‹ Instructions pour l'observation des phénomènes périodiquesChapitre 6 sur 6 · OISEAUX · texte numérisé non relu

OISEAUX

Pour ce qui concerne les oiseaux, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de reproduire un extrait de la notice que nous avons présentée à la section de zoologie de l'association britannique, dans sa dernière réunion à Ply.mouth. Celte notice qui a été rédigée par M. de Selys-Longchamps et dont M. Ovvcn a bien voulu faire la traduction , a donné lieu h des remarques très-intéressantes de sa part, ainsi que de celle de MM. Ricbardson , Couch, Gray et d'autres savants, qui ont (ait ressortir l'utilité de pareilles recherches.

« La zoologie et la botanique devaient les premières être interrogées , pour que l'on pût s'assurer, chaque année , jusqu'à quel point les variations dans la constitution météorologique peuvent avancer ou retarder l'apparition de certains animaux ou la floraison et la feuillaison des plantes.

» Les naturalistes belges ont reconnu combien ces observations, avec des dates précises et répétées pendant plusieurs années, rendront plus exactes les moyennes que l'on cherche à indiquer dans les faunes et les flores locales, je dirai plus, dans la faune générale de l'Europe; car si les zoologistes des diverses régions de cette partie du monde répondent à notre appel , combien ne sera-t-il pas intéressant de pouvoir tracer sur une carte géographique, le voyage annuel des hirondelles, des grues, et de tant d'autres oiseaux voyageurs de long cours , dont chacun de nous ne peut parler que vaguement, faute d'observations comparatives?

» C'est dans le but d'assurer la possibilité de ces comparaisons que je crois utile pour l'ornithologie, d'inviter sérieusement les naturalistes à concentrer leurs observations sur un certain nombre d'espèces qui sont répandues dans toute l'Europe ou à peu près. J'ai cru devoir , pour cette raison , choisir des espèces terrestres de préférence aux aquatiques , parce que leurs migrations s'étendent avec plus de régularité sur toutes les régions et que leur détermination est plus facile, au point que lorsqu'on habite la ville on peut faire faire les observations par de simples chasseurs, tous ces oiseaux ayant un nom vulgaire dans les divers dialectes de l'Europe. Je suis loin de nier l'utilité d'observations semblables sur les migrations des oiseaux d'eau, mais, je le répète, je crois que, pour les premières années, on aurait peine, Auite d'un assez grand nombre

de stations , à recueillir des données suffisantes pour en déduire des résultats généraux sur ces espèces qu'on ne trouve régulièrement que dans les grands marais ou sur les côtes maritimes.

» Je propose donc d'étudier , à partir de 1842, la date précise des migrations des 40 espèces suivantes, que l'on peut répartir en quatre sections ;

1" Les oiseaux (comme l'hirondelle et le rossignol) qui viennent passer l'été chez nous et y nicher;

2° Les oiseaux (comme la grue) qui sont de passage régulier , mais qui ne font que passer sans s'arrêter;

3° Les oiseaux (comme la corneille grise et le tarin) qui séjournent dans notre pays tout l'hiver et disparaissent dans la belle saison;

4° Les oiseaux (comme le jaseur et l'oiseau de tempêtes) qui sont de passage accidentel à des époques indéterminées. Je me suis départi des principes mentionnés en indiquant cette dernière classe, mais j'ai cru qu'il serait important de porter l'attention sur deux ou trois espèces dont les causes d'apparition sont inconnues, comme pour le jaseur, ou sont tout à fait en rapport avec l'existence des tempêtes maritimes comme pour la Procellaria pelagica.

La première division sera, je pense, composée des mêmes espèces pour toute l'Europe; mais il n'en sera pas ainsi des trois autres : dans telle contrée, en Hollande, par exemple, la cigogne sera de la première division, tandis qu'ailleurs elle appartiendra à la seconde , comme en Belgique. Il en sera de même des troisième et quatrième, selon la latitude plus ou moins septentrionale où seront faites les observations: et ce sont justement ces rectifications qui feront, je l'espère, apprécier l'utilité du travail que noua désirons voir entreprendre dans le plus grand nombre de localités possible. »

OISEAIIA CHOISIS l'OUIl TES OBSEr.VATlONS,

i" Oiseaux qui passent l'été en Belgique.

Cypsehis apus.

Hiriindo urbica.

» nislica.

" riparia.

Muscicapa griseola.

Lanius rufus.

Orioltis galbiila.

t'mbcpiza bortiilana.

Molacilla alba.

>' flava , tem.

Saxicola rubetra.

» œnantbc.

S^'lvia liUiys.

" pbœnicuius.

» hiscinia.

» alricapilla.

» li'ocbikis.

" hippolais.

» palustris.

Upupa epops.

Cuculus cauorus.

Cohimba tiirtur.

Pcrdix coturnix.

Crex pralensis.

2° Oiseaux de passage double et régulier, au printemps et en automne.

Muscicapa ficetliila L. Turdus torquatiis.

Ciiaradrius pluviaiis.

Ciconia alba.

Crus cinerea.

Scolopax rusticola. .

5" Oiseaux qui séjournent tout l'hiver ou une partie de l'hiver en Belgique.

Corviis cornix.

i''rii]gilla spinus.

— monlifringilla.

Antbus aquaticiis.

Rugulus ci'islatus.

Parus aler.

Auser scgelum.

4" Oiseaux de passage accidentel.

Bombycilla garrula.

Cygnus musicus.

Proceilai ia pelagica.

— Leachii (1).

(1) En nous transmcllaul Tindicalion de ces observations à faire, M. (le Selys nous a fail connaître que plusieurs savants ont bien voulu déjà promettre leur appui à ce système d'observations simultanées , cl entre autres M. Sundevall, professeur à Stokholra, M. Monetrics, directeur du musée

M. de Selys croit devoir insister moins sur la déterminalion de l'époque des départs dont il reconnaît toute la difficulté; cependant il conviendrait de faire des exceptions surtout pour les hirondelles.

Aux observations sur les arrivées et les départs des oiseaux, on pourrait joindre encore avec avantage celles que demande M. Cantraine :

Sur l'époque où les corbeaux, les étourneaux, Sturnus vulgarîs L., se réunissent en troupe ou se divisent par couple;

Sur l'époque où la pie, Corvuspica L., commence son nid;

Sur l'époque de la mue ;

Sur l'époque où le moineau, Fringilla domeslica L., se choisit une compagne , époque marquée de scènes orageuses qu'on distingue souvent mieux par l'oreille que par les yeux. Noter aussi l'époque où il commence à construire son nid.

« On doit , comme le fait observer M. Cantraine, indiquer autant que possible, les circonstances locales qui peuvent déterminer une espèce à y prolonger son séjour. Ainsi, l'hirondelle était encore le 9 octobre dernier en immense quantité dans le voisinage des stations du nord et du midi, au chemin de fer de Bruxelles , tandis que cette espèce avait quitté Gand vers le 17 septembre, et qu'on n'en

<lc S'-Pélcrsbourg, M. le professeur Gené de Turin , M. L. Jcnyns à Londres , beau-rrcre de M. le professeur Henslow, qui lui-même a promis sa coopéra- Iron. Nous avons reçu nous-mêmc des promesses semblables et en particulier <le M. Bravais, professeur à la faculté de Lyon , et de M. Colla , directeur de l'observatoire méléorolojTique de Parme. M, Morrcn , de son côté, s'est assuré la coopération de plusieurs savants de France et d'Italie , à la suite d'un voyage qu'il a fait dans ces deux pays.

voyait plus que quelques individus à Atli , le 23 du même mois. Ce long séjour ne devrait-il pas être attribué à une température plus élevée, due aux locomotives qui y stationnent, ainsi qu'à une plus grande abondance de nourriture qui en est la suite? »

Dans tout ce qui précède, il n'a point été parlé des phénomènes périodiques relatifs à l'homme , parce qu'ils sont en grande partie du domaine de la statistique dont nous avons cru ne pas devoir nous occuper ici. L'influence des saisons ne se manifeste pas seulement sur les naissances, les mariages, les décès, les maladies et sur tout ce qui se rapporte au physique de l'homme, mais encore sur ses qualités morales et intellectuelles. Les aliénations mentales, les crimes, les suicides, les travaux, les relations commerciales, etc., sont loin d'être numériquement les mêmes aux différentes époques de l'année. C'est là un champ de recherches immense, qui certes n'offre pas moins d'intérêt que celui sur lequel nous appelons l'attention des observateurs ; mais tous ces travaux sont trop étendus pour qu'on ne cherche pas à isoler au moins ceux qui peuvent être pris séparément sans préjudice pour la science. Nous avons d'ailleurs la certitude qu'ils occuperont à leur tour des savants spécialement versés dans ce genre d'études (1) , en sorte qu'on peut concevoir l'espérance qu'aucune partie des

(1) Nous avons prié plusieurs personnes de s'associer à nous pour ce genre tle recherches , et quelques-unes ont bien voulu nous promettre leur coopération : MM. Vleminckx, inspecteur général du service de sanlé militaire en Belgique , Sauveur, secrétaire de l'académie royale de médecine , Ducpctiaux, inspecteur général des prisons, Heuschling, secrétaire de la commission centrale de statistique, Schwann , Burggraeve et Glugc, professeurs d'analomie et de physiologie, etc.

pliénomènes périodiques ne demeurera en soulïrance faute d'observateurs.

Bruxelles, le 18 janvier 18-42.

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