N" 259. — FOI DE 'SAINT ROMAIN
Pendant que les bourreaux torturaient saint Romain, diacre et martyr à Antioche, parmi la foule des spectateurs se trouvait une femme qui tenait un enfant dans ses bras. Cet enfant qui pouvait avoir trois ans et qui savait à peine parler, suivait néanmoins avec un intérêt au-dessus de son âge tous les incidents de la terrible et douloureuse scène qui se passait devant ses yeux. Tout à coup, agitant ses petits bras, il s'écria d'une voix ferme et assurée : Jésus-Christ est le vrai Dieu ! Le juge, dont le siège était à quelques pas de là, se tourna vers cet enfant et lui demanda d'une voix irritée : « Qui te l'a dit? — C'est ma mère, répondit l'enfant sans se déconcerter. — Et qui l'a dit à ta mère? poursuivit le juge dont la colère était surexcitée par la confusion de se voir ainsi bravé par un enfant devant la multitude : Qui l'a dit à ta mère, petit insolent que je vais châtier. — C'est Dieu lui-même, répliqua l'enfant et je me moque de vos menaces. » Voilà la foi dans toute sa naïve éner-
gie! combien elle est admirable ! et combien elle est rare! {Vie du saint.)
N° 260. — EXEMPLE d'une FOI ENTIÈRE.
L'empereur Yalens, soit par lui, soit par les siens, avait tout mis en oeuvre pour amener saint Basile à l'arianisme. « Pourquoi n'êtes-vous pas de la religion de l'empereur, lui dit le préfet? — C'est parce que sa religion n'est pas celle que Dieu a établie. — Réflécbis»ez-y bien. — Je serai demain ce que je suis aujourd'hui : créature, je n'adorerai point une créature comme mon Dieu. Je ne suis, je ne serai jamais de votre parti, parce que jamais je ne foulerai aux pieds ma foi au vrai DieUy pour complaire aux hommes. La confiscation, l'exil, les tortures, la mort, dont vous me menacez, tout cela ne m'effraie point. La confiscation m'enlèvera quelqueshaillons, quelques cilices, quelques livres, voilà tout; l'exil ne peut m'atteindre, moi qui ne suis en ce monde qu'un vayageur aspirant à une autre région ; aux premières tortures, ce corps épuisé succombera. » A ces paroles, le préfet resta consterné; puis, descendant de son tribunal, il alla dire à l'empereur : « Seigneur, nous sommes vaincus! Les promesses, les menaces, tout est impuissant sur Basile. » (Nicéph., Rist. ecclés., ch. xviii.)
N°261. —FOI DE saint pierre le dominicain.
Saint Pierre le Dominicain, surnommé le martyr, avait fréquenté dans son enfance l'école de Vérone, en
Italie, et s'était constamment fait remarquer par sou amour de l'étude et la pénétration de son esprit. Un jour qu'il revenait de l'école, un de ses oncles, qui était manichéen, eut la curiosité de lui demander ce qu'on lui apprenait en classe. Il le prend sur ses genoux et se met à le caresser, puis l'interroge en lui tenant familièrement la main. « Voyons, mon petit ami, lui dit-il, qu'as-tu retenu de lajleçon d'aujourd'hui? — Ah ! de fort belles choses, répond l'enfant avec la naïveté de son âge ; on nous a fait apprendre le Credo, Voyez, je le sais tout par cœur : Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre et en Jésus Christ son Fils unique... — Et sais-tu, interrompit l'oncle avec impatience, sais-tu bien ce que tout cela veut dire? — Sans doute que je lésais! fit l'enfant qui fixa son oncle avec assurance: Créateur du ciel et de la terre, cela veut dire que le bon Dieu a tout fait de rien par sa seule parole. C'est lui qui a fait le soleil, la lune, les étoiles; c'est lui qui a créé la terre et tout ce qu'elle renferme... — Bah ! lit l'oncle en lui fermant la bouche, il ne faut pas croire ces choses-là, mon petit, l'on te trompe, vois-tu? » Mais il eut beau faire, le petit Pierre tint ferme et persévéra dans la foi. Plus tard, il entra dans l'ordre de Saint-Domini'^ue et fut le fléau des hérétiques, surtout des manichéens qui commençaient à se répandre en Italie. Furieux de son zèle et de ses succès, les hérétiques attentèrent à sa vie. Deux scélérats lui déchargèrent quelques coups de hache sur la tête. Pierre se releva, pardonna à ses bourreaux, puis il récita en latin le Symbole des apôtres et, trempant le doigt dans son sang qui coulait de ses blessures,
il traça sur la terre le mot credo et alla recevoir au ciel la récompense de sa fermeté dans la foi, le 6 avril 1252. {Vie des saints.)
N° 262. — DÉVOUEMENT HÉROÏQUE d'uN ENFANT HT DE SA MEKE.
Un enfant de sept ans fut dénoncé au gouverneur romain Asclépiade comme chrétien. Cet impitoyable ennemi du christianisme le fit paraître à son tribunal. Là, il l'interrogea et pour lui faire abjurer sa foi, il employa les caresses, les promesses les plus séduisantes, puis les menaces les plus terribles. « C'est inutile, répond ce courageux enfant, vous allez voir : (( Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et en Jésus-Christ son Fils unique. Notre Seigneur... » Asclépiade ne le laissa pas achever; il fit venir sa mère et ordonna de le fustiger devant elle, pensant qu'elle l'engagerait à adorer les idoles. « Courage, mon fils, s'écriait cette héroïque mère; encore un instant de souffrances et le ciel sera ton partage. » Le gouverneur, outré de colère, ordonna de redoubler les coups. Pendant qu'on le déchire, ce courageux martyr répétait : ((Je crois en Dieu le Père tout-puissant... » Au bout de quelques instants, il se retourne vers sa mère et lui dit : <i Ma mère, j'ai soif. — Courage, mon cher enfant; encore un peu de patience et vous arriverez à la fontaine de vie, c'est Jésus-Christ lui-même qui vous donnera à boire. » Ce triste spectacle arracha des larmes k tous ceux qui en furent témoins ; il n'y eut que le tyran qui y resta insensible. Honteux de se
voir vaincu par un enfant il lui fit trancher la tête et l'envoya au ciel. {Vie dessaints.]
W 263. — COURAGE ADMIRABLE d'uN ENFANT.
Durant une persécution exercée au Japon contre les chrétiens, un père et une mère s'entretenaient un jour sur le sort qui leur était réservé et s'encourageaient au martyre; mais une pensée jetait le trouble dans leur àme, c'était l'avenir de leur enfant de six ans. « Qui prendra soin de lui? Qui veillera sur son innocence, disait la mère ? Ah ! que ne peut-il aller au martyre avec nous ? )> L'enfant, quijouait dans un coin de l'appartement, suivait la conversation. Tout à coup, il fait rougir un fer au feu, le saisit avec la main et le garde en disant : « Voyez, ma mère, si je suis capable de souffrir le martyre pour l'amour de Dieu. Oui, je veux mourir avec vous et m'envoler au ciel en votre compagnie. »