FIN DE L'HOMME
Sommaire doctrinal.
Dieu, le principe et la fin de toutes choses, n'a pas créé Ihomme pour ramper ici-bas, sur cette misérable terre et en faire le terme de ses espérances, mais il lui a donné l'existence pour le connaître, l'aimer et le servir et ainsi parvenir au ciel, le séjour de l'éternelle et suprême félicité. C'est uniquement dans ce but qu'il l'a doué d'un esprit capable de s'élever jusqu'à lui, d'un cœur pour l'aimer et d'une volonté pour se plier à toutes ses lois. Ce moyen est le seul qui lui donne droit d'aller au ciel où il le glorifiera éternellement.
N° 86 — l'empereur sigismond.
L'empereur Sigismond demanda un jour à Théodoric, évêque de Cologne : « Quel est le chemin qui conduit sûrement au ciel ? — Ne le cherchez point dans les choses du monde, lui fut-il répondu. — Mais quel est donc le chemin que j'ai à suivre pour arriver au céleste bonheur? — Vous ie suivrez, prince, en connaissant Dieu, en l'aimant et en le servant. »
Mais, hélas ! combien peu connaissent leur sublime destinée.
N*^ 87. — l'inschiption iumulaire.
L'histoire raconte qu'un célèbre courtisan fut visité
à son lit d'agonie par le prince qu'il avait servi plus de vingt ans : Demandez-moi, lui dit celui-ci, tout ce que vous voudrez, serait-ce la moitié de mon royaume, je vous l'accorderai ; à cette heure suprême je ne saurai rien vous refuser. — Prince, répondit le courtisan, j'ai besoin de vous, car pour vous servir j'ai oublié le roi du ciel et je vais entrer en compte avec lui. Je ne vous demande qu'un quart d'heure de vie pour me préparer aux jugements de Dieu. — Un quart d'heure, mon ami, mais vous savez bien que le temps n'est pas au pouvoir de l'homme. Demandezmoi tout autre chose et je vous promets de vous l'accorder. — Tout autre chose m'est inutile : un quart d'heure, je vous prie. — Hélas ! je regrette de ne pouvoir vous l'accorder.' — Hé quoi ! continue alors le courtisan, valait-il la peine de donner tant de soins au service d'un roi de la terre pour oublier mon Dieu, mon âme et mon salul! Je ne lui demande qu'un quart d'heure de vie et il ne peut me le donner! Folie de s'attacher aux grandeurs d'ici-bas ! Je veux que demain l'on grave sur ma tombe : Ci-gît quelqu'un qui vécut dans le monde et le quitta sans savoir pourquoi il y était venu. (Schuster, Tome I.)