‹ Instruction raisonnée pour l'examen de la vision devant les conseils de révision et de réformeChapitre 48 sur 71 · MODE D EXAMEN · texte numérisé non relu

MODE D EXAMEN

lettres qu'ils auront à lire, les apprendre, répondre de mémoire et sans les voir, car en somme ce numéro lo se réduit à quelques lettres seulement

Il est facile d'éviter ce subterfuge par la disposition ci-dessus (fig. 1 4) de lettres et de signes pour les illettrés de Wecker ou de Snellen, tous du même numéro 10.

D'abord on peut demander à l'observé de lire les ' lettres ainsi disposées, dans n'importe quel ordre, ce qui constitue une première difficulté pour le simulateur. Quant aux signes, placés sur un carton différent de celui qui porte les lettres, mobile autour de son centre (A), et pouvant prendre quatre positions, ils sont susceptibles de fournir vingt-huit combinaisons de lecture, faciles à indiquer par'le médecin, impossibles à prévoir par l'observé.

Si ce mode d'examen était accepté, il y aurait à en faire l'application au recrutement de certaines spécialités niilitaires, après avoir fixé la limite pratique pour chacune d'elles (note 7). Comme l'épreuve à laquelle doivent satisfaire les élèves de l'Ecole navale, celle-ci tient un compte suffisant de l'ensemble des qualités visuelles qui peuvent permettre à un homme le libre exercice d'une profession à longue portée de la vue : elle est simple, usuelle, d'une application facile et exacte. Chacun peut l'employer sans commettre d'erreur sensible.

Application aux spécialistes militaires.— Artilleur. —

VR = — . Dans l'armée, les premiers à y être soumis,

devraient être les artilleurs et les soldats d'élite qui doivent surtout agir en tirailleurs. Pour les premiers.

une portée égale à Tunité nous paraît suffisante. En raison de Ténorme distance à laquelle rartillerie moderne peut envoyer ses projectiles (6, lo, '12 mille mètres) on est porté a priori à exagérer les nécessités visuelles de ceux qui doivent pointer les pièces. La réflexion corrige cette impression. En efiet Tartilleur vise surtout sur des masses, le but à atteindre grandit avec la distance même du tir et reste toujours supérieur au minimum visibile que cette distance suppose ; en second lieu et de Tavis des hommes compétents on ne peut utiliser pratiquement ces portées •extrêmes que dans le cas où le but à atteindre (ville, ^mas de troupes, bois) est si étendu qu'il est accessible aux amblyopes eux-mêmes; enfin Tofficier, à l'aide de ses instruments de précision, reconnaissant et indiquant les distances du tir, Tartilleur n'a que la direction à donner.

Le fait d'artilleur dont l'acuité était inférieure à la normale et ayant pourtant obtenu d'excellentes cotes de tir n'est point rare. Maurel le constate et s'en -étonne quelque peu. Caradec, médecin-major du vaisseau-école des canonniers le signale dans un tableau inédit qu'il a bien voulu me communiquer," et j'ai vu moi-même , un quartier-maître , atteint d^une rétinite pigmentaire congéniale, arrivée à ce point que le champ visuel était diminué de 2/3 et l'acuité centrale réduite à 1/4, se récrier sur la proposition de réforme que je lui faisais parce que, disait-il, il avait obtenules meilleurs coefficients aux derniers tirs.

De sorte que, malgré les prévisions contraires auxquelles on est souvent enclin, une bonne et longue

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