‹ Instructions et médiations pour le temps du Jubilé [microforme]Chapitre 11 sur 34 · IT · texte numérisé non relu

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Sur la seconde partie de la Parabole.

Passons outre dans la lecture de cet Evangile : (Heb. 6. 4.5. 6.) “ Comme ils n’avaient point de ‘ quoi payer, il leur remit la dette à tous deux : ‘ lequel des deux l’aime le plus? C’est celui à ‘ qui on remet davantage.” O mon Dieu, je suis du nombre des grands débiteurs, moi qui ai reçu tant de graces, et qui suis coupable de tant de péchés. Il faut donc que je vous aime davantage. Plus vous exercez envers moi vos miséricordes, plus il faut que je vous tonne mon cœur ; et dans une indulgence plénière, si je n'ai, pour ainsi parler, un amour plénier, je ne réponds pas aux desseins de votre bonté.

Application de la Parabole.

Mon Sauveur, je n’attendrai pas à vous aimer que j’aie reçu la grace et l’indulgence. L’atten. te de vos bontés m’attendrit le cœur. Tout le monde est étonné de cette admirable facilité avec laquelle vous vous laissez approcher d’une péche. resse. Elle touche vos pieds sacrés; clle pleure dessus aussi long-temps au lui plaît ; elle les

oint de ses parfums; elle les essuie de ses cheveux ; elle les baise tant qu’elle veut : elle n’a cessé, dites-vous, de baiser mes pieds : (Luc. 7. 45.) le Pharisien en murmure, et toute la compagnie en est surprise. Mais personne n’en est plus surpris qu’elle. Votre bonté, vos facilités, lui percent le cœur ; elle fond en larmes ; elle n’a pas la force de prononcer une parole; ses larmes, ses cheveux épars, ses parfums répandus, ses humbles et tendres baisers parlent assez : plus son amour est vif, plus ses regrets sont amers ; Car qui ne sait que plus on vous aime, plus on regrette de vous avoir offensé ? Si l’indulgence augmente l’amour, elle augmente par conséquent la douleur. Ne parlons plus à cette sainte Pécheresse des rigueurs et du martyre de la pénitence: son amour et sa douleur lui font tout sentir : elle souffre plus dans le cœur que les plus austères pénitens.

L'amour pénitent comprend toutes les peines satis. Jactoires.

Donnez-moi, mon Sauveur, comme à cette sainte Pécheresse, un cœur pénétré d’amour à la vue de votre indulgence ; je ramasserai avec elle en un instant toute l’action de la pénitence : la confusion, la confiance, la réparation du mal, celle du scandale. Pénitens des premiers siècles, vous fondiez en larmes à l’entrée de l’Eglise ; notre P:cheresse fond en larmes aux pieds de Jésus. Vous-baisiez les pieds des Fidèles ; elle Laise ceux du Sauveur; et ce sont ses pieds que les pénitens cherchent encore dans ceux de leurs frères. Pénitens des siècles passés, vous quittiez

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toutes les marques de la vanité ; voilà notre Pécheresse qui répand tous ses parfums. Vous paraissiez les cheveux épars, négligés, couverts de . cendre et de poussière; notre Pécheresse n’es- | time les siens, qu’à cause qu’elle en essuie les | pieds du Sauveur, et les lui consacre. Heureuse Pindulgence ! si elle produit tout son effet, elle augmentera l’amour de Dieu ; car celui à qui on remet plus, doit plus aimér : si elle augmente l’amour de Dieu, elle augmente la douleur de | l'avoir offensé. Ah! que cette douleur est F douce, puisque c’est l’amour qui l’excite. Mais } cependant, qu’elle est vive, qu’elle est pénétran- } te, qu’elle est déchirante et perçante, si l’amour qui la fait naître est véritable! Mon Sauveur, que je coure donc à l’indulgence : mon extrême misère a besoin de la plus grande ; mais que j'y coure comme à un moyen d'augmenter en mon cœur votre saint amour, et par mon amour, la douleur d’avoir péché contre le ciel et contre vous,

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