‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 13 sur 318 · N" 6. — DIDEROT CATÉCHISTE · texte numérisé non relu

N" 6. — DIDEROT CATÉCHISTE

Diderot, le plus incrédule et le plus acharné ennemi de la religion de ces derniers temps, estimait et respectait malgré lui cette même religion qu'il semblait se glorifier de haïr avec tant de fureur. Un jour M. Beauzée, de l'Académie française, allant lui faire une visite, le trouva occupé à faire le catéchisme à sa fille. Après la leçon, le visiteur lui en témoigna sa surprise. « Et quel meilleur fondement, lui dit Diderot, puis-je donner à l'éducation de ma fille, pour la rendre tout ce qu'elle doit être un jour : fille respecteuse et tendre, digne épouse et digne mère. Estil, au fond, puisque nous sommes forcés d'en convenir, une morale qui vaille celle de la religion et qui porte sur de plus puissants motifs ?

N^ 7. — KAPOLÉON CATÉCHISTE.

Un archevêque prenant les eaux à Aix-les-Bains, en Savoie, fut appelé près de la fille du général Bertrand qui était mourante. Pendant l'entretien que le prélat eut avec elle il fut tellement émerveillé de la manière dont elle parlait de la religion qu'il ne put s'empêcher de lui demander qui avait pu l'instruire à ce point. «Monseigneur, répondit-elle, après Dieu, je dois mon instruction à l'empereur Napoléon. J'étais avec ma famille à Sainte-Hélène. J'avais dix ans lorsqu'un jour l'empereur me dit : Mon enfant, tu es jeune, tes

attraits te feront courir de grands dangers dans le monde. Que deviendras-tu si tu n'es pas protégée, armée par la religion ? Ton père n'en a pas, ta mère encore moins. Je prends sur moi le devoir qui pèse sur eux ; viens dès demain, je te donnerai la première leçon. Depuis lors, pendant deux ans, je me rendis exactement deux ou trois fois par semaine chez l'empereur qui me faisait réciter le catéchisme et me l'expliquait avec beaucoup de soin. Quand j'eus atteint l'âge de douze ans, il me dit : Maintenant, mon enfant, tu es suffisamment instruite, je le crois. Il faut songer sérieusement à ta première communion. Je vais faire venir de France un prêtre pour nous préparer, toi à cette grande action, et moi à la mort. Et l'empereur tint parole.

N° 8. — HOMMAGE RENDU AU CATÉCniSME.

Le célèbre Jouffroy, professeur de l'université de Paris, libre penseur, écrivait, il y a quelques années, les mots suivants : « Il y a un petit livre que les enfants apprennent par cœur et sur lequel on les interroge à l'église ; lisez-le, c'est le catéchisme. Vous y trouverez la solution complète de toutes les grandes questions vitales que j'ai posées, de toutes sans exception. Demandez au chrétien d'où vient l'espèce humaine, il le sait ; où elle va, il le sait ; commentelley va, il le sait. Demandez à ce pauvre enfant qui de sa vie n'a songé pourquoi il est ici-bas et ce qu'il deviendra après sa mort ; il vous fera une réponse sublime qu'il ne comprendra pas, mais qui n'en est pas moins admirable... {M. Jouffroy est mort le i"" mars 1842.)

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