N' 323. — LOUIS XVII
Et parmi les âmes vraiment chrétiennes, vous en voyez tous ks jours qui prient pour leurs persécuteurs. Ecoutez ces faits récents que nous transmet l'histoire : Le jeune lils de Louis XVI était horriblement maltraité par le cordonnier Simon, à qui on l'avait confié pour l'avilir et l'abrutir. Vous savez avec quelle bassesse et quelle cruauté ce monstre humi-
liait l'héritier de tant de rois. Son nom, à cause de cela, sera entaché d'un opprobre éternel. Un jour qu'il avait tourmenté sa victime plus que d'ordinaire, il lui demanda : « Que me ferais-tu, si jamais tu devenais roi?» — Le noble enfant, essuyant ses larmes et se souvenant de ses parents martyrs, lui répondit : « Je vous pardonnerais. »
N° 324. — SAPRICE ET NICÉPflORE.
Un confesseur de la foi, nommé Saprice, avait longtemps et héroïquement souffert pour la foi. 11 marchait avec fermeté à son dernier combat, et quelques pas le séparaient de la palme du martyre. Tout à coup sort de la foule un chrétien qui se jette à ses pieds et lui dit : Martyr de Jésus-Christ, pardonnez-moi! » Saprice le dédaigne et continue sa marche. Nicéphore, c'était le nom de cet ancien ami avec lequel il s'était brouillé, le suit et redouble ses prières : « 0 martyr de Jésus-Christ! par le sangdu Sauveur auquel vous allez mêler le vôtre, pardonnez à votre frère.» Mais Saprice, dont le cœur s'endurcissait de plus en plus, ne voulut pas seulement le regarder. Il persista dans le refus qu'il avait fait jusqu'alors de pardonner.
Il en fut bientôt puni de la manière la plus terrible ; celui qui avait refusé de se réconcilier avec son ennemi n'obtint point la palme du martyre. Arrivé au pied de Téchafaud, il sent son courage faiblir; il devient pâle et tremblant et il apostasie. Tout à coup, Nicéphore pleurant amèrement cette chute dit aux bourreaux : « Je suis chrétien, je crois en Jésus-Christ
que ce malheureux vient de renier. Me voilà prêt à mourir à sa place. » Le rapport en est aussitôt fait au gouverneur qui ordonne de le faire mourir par le glaive. Et Nicéphore reçoit la palme du martyre.
No 325. — SAINT JEAN GUALBERT PARDONNE A SON ENNEMI.
Un noble Florentin nourrissait une haine profonde contre le meurtier d'un de ses parents. Un jour, le Vendredi saint, il le rencontre sur sa route dans un passage si étroit, qu'ils ne pouvaient se détourner l'un de l'autre. La vue de son ennemi excite sa vengeance; il met l'épée à la main, et se prépare à la lui passer au travers du corps ; mais le gentilhomme se jette à ses pieds, et là, les bras étendus en forme de croix, il lui dit : Au nom de Jésus-Christ mort pour nous à pareil jour, pardonnez-moi. Cette posture de suppliant, cette croix qu'il présente, ce nom de Jésus qu'il invoque, la circonstance même du jour, tout a frappé Gualbert, et après un instant de silence où la grâce a triomphé de la nature, il lui tend la main et, le relevant : « Je te pardonne, dit-il, au nom de Jésus-Christ qui a pardonné à ses bourreaux. Prie-le pour moi, afin qu'il me pardonne aussi mes péchés. »
Jean continua sa route jusqu'à l'abbaye de Saint- Crémiat, qui appartenait à l'ordre de saint Benoit. 11 entra dans l'église du monastère, et pria devant un crucifix avec une ferveur extraordinaire. « Mon Dieu ! disait-il, vous avez promis le pardon à celui qui pardonne, j*ai pardonné, faites-moi aussi miséricorde. »
A l'instant même, le crucifix penche vers lui la tête pour lui donner l'assurance que sa prière est exaucée. (Vie du saint,)
N' 326. — Pit: IX pardonne a ses ennemis.
Un jour la police romaine arrêta un homme qui distribuait clandestinement des pamphlets contre Pie IX. Le Saint-Père se fait amener le coupable, et, après lui avoir parlé avec douceur, il lui dit : « Comme votre faute natteint que moi, je vous pardonne. » Ce malheureux, touché de tant de générosité, fondit en larmes ; et, se jetant aux pieds du Saint-Père, il offrit de lui révéler les auteurs des injures. Le Pape ne voulut rien savoir. « Que leur faute, s'écria-t-il, reste ensevelie dans le silence, et 'puisse le repentir pénétrer dans leur cœur, o