‹ Instructions pratiques sur l'observation et la mesure des propriétés optiques appeléesChapitre 8 sur 14 · PHARMACIE CENTRALE · texte numérisé non relu

PHARMACIE CENTRALE

Recherches expérimentales sur les produit* sucrés du maïs; par MM. E. Soubeiran et Biot. {Comptes rendus de V Académie des Sciences du 12 septembre 1842.)

On a établi dans ce travail les résultats suivants : i° les tiges de mais, récoltées après la floraison » contiennent du sucre de canne cristallisable , mêlé à une très-petite quantité de sucre analogue au sucre de fécule ; 2 la proportion totale de ces deux sucres, dans un poids donné de jus extrait à froid, par pression , est relativement plus grande dans les tiges dont on a enlevé les fleurs femelles, que dans celles qui ont porté des fruits, comme M. Pallas l'avait annoncé ; 3° mesure des quantités absolues de ces sucres, dans le suc des tiges ainsi traitées et soumises à l'analyse optique.

Mémoire sur les Camphènes; par MM. E. Soubeiran et Capitaine. [Journal

de Pharmacie, tome XXVI, page 5.)

Sous le nom de camphènes , MM. Soubeiran et Capitaine ont étudié les huiles essentielles qui contiennent le carbone et l'hydrogène unis dans le rapport atomique de 5 à 8 , et qui sont susceptibles de former des combinaisons avec l'acide chlor hydrique. Les huiles qu'ils ont ainsi étudiées, sont celles de térébenthine, de citron, d'orange, de bergamotte, de cubèbes , de copahu, de genièvre et de poivre. Ils ont fait l'histoire chimique de ces essences, et celle des combinaisons qu'elles forment en s'unissant à l'acide chlorhydrique. Ils ont recherché , en particulier, si ces essences conservent leur pouvoir de rotation propre, dans ces combinaisons, et de plus si , après en avoir été retirées par les procédés chimiques , elles ont conservé leur état moléculaire primitif ou celui qu'elles avaient pu prendre en se combinant.

Les observations de MM. Soubeiran et Capitaine sur le pouvoir rotatoire propre aux huiles volatiles de la famille des Camphènes se résument ainsi :

i°. Toutes les huiles essentielles naturelles (OH') ont une action sur la lumière polarisée qui se manifeste, pour les unes, par une déviation des rayons vers la droite de l'observateur, pour les autres, par une déviation vers la gauche.

2 . Aucune des essences obtenues par la décomposition des camphres artificiels ne présente l'indice d'un pouvoir rotatoire.

3°. Les huiles qui entrent comme base dans la composition des camphres artificiels ont offert trois groupes différents. Dans le premier, la base du camphre a conservé le pouvoir rotatoire propre à l'essence qui l'avait formé , et n'est probablement que cette essence ellemême ; savoir: le camphène et le junipérilène. Dans le second groupe, l'huile combinée a un pouvoir de rotation supérieur à celui de l'essence primitive ; le cubibène seul a présenté ce caractère. Enfin , dans le troisième groupe , la base du camphre artificiel n'exerce aucune rotation , bien qu'elle provienne d'une huile volatile qui dévie les rayons de lumière polarisée.

Étude des changements moléculaires que le sucre éprouve sous l'influence de Veau et de la chaleur; par M. E. Soubeiran. (Journal de Pharmacie, tome II, page 89.)

Dans ce Mémoire, M. Soubeiran a étudié l'action combinée de l'eau et de la chaleur sur les trois espèces de sucre : sucre de canne, sucre en grains, sucre de fruits. Il a soumis le sirop fuit avec chacun de ces sucres à une digestion prolongée , à l'abri du contact de l'air, et il a suivi, pas à pas, les changements qui s'opéraient dans ces sirops, en constatant ceux qui s'étaient faits dans leur pouvoir rotatoire, à des époques très-rapprochées de l'opération. Il a constaté ainsi que le sucre en grain (glucose de Dumas) résiste avec une merveilleuse ténacité; tandis que le sucre de fruits est plus altérable que le sucre de canne lui-même. Cette altération se manifeste par une coloration sans cesse croissante de la liqueur, et par le changement de son pouvoir rotatoire qui, d'abord dirigé vers la gauche, va sans cesse en s'affaiblissant, pour devenir nul et marcher ensuite vers la droite.

Quant au sucre de canne , l'action combinée de l'eau et de la chaleur peut être assimilée aux phénomènes qui se produisent sous l'influence des acides étendus; seulement, comme l'eau n'a qu'une réaction très-faible, la chaleur et le temps doivent nécessairement lui venir en aide. La conversion est d'autant plus prompte, que la température est plus élevée et que le sirop est plus concentré. Dans cette transformation du sucre de canne K il est changé en sucre de fruits , exerçant la rotation vers la gauche. C'est celui-ci qui , par sa destruction , donne naissance aux matières colorantes qui foncent de plus en plus la couleur du sirop. Dans le travail de fabrication et de raffinage du sucre, cette décomposition n'est jamais poussée très-loin ; aussi les mélasses qui restent comme dernier produit conservent-elles un pouvoir de rotation à droite considérable.

Propriétés du sucre de fruits; par M. E. Soubeiran. ^

Les caractères essentiels du sucre de fruits , quelle que soit son origine, sont, comme on le sait, de ne pouvoir prendre un état solide régulier, et de dévier à gauche le plan de polarisation des rayons lumineux. Lorsqu'un sirop concentré fait avec ce sucre est abandonné à luimême, on le voit, au bout d'un temps plus ou moins long, se convertir en une masse formée de grains cristallins , qui ne sont autre chose que le sucre en grains avec sa rotation vers- la droite.

M. Soubeiran a constaté, depuis, que le sucre de fruits peut être amené à l'état solide saas perdre son pouvoir de rotation vers la gauche. Pour qu'il se transforme , il faut qu'il se produise une agrégation régulière par le fait de la cristallisation.

i°. Du sucre de fruits a été amené à l'état solide par une évaporation au bain- m a rie. En le redissolvant dans l'eau , il exerçait la déviation vers la gauche, comme auparavant. (Ce fait a été aussi constate par M. Mitscherlich.)

2 . Du sucre de fruits a été précipité par l'acétate de plomb ammoniacal. Le précipité de sucre de plomb et de sucs qui s'est formé a été lavé pour le priver de toute portion de sucre adhérente. Ce précipité a été soumis à l'action d'un courant d'hydrogène sulfuré qui a séparé le plomb. On a retrouvé dans la liqueur le sucre avec sa rotation à gauche.

3°. Du sucre de fruits a été traité comme précédemment; mais le précipité a été desséché avant d'être décomposé par l'hydrogène sulfuré ; le résultat a été le même.

4°. Une dissolution alcoolique de potasse caustique a été mélangée à une dissolution alcoolique de sucre de fruits; il s'est séparé une combinaison poisseuse de potasse et de sucre. Cette combinaison , après avoir été lavée a plusieurs reprises avec de l'alcool , a été reprise par de l'alcool chargé d'un peu d'acide sulfurique. Il s'est séparé du sulfate de potasse, et l'alcool a retenu en dissolution du sucre tournant à gauche.

5°. Du sel marin a été dissous dans du sirop de sucre de fruits , et la liqueyr a été abandonnée à elle-même dans une pièce sèche et aérée. Au bout de quelques mois il s'est fait des cristaux réguliers , pareils à ceux que Ton obtient avec le sucre en grains (glucose). Ces cristaux avaient un pouvoir de rotation à droite. Au moment où la cristallisation s'était faite , le sucre de fruits était devenu partie constituante d'un produit cristallisé. Son pouvoir rotatoire avait changé.

M. Mitscherlich a analysé le sucre de fruits desséché à ioo degrés jusqu'à ce qu'il cesse d'abandonner de l'eau; il lui a trouvé la composition C* H* ,a . M. Soubeiran a trouvé exactement le même résultat. De plus , il a observé que les combinaisons du sucre de fruits avec les bases, chaux, baryte, oxyde de plomb, ont une composition correspondante à celle formée par le glucose, composition toutefois différente de celle qui a été donnée par M. Peligot. Les expériences de M. Soubeiran établissent donc l'isoroérie du sucre de fruits et du sucre en grains; le sucre de fruits se change en sucre en grains par un changement moléculaire qui se manifeste par le passage à l'état cristallin; mais le sucre en grains, une fois formé, ne revient pas à l'état de sucre de fruits.

Note sur la fermentation des sucres; par M. E. Soubeiran. [Journal de

Pharmacie^ tome IV, page 347-)

M. Mitscherlich avait publié que le sucre en grains (glucose) et le sucre liquide de fruits sont changés en alcool dans l'acte de la fermentation sans passer par un état intermédiaire ; que le premier conserve sa rotation à droite et le second sa rotation à gauche , à mesure que le sucre se décompose, et que par conséquent ce sont ces sucres eux-mêmes qui entrent en fermentation. M. Biot avait annoncé, de son côté, que le sucre de canne se change tout d'abord en sucre de fruits. Cependant M. Soubeiran avait constaté des résultats différents ; il résulte d'une Note qu'il a publiée en novembre i843 :

i°. Que le sucre de canne est véritablement changé, par la fermentation , en sucre de fruits, caractérisé par un pouvoir de rotation à gauche ;

2°. Qu'il n'est pas exact de dire que le sucre de canne est trausformé tout entier en sucre de fruit aussitôt que le mouvement de fermentation est établi, mais qu'au contraire ce changement se fait peu à peu , la liqueur contenant encore du sucre de canne à une époque où la fermentation approche beaucoup de sa fin. (M. Biot a reconnu l'exactitude de cette remarque; son erreur venait de ce qu'il avait opéré sur des sucs naturels très- peu chargés de sucre', où la réaction paraissait se faire instantanément.)

3°. Que le sucre de raisin et le sucre liquide sont détruits directement par la fermentation , sans passer par un état intermédiaire.

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