IV. — Préparation de l'oxygène
11 me paraît utile de compléter ici les renseignements que j'ai donnés (vo/rp. 38) sur le meilleur procéda pour préparer sans danger et rapidement de grandes quantités d'oxygène nécessaires aux expériences de projection. J'emprunte les détails de cette préparation au Mémoire déjà cité de M. Debray.
Supposons qu'il s'agisse de remplir d'oxygène un sac en caoutchouc (de la contenance de 5o à 60 litres). On fait un mélange intime de 200 grammes de chlorate de potasse et 200 à 3oo grammes d'oxyde de manganèse co/cm^, concassé en poudre grossière ou mieux en petits grains que l'on introduit dans une cornue en verre de y litre de capacité. Le col de cette cornue est relié par un caoutchouc avec un large tube qui va plonger dans un flacon laveur contenant une dissolution faiblement alcaline destinée à retenir au besoin les traces de chlore; de la seconde tubulure du flacon part un tube abducteur que Ton met directement en
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communication avec le sac de caoutchouc complètement dégonflé; dès que Toxygène commence à se dégager.
On chauffe la cornue d'abord en dessous, puis latéralement, quand le dégagement se ralentit. Si le sac de caoutchouc est muni d'un robinet de section suffisante, on n'a à craindre, dans l'intérieur de l'appareil, aucune pression capable d'en déterminer \e dérangement ou la rupture; l'opération marche d'elle-même sans qu'on ait à s'en occuper. On est averti que tout l'oxygène est dégagé quand il cesse de passer des bulles dans le flacon laveur ; on ferme alors le sac de caoutchouc.
La décomposition s'effectue très-facilement en opéFant sur I kilogramme ou i^",5oo de chlorate de potasse dans une bouteille en fer, munie d'un large canon de fusil recourbé qui remplace le col de la cornue ; on conduit encore l'opération comme précédemment: il faut seulement prendre des ouvertures aussi larges que possible pour éviter toute augmentation de pression intérieure, car ici le dégagement sera très-rapide. Nous recommandons l'emploi de l'oxyde de manganèse calciné^ parce que cette opération a dépouillé le corps de son eau, de son acide carbonique et de son azote, et surtout parce qu'elle a sûrement détruit toutes les matières organiques (charbon, etc.) qui s'y trouvent souvent accidentellement mélangées. 11 pous est arrivé plusieurs fois, en préparant de l'oxygène avec de grandes quantités de manganèse, d'obtenir un gaz explosible au commencement de l'opération, par suite de la présence non prévue de ces matières dans notre manganèse. L'inconvénient serait bien plus sérieux encore avec le chlorate de potasse, car si le manganèse apportait avec lui quelques minces fragments de bois, de paille, etc., la combustion vive de ces matières dégageant subitement une énorme quantité de gaz suffirait pour produire l'explosion de l'appareil. On n'a rien à craindre au contraire avec l'oxyde calciné. Il faut bien remarquer que le même oxyde de manganèse peut servir indéfiniment : il suffit de le laver pour le séparer du chlorure de potassium et de le sécher pour le rendre propre à une nouvelle opération.
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Ce procédé, exécuté dans les conditions les plus désavantageuses au point de vue du prix de revient, donne Toxygène à 2 centimes le litre au plus. Comme il suffit de 4o litres d'oxygène par heure en employant le gaz de Téclairage, la dépense ne s'élève donc pas à plus de 80 centimes pour cet intervalle de temps; elle est donc insignifiante, surtout auprès de la dépense qu'aurait occasionnée l'emploi de la pile. L'hydrogène dépense -pour un même effet lumineux moins d'oxygène que le gaz de l'éclairage ; mais, comme il est plus cher que ce dernier, son emploi est moins avantageux.