N^ 374. — NE JUREZ PAS SANS NÉCESSITÉ
Glotaire II, roi de France, avait pris en affection saint Eloi : il aurait voulu se l'attacher par des liens indissolubles. Pour réussir il promit de lui donner, sur-le-champ, une des plus importantes charges de son royaume, à condition qu'il lui prêterait serment de fidélité sur les saintes reliques. Eloi promettait bien de lui demeurer toujours fidèle, mais il ne put se résoudre à jurer parce qu'il savait que Jésus-Christ a défendu tout jurement hors le cas d'une véritable nécessité ; plus le roi le pressait, plus il se défendait avec humilité en justifiant sa répugnance à jurer. Gomme le monarque insistait et paraissait choqué de
sa résistance, le saint, qui n'aurait voulu ni offenser Dieu ni déplaire au roi, ne put s'empêcher de verser d'abondantes larmes. Clotaire s'en aperçut, et voyant que ses scrupules ne venaient que de la délicatesse de sa conscience, lui dit : « C'est assez, votre simple parole m'est un plus sûr garant que le serment le plus solennel. »