‹ Instructions et médiations pour le temps du Jubilé [microforme]Chapitre 2 sur 34 · I. Ce que c’est que le Jubilé · texte numérisé non relu

I. Ce que c’est que le Jubilé

E Jubilé est une Indulgence plénière d’autant plus certaine et d'autant plus efficate,qu'elle est accordée par notre Saint Père le * Pape pour cause publique,avecune réflexion plus particulière sur les besoins de la Chrétienté, et qu'elle est universelle ; ce qui faisant un concours entier de tout le corps de l'Eglise à faire Mpénitence de ses péchés, et à offrir de saintes et humbles prières en unité d'esprit, il se répand ‘sur tous les membres particuliers de ce corps, une grace plus abondante à cause du sacré lien F de la société fraternelle et de la communion des Saints. |

… Les Indulgences sont instituées pour relâcher la rigueur des peines temporelles dues au péché: ‘c'est pourquoi le saint Concile de Trente (Sess. 25, Decr. de Indulg.) a eu grande raison de

N cette vie et en l’autre.

Mais il se faut bien garder de s’imaginer que

l'intention de l'Eglise soit de nous décharger par l’Indulgence de l'obligation de satisfaire à Dieu: au contraire, l'esprit de l'Eglise est de n'accorder l’Indulgence qu'à ceux qui se mettent en devoir de satisfaire de leur côté à la justice divine autant que l'infrrmité humaine le permet, et l'Indulgence ne laisse pas de nous ètre fort nécessaire en cet état, puisqu'ayant comme nous avons, tout sujet de croire que nous sommes bien tloignés d’avoir satisfait selon

nos obligations; nous serions trop ennemis de,

nous-mêmes, si nous n'avions recours aux graces et à l’Indulgence de l'Eglise.

En un mot, l'esprit de l'Eglise dans la dispensation des Indulgences, n'est pas de diminuer le zèle qui nous doit porter à venger sur nous la justice de Dieu offensée par nos péchés, mais d'aider les hommes de bonne volonté, et de suppléer à leur faiblesse : et le moyen de gagner le Jubilé et toutes les autres indulgences, est de faire de bonne foi tout ce qu'on peut pour les bien gagner, et d'en attendre l'effet de la miséricorde de Dieu, qui seul connait le secret des cœurs.

Le fondement des Indulgences est la satisfaction infiniment surabondante de Jésus-Christ : à quoi on ajoute aussi les satisfactions des saints à cause de la bonté de Dieu, qui veut bien en faveur des plus pieux de ses serviteurs, se laisser fléchir envers les autres.

Ainsi, pour gagner les indulgences, il faut s'unir en esprit aux larmes, aux soupirs, aux gémissemens, aux mortifications, aux travaux,

aux souffrances de tous les martyrs et de tous

arger par | ..

isfaire à 7 les saints; et sur-tout à l'agonie, aux délaissee est de © mens, enfin à la Passion et au sacrifice de J'ésus-

se met- © Christ, en qui et par qui toutes les satisfactions

Ôté À la ” etbonnes œuvres des saints sont acceptées par maine le ‘ Son père.

de nous à

qu'ayant IT. Ce qu’il faut faire pour gagner le Jubilé: et oire que premièrement de la Prière:

ait selon The , , . : 7 .

emis de À fin générale de l'Eglise dans le Jubilé uni- Lux gra- E à versel, est d’exciter les fidèles à prier aus-

* si pour tous-ses besoins en général, et premièsla dis. * rement pour Notre Saint Père le Pape, pour le dimi- les évèques, les prêtres et les pasteurs, pour

… tous les états, et chacun en particulier pour la

ger sur a.

“péchés rémission de ses péchés et de ceux de ses frères ; onté pe pour l’extirpation des hérésies, l'exaltation de dé ga- la sainte Eglise, la paix des princes chrétiens ; gences et généralement pour toutes les nécessités préut pour sentes.

t de la À , Lesautressujetsdes prières sont marquésdans secret * lesoraisons de l'Église, et il ne reste qu'à vous

avertir de ne prier pas seulement de bouche, atisfac- mais encore de cœur ; de peur que vous ne soyez Christ: ‘à du nombre de ces hypocrites dont il est écrit : " …« Ce peuple m'honore des lèvres ; mais son cœur est

Ssaints À ,.ien en loin de moi. (Isai. 29. 13.)

se lais-

IIT. Du jeûne, des aumônes et de la visite des

autsu- à Eglises.

aux gé- À

avan D NCORE qu'en particulier la bulle de N. #4 ‘24 : L ,

de tous S. P.le Pape ne parle pas dans ce Jubi

+ lé, ni du jeûne, ni des aumônes, c'est la cou-

pa: A

Ô tume d'en prescrire dans tous les autres, et c'est # aussi l'esprit de l'Eglise de les joindre ensem- ? ble, conformément à cette parole : L'oraison & est bonne avec le jeüne et l'aumône. (Tob. 11.8 Jeûnons donc avec un esprit de componction et d'humilité; retirons-nous des jeux et des divertissemens; pleurons nos péchés, et songeons que le jeûne que Dieu a ehoisi et qui lui est agréable, est que mortifiant nos sens et notre propre volonté, nous accomplissions la sienne.

Pour l’aumône, il est écrit qu'elle prie pour nous. Que chacun la fasse donc selon son pouvoir, et par-dessus son pouvoir, comme dit l'epôtre. Mais que les pauvres qui ne peuvent rien donner se souviennent de l'obole de la veuve et du verre d’eau donné pour l'amour de … Jésus-Christ à l'indigent, dont il nous promet de nous tenir un si grand compte au jour de son # Jugement.

On visite les Eglises pour adorer Dieu dans sa maison, et pour s'unir aux mérites et aux prières des saints, à la mémoire desquels les } tifs Temples sont érigés. Songeons donc à la pa- . + leu role de notre Sauveur : Ma maison est une mas- * per son de prières, et n'en faisons pas une caverne de voleurs, en y portant des mains souillées de ven- l'À geances, de rapines, et du bien d'autrui raviou © qu convoité dans notre Cœur.

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