N" 104. — MARTYRE DES CONFESSEURS DE LA DIYINIIÉ DE JÉSUS-CHRIST
Un prince arien voulut, mais en vain, imposer à une population catholique un évêque qui, comme lui, niait la divinité de Jésus Christ. Inébranlables dans leur foi, 300 de ces fidèles héroïques refusèrent de proférer ces paroles : J,-C nest pas Dieu! Alors, outré de dépit, le prince barbare, c'était le farouche Hunéric, leur fit couper cette langue qu'ils n'avaient point voulu souiller par une affreuse impiété, mais, par un effet de la puissance de Celui qu'ils avaient confessé, quoiqu'ils eussent la langue coupée, ils continuèrent à répéter, et en Afrique, et dans d'autres contrées : Jésus- CJiiHst est Dieu! Jésus-CJirist est vraiment Dieu! (Victor de Vite, Histoire de la persécution des Vandales.)
N° 105. — IL Y A DEUX NATURES EN JÉSUS-CURiST.
Un hérétique voulant amener un jeune homme à ses erreurs, lui dit : « Je le sais, Jésus-Christ est Dieu et homme; mais en lui les deux natures sont tellement unies qu'elles n'en font qu'une. Soudez ensemble un gros et un petit morceau de fer, et vous n'en aurez bientôt qu'un. — C'est vrai, répondit l'enfant; mais prenez un gros lingot d'or et un petit morceau de fer, puis fondez-les ensemble : le morceau ne sera-t-il que de l'or? n'y trouverez-vous pas l'or d'un côté, le fer de l'autre? » Le lingot, c'est la divinité de Jésus-Christ, le fer, son humanité; unies toutes les deux dans la personne du Verbe, elles restent parfaitement distinctes.
Le docteur de l'erreur se montra très mécontent du jeune homme et des maîtres qui l'avaient si bien instruit. Il était vaincu! (Filassier, Dictionnaire d'éducation.)
TROISIÈME ARTICLE DU SYiViBOLE
Qui a été conçu du Saint-Esprit; est né de la Vierge Marie.
Sommaire doctrinal.
Par le bienfait de Tlncarnation divine, le Verbe s'est fait chair et iMarie est devenue la Mère du Fils de Dieu. Par ce fait unique et incompréhensible elle fut
élevée au-dessus des anges et des saints; de sorte qu'à l'exception de Dieu seul, Marie surpasse en gloire, en dignité tout ce qui existe. Voilà pourquoi de toute part on a recours à Marie. Du haut du ciel, cette puissante prolectrice abaisse ses regards maternels sur ses nombreux enfants de la terre, et leur obtient de Dieu tous les secours qui leur sont nécessaires. « Si c'est par Marie, dit saint Bernard, que Dieu a voulu leur donner son Fils, c'est aussi par elle qu'il veut que toutes ses grâces arrivent jusqu'à eux comme par un canal mystérieux. »
Youlons-nous donc assurer notre salut au milieu des dangers sans nombre où nous sommes exposés en cette vie, ayons pour elle le cœur d'un enfant plein d'amour et de tendresse; aimons-la, prions-la, consultons-la, faisons lui part de nos pensées et de nos sentiments, de nos craintes et de nos dangers, de nos projets et de nos désirs. . La dévotion envers Marie, disent tous les Pères et les docteurs de TEglise, est un signe de prédestination. Tous nous affirment que sous sa protection puissante nul ne peut périr. Couiment donc rester insensibles à une dévotion si fructueuse et si consolante? Comment donc nous priver volontairement des secours que nous pouvons à chaque instant obtenir par l'intercession de cette divine Mère? « On ne s'égare pas avec un tel guide, dit saint Bernard; on n'a rien à craindre avec une telle protectrice; on ne tombe pas avec un tel appui; on ne se fatigue pas quand on travaille avec un tel aide : avec son secours et sa bienveillance on est sûr de parvenir au ciel. »
N° 106. — MARIE RÉCOMPENSE LES MOINDRES SACRIFICi:S.
Tout chrétien, disciple de Jésus-Christ, doit avoir une dévotion spéciale envers la Mère de son divin Maître. Cette dévotion lui sera un gage de salut. Le trait suivant que nous lisons dans la Semaine de Cambrai en est une preuve.
Un missionnaire prêchant une retraite aux mères chrétiennes de Nancy, leur disait qu'il ne faut jamais désespérer du salut d'une âme qui a été fidèle à offrir quelques petits sacrifices à la sainte Vierge. Une dame en deuil, qui l'avait entendu, s'approcha du prédicateur et lui dit : a Mon Père, ce que vous venez de nous dire est confirmé par ce qui m'est arrivé. J'avais un époux bon , affectueux, mais sans aucune pratique religieuse. Malgré mes conseils et mes prières, je n'ai jamais pu le déterminer à fréquenter l'Eglise. Durant le mois de mai qui précéda sa mort, j'avais élevé un petit autel à la Sainte Vierge dans mon appartement, et je l'ornais de fleurs renouvelées de temps en temps. Chaque dimanche, mon mari allait passer la journée à la campagne ; à son retour, durant ce mois, il m'offrait un bouquet qu'il avait lui-même cueilH et j'employais ces fleurs à l'ornement de mon oratoire. Je ne sais si mon mari agissait uniquement pour m'être agréable ou si un sentiment de piété envers la sainte Vierge l'animait, mais il ne manquait pas un seul dimanche de le faire. Dans les premiers jours du mois suivant, il fut subitement frappé par la mort, sans avoir eu le temps de recevoir les secours de la religion. J'étais inconsolable, ma santé était sérieusement al-
térée, ma famille me força à partir pour le Midi. Comme je passais par Lyon, je voulus voir le saint curé d'Ars. A peine étais-je entrée, qu'il me dit : ce Madame, vous êtes désolée? Mais avez-vous donc » oublié les bouquets de fleurs, les bouquets de chaque » dimanche du mois de mai. » Il me serait impossible d'exprimer mon élonnementen entendantM. Yiannay rappeler une circonstance dont je n'avais parlé à personne, et qu'il ne pouvait connaître que par révélation. Il ajouta : « Dieu a eu pitié de celui qui a honoré sa sainte mère; à l'instant de la mort, votre époux s'est repenti; son âme est dans le purgatoire; par nos prières, nos bonnes œuvres nous l'en ferons sortir. » Que ce trait est capable de nous engager à offrir chaque jour un léger sacrifice à la Reine du ciel !... »
N" 107. — CE qu'on obtient par la sainte vierge.
Une mère, bonne chrétienne, de la petite ville de Nant (Aveyron, avait un fils unique très intelligent. A seize ans, il concourut pour un emploi dans les Droits-Réunis, et il fut classé en première ligne. Comme ce succès lui présageait un assez bel avenir, sa mère consentit às'en séparer; mais au moment des adieux elle lui dit : « Mon enlant, tu aimes bien la Sainte Vierge ; fais-moi la promesse de l'invoquer dans tes besoins. »
Le jeune Charles fut envoyé à Marseille. Dès le début, il écrivait souvent à sa mère, et ses lettres étaient ati'ectueuses ; mais elles finirent par devenir rares. La pauvre mère comprit ce que voulait dire ce changement. Elle pleura et pria encore plus. Enfin,
elle reçut un télégramme ainsi conçu : « Venez vite, votre fils vous réclame. »
Arrivée à Marseille, elle trouva son fils gravement malade. « Ma mère, lui dit-il en la serrant entre ses bras, j'ai imploré la Sainte Vierge : c'est elle qui vous envoie vers moi. Vite, faites venir un prêtre... J'ai fréquenté des hommes sans foi ni loi. Je me suis laissé faire franc-maçon. J'ai eu le malheur de jurer de vivre et de mourir sans Dieu. Mais, sentant venir la mort, je me suis souvenu que j'étais chrétien. J'ai demandé un prêtre, on me l'a refusé. Deux de mes prétendus amis ont fait sentinelle à la porte de ma chambre, pour empêcher qu'un prêtre vînt me voir. La personne elle-même qui me soigne a refusé de me rendre le bon service de m'amener un prêtre. Alors je me suis rappelé votre recommandation. Je me suis mis à réciter à voix haute le Souvenez- vous. Une demoiselle, m'ayant entendu, est entrée chez moi, et touchée de compassion, elle vous a envoyé le télégramme qui vous à fait venir. Mes mauvais amis, non contents de m'empêcher de remplir mes devoirs de chrétien, m'ont présenté un billet où je les autorisais à me faire un enterrement civil; mais je me suis bien gardé de leur donner ma signature. »
Il va sans dire que ce pauvre Charles, secondé par sa digne mère, se prépara chrétiennement à la mort. 11 vécut encore deux jours; à la fin du second jour, attirant cette pauvre mère vers lui, il lui dit à l'oreille : « Ma mère, c'est la Sainte Vierge qui vous a envoyée vers moi. » Un moment après, il rendit son âme à Dieu. {Bulletin de Sainl-François de Sales.)