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RELIGION

La religion est l'ensemble des vérités qui montrent la dépendance et les obligations de la créature raisonnable par rapport à Dieu. Mise en pratique, elle est une vertu disposant la volonté à rendre à Dieu l'honneur qui lui revient comme principe et fin de toutes choses.

La vertu de religion est une vertu morale et non une vertu théologale ; car, à la différence de la foi, de l'espérance et de la charité, elle a pour objet innmédiat, non pas Dieu, mais le culte qui lui est dû. Elle tient le premier rang parmi les vertus morales en tant qu'elle nous rapproche davantage de Dieu qui est notre fm dernière.

Les principaux actes de la vertu de religion sont l'adoration, le sacrifice, la dévotion, la prière, le serment, le vœu et la sanctification des jours consacrés au Seigneur.

L'adoration est un acte de religion par lequel nous rendons un culte à Dieu comme au Créateur et au Souverain Seigneur de toutes choses. Nous sommes

obligés sous peine de damnation d'adorer Dieu comme notre Souverain Maître et dans Tordre de la nature et dans l'ordre de la grâce. Nous devons adorer Dieu en esprit et en vérité, c'est-à-dire par le culte intérieur et le culte extérieur et aussi par le culte public et solennel.

Le cuUeinlérieur est celui que nous rendons à Dieu dans le fond de notre cœur sans qu'il en paraisse rien au dehors. C'est surtout par les trois vertus théologales : la foi, l'espérance et la charité que s'exerce le culte intérieur. Le culte extérieur est celui que nous rendons à Dieu par des actes extérieurs, comme les prières vocales, les cérémonies de l'Eglise et surtout le saint sacrifice de la messe.

Enfin le cuite que nous devons à Dieu, doit être public et solennel. Les hommes étant destinés à vivre en société, doivent se réunir pour adorer, louer et bénir en commun celui qui les a tous créés; car les sociétés sont l'ouvrage de Dieu, comme les individus ; elles dépendent de lui parce qu'il les conserve et les comble de bienfaits ; d'ailleurs, sans culte public, la relitrion ne pourrait subsister parmi les hommes ; ils ont besoin de s'édifier et d'exciter mutuellement à la pratique des devoirs religieux. Aussi, dès la naissance du monde, les hommes se réunirent pour rendre ensemble leurs hommages au Seigneur.

Dans tous les temps et chez tous les peuples, même les plus barbares, on retrouve l'appareil d'un culte religieux ; des prières, des temples, des autels, des sacrifices et des victimes.

Le culte se divise en culte de Latrie, de Duîiey et d'Hyperdulie. Le premier est celui que nous devons à

Dieu ; le second, celui que nous rendons aux anges et aux saints, comme aux serviteurs de Dieu, et le troisième celui par lequel nous honorons la Sainte-Vierge comme mère de Dieu et la plus parfaite des créatures.

Ce culte que nous rendons à Marie, aux anges et aux saints est un culte non seulement bien légitime, mais très consolant. Honorer les saints, implorer leur intercession, c'est honorer Dieu lui-même dans ceux qu'il a sanctifiés et glorifiés. Honorer la Sainte-Vierge et les saints, c'est donner à notre cœur une source féconde d'encouragement et de confiance. Marie est pour nous une mère, les anges et les saints sont nos frères : que n'avons-nous donc pas à attendre de leur puissante intercession !

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