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D. Qu’est-ve que le Jubilé ? ,
R. C’est une solennité, une cérémonie ecclésiastique, accompagnée de prières, d’instructions, de visites d’églises, de processions et de plusieurs autres bonnes œuvres, que l’on fait © pour gagner une indulgence plénière que le Pape accorde à 4 l'Eglise universelle, en certain temps et à certaines occasions. 4 Boniface VIII fut le premier qui donna au Jubilé de l’année % sainte la forme qu’il conserve encore aujourd’hui. Il‘ordonna 4 qu’à commencer par l’année 1300, cette indulgence générale serait accordée, tous les cent ans, à ceux qui visiteraient les églises de St. Pierre et de St. Paul à Rome, Il le fit parce qu’on s’aperçut qu’en l’an 1299, les chemins étaient pleins de pélerins qui se rendaient à Rome de tous les côtés, et qui ésaient qu’ils étaient venus sur ce qu’ils avaient appris de leurs pères, que ceux qui allaient à Rome, à la fin de chaque siècle, ÿ gagnaient de grandes indulgences la dernière année du siècle.
Clément VI, jugeant que le terme de cent ans était trop long, le réduisit à cinquante ans ; et effectivement, il accorda, l’an 1350, une indulgence générale à ceux qui visiteraient les quatre principales églises de Rome, semblable à celle que Boniface VIII avait accordée pour l’an 1300, Cela subsista jusqu’à Paul 1, qui, l’an 1470, fixa cette indulgence à chaque A
fois par Sixte IV, son successeur, l’an 1475, et a été suivi
avec uniformité depuis ce temps-là. Avant Paul IT, le Pape à Grégoire XI avait fait une Buiïle pour fixer cette indulgence à #
chaque trente-troisième année ; maisil ne paraît pas, par l’histoire, que cette bulle ait été mise à exécution.
D. Pourquoi cette indulgence générale des années saintes est-elle appelée Jubilé ?
R. Parce qu’elle a de grands rapports avec le Jubilé des Juifs. Le Pape Sixte 1V est le premier qui ait donné le nom de Jubilé à cette indulgence. Bulle de l’an 1473.
D. Que signifie le mot J'ubilé ?
R. Il signifie un temps de-joie et de rémission accordée par l’Eglise, dont le Jubilé des Juifs était la figuré.
D. D'où vient ce mot de Jubilé?
R. Il vient du mot hébreu Joe}, qui sigrifie son de trompettes,parce qu’on s’en servait au te:1ps du Jubilé des Hébreux, pour le publier. L’historien Josèphe dit qu’il ‘signifie liberté ; en effet les Juifs la recevaient dans le temps du Jubilé. ‘St, Jérome dit que ce mot ‘signifie année de rémission ; aussi, à la cinquantième ‘année, il se publiait une liberté générale, comme le dit l’Ecriture-Sainte. | i
D. Qui a institué le Jubilé des Juifs ?
R. C’est Dieu, lorsqu'il ditz Moïse, dans le Lévitique, ch. 25, v. 10: Vous sanctifierez la cinquantième année, et vous l’appellerez rémission pour tous les habitants du pays, ‘ parce que c’est l’année du Jubilé.’ Ce mot se trouve en plusieurs autres endroits de l’Ecriture ; au ch. 27, v. 21 du Lévitique, ilest dit: “ Lorsque le jour du Jubilé sera venu, ‘ j] sera consacré au Seigneur. ”?
D. En quoi consistait cette rémission du Jubilé de l’ancienne loi ? | R. Cette rémission du Jubilé de l’ancienne loi, qui était la figure de la nouvelle, consistait principalement en ce que, dans l’angée jubilaire des Juifs, les dettes étaient remises, les esclas ves recouvraient leur liberté, et les biens aliénés retournaient à leurs premiers maîtres.
‘D, En quoi censiste le Jubilé de la loi nouvelle ? R. Il consiste en ce que l’indulgence, que l’Eglise accorde
vingt-cinquième année ; ce qui fut exécuté pour la première M
et a été suivi
aux fidèles, remet la peine temporelle dont les pécheurs sont
ul II, Je Pape cdevables à la justice de Dieu, les délivre de l’esclavage du e BE | a 1 nono et lés fait rentrer dans la possession des biens spirituels
nnées saintes
le Jubilé des donné le nom
accordée par
son de tro es Hébreux, ifie iberté : à Jubilé. ‘SE j aussi, à la rale, comme
vitique, ch.
année, et ts du pays, > trouve ën > V. 21 du sera venu,
l’ancienne
jui était là que, dans les esclas rnaiént à
‘qu’ils avaient perdus par le péché.
! D. Qu’entend-on par ce mot indulgence ?
R. On entend la rémission de la peine temporelle due au
‘péché, après qu’il a été pardonné dans le sacrement de péni-
Mtence, quant à la peine éternelle.
à D. Le sacrement de pénitence, en remettant le péché entié- \rement, ne remet-il pas aussi toutes les peines qui lui sont + dues ?
… R. Le sacrement de pénitence, en remettant entièrement le péché, remet, à la vérité, la peine éternelle que le péché
mortel mérite ; maïs il laissé obligation de subir des peines
Î temporelles pour l’expiation des péchés qu’il remet. Lisez le
L 14e. ch. du livre des Nombres, vous y verrez que Dieu, en
pardonnant à à un peuple ingrat et rebelle, le condamne, cepen-
dant, à ne point entrer dans la terre promise. Lisez encore le 12e. ch. du 2d. livre des Rois, v. 10, 13:et 14, vous y verrez
À que, Dieu pardonne à David deux crimes énormes dont il s'était rendu coupable, en considération de la douleur profonde qu’il | en avait conçue; néanmoins il lui prédit les châtimients tempo-
» rels qui doivent en être la satisfaction.
NU D. Oùlie chrétien expie-t-il les péthés dont il reçoit la ! rémission dans le sacrement de pénitence ?
4 KR. Illes expie, en cette vie, par des satisfactions volontai- 1} res, ou en l’autre, dans le purgatoire.
D. L'Eglise a-t-elle le pouvoir d’imposer ces peines temporelles ?
R. Oui; c’est une conséquence du pouvoir que Jésus- 4 Christ lui a laissé de remettre les péchés. Quorum remiseritis peccata remiltuniur eis.—Jean, ch. 20, v. 23. Elle doit, comme Jésus-Christ, dont elle tient la place, en remettant la
4 peine due au péché, exiger et imposer des satisfactions tempo-
relles dues à ce même péché ; et c’est aussi ce qu’elle fait toujours dans le sacrement de pénitence,
ni D. La discipline de l'Eglise a-t-elle toujours êté la même
> accorde
dans l’imposition de ces peines ? ?
R. Non; l’Eglise a jugé à propos, pendant clvsidure siècles,
ui QT CIRE pr Pen ER qe ren oem ere DUT
d’imposer Pour, certains péchés, duraient souvent plusieurs année d’imposer aujourd’hui. | * epuis que l'Eglise n’impose point ordinairement ces sortes de pénitences, Je pénitent n’est-;l obligé qu’aux Pénitences que le confesseur lui impose ?
omme ces Pénitenees, fesseurs, très-souvent ne sont pas enti
et au nombre des péchés
des pénitences Publiques qui s; et qu’elle n’a Plus eoutume
: Cela est facile. Le
PEglise, et les peines
tric + Comment les peïhes temporelles dues au péché se remet- me tent-elles par l’indulgence ? : 4 “ . Le voici: l’indulgence nous fait l'application des satis- L 1e actions Surabondantes de Jésus-Christ et eS Saints, pour 4 db Sompenser ce que nous devons à sa justice, H est Certain que à «ct Jésus-Christ, dont toutes les actions ont été d’un prix infini, M a salisfait à Dieu Surabondamment Pour toutesles peines dont ! à ; es hommes peuvent être redevables à la justice divine Onne À + ] saurait douter que, Parmi les saints, i] Yen aeuun trés-grand ! à nombre dont les Satis{actions ont été Surabondantes. Oserait. É é on le nier de la Plus pure des vierges, qui, JUoiqu’exempte de tout péché, a tant Souffert que son 4 glaive de |
| plus eoutume nairement ces qu’aux péni-
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roportionnées it doit, pour isfactions ou se pas,
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Ntenant une rs siècles de nent de nos 1 > Proportion 4 alors, sans F du péché
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ins, pour ertain que "x infini, À eines dont
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cée d’un | {ransibit PCUrseur, Stérités,
> Par. un
7 glorieux martyre? Enfin, pourrait-on le nier de tant d’illustres, confesseurs, qui, purifiés du péché et de ses peines par les
eaux de la régénération, ont peu de temps après, et quelquefois le même jour, triomphé des Néron et des Domitien ?
. Mais, s’il en est ainsi, n’est-il pas constant qu’il y a eu des
saints dont les peines, comme celles de Job, ont surpassé, de toute la pesanteur du sable de la mer, les péchés qu’ils avaient commis? Utinèm appenderentur peccata mea, quibus iram merui : et calamitas, quam patior, in staterû, Quast arena maris hœc gravior appareret.—Job, ch. 6, v. 1, 2. Ces satisfactions de Jésus-Christ et des saints forment un trésor inépuisable, dont Jésus-Christ a confié la dispensation à son Eglise ; c’est pourquoi les souverains pontifes déclarent, dans les bulles des Jubilés, qu’ils ouvrent les trésors de l’Eglise.
D. L’Eglise a-t-elle le pouvoir d’appliquer ainsi, à son choix, les mérites de Jésus-Christ ?
R. ‘Ce pouvoir est une suite nécessaire de ces paroles de Jésus-Christ : “ Tout ce que vous délierez sur la terre, sera 6 délié dans le ciel.’—Matt. ch. 16, v. 19, et ch. 18, v. 18 ; car on ne peut délier qu’en appliquant les mérites de Jésus- Christ. (Cette parole du divin Maître ne souffre aucune restriction ; il ne donne pas seulement à l'Eglise le pouvoir de remettre la peine éternelle due au péché mortel, mais fout, c’est-à-dire toute peine due au péché, soit éternelle, soit temporelle : c’est pourquoi le Pape Clément VI, dans la bulle du Jubilé de l’an 1350, insérée dans le Droit Canon, dit expreesément que ‘ l’Eglise a reçu le pouvoir d’accorder la rémission ‘ totale de la peine temporelle due au péché,” en appliquant aux pécheurs les satisfactions surabondantes de Jésus-Christ et des saints.
D. Les satisfactions de Jésus-Christ ne sont-elles pas sufksantes toutes seules ?
R. Elles sont infiniment plus que suffisantes, et tout le mérite des souffrances des saints n’est qu’un écoulement et une application du mérite infini des souffrances de Jésus-Christ, loin que ce soit un supplément aux satisfactions du Sauveur, comme si elles étaient insuffisantes et imparfaites, et qu’on y pût ajouter quelque chose ; erreur impie qu’on nous impose
faussement, et dont nous avons la plus grande horreur. A?
RÉEL rs een eneen etre M -