, 37«,0; — Paris, 2 3», 1 ; — Londres, llo,4;

— Copenhague , 1 7o,8 ; — Moscou , 38°,8 ; — Stockholm, 26^,9; — ile Ingloolik, >i2^8; — Bossekop (Laponie), 23o,5; Port-Elisabeth, 50<',8.

Les maxima présentent de moindres différences entre eux que les minima ; en voici la preuve : Pondichéri , 44»,7 ; — La Martinique, 35*>,0 ; — Esné (Egypte) , 470,4; — Catane, 38>,4; Naples, 38o,7 ; — Naples, 330,7 ; — Padoue, 36o,3; — Nice, 33»,4; — Bologne, 270,1 ; — Milan, 34o,4; — Paris, 38o,4; — Moscou, 320,0; —Stockholm, 34o,4;— Pétersboui^, 330,4;— Ile Melville, 15o,6;— PoH-Elisabeth, 16o,7.

La plus haute température est celle qui a été notée par Burckhardt, dans la Haute-Egypte, pendant un sisromji, le thermomètre s'est élevé à 47», 4. La plus buse est le froid épouvanteble éprouvé par le capitaine Back lors* qu'il se rendait par terre i la rencontre du navigateur John Ross, qui avait hiverné au fond de la baie de Baffiu : le thermomètre descendit à — 56o,7. L'homme peut donc supporter sans périr une différence de température égale i 1040, c'est-i-dire plus grande que celle qui existe entee la glace fondante et l'eau bouillante. En mer, aucun voyageur n'a noté de température de l'air supérieure à 3lo; et les froids sont de même beaucoup moins intenses que dans l'intérieur des terres : aussi voit-on le minimum du Fort-Reliance êlre bien au-dessous du minimum de Winter island , quoique cette tle soit de deux degrés latitndinaux plus au N. On peut aussi comparer Londres avec Prague, et la différence de leurs minima n'est pas moins sensible.

Climats marins et continentaux ou égaux et extrêmes,

— Sous ces noms M. de Humboldt a désigné deux genres de climats bien distincte et , pour ainsi dire , opposés. Sur les bords de la mer la chaleur varie beaucoup moins dans le cours de la journée et de l'année que dans l'intérieur des terres. Les extrêmes sont moins éloignés les uns des autres. Cela tient i ce qne l'air s'échauffe moins en été parce qu'il est toujours rafraîchi par le voisinage d'une grande masse d'eau , dont la température s'élève beaucoup moins à égalité de chaleur que celle de la terre. En hiver, au contraire, cette masse d'eau élant plus chaude que la terre* engendre des vapeurs qui s'opposent an rayonnement nocturne de la chaleur, et ces vapeurs en passant i l'étet liquide dégagent aussi une certaine quantité de chaleur qui contribue à échauffer le sol et

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Tiir. Le Ublflan tvifuit oit bim propre i meUre cette férilé daoi tout ion jour. Il donne U température moyenne de Tété et de l'hiver : d*abord dans lef tlet Britenniquet, qvi ont nn dimet éminemment marin ; pnii en France et en Hollande, où le climat est intermédiaire, et enfin en Allemagne, où le climat est tout 4 fait continental.

Moyennes etthaUi et kitemaUe dans les iUs et mr le coniinenL

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Ce tablean montre d'une manière assez évidente que le climat devient plus extrême à mesure qu'on s'éloigne de l'Océan. L'influence de mers intérieures, tels qoe les golfes de Finlande et de Bothnie , est très-pen marquée et n'adoacit nullement la rigueur des hivers de Pétersbourg-, d'Abo et de Toroeo. Le tableau suivant montre que c'est dans Tintérienr de la Russie , mais surtout de la Russie asiatique , que se trouvent les climats les plus extrêmes , «t ceux aussi où le thermomètre descend habituellement le plus bas au-dessous de séro. C'est donc principalement sur les rigueurs de l'hiver que la longitude plus orientale a une arande influence. En effet, Helstone en Comouailles (Angleterre) et Irkoutik sont tous deux à peu près sons le même parallèle : lenr température moyenne de l'été est de 16^,0; mais les mofeunes hivernales diffîàrent de 24^* en Sibérie.

Isoekimines et isotkères. — Si l'on fait passer une ligne par tons les points où la température moyenne de l'hiver est la même, on trace sur le globe une isœhimhu. Une isotkère est celle qui passe par tous les points où la température de l'été est la même. La direction de ces lignes a U plus grande infloence sur la culture. Les isochimènes intéressent surtout l'arboricnlteur. Son bnt est de connaître les arbres qni peuvent supporter l'hiver de la contrée qu'il vent reboiser ou dans laquelle il essaie des plantations d'agrément. Ancon climat ne favorise plus ses tentatives qu'un climat égal , surtout si ces arbres sont de ceux qu'on ne cherche pas i propager par semence. C'est ainsi que , sur la cête méridionale de l'Angleterre, on cultive en pleine terre le chêne vert, les myrtes, l'arbousier, les camélias, les fuchsias, le laurier, les budieias , qu'on ne saurait laisser sans abri sous le climat de Paris, et qni gèleraient régulièrement tous les hivers 4 Vienne on à Prague. Le honx , qui s'avance jusqu'en Ecosse et en Norvège , gèle souvent à Berlin. Le hêtre, qni remonte le long de la côte occidentale de Norvège jusqu'au 60*, s'arrête en Lithnanie entre le 54<^ et le 55".

Les végétaux que l'on cnltivc , au contraire , pour récolter leurs fruits et qui sont peu sensibles aux froids de l'hiver , ont une limite qui coïncide ordinairement avec

1) isothère ; telle est la vigne : le raisin ne saurait mûrir tellement si la moyenne de l'été est inférieure à 20» ;

mais, comme les étés sont proportioiiBeileaMnt pisi chauds i mesure qu'on s'éloigne de la mer, nous tromoni sur les bords de fOcéan la limite de la vigne vers l'embouchure de la Loire , par 47° 30' de lalitode. Socs l« méridien de Paris, cette limite s'élève jusqu'au 49«. Sur les bords du Rhin, la vigne prospère à Coblentx pir 51** ; vers l'orient elle suit ce parallèle jusque dans les environs de Dresde. En Hongrie , la rigueur des hîten la force à redescendre au 40' , parce que les ceps seraient trop souvent gelés pour que la culture soit profittble au vigneron. Le mais est dans le même cas. Sar les bords de l'Océan, il s'arrête près de La Rochelle par 46<» ; tandis que , sur le Rhin , on le trouve entre Manobeiin et Strasbourg, par 49<> de latitude.

Le tableau suivant, extrait de celui de Kahlmann. donne la température d'un grand nombre de lieux sitocs dans tontes les parties du monde.

Ce tableau montre que des villes situéet i U même distance de l'équatenr ont une température moyenne fort différente. Ainsi Eastport aux Etala-Unis et Stockholm en Suède ont tous deux la même moyenne annuelle , et cependant leurs latitudes diffèrent de 14^ L'angle sons lequel les rayons du soleil viennent frapper sa surface terrestre n'est donc pas le seul élément qui influe sur U moyenne d'un climat Les vents la modiflent profondément ; ainsi les vents de S.-O. qui viennent de l'équatenr communiquent aux régions qu'ils touchent une partie de la chaleur équatoriale qu'ils avaient à lenr origine. En hiver , ils anôènent dans les régions occidentales de l'Europe deê nuages qui s'opposent à la déperdition de chaleur qui a lien pendant les nuits sereines. Les grands courants marins produisent des eflets semblables. Le Gulfstream qui prend sa source dans le golfe du Mexique et s'étend sur les cêtes d'Irlande , d'Angleterre , dislande , de Norvège et du Spitiberg , réchauffe directement ces côtes par la chaleur de ses eaux , et indirectement par les brumes qui résultent de son évaporation continuelle. Les navigateurs reconnaissent s'ils entrent dans le Gulfstream , par le thermomètre ; car sa température est toujoura de 4 à 5 degrés plus élevée qne celle de U mer environnante. Ce courant porte sur les cêtes d'Irlande , d'Ecosse et de Norvège , les graines des végélani des Antilles , tels qne : Dolichos urens, Guilandina Bwdue, G. Bondwellaei Mimosa scandens. Ainsi l'atmosphère et la mer conspirent également pour réchauffer pendant l'hiver les côtes occidentales de l'Europe , tandis qu'elles abaissent nn peu leur température dans l'été en augmentant le nombre des joun couverts et celui des pluies.

Suivant M. de Humboldt , la température de l'équatenr doit être de 27°, 5. D'autres voyageura donnent des chiffres différents. Le manque d'observations et la constitution météorologique si différente des pays qui se troavent sons la ligne expliquent très-bien celte incertitude.

Isothermes, — On désigne sons le nom de Upus isothermes des courbes tracées sur le sphéroïde terrestre et dont chacune passe par tous les points supposés ramenés an bord de la mer dont la température annoelle moyenne est la même. L'isotherme dont la températare est la plus élevée passe par tous les points dont U moyenne s'élève à 27<^,5 ; la plus basse par ceux où elle descend 4 — 10^ Noos ne saurions tracer tontes ces isothermes , disons seulement qne toutes s'élèvent dans la mer comprise entre l'Amérique et TEnrope à partir du 40* parallèle. Le sommet de leur courbie , ou , en d'autres termes , leur point le plus rapproché do pôle se trouve à 20<> longitudinaux environ à Î'E. du méridien de Paris. On observe le même phénomène sur le côté opposé de l'hémisphère, dans le Grand-Océan, par 175o de longitude occidentale. La France avec l'Âlgérte est comprise entre l'isotherme de 1 0» et de 20°. L'isotherme de zéro traverse le Canada et coupe la côte de

MÉTÉOROLOGIE.— PHYSIQUE DU GLOBE

TempértUvre moyenne de 16S lieux d'après Mahbnann,

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