‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 309 sur 318 · N''399. — LES DIMANCHES TU GARDERAS · texte numérisé non relu

N''399. — LES DIMANCHES TU GARDERAS

Pourquoi travaille-t-on le dimanche quand il est si doux à l'homme de se reposer ?

Quelques-uns travaillent le dimanche, parce que Dieu le défend. Ils veulent montrer leur indépendance par leur révolte. Ils trouvent un plaisir satanique à braver le Tout-Puissant. Ces impies sont en petit nombre, et ce n'est pas pour eux que nous écrivons ? Mais il y en a beaucoup qui travaillent le dimanche par cupidité. C'est à ceux-là que nous voulons parler. Nous leur disons : Vous violez un commandement que Dieu a publié sur le mont Sinaï au milieu des foudres et des éclairs : « Souviens -toi de sanctifier le jour du Sabbat, disait la voix céleste ; tu ne feras aucun ouvrage en ce jour. »

Travailler sans nécessité le jour du dimanche à une œuvre servile, pendant un temps notable, est un péché mortel. Celui qui commet ce péché, mérite le supplice de l'enfer, comme le blasphémateur, le voleur.

Tassassin, le parjure, l'adultère. Sans doute le châtiment de ces pécheurs sera différent comme leur malice, mais pour tous ce sera le feu éternel.

Dieu punit souvent dès ce monde celui qui viole le repos sacré du dimanche. On pourrait en rapporter plus d'un exemple terrible. Aussi c'est une opinion fondée et répandue parmi le peuple que le travail du dimanche porte malheur.

D'ailleurs ce travail est ordinairement stérile. On se lasse et on ne gagne rien. On s'épuise de fatigue, et on reste dans la misère; ou si l'on fait forlune, la fortune s'en va comme elle est venue. Il ne suffit pas en effet que l'homme agite ses bras, il faut encore que dieu bénisse son travail pour le rendre productif. Or, estce en offensant Dieu qu'on obtiendra sa bénédiction?

Voyez ce qui arrive de nos jours : le vigneron travaille à sa vigne le dimanche, et le phylloxéra la dévore; le laboureur travaille à son champ le dimanche, il y répand un engrais précieux, il y jette une semence plus précieuse encore, et le champ labouré, engraissé, ensemencé ne rend qu'une chétive moisson. Le peu de blé qu'on recueille paie à peine ce qu'il coûte. Les blés étrangers venus en abondance dans les pays où le dimanche est respecté, inondent nos ports, et font baisser les nôtres ; en sorte que le pauvre cultivateur est en détresse.

Il se dédommageait encore sur le prix des bestiaux. Mais voilà que l'Amérique, observatrice du dimanche, nous envoie ses viandes salées, qui sont excellentes, et menace de jeter sur nos marchés de grands troupeaux vivants.

Même phénomène dans l'industrie. La fièvre du

gain faisait marcher les usines le dimanche. Aujourd'hui elles sont forcées de chômer. 11 faut réduire les heures de travail. Dans plusieurs même les métiers se taisent.

Les pays étrangers oii l'on ne travaille pas le dimanche (c'est-à-dire presque tous) nous apportent le pain, le cuir, le coton et remportent notre or.

Ce n'est pas la première fois que de semblables perturbations affligent le monde. Yous avez semé beaucoup et vous avez peu récolté, disait un ancien prophète aux Juifs, qui désertaient la maison de Dieu pour aller à leurs affaires. Le prophète Jérémie disait, en parlant de ces mêmes prévaricateurs : a Ils ont semé du froment, et ils récoltent des épines; car la terre est en deuil à cause de la méchanceté de ceux qui l'habitent. » — Revenons à Dieu et à son commandement ; il donnera la fécondité à la terre et la sagesse à ceux qui gouvernent.

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