‹ Instructions et médiations pour le temps du Jubilé [microforme]Chapitre 9 sur 34 · V. POINT · texte numérisé non relu

V. POINT

On en revient aur saintes rigueurs de la justice divine.

: E saint Concile de Trente, après avoir expo-

sé des vérités si solides et si touchantes, conclut en cette manière (Cor. 1. 29.) ‘II faut donc ‘“ que les prêtres du Seigneur, autant que le ‘ Saint-Esprit et la prudence le suggéreront, ‘< imposent des pénitences salutaires et conve- ‘“ nables, selon la qualité des crimes et le ‘< pouvoir des pénitens ; de peur que s'ils conni- ‘vent aux péchés, et traitent leurs pénitens ‘avec trop d'indulgence, en leur imposant, ‘* pour de très-griefs péchés, des peines et des ‘ œuvres très-légères, ils ne participent aux ‘“ péchés d'autrui, et ne s’en rendent complices. ‘ Qwils aient donc devant les yeux la néces- ‘ sité d'imposer une satisfaction qui ne serve ‘ pas seulement de précaution contre les péchés ‘“ À venir et de remède à la faiblesse, mais en-

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Justice

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‘ core de vengeance et de châtiment aux péchés ‘< passés ; puisque les anciens pères croient et ‘ enseignent, que les clefs qui sont mises entre ‘6 les mains des ministres de Jésus-Christ, ne ‘“ leur sont pas seulement données pour ab- ‘“ soudre, mais encore pour lier; et on ne doit ‘“ pas penser pour cela, que le Sacrement de “ pénitence soit un tribunal de colère ou de ‘ peine :” ce que le Concile ajoute, rarcequ’on a vu, selon sa doctrine précédente, que ces peines que l'on subit avec une humble et sincère obéissance, sont au fond un trésor de graces et un gage de la divine miséricorde.

Le Concilede Trente ajoute encore (S. 14 .c.9): ‘ que Dieu par un témoignage admirable de son ‘amour, veut que nous puissions le satisfaire ‘< par Jésus-Christ, non-seulement par les ‘ peines que l’on s'impose à soi-même, et par ‘ celles que les prêtres nous ordonnent selon ‘ Ja mesure de nos péchés, mais encore par les 6 fléaux temporels que sa justice nous envoie :” ce qui est pour les pécheurs pénitens un dernier trait de miséricoree, puisqu'il change les supplices en remèdes.

PRIERES, AFFECTIONS ET RESOLUTIONS

ALHEUR à moi, mon Dieu, si je cher-

che dans le sacrement de pénitence un flatteur et un complice plutôt qu’un juge ! O mon Dieu, inspirez des paroles fortes à vos ministres, afin de confondre mon orgueil ; inspirezleur une sainte et invincible rigueur, de peur qu’ils ne connivent à mon péché; donnez-leur le zèle d’Elie, celui de Saint-Jean-Baptiste, ce.

lui de Jésus-Christ même ; qu’ils aient à son exemple le fouet à la main pour chasser tout ce qui profane la maison de Dieu, qui est mon ame et mon corps même (Math. 11. 21. 22), Mon Sauveur, si Tyr et Sidon avaient su ce que nous savons, elles auraient fait pénitence dans le sac et dans la cendre. Mais aussi avez-vous dit que Tyr et Sidon seront traitées plus doucement que nous au jugement. Et vous n’avez pas seulement prononcé cette sentence contre les villes qui vous ont vu en personne, vous avez dit à vos disciples: Qui vous recoit, me reçoit ; quivous méprise, me méprise : si l’on ne vous recoit pas dans une ville, allez dans une autre ; mais je vous le dis en vérité (Math. 10. 15. et 11. 21), : le traitement que recevront Sodome et Gomorrhe, dans le jugement de Dieu, sera plus supportable que celui de cette ville, Qu’'y at-il là à répondre ? Rien, mon Dieu ; je suis confondu : il faut se taire ; et comme disait Esdras (1. Esd. 9. 16). : Seigneur, vous êtes juste: nous sommes devant vous dans notre péché ; et il n’y a pas moyen de soutenir votre face. | Mais, Ô Seigneur, soyez loué à jamais de Ja manière dont vous nous aidez à vous satisfaire. O Dieu ! nous n’avons pas le courage de nous imposer à nous-mêmes des austérités ; au contraire, le peu d’abstinences et le peu de : jeûnes que votre Eglise nous ordonne, nous est à charge, et nous ne cessons de nous en plaindre ; nous transgressons ses: observances, et nous ne mar. chons point dans ses préceptes. Nos’ confesseurs nous trouvent si lâches qu’ils craignent de

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nous accabler par les moindres pénitences ; mais vous, Seigneur, qui avez pitié de notre faiblesse, vous nous envoyez des peines plus proportionnées à votre justice. Vous avez multiplié vos fléaux d’une manière terrible. La guerre vient contre nous avec toutes ses suites funestes : nous n’avons jamais vu tant d’ennemis aussi acharnés à notre perte: vous nous soutenez toutefois de votre bras tout-puissant ; mais cependant le sang coule comme l’eau autour de Jérusalem : nos familles sont désolées ; le nombre de nos parens et de nos amis diminue tous les jours ; et celui des morts qui nous étaient chers s’accroît sans mesure. Nous avons vu la famine : Ô Dieu! avec quelles horreurs nous apparut-elle il y a quelques années. La mortalité est venue à sa suite : nos villes et nos campagnes pleurent la perte de leurs habitans ; la rareté nous en étonne; combien de villages sont ravagés, et en combien de manières la diminution du peuple se fait-elle sentir ? Vous êtes juste, Seigneur ! Les prospérités aveuglent les hommes, et vous leur ouvrez les yeux par vos fléaux et par tant de coups redoublés. Mais que ces peines qui nous font pousser vers le ciel de si grandes plaintes, sont douces en comparaison de celles que vous réservez dans vos trésors ! Vous nous épargnez, Seigneur, et vous ne déployez pas” toutes vos vengeances. Car aussi qui les pourrait supporter ? Adoucissez encore vos justes rigueurs ; donnez-nous la paix tant désirée que vous seul pouvez nous donner. Mais puisque la saine doctrine vient de nous apprendre, qu’il n’y a point de plus: sûr moyen de détourner vos

coups, que de subir les peines de la pénitence, RP s’expt faites-nous pratiquer cet admirable moyen de R ternet vous appaiser : faites-nous d’humbles, de véri- K qu’ell tables, de courageux pénitens qui sachent s'irri- PE temps ter implacablement contre eux-mêmes, et ne se À mour, rien pardoner, afin que vous leur pardonniez. 7, 41 | quel e EE Es 00 SECONDE MEDITATION. ) eu L’Indulgence de l'Eglse. À Or .

RE On peut suppléer aux rigueurs de la pénitence E une | par sa ferveur et par un amour ardent. | elle re :ctler

L qu'ell pvoira

L pourrait sembler qu’après ces sévères et saintes maximes que le Concile de Trente

a tirées de lEcriture et de la plus pure anti- E Le, quité, il n’y a plus de lieu à l’Indulgence: mais BE tac le contraire paraît par des exemples admirables, (ib. 4

et premièrement par ceux du Sauveur. qu'ell

I. CoNSIDERATION. Lqui I Indulgence de Jésus, et premièrement envers celle ne qui ognit ses pieds. son L sion Parabole de N. $. en S. Luc. cap. vir, 41, 47. Considérez à ses pieds la sainte Pécheresse,

et voyez comme elle reçoit en un instant une entière rémission de ses péchés: c’est que sa fer-

veur et un amour ardent lui avaient fait souffrir tout d’un coup dans le cœur tout le martyre de la pénitence : vous le voyez par ses pleurs et par ses regrets, par la honte où elle

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s'expose, et par la bassesse de ses humbles pros- | ternemens.

Jésus lui remet beaucoup, parce qu’elle a beaucovp aimé : et il nous assure en même temps qu’en recevant beaucoup par un grand amour, elle apprenait à aimer encore plus (Luc, 7, 41) De deux débiteurs, demande Jésus, /equel est-ce qui aime le plus ? Celui d qui on remet cinq cent deniers, ou celut a qui on en remet cinquante ? Celui à qui on remet une plus grande dette, ou celui à qui on en remet une moindre ? On lui répond : C’est celui à qui on donne le plus ; et Jésus dit : Vous avez bien jugé. Ainsi cette pécheresse aimait d’autant plus qu’elle attendait une plus grande grace, et après l’avoir recue, elle redoubla son amour. C’est là le vrai caractère et le propre effet de l’Indulgence, à proportion

L qu’elle est grande, de préparer le cœur à la rece-

voir avec un plusgrand amour, et d’être suivie en-

h core d’un plus grand amour, après que la grace est accordée. Jésus-Christ confirme l’un et l’autre

(ib. 47). Beaucoup de péchés lui sont remis, parce

| gw’elle a beaucoup aime : voilà un grand amour,

qui précède la grace du pardon: Celui a qui on donne le plus, aime le plus: voilà un plus grand amour, qui suit une plus grande rémis sion et une grace plus abondante.

PRtERESs, AFFECTIONS ET RESOLUTIONS.

Sur la première partie de la Parabole.

ON Sauveur, permettez-moi d’écouter encore une fois à vos pieds avec la sainte

Pécheresse, l’instruction admirable que vous y

donnez à Simon le Pharisien pour la consola-

… tion de vos serviteurs.

‘ Simon, j’ai une chose à vous dire. Maître ’

“dites (Luc. 47.) Un créancier avait deux dé. ‘ biteurs; l’un lui devait cinq cents deniers et ‘ l’autre cinquante: comme ils n’avaient pas de ‘£ quoi le payer, il leur quitta la dette à tous ‘ deux.”

- Je m’arrête à cette parole, pour considérer

premièrement, que l’un devait cinq cents deniers et l’autre cinquante : l’un devait beaucoup, et l’autre peu ; mais cependant ils étaient tous deux également insolvables. Ainsi était tont le genre humain. Il y a de plus grands pécheurs les uns que les autres : les uns doivent moins, les autres plus. Ceux qui doivent moins, sont ceux qui péchent dans leur ignorance, sans connaître Dieu: ils ont péché en Adam, et leurs péchés se sont accrus à mesure que la convoitise dont ils avaient apporté le fond en naissant, s’est déclarée ; ils périssent dans leur péché, et ils sont entièrement insolvables. ‘l'els sont les Gentils, les Juifs et tous les Infidèles : les uns plus, les autres moins, selon les degrés de lumière qu’ils ont reçus : mais tous sont dans l’ignorance, parce qu’ils n’ont pas connu le Père céleste, ni Jésus- Christ qu’il a envoyé. Lorsque vous les appelez, mon Sauveur, à la grace du saint baptême, vous leur quittez tout ce qu’ils doivent : mais il y a de bien plus grands débiteurs; et ce sont ceux qui ont reçu de plus grandes graces. Ceux qui ont été baptisés et illuminés, comme parle Saint Paul (Heb. 6. 4.5. 6.) ; qui ont cru en l’Evangile, qui ont reçu le Saint-Esprit, qui ont été lavés plusieurs fois dans le Sacrement de Pénitence, qui ont goûté le don céleste et les délices de votre table sacrée, et après cela ont péché et

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