II. — ATTRIBUTS DE DIEU
Sommaire doct7nnal.
On appelle attributs ou perfections de Dieu les différentes qualités ou manières d'être que nous découvrons en lui, soit par la raison, soit surtout par les lumières de la foi. Dieu possède toutes les perfections possibles à un degré infini. D'abord il est un esprit et un pur esprit; il n'y a en lui rien de matériel, rien de corporel, rien de sensible ; il n'a ni forme, ni couleur, ni figure; il .ne peut donc tomber sous les
sens; ensuite il est éternel, c'est-à-dire qu'il n'a point de commencement et qu'il n'aura jamais de fin.
N° 46. — NOUS DEVONS CROIRE A DIEU, QUOI QU'iL SOIT INVISIBLE.
Le général Bertrand dit un jour à Napoléon, d'un ton fort inconvenant : « Qu'est-ce que Dieu? L'avezvous vu? » « Je vais vous le dire, répondit Napoléon : Comment jugez-vous qu'un homme a du génie? Le génie est-il une chose visible? Qu'en savez-vous pour y croire? Sur le champ de bataille, au fort de la mêlée, (^uand vous aviez besoin d'une forte manœuvre, d'un trait de génie, pourquoi, vous le premier, me cherchiez-vous de la voix et des yeux? Pourquoi s'écriait-on de toutes parts : Où est l'empereur? que signifiait ce cri, si ce n'est l'instinct de la croyance en moi, en mon génie ? — Mes victoires vous ont fait croire en moi ; eh bien ! l'univers me fait croire en Dieu. Les effets merveilleux de la toute-puissance divine sont des réalités plus éloquentes que mes victoires. Qu'estce que la plus belle manœuvre auprès du mouvement des astres? » Ceci se passait à Sainte-Hélène, en 1818. Un autre jour, le docteur Antomarchi s'étant permis de rire aux éclats des apprêts que l'empereur avait ordonnés pour une cérémonie religieuse, Napoléon le tança dans les termes les plus énergiques : « Vous êtes au-dessus de ces faiblesses, ajouta-t-il ironiquement ; mais que voulez-vous ? je ne suis ni philosophe, ni médecin. Je crois en Dieu, je suis la religion de mon père. » Un instant après, il dit avec force: « Pou-
vez-vous ne pas croire en Dieu? Tout proclame son existence, et les plus grands esprits l'ont cru. »