MARIAGES MIXTES
Il est nécessaire de montrer combien est juste la loi qui prohibe ces unions mixtes.
es mariages mixtes sont généralement désapprouvés par le droit naturel et le droit divin; ils sont de plus expressément condamnés et prohibés par le droit ecclésiastique.
Le droit naturel les repousse, car d'ordinaire ils compromettent la foi de la partie catholique, la foi des enfants, leur piété filiale envers leurs parents, et conduisent à l'indifférence en matière de religion. [ls altèrent la paix domestique ; ct difficilement ils se concilient avec l’amour chrétien, qui doit unir le cœur des époux, et qui est une des fins principales du mariage. Ils ne peuvent que causer un tourment journalier à la partie catholique, si elle est fortement attachée aux principes de sa foi.
Dans un mariage mixte, la partie catholique doit suivre la anti voie étroite, tandis qu’à côté d'elle on marche dans la voie to large ; elle est obligée à l’abstinence, au jeûne, à la confes- tout sion, à la communion, pratiques réputées | ar la partie protes- d’èt tante superstitieuses et ridicules ; elle doit obéir à l'autorité ain de l'Eglise qu’elle voit journellement foulée aux pieds. ane J'adore Jésus-Christ, et le compagnon inséparable de ma Ru vie méconnaît sa divinité ; jaime à prier Marie et les saints, rêt et ce sont là des actes d'idolâtrie aux yeux de l’hérétique ; a je ne puis aller à l'église sans penser que, d’après ses opi- E nions, je vais pratiquer un culte vain et réprouvé de Dieu ; dane je ne puis faire un signe de croix, sans craindre de rencontrer ue sur ses lèvres le sourire de l'ironie... de 1
Et cependant je suis femme, et, comme Eve ma mère, je trait crains le ridicule à l'excès ; je suis épouse et je dois tenir À souverainement à la confiance, à l'estime et à l'entière appro- édiñ bation de mon époux. Heureuse, si ma foi n’est pas par | entamée, si l’esprit d’hérésie toujours commode à la nature, voit ne s’insinue pas dans mon âme, si le respect humain, la dont
crainte de déplaire à celui que je dois aimer, ne refoule pes des
toute ma religion dans le secret de mon cœur! Heureuse si
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a mère, je le dois tenir tière approi n'est pas à la nature, humain, la refoule pes Heureuse si
l'entrainement de l'exemple ne me jette pas à mon tour dans la voie large qui conduit à la perdition !
Dieu pent-il avoir pour agréable, dit Tertullien, que j'aie toujours à mes côtés un émissaire de Satan, chargé de faire auprès de moi ses affaires, et de contrarier dans mon âme l’Esprit-Saint? Je dois aller à l'Eglise, mon mari veut me conduire à la promenade ; je dois jeûner aujourd’hui, mon mari a commandé un grand festin: je dois m'approcher de la Table sainte, ce banquet divin est l’objet incessant de toutes ses calomnies, etc.” (Ad uxorem l. 11. c. 5.
Il est écrit, dit Saint Ambroise, Vous serez saint avec les saints, méchant avec les méchants ; ” s’il en est ainsi pour toutes sortes de liaisons, le danger n'est-il pas plus grand dans cette société si intime des esprits et des cœurs qu’on appelle le mariage ? ?”
‘ Quand la foi n’est pas la mème, continue le même Père, comment peut-il y avoir sympathie et amour?” L'amour, cette donation absolue, cet abandon complet de soi, est inspiré par la confiance; l’unité de conviction produit l’unité d'affection et de sentiment; mais quand mes croyances religieuses sont repoussées, combattnes, contrariées sans cesse, comment puis-je livrer mon cœur avec une confiance entière? Quand je ne puis faire adopter ma pensée sur les intérêts les plus graves de tous, comment m’entendre sur tout le reste ? Et quand je n'ai pas l'espérance d'aimer et d’ètre aimée pendant l'éternité, croyez-vous que je puisse aimer dans le temps d'un amour parfait? Quand je me livre sans retour, moi qui crois le divorce impossible et criminel, comment voulez-vous que je consente à voir mon époux se prêter seulement, utorisé qu'il est par sa religion, à m’abandonner bientôt pour s’attacher à une autre?”
Et l'éducation religieuse des enfants, que deviendra-t-elle dans cette anarchie? L'enfant voit son pére aller au prèche et sa mère à la messe; son père repousser les enseignements de l'Eglise, sa mère en suivre les inspirations; son père traiter de fables les dogmes sacrés que sa mère adore... A qui des deux s’en rapportera-t-il? Ce que l’un travaille à édifier dans son esprit, l’autre s’efforce de le démolir. Incliné par la nature à se soumettre à l’autorité de ses parents, il voit cette autorité s’élider et se détruire par une centinuelle contradiction. Ce qui doit lui sembler plus logique, c’est de suspendre son jugement et d’attendre, pour adopter une religion, qu’il ait pu par lui-même discerner la meilleure.
Système de Rousseau, diamétralement opposé à la méthode catholique !
Ne dites pas que les parents peuvent dissimuler à leurs enfants l'opposition do leurs croyances. Le jeune âge a trop de pénétration pour s’y laisser tromper ; il apercevrait l'indifférence religieuse derrière cette dissimulation ; et le scandale n’en serait que plus grand.
M. de Stolberg écrivait ces lignes à une jeune personne qu’il cherchait à dissuader d’un mariage mixte :
“ Savez-vous, mon enfant, à quelle tentation d’apostasie vous allez vous exposer ? Saurez-vous résoudre les doutes qui vous seront proposés par des hommes instruits ? peut-être par des protestants encore attachés aux doctrines de Luther et de Calvin, dont le nombre diminue chaque jour, ou plus vraisemblablement par des protestants qui tournent toute religion en ridicule, et ne retiennent de la leur que ce qu’ils veulent : incrédules, qui la plupart ne voient en Jésus-Christ qu'un sage humain? N’éprouverez-vous jamais de fausse honte, quand ils vous verront aller auprès d’un confesseur, eux à qui la confession des péchés semble un joug ignominieux et insupportable? Les idées qu’a votre mari sur le mystère sacré sous lequel l’Homme-Dieu se voile et se donne à nous, catholiques, sous l’apparence la plus humble, ne viendront-elles jamais vous troubler, vous ébranler? Eprouverez-vous un sentiment de satisfaction et de tranquillité, quand vous réfléchirez qu’il ne peut recevoir avec vous, dans la participation à un mème sacrement, le bonheur dont Jésus-Christ disait à Thomas : /eureux ceux qui ont cru sans avoir vu ?...que vous ne pourrez, à genoux, à côté de lui, que devant le saint sacrement, participer tous deux à cette promesse: “ Je suis avec vous jusqu’à la fin des siècles !” ni vous réjouir avec lui dans le sens propre de cette autre promesse : qu’il restera toujours avec les srcecesseurs des Apôtres pour préserver son Eglise de toute erreur?... quand votre mari sera atteint d’une maladie grave et que vous verrez la mort s'approcher de lui sans qu’il puisse recevoir les sacrements institués par Jésus-Christ, la Pénitence, l'Eucharistie, l’Extrème-Onction ?
Vous vous co nplaisez probablement dans la pensée de rourrir de votre lait vos enfants et de voir s'élever autour de vous une nombreuse famille ? Maïs avant que Dieu vous les confie à élever, ces enfants, il vous faudra peut-être, pour être unie à l'homme que vous aurez choisi, promettre solen-
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nellement que vos enfants ne seront point les enfants de l'Eglise qui a le Fils de Dien pour époux. Seriez-vous prête à prendre cet engagement? à consentir à une promesse qui tout au moins exeluraïit de l'Eglise vos fils avant leur naissance? à une promesse qui devra rendre la religion chrétienne suspecte à des enfants destinés par les conventions matrimoniales à être élevés dans deux religions si différentes ? (1)
“ Et eelui qui vous demande un tel sacrifice ne s'engage pas à être votre époux pour toujours. Sa religion lautorise à vous abandonner pour contracter des liens que Jésus-Christ déclare adultères. Etce mari qui se prète, tandis que vous vous donnez, ou il est sans religion, et il vous laisse alors sans garantie de fidélité; ou il est attaché à son culte faux, et, dans ce cas, il se repentira bientôt de vous avoir épousée ; mais indifférent ou zélé, il cherchera toujours à vous faire adopter ses principes, et dans le second cas, il le fera surtout en vue de ses enfants.
‘ En un mot, ou vous resterez légère comme vous l’êtes aujourd’hui, et alers quels dangers vous menacent ? ou vos yeux s'euvriront sur votre situation, et alors vous serez chaque jour plus affligée de vous voir séparée, dans ce qu’il y a de plus important, de vos enfants que vous aurez exclus de l'Eglise, la mère de tous les fidèles, que vous aurez sacrifiés à l’erreur, connue de vous pour telle, et peut-être à l'étern elle damnation. ”
Les mariages mixtes sont donc, en thèse générale, opposés au droit naturel ; ils sout aussi le plus souvent contraires au droit divin: on lit dans le Deutéronome: ‘ Vous ne contracterez pas d’alliance avec (les sept nations proscrites) ; vous ne donnerez pas à leurs fils vos filles, vous n’accepterez
(1) Gn a fait un tableau d'instruction religieuse, à l’usage de ces malheureuses mères qui ont consenti à un détestable partage. En voici quelques traits. Les enfants catholiques lisent à gauche, les protestants à droite : D. —Quelle est la véritable Eglise de Jésus-Christ ?
R.—L'Eglise catholique et non la R.—L'Eglise réformée et non la réformée. catholique.
D.—Sésus-Christ est-il dans l’Eucharistie ?
R.—I1 y est en réalité, non en figure, | R.—I1 y esten figure, non en réalité. D.—Peut-on se sauver hors de l'Eglise catholique ?
R.—Non. | R.—Oui.
D.—L’'Eglise catholique est-elle infaillible ?
R.—Qui. | B.—Non.
pas leurs filles pour vos fils Pourquoi? parce qu’elles détourneraient vos enfants de mon culte et de ma loi.” (Deut. VII. 3). Le danger de perversion est le motif de l'interdiction; or ce danger est presque inséparable des alliances qu’un même culte n’a pas bénites.
Et quand l’Apôtre nous ordonne “ de fuir l’hérétique, rebelle à une première et à une seconde correction ; (Tèt. IIT, 10); quand ïl prescrit de ne contracter alliance que dans le Seigneur ”, in Domino, n'est-il pas évident qu'il interdit aux chrétiens, comme Moïse aux Juifs, les mariages nuisibles aux intérêts de la foi ?
Les défenses de l'Eglise sont nombreuses et remontent aux premiers siècles : ‘“ Qu’on ne marie point un catholique avec un hérétique, un juif ou un païen, dit le Concile de Chalcédoine, à moins que la partie non catholique ne consente à se convertir à la foi orthodoxe.”
Et le Concile de Laodicée: ‘ Point de mariage avec les hérétiques, à quelque secte qu'ils appartiennent ; si cependant ils promettent de se faire chrétiens, on peut les recevoir dans une famille catholique.”
Saint Léon-le-Grand, Boniface V, Etienne IV, Nicolas I, Boniface VIII, Clément VIIT; Urbain VIII, Clément XI, 3enoit XIV, Pie VI, Pie VII, Pie VII et Grégoire XVI, dans son allocution du 10 décembre 1837, ont successivement condamné les mariages mixtes.
2,—EMPÉCHEMENTS DIRIMANTS.
‘ Quand Notre Seigneur a déclaré coupable d’adultère celui qui épouserait une femme renvoyée par un autre, il a établi l’empèchement du lien conjugal. Quand l'Apôtre frappait d’excommunication l’incestueux de Corinthe qui avait épousé la veuve de son père, il consacrait l'empêchement d'affinité. Il préparait la législation qui fait un empêchement de disparité de culte, quand il déclarait libre et affranchie la partie fidèle molestée par un époux infidèle. Saint Austin et Athänagore condamnent, eomme adu:térins, certains mariages permis d'ailleurs par les lois ipériaies. Le Concile d'Elvire et celui de Néo-Césarée, en 314, étendent l’'empèchement d’affinité. Celui d'honnéteté publique est établi par le pape Saint Sirice. Celui qui résulte du veu solennel est mentionné par le Concile d'Elvire, le quatrième
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de Carthage, le Concile de Chalcédoine, les saints papes Sirice et Innocent I. Les Conciles d'Ancyre et de Chalcédoine parlent de l’empèchement de rapt. Un Concile, célébré en 916 en Allemagne, signale l’empèchement de crime. Ilest donc constant qu'en vertu d’un pouvoir qui lui est propre, l'Eglise a, de tout temps, interdit certaines alliances, ainsi que l'avait fait Moïse sous l’ancienne loi.
‘ Elle a, du reste, nsé de ce pouvoir avecune grande sagesse. L'erreur sur la personne, la violence, le rapt, la folie, le défaut d'âge, sont des empèchements nécessaires destinés à protéger la liberté du contractant, à lui garantir le degré de réflexion et de libre volonté qu'il doit apporter à un contrat d’où dépend son avenir.
“ L’esclavage est un empèchement dirimant, lorsqu'une
ersorne de condition libre en épouse une qui est esclave, a croyant libre. Mais un homme et une femme esclaves peuvent se marier ensemble, comme une personne libre peut, si cela lui convient, en épouser une qui est esclave. Le défaut de consentement de la part des maîtres n’entraine point la nullité du mariage.
L'ordre sacré et le vœu solennel doivent être des empèchements, afin que le prêtre et le religieux, ayant perdu toute espérance de contracter jamais un mariage valide, persévèreut dans leur sainte vocation et ne viennent pas en souiller une autre par de honteux sacriléges.
‘ La disparité de culte est un obstacle à la fusion intime des cœurs, à l'union cordiale des familles alliées, à l'éducation religieuse des enfants. Elle devait être un empêchement dirimant entre un chrétienet un sujet non baptisé. Entre un catholique et un hérétique qu’on suppose plus près de sa conversion, l’empêchement n’est que prohibant, c’est-à-dire qu’un tel mariage est gravement prohibé par l'Eglise, mais les parties restant habiles à contracter, elles épousent validement, lors même qu’elles n’ont po obtenu dispense.
La clandestinité suppose irréflexion, imprudence, justes motifs pour se cacher dans l’ombre ; elle ouvre la porte à une foule d’abus, elle rend très-difficile la constatation du mariage et par conséquent de la légitimité des enfants. Elle est un empêchement dirimant dans toutes les paroisses où le décret du Concile de Trente sur la réforme du mariage a été publié.
“ Certains crèmes, comme l’adultère avec promesse de s’épouser, le meurtre de l’un des conjoints par l’autre avec
eomplicité de la personne convoitée en secondes noces, rendent inhabiles à ce second mariage, nécessairement honteux et funeste, anqnel préluderaient de pareils attentats.
‘ Quant à l’'empèchement d'afinilé et de parenté légale, spirituelle ou naturelle, on en conçoit facilement les motifs : les pue et alliés vivent ensemble dès leur bas âge; que d'affreux désordres résulteraient de ces rapports nécessaires, s'ils pouvaient être un jour consacrés par une alliance légitime ! D'ailleurs, il est écrit : l’homme quittera son père etsa mère, c’est-à-dire, sa parenté, pour chercher ailleurs une épouse ; et l'expérience de tous les siècles est là pour démontrer que la fécondité du tnariage, la pureté et la beauté du sang demandent que cette épouse soit réellement cherchée au loin. [lya des vices de constitution héréditaires qui s’aggravent quand les membres d’une même famille s’unissent, qui se neutralisent le plus souvent quand les époux appartiennent à des familles entièrement étrangères l’une à l’autre. D'ailleurs le respect pour son propre sang demande cet éloignement. Il en résulte enfin plus de fusion entre les familles, une distribution plus étendue de la fortune et de la propriété.
“ Tous ces empèchements sont donc fondés sur des motifs d'ordre, de justice, de liberté, d'économie sociale ; ils tendent à procurer le plus grand bien de la famille et de l’humanité. Il en résulte que, si pour de justes raisons, un chrétien croit devoir demander dispense de l’un ou de l’autre, le législateur ne peut rien accorder à la légère ; il doit peser les raisons alléguées, au besoin les constater par une enquête, ne dispenser d’une loi borie qu’en vue d’un bien égal ou meilleur, et dans tous les cas, mettre un frein salutaire à ces demandes d’exemption et de privilége qui font brèche à la loi. C’est pour indemniser les juges de ces frais d'enquête, consultations, écritures, etc; c’est aussi pour que l’aumône supplée à la bonne œuvre attachée à l’observation de la loi; c’est enfin pour que la foule des solliciteurs soit contenue le plus possible dans le droit commun, que les personnes riches ou aisées ont à verser une somme proportionnée à leur fortune, avant d'obtenir dispense d’un empèchement porté par le droit ecclésiastique. Pour se dérober à des frais si justes, il y a toujours un bon moyen, c’est d'observer la règle commune. Aux pauvres la dispense est accordée gratuitement: in forma pauperum.
“ Il en résulte encore, que l'Eglise, avant de bénir un
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arenté légale, nt les motifs :
bas âge; que s nécessaires, une alliance tera son père cher ailleurs s est là pour pureté et la it réellement ution hérédid’une même uvent quand nent étrangèson propre enfin plus de ‘tendue de la
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e bénir un
mariage, doit constater que nul empèchement n'existe, Voilà pourquoi la triple proclamation qui se fait dans l'ussemblée des fidèles, et l'obligation qui je est imposée de signaler anx pasteurs les empêchements dont ils auraient connaissance, (1)
(1) Etude de la doctrine catholique dans le Concile de Trente, par le B. P. Nampon,
Ex fait maria sophi les So catho
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HISTORIQUE DE LA CONTROVERSE SUR LE POUVOIR D'ETABLIR DES EMPECHEMENTS DIRIMANTS.
Exposons d'une manière plus détaillée que nous ne l'avons fait dans ces instructions, l'historique des erreurs sur le mariage chrétien depuis trois siècles. On verra } ar quels sophismes les erreurs condamnés par le Concile de Trente et les Souverains-Pontifes, se sont répandues chez les peuples catholiques, et ont altéré leur législation sur le mariage chrétien.
Espérons que le temps est venu où la voix du Saint-Père, qui à si hautement proclamé la vérité, sera entendue de ses enfants, et que les peuples chritiens reviendront à la saine doctrine et à la véritable législation sur le mariage, législation qui seule peut sanctifier et sauver la famille.
Luther et Calvin, regardant le mariage comme un contrat purement civil et non comine un sacrement, ne reconnaissent pas d’autres empêchements que ceux qui sont nommés dans le Lévitique, ch. 18.
Selon eux, l'Eglise n'a pas le droit de statuer sur le mariage, ce droit n'appartient qu'à l’état.
Mare Antoine de Dominis, Archevtque de Spalatro, qui apostasia et embrassa le protestantisme, dans les premières années du dix-septième siècle, s'appliqua entierement à vouloir démontrer que les canses imatrimoni:les, quant au lien, ne sont pas soumises à la juridiction des tribunaux ecclésiastiques. Il semblait cependant accorder aux catholiques que le mariage est un sacrement, mais, dans la réalité, il le niait entièrement.
Lannoy adopta la fausse doctrine de de Dominis et le copia en grande partie dans son ouvrage intitulé: Pouvoir du roi sur le mariage. Voici un résumé de sa doctrine: Dans le mariage chrttien, le contrat est distinct du sacrement: le contrat existe et est valide indépendamment du sacrement ; il est entièrem”nt du domaine de la puissance civile ; le sacrement est accessoire et surajouté au contrat ; il est seul du domaine de l'Eglise. Le pouvoir d'établir des empéchements dirimants au mariage chrétien est tellement naturel et propre aux princes, que ce furent eux qui, par induigence et concession, communiquèrent ce pouvoir à l'Eglise. Le pouvoir que l'Eglise s’arroge sur le mariage chrétien, sans la concession des princes, est une nsurpation.
Prétendant échapper à l’anathème que le Concile de Trente, (sess. 24, can. 4.) prononce contre ceux qui refusent de reconnaitre à l'Eglise le pouvoir d'établir des empèchements dirimants, Launoy inventa une explication nouvelle et inouïe jusqu'alors de ce canon du Concile, en soutenant que sous le nom d’Eglise, les Pères du Concile de Trente entendaïent les rois et les princes.
Le protestant Reiser compte Launoy parmi les confesseurs et 1es témoins de la vérité évangélique, c’est-à-dire, du Luthéranisme. Znter confessores et testes evangelico-catholicæ verttatis. Les parlementaires du dix-huitième siècle qui suivaient la doctrine de Lannoy devaient se féliciter de voir les éloges que les protestants décernaient à leur maitre.
La doctrine de Launoy, victorieusement réfutée d’abord, se répandit pendant le dix-huitième siècle, grâce à l’esprit d'impiété qui régnait alors partout. Plusieurs théologiens et canouistes pensant que le Concile, dans ce canon, ne déclare pas de qui l'Eglise tient le pouvoir d'établir des empèchements, si c'est de l'institution de Jésus-Christ ou de la concession des princes, en vinrent à assurer que le droit originaire d'établir des empêchements est propre aux princes, et que l'Eglise n’a exercé ce pouvoir pendant plusieurs siècles et ne l'exerce encore, qu’en vertu de la concession des princes.
Ce fut sous l’influence de ces théologiens et de ces canonistes que parut en 1783, la constitution de Joseph IT qui déclare les causes matrimoniales de la compétence des tribunaux civils. Cette nouvelle législation matrimoniale repose sur ce faux principe, que le mariage est un contrat civilet que par conséquent il doit être réglé, eomme tous
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es Canonisph II qui ‘tence des trimoniale un contrat
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Î2s auvres contrats, par la loi civile. Le gouvernement civif seul peut donc établir des empêchements et en dispenser. Suivant cette constitution, l'Eglise ne peut établir que quelques empèchements pen en faveur de la religion et des bonnes mœurs, afin de eonserver au sacrement de mariage sa dignité.
Les professeurs de droit canon et les théologiens jansénis-
tes s’efforcèrent de défendre les prineipes de l2 législation autrichienne.
En 1792, la République Française nonseulement déclara que toutes les causes matrimoniales étaient du ressort des tribunaux civils, mais elle refusa de reconnaître au mariage ni sainteté, ni indissolubilité. Napoléon, dans son code, modifia la législation républicaine sur le mariage, cependant il refusa de reconnaître à l'Eglise aucune autorité dans les causes matrimoniales, et les magistrats civils furent chargés de présider aux mariages. Pour qu’un mariage soit légitime, il faut, suivant le code civil, que la déclaration du consentement mutuel se fasse devant le magistrat civil; et il n’est pas permis d’avoir égard à la doctrine catholique sur le sacrement de mariage et sur le consentement qui doit être exprimé devant le curé et devant deux témoins.
Enfin plusieurs théologiens cessèrent d'enseigner que les princes seuls ont le pouvoir d'établir des empèchements dirimants, et ils admirent que la puissance ecclésiastique et la ps civile ont un pouvoir égal en cette matière.
el est l’abrégé historique de cette controverse qui fut soulevée par les protestants, recommencée par De Dominis, continuée par Lannoy, enfin par les Jansénistes et des théologieus partisans d’une prétendue préragative royale.
À tous ces systèmes, nous opposons l'autorité du Concile de Trente qui, dans sa 24ème session, a prononcé les canons suivants contre tous les novateurs.