‹ Instructions sur le rituel (volume 2)Chapitre 72 sur 90 · B IL · texte numérisé non relu

B IL

ftO ANNONCÉS

de veiller avec plus d'aiiention sur vous-mêmes, de retrancher les superfluités de la vie , et de vous moriifier plus que jamais: tel est Tesprit deTEgUse^ qui prend eu ces jours ses ornemens de deuil, couvre ses autels de violet , et défend la solennité des noces ; pour nous inspirer la pénitence et le détachement, qui sont les «leilleurs mo^rens de nous préparer à recevoir celui que nous attendons comme notre Sauveur et notre juge.

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Pour la Conception de la très^sainte p^erge.

J^ ous célébrerons...*. ( nommant le jour ) la (ète de la conception de la sainte Vierge. C'est un jour de joie pour nous^ parce qu'il nous annonce le salut qui nous doit être apporté par Jésus-Christ, ennous anuouçant la conception de celle qui doit le mettre au monde. Cette conception de la mère de Dieu est toute sainte, et ion doit , pour l'honneur de son Fils, en éloigner toute idée^ tout soupçon de péché. Celle que TEglise tient avoir reçu de Dieu une grâce particulière qui Ta préservée de toute faute même vénielle , pendant tout le temps de sa vie, a bien pu aussi être préservée de la tache originelle par un privilège spécial. C'est le seoti* ment le plus autorisé dans l'Eglise, sentiment qui est celui du saint concile de Trente. Quoique ce ne soit pas un article de foi , les 6dèles doivent l'embrasser avec joie , comme celui qui semble honorer davantage la mère et le Fils^ et ne point douter que Dieu n'ait rindû Marie toute pure et toute sainte, au moment et de la manière qui ont été les plus convenables à Texécutioa de ses desseins. Pour tirer du ii*uit de cette fête ^ tra* vaillous sans relâche à nous purifier; évitons les moindres fautes^ et tont ce qui pourroit nous porter au mal. Marie, pleine de grâce, évita toujours avec soin l'apparence de

Séché ^ et la moindre occasion de le commettre. Que œ (trou^nous pas ikire pour uous en préserver | nous

SES Fêtes soleni^elles. 9t

qui somnies nés dans le péché, sujets à tant de passions et peut'-être remplis d'habitudes criminelles P nenoQ— veloDS-nous aussi dans la solide dévotion à la trèssainte Vierge ) qui consiste à Phonorer et à Tiiivoquer tellement dans nos besoins , que nous tâchions de l'imiter dans sa pureté et dans les autres vertus dont elle nous a donné l'exemple»

Pour les Quatre-- Temps.

XyiERCREDi , vendredi et samedi est le jeûne des quatre^ temps L'Eglise la établi pour consacrer à Dieu, par la pénitence ^ les quatre saisons de Tannée ; pour lui faire , par Tabstinence ^ une espèce de sacrifice des fruits qn'il nit produire à la terre ^ 1 en remercier et demander quHl bénisse ceux qu'on attend ^ et sur-tout pour attirer sa grâce sur les ordinations qui se font en ces jours , et qui uoiveut intéresser tous les fidèles ; puisqu'il n'est rien de plus important pour l'Eglise , que d'avoir de bons mi-» nistres et des prêtres remplis de l'esprit de Dieu. Tous ceux donc, qui ont l'âge requis, sont obligés de jeûner ces trois jours sous peine de péché mortel ^ s'ils n^ont an empêchement légitime. Ces jeûnes sont ne tradition ipostolique. Il faut que chacun se renouvelle dans l'esprit de pénitence , et offre à Dieu de fréquentes prières, pour lui demanaer qu'il éclaire les premiers pasteurs dans le discernement qu'ils ont a Êiire de ceux qui leur leraot présentés ^ qu'il répande abondamment son esprit sur fous ceux qui doivent être ordonnés ^ qu'il leur communique toutes les vertus dont ils ont besoin pour lire admis à un état si saint et si sublime , pour s^ae— ^itler dignement du ministère au quel iMesappelle^ et ]a'il écarte ceux qui en seroient indignes.

99 ; A55Q5CKS

Four la Fête de NofL

JN ous célébrerons • •• . ( nommant le four ) la (etede Noël, ou la mémoire de la naissance temporelle de Jésus-Cbrist Notre-Seignear. L^Evaogile nous apprend

3ue le temps de raccouchemeBt de Marie étant venu ans un voyage qu'elle fit à Bethléem ^ pour obéira l'empereur Auguste qui ordonnoit à tous ses sujets de se faire inscrire au lieu de leur origine, elle mit au monde ce Fils, qu'elle avoit conçu neuf mois aupa^ ravautpar l'opération du Saint-Esprit ; éHe Tenveloppa de langes, et le coucha dans une crèche, parce qu^il uj avoit point de place dans rhôiellerie. Des bergers qui veilloient proche delà sur leurs troupeaux,, furent avfrlis par un ange que le Christ étôit né ^ et ils se dirent aussitôt Tun à Taotre : passons jusqu^à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, et que le Seîgnenr nous a detouveri. Ils y allèrent j ils y trouvèrent Marie, Joseph et Teufant qui étoit couché dans une crache: alors ils reconnurent la vérité de ce qui leur avoit été dit de cet Enfant. Imitons ces Bergers, et durant l'octave de Noël allons souvent en esprit à Bethléem, pour y ado-* rer lenfant Jésus, lui présenter nos cœurs et lui rendre, comme à notre Dieu, nos plus profonds hommages: donnons-lui des preuves sincères de notre amour: car, dit saint Bernard, l'état de petitesse où il s^est réduit, BOUS le rend infiniment aimable^ et il nous doit être d^autant plus cher, que c'est pour nous qu'il s^est abaissé de la sorte. Profitons aussi des leçons qu'il nous fait dans sa crèche, et des vertus qu'il nous y prêche: toot enfant qu'il est, il nous apprend à aimer la pauvreté , à mépriser les richesses, le monde et tout ce qu'il estime; il confond notre orgueil et notre délicatesse, en

d'obligation.

DES Fêtes solennelles. aS

Le lendemain de Noël a6,esc la fête de saint Eiienoei ie premier des sept diacres ordonnés par lés apôtres ^ et le premier des martyrs.

Le :i7, est la fête de saint Jean révangëliste^Iedis* ci pie que Jésus aimoit^ et qui reposa sur sa poitrine en la dernière cène.

Si la veille de Noël tombe un dimanche^ le di^ manche précédent- on annoncera le jeûne de cette veille pour le a3 décembre avec le jeûne des quatre-^ temps.

Pour la Circoncision^

J^E premfer jour de Fan . . • ( nommant le four ) nous célébrerons la fête de la circoncision. C*est un mystère où Jésus-Christ, en se soumettant àuneloidouloureuse^ nous a donné les prémices de sou sang, et s'est engagé à le répandre sur la croix jusqu^à la dernière goutte , €m prenant le nom de Jésus qui signifie Sauveur. Il commence ainsi, dès sa plus tendre enfance, a nous témoigner qu^il nous aime; et il nous apprend à nous circoncire spirituellement par le retranchement de nos désirs déréglés. Tâchons donc de repondre de notre mieux à son amour ^ et travaillons sans relâche à mortifier, les inclinations de la nature corrompue, pour ifivre de l'esprit. Ayons souvent dans la bouche le saint nom de Jésus ^ prononçons-le avec respect et avec confiance: à ce nom tout genou doit fléchir, au ciel^ sur la terre et dans les enfers^ et il n'en est point d'autre par la vertu duquel nous puissions être sauvés. Consacrons à Dieu les prémices de Tannée ^ et protestonslai que, s'il veut bien nous l'accorder, nous Tem- Eloierons toute entière à son service. Si dans ce jour la ienséance nous oblige de donner quelque chose au monde, que ce soit sans préjudice des devoirs religieux et des heures destinées à l'office divin , lesquelles

it4 âhnoucbs

noiifl devons k Dieti^ et qo'il faut employer i k renier* cier de tous 1^ biens que nous avons reçus de sa bonté, il lui offrir la nouvelle annfe et too( le reste de notre vie ) i lui demander les grâces dont nous avons besoioi ^t sur-tout celle de laver dans le sang de son Fils toutes les fautes que nous avons pu commettre dans les annéa

Sassées. Souvenons-nous que nous devons pratiquer les evoirs de la société civile , dans Tesprit de la charité de Jésus-Christ.

Pour la Fête des Rois.

J^otjs célébrerons* • . ( nommant le jour ) la Rte de l'Epiphanie on manifestatioD de Notre-Seigneur , quW nomme aussi les Rois^ parce qu'en ce jour Jésus-Christ s^est fait connoitre à trois mages, qu'on lient avoir été rois, par une étoile extraordinaire qui les conduisit jusqu^à Bethléem, où ils adorèrent ce Dieu caché dans no état de foibiesse et d^ibjeciion. Cette fttea toujours été des plus solennelles dans TEglise, parce que nous y faisons la mémoire de notre vocation au christianisme, et que no»s croyons avoir été appelés à la connoissauce du vrai Dieu en la personne des mages, qu''on a tou^ jours regardés comme les prémices des Gentils, de qui nous descendons. Unissons-nous donc bien à eux, pour rendre hommage à Jésus enfant. Otfroos-Iui comme eux des présens : le plus agréable et sans lequel tons les autres ne pourroieut lui plaire^ c'est le sacrifice de notre cœur. Soyons reconnoissans de ce qu'il a bien voulu nous appeler à la foi, en nous faisant naître dans le sein de 1 Eglise^ c'est une grâce bieu précieuse, et qi>i n'est pas accordée k tous les hommes , puisqu'il en est encore un si grand nombre qui sont plongés dans Thôrésie, et même dans les ténèbres de ridolâtrie. Crai^ gnons de la perdre cette foi, et que leroj'aumc de Dieu ne nous soit ôté, comme parle Jésus-Christ, ponrêtre

Des Fêtes solehnelles âS

>nné' à d*autrcs. Tremblons quand nous voyons des lys séparas de TEgllse par Terreur et par le schisme. [>Qr éviter uu pareil malheur , ayons une humble omissKin pour FEglise, lorsqu'elle nous parle par le irps des premiers pasteurs unis à la chaire de Pierre^ fotre de la catholrcité^ et soutenons Phonneur de notre eligton par des mœurs saintes et chrétiennes. Tâchons i répondre à notre vocation^ imitons les mages, qui tivirent constamment Tétoile jusqu'à Bethléem : sui— ms en tout les lumières de la foi, et ne perdons jaais ce flambeau, jusqu'à ce qu^à sa faveur nous ayons ouvé Jésus dans le ciel.

L'Eglise fait encore mention en ce jour de deux autres irarles. L'un est cehii du Baptême de ce Dieu San— mr dans les eaux du Jourdain^ TEsprit saint descendit ors sur lui en £brme de colombe; le Père éternel le connut pour son fils; et il donna aux eaux la vertu i nous régénérer dans le Sacrement de Baptême. L'autre t le miracle des noces de Cana; rEvatigile nous dit m Jésus-Christ y changea l'eau en vin, et qu'il comejuça d y manifester sa puissance.

Donnez-vous bien garde, mes frères, de profaner un jur si saint, par des débauches et des excès indignes 1 nom de chrétien dont vous vous glorifiez.

Pour la Purification de la très-sainte f^ierge.

lous célébrerons.. . ( nommant le jour ) la fête de 1 parification de la sainte Vierge, et de la présentation e Notre-Seigneur au temple comme victime du genre Qmain. Pour entendre ce mystère, il faut savoir que ( lai de de Moise ordonnoit aux femmes de se purifier 'I temple à un temps fixé après leurs couches, et. d'y résenter à Dieu le premier-né de leurs enfans, en mémoire de ce qifcn Egypte, lorsque Dieu délivra son cuple 5 il frappa les premiers-nés des Egyptiens, et

aS Annonces

saava les premiers-nés Hébreux. Jésus et Marie nVtoient point assujettis à cette ordonnance : Tun , parce qu^il etoit le propre Fils de Dieu ^ lantre, parce qu'elle Tavoit conçu par Topération du Saint-Esprit^ et mis aa monde sans contracter aucune souillure, lis s j sou^ mettent néanmoins^ pour nous apprendre, u à nous soumettre avec joie à toute la loi de Dieu, et aux ordonnances de son Eglise^ et à les remplir , soit pour la lettre, soit pour Tesprit, avec toute Texactaude et la perfection dont nous pouvons être capables, a. A nous purifier des moindres fautes par Tesprit de pénitence , que nous devons conserver jusqu'au dernier soupir de notre vie« 3. A nous offrir à Dieu en union à Jésus— Christ avec ce que nous avons de plus cher, et à vivre dans un esprit continuel de sacrifice. La loi ordonuoit encore que les parens,cn présentant leurs enfans premiers-nés Jes rachéteroieot en même temps pour de Tar* {;ent qu'ils donneroient : les riches offrotent un agneau; es pauvres, une paire de tourterelles ou deux co-^ lombes. Joseph et Marie, comme pauvres, offrirent les présens que les pauvres avoient accoutumé de donner: apprenons encore de là à aimer la pauvreté, qui nous rend semblables à la famille de Jcsus-Christ et à luimême. Les pères et les mères qui ont des eufans , doivent avjssi apprendre de cet exemple à les présenter à Dieu de bonne heure, à les dévouer à son service, à les élever dan» sa crainte et dans son amour dès leurs plus tendres années. On bénit des cierges en ce jour, et on les porte allumés à la procession^ en signe de joie et en mémoire de ce que dit Siméon^qtie Jésus- Christ seroit la lumière des Gentils pour la gloire du peuple d'Israël} et pour signifier que, faisant profession de croire eu lui , nous devons faire paroltre une foi animée par nos bonnes œuvres. Imitons la piété du vieillard Siméonjne désirons que de posséder Jésus* Christ.

DFs Fêtes solennelles^ 37

Pour la Septuagésime.

IN ous entrons anjourd'hiii, mes frères^'dans le temps de la Septuagësime , qui est un commencement de la pëni-^ tence solennelle (les chréiieus: car, bien que TEglise «''oblige pas ses enfans à jeûner avant le carême^ elle les y prépare, et veut leur inspirer de bonne heure les sentimens dans lesqtteU ils doivent entrer. G^est pour cela qu'elle retranche de ses oflices les chants de ]oie , nielle se sert d'ornemens violets en signe d'affliction et e deuil : ces jours nous représentent les jours d'Adam^ dont on commence à lire l'histoire dans Toffice public. Jours d'Adam, c'est— à-dire, jours de douleurs et de pénitence , comme il cornvient à des pécheurs et à des bannis. Aussi, rE;>lisenous remet— elle devant les j^eux la chute du premier homme et son bannissement du paradis^ afin que nous regardant ici— bas comme des exilés, nous pleurions nos malheurs et nous nous efforcions de rentrer par les larmes dans la céleste patrie , d'où la faute d'Adam et nos propres péchés nous ont misérablement exdus. Nous n'avons pas seulement à rougir d^étre nés d'un père criminel : pécheurs d'inclination et d'effet, nous avons à nous reprocher notre propre malice , et à expier nos propres iniquités. Gomment espérer que le Seigneur nous fera miséricorde et nous pardonnera nos crimes , si nous n'avons recours à U

1)énitencePRieu n'est donc pins opposé à fintention do 'Eglise, que de passer ces jours dans la débauche et de s'y livrer à Ae% divertissemens qui déshonorent le christianisme. GVst une itil^ntion du démon pour contrarier les desseins' de l'Eglise. Gette mauvaise coutume empc-^ cfaelefruitdu jeûne, et de tontes les bonnes œuvres

2ue les chrétiens pourroient faire en carême. Un vrai dèle doit s'opposer de 'toutes ses forces à un tel abus , le retrancher avec soin de sa maison et de sa famille , et au lieu de se laisser entraîner au mauvais exemple ,

j^S Annonces

garder ane tempérance encore plus exacte, fiiire dei prières plus longues et plus assidues ^ s^adonner aux pr»tiques de mortification et de piété ^ afia de réparer de son mieux par de bonnes œuvres , les iajiiresque les mondains font k Dieu par les excès auxquels ils se Ityrent. Nous vous exhorions durant ces jours, ^ vonif plus souvent à TEglise , d y passer même quelque temps aux pieds de Jésus^Clirist pour lui demander pardon et lui faire une espèce d amende honorable pour tons les désordres qui se commetteni , et de vous donner bien de garde d^y prendre aucune part } puisqu^H n^est rien de plus déraisonnable que de se préparer à la pénhapoe par le crime et la débauche.

Pour le Ckiréme.

IVxERCREDi prochain est le jour des cendres, le commencement du carême ou du jeûne de la sainte quarantaine. Vous êtes exhortés ae venir i Téglise y recti voir les ccndr^ bénites en esprit de pénitence ; et d'j

. entendre ensuite la sainte messe. Ce jeûne du carême, qui vient d'une institution ancienne et apostolique , a été établi pour imiter en quelque chose le FilsdeDieo, qui passa quarante jours et quarante nuits dans le désert,

'sausmauger ni boire ^ pour faire pénitence de nospé-« chés par les jeûnes et les autres mortiâcations; et pour nous dis{)oser à la célébration de la passion de Notre-Seigneur et à la fête de pAques. Ceux q^ui ont vingt-un soi accomplis, sont obligés, sous peine de péché mortel, da jeûner tous les jours jusqu'à piques: excepté les dimanches , auxquels néanmoins Fabstinence est de pré* cepte. Les nourrices, les femmes grosses, les malades, les convalescens en sont dispensés , aussi bien que ceox à qui Tinfirmiié, le grand âge, la caducité, la débilité, ou un travail rude et pénible ne permettent pas de k faire j et gouéralement toys ceux qui ne peuvent jeûoer

DES Fêtes solehnellIes. ag

sans un péril évident pour lenr santé. Mais il faut prendre garde de ne flatter soi— même : Dieu est le juge des cons^ ciences. Un petit mal de tête, quelque iusomuie^ou autre incommodité légère ne sont pas des raisons qui en dispensent; puisque le jeûne n^est fait que pour incommoder et abattre la chair ; encore moins aoit-on pour cela rompre labstinence et manger de la viande : on n'en peut user que pour une infirmité notable et évidente , et avec la permission des supérieurs ecclésiastiques. Ceux qui demandent, sans nécessité, celle de manger de la viande , ne pèchent pas moins quand ils obiien— droient cette permission , parce qu'ils violent le précepte deFEglise. Ceux qui, par une infirmité particulière et habituelle, sont obligés de manger de la viande, mab qui vaquent à leurs affaires et à leurs occupations ordi^ naires , ne sont pas pour cela dispensés de jeûner s'ils le peuvent faire d ailleurs.

Au jefiue du corps il faut joindre celui de Pesprit. évitant avec soin le péché et tout ce qui y porte, mortifiant ses passions , et retranchant même des plaisirs {)ermis j il faut expier ses péchés , et les effacer par les armes et des fruits dignes de pénitence^ faire Taumônç félon sou pouvoir ^ lire ou entendre souvent la parole de Dieu ] s'appliquer à la prière et à la pratique des bonnes œuvres convenables à son état et à sa condition. Ceux qui ne sont point en état de jeûner et de garder Tabstinence , ne sont pas pour cela dispensés de faire péoitenceen carême- Us doivent, autant qu'ils ponrroni| emrer dans Tesprilde TEglise, en se retranchant quel— f|ue chose; suppléer au jeûne et à Tabsiineuce par d'au-* très œuvres de pénitence, par4 aumône, s'ils la peuveut faire ; par une retraite encore plus exacte ; par une abstinence plus rigoureuse des jeux et des divertissemens même permis; par des prières plus longues, et par des lectures de piété ^ s'ils savent lire.

Je vous exhorte^ mes chers frères, à ne pas attendre la quinzaine de pàques, pour vous acquitter du pré«*

3o Annonces

cepte delà coDfession anouelle; puisque, dans un io-teryalle si court et partagé par de longs offices, nous ne pourrions que très-difficilement donner à chacun de vous\ tout le temps nécessaire pour une œuvre si importante. Quelques-uns se présenteront peut-être dans des états d'habitudes mortelles, ou manquant ^'ailleurs des dispositions nécessaires^ et pour lors les confesseurs seroient obligés de différer leur absolution et leur communion au-delà du temps pascal. Le moyen le plus sûr pour éviter ce délai , c'est de se mettre de bonne heure dans les dispositions requises 'pour sanctifier la grande fète de pâques. Cette carrière de pénitence que. nous commençons, est très- propre pour la discussion des consciences.

On commence le jeûne solennel du carême par l'imposition des cendres. G^est un reste de l'ancien usage que TEglise observoit autrefois à l'égard des pénitens publics, au commencement de leur pénitence. Le carême étant un temps de pénitence publique pour tous les fidèles, TEglise leur met des cendres sur la tête, en leur disant: souviens-toi^ homme ^ que tu es poussière^ et que tu retourneras en poussière ; afin de les exciter à la pénitence par la pensée de la mort, qui est une peine du péché.

Ancientiement en carême e! dans les autres jours de jeûne, on ne faisoit qu'un repas : TEglise tolère aujourd'hui une légère collation le soir. Il nVtoit pns Î>ermis deboiredu vin , ni d'autres liqueurs pour flatter egoût^ on ne mangeoit ni lait, ni beurre, ni fromage. L'Eglise ayant adouci aujourd'hui la rigueur de •la pénitence du carême, c'en devroit être assez pour vous engager à observer avec la dernière exactitude, un jeûne que de tant de condescendances ont rendu ii facile à supporter.

Outre les dimanches, on fera le catéchisme pour la . première communion , dans la semaine , les... { dési- 'jpuint les jours )\\oyk% aurez soin d'y envoyer vos

DES FÊT£8 solennelles. 3f

nfâts et vos domestiques qui ont besoin d'înstrucUon. Hnfiu^ u'^omettez rien pour profiler de ces jours de alut^ que les Pères ont toujours regardés comme un emps propre à se purifier et à se renouveler ^ comme m temps de moisson , où les chrétiens doivent re— :ueiilir avec empressement les grâces et les vertus dont Is ont besoin pour passer saintement l'année.

Pour le premier dimanche du Qv^ême.

ous sommes entres, mes frères, dans le temps de la pénitence : nous vous avons expliqué dimanche dernier Tétendue de la loi du jeûne ^ et nous nous perluadens que TEglise trouvera en vous des enfans do-^ ciles à ses commandemens. Si nous comprenions Té* normité du péché , n'en eussions-nous commis qu^un ;eul mortel, nous penserions que des larmes étemelles ofEisent à peine pour lexpier. Combien fervente et laborieuse ne doit donc pas être notre pénitence, puisue nous avons si souvent offensé le Seigneur ! Mercredi , vendredi et samedi, est le jeune des latre-temps. C*est une nouvelle obligation ajoutée ^lede la loi du carême. L'Eglise a établi les quatre-^ nps, pour consacrer à Dieu par la pénitence les lire saisons de Tannée; pour luifaire^ par Tabstinence^ \ espèce de sacrifice des fruits qu'il fait produire à .erre^ l'en remercier, et demander qu^il bénisse i qu^on attend. Mais c'est sur— tout pour attirer sa :e sur les ordinations qui se font en ces jours , et doivent intéresser tous les fidèles : puisqu'il n^est de plus important pour l'Eglise que d'avoir de minisires et des prêtres remplis de Tesprit de . Vous devez offrir à Dieu de ferventes prières lui demander qu'il éclaire les premiers pasteurs le discernement qu'ils ont à faire de ceux qui leur irésentés j qu'il répande abocdamme;nt soa es-*

32 Annonces

prit sur tous ceux qui doivent ctraordonD&^ quMIIeur communique toutes les vertus dont ils ont besoin pour être admis à un état si saint et si sublime, pour s*acquitter dignement du ministère auquel il les appeOe ; et qu'il fcarie ceux qui en seroient indignes.

Pour le Dimanche de la Passion.

jfxuJonnD^HUi , mes frères , et les jours suivans jusqu'à pâques , TEgliie s^occupe particulièrement à Iu>norer le mystère de la passion et de la mort de Jàus- Christ. Pensons^y souvent, et occupons-nous^-en \ cftte pensée nous portera à la reconnoissance , à lamour ae ce divin Sauveur , à la fuite du péché ^ qui lui a causé la mort^ à la compassion et à la patience daos nos travaux et dans nos peines.

Nous vous avertissons de la part de TELglisc, de ce qu^elle a ordonné à chaque ficfèle siur la confession et sur la communion. Nous allous vous lire le décret du concile général de Latran là-dessus.

Décret.

Que tout fidèle de Vun et de Vautre sexe étant parvenu à Idge de discrétion , confesse seul fidèle^ ment tous ses péchés à son propre prêtre ^ au moins une fois Van ; et prenne soin ddccomplir de tout son pouvoir ^ la pénitence qui lui aura étéenjoin^tet quil reçoive avec révérence^ au moins à la /êt^ de pâques , le Sacrement de t Eucharistie ; si ce n^est que selon Vavis de son propre prêtre^ pour quelque cause raisonnable^ il juge devoir s*en abs" tenir pendant quelque tempsf autrement , que Trn' trée de l Eglise lui soit défendue pendant sa ^'i^^ et qu'après sa mort il soit privé de la sépulture chrétienne.

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34 A9ir(îNCEs

pratique des vertus dont il nous donna pour lors de Ȕ grands exemples.

Vendredi, nous faisons la mémoire de la mort da Sauveur. On ne dit point la messt en ce jour ; mais ce qui en tient lieu , est une vive représentation du sacrifice de la croix , et vous devez y assister , comme étant en esprit sur le Calvaire où Jésus-Christ est mort. Tenez entendre le récit de sa passion , dans des sentimens de contrition, d'amour et de reconuoissance, qui répondent à la charité infinie d'un Dieu crucifié et expirant pour vos péchés. En adorant la Croix j adorez et reconnoissez le vrai Fils unique de Dieu^ qui y est attaché ^ confondez— vous en pensant que ce sont vos péchés qui ont été la cause de sa mort j et^ puisquil a donné sa vie pour vous, formez la résolution de vivre uniquement pour lui : priez-le de vous appliquer les mérites de sa passion , et de vous faire la grâce de mettre , à son exemple, toute votre gloire et toute votre joie, dans les humiliations et dans les souffrances : prenez part aux vifs et tendres reproches qu'il vous fait en la personne des Juifs: employez ce saint jour^ autant que vous le pourrez , en prières et en œuvres de pénitence.

Le samedi, FEglise continue de b^occuper de la mort et de la sépulture de notre Sauveur. Jésus-Christ a été enseveli et mis en terre, pour entrer en toutes manières dans Tétat des morts, pour montrer qu'il étoit vérilablemenf mort. Afin d'honorer sa sépulture, nous devons nous ensevelir avec lui dans son tombeaa^ et mourir tout-à-fait au monde. Nous ferons en ce jour-là la bénédiction solennelle des fonts baptismaux. A cette occasion, vous aurez soin de remercier Dieu de vous avoir reçus au Baptême ^ vous renouvellerez les

Sromesses q^u'on fit alors en votre nom ^ vous vous umilierez aevaot le Seigneur, d'y avoir été si infidèles , et vous lui promettrez de mener désormais une vie sainte et chrétienne.

BEs Fêtes solbnhelles.

Nous vous averiissons pour la seconde fois ^ que TOUS ayez, peodant cette quinzaine^ à vous approcher de la sainte table , selon le décret du concile général de Latrao , que nous vous avons lu dimanche derm«r.

Pou Rie Jour de Pâques.

X^A fête de Pâques que nous célébrons aujourd'hui^ mes frères, est la plus grande et la plus solennelle cte toutes les fètes, e|l le jour par excellence que le Sei— ^eur a fait. Jésus-Christ, après avoir consommé par M mort Fouvrage de notre rédemption, y est ressuscité glorieux et immortel \ il y paroit victorieux de la inort et du péché: et Ta sanctifié, comme Dieu autrefois sanciiâa le septième jour , après avoir achevé l'ouvrage de la création du monde. C'est pour cela que^ dans la loi nouvelle, le dimanche est devenu , au lieu du sabbat des Juifs, le jour de repos spécialement ' consacré au culte du Sdgueur. Prenons part à la joie de la résurrection du Fils de Dieu, comme nous avons dû prendre part à ses souffrances ^ concevons une ferme espérance de participer un jour à sa gloire j et ^ pour nous en rendre digues, tâchons de mener une vie toute nouvelle , et formée sur le modèle de sa vie glorieuse et ressuscitée ; passons tout ce temps dans une joie spirituelle ^ goûtons la rémission des péchés ^ n^ayons de lempressement que pour les choses divines. C'est dans ce dessein que l'Eglise a voulu que chaque fidèle reçût en ce saint temps la divine Eucharistie : afin qu'étant unis à Jésus-Christ par cet auguste Sacrement, leurs âmes vécussent d'une vie céleste^ divine^ digne de la résurrection du Fils de Dieu^ et que, comme il est ressuscité à une vie glorieuse^ nous marchassionsaussi dans une nouvelle vie. Ceux qui n'ont pas encore satisfait à ce commandement, tâcheront d'y satisfaire dans les huit jours qui restent.

36 AVMOIICES

Pour r Annonciation.

J^ous célébrons •••• {nommant le four) la fête de raDnonciation et de rincarnadon du Verbe. C'est lê jour auquel le Fils de Dieu^^gal en toutes choses à ^on Père, et un même Dieu avec lui , s'est fait homme dans le sein de Marie par Topération du Saint-Espriu Ce mystère est le commencement des humiliations ds Verbe, qui sW, comme dit Ta p6ire, abaissé et anéani en prenant la forme d'un serviteuryCt en se faisant ce que nous sommes : c'est le foudemept des grandeurs de h ïainte Vierge, qui est ainsi devenue la mère de Dieu: c^est enfin la véritable source du bonheur dés hommeii Ne manquez donc pas en cette fête de rendre vos devoirs à ce Dieu anéanti , de Faimer, de le remercier, et sur- tout de vous humilier à son exemple. Gonce>'ex aussi de grandes espérances de votre salut , en voyant venir votre libérateur \ prononcez souvent b prière que TEglise a jointe aux paroles de Fange j et nitesla en particulier lorsqu'on sonne YÀneelus^iponTyom rappeler le mystère de l'incarnation du Fil/ de Dieu; pour prier le Seigneur d'en opérer en vous l'eflet, qui est d'arriver, par les mérites de Jésus«Christ, à la gloire éternelle; et pour rendre vos hommages à celle qu'il a choisie entre toutes les créatures , afin de l'é^ lever à l'auguste qualité de mère de Dieu. Quoi de plus indispensable pour nous, que de pratiquer IIiih niilité à son exemple; puisque par elle Jésus-^Christ a relevé nos espérances, et que sans cette vertu les humiliations du Fils de Dieu nous deviendroientintH tiles f Marie nous en donne aussi l'exemple « en se 'reconnoissant Thumble servante du Seigneur. Elle nooi est en même temps le modèle d'une pureté admirable} et de cette pudeur délicate qui s'alarme à la vue de ce qui pourroit porter la moindre aiteinie à l'iooo* i

DBS FÊffM SOLEIINCLLES. 3f

u Sàluons-la en ce jour eo qualité de mire d^

j et mettons-nous sous sa puissante j^roteciîon ^

conjurant de prier pour nous, et de nous obte-%

ine sainte vie qui soit couronnée d'une bonne

Pour la Fête de saint Marc.

tel jour (nommant le /dur ), est la fête de saint , laquelle n'est que de dévotion. On fera la pro-« m pour les biens de la terre et autres nécessités îques. Je vous exhorte d^y assister, et de joindre prières à celles de TEglise , pour implorer la roi- >rde de Dieu et détourner les fléaux de sa colère.

}UR les Rogations et la Fête de V Ascension.

EiDi) mardi et mercredi sont les rogations, joura prières consacrées par TEglise, pour obtenir de

t^s bénédictions sur les fruits de la terre. On des processions , pour demander à Dieu qu'il nous ire dans tous nos besoins. Vous tâcherez d y assisirec beaucoup de dévotion et de modestie^ et ceux 16 pourront s y trouver, y participeront en s'unis-* de leur mieux aux prières que fait FEglise. Les ions se font immédiatement avant Tascension^ marquer que Jésus-Christ montant au ciel ^ a'est ;é des vœux des fidèles, comme le vrai médiateur \ Dieu et les hommes.

odi est la fête de rAscension. Cest le jour auquel e-Seigneur Jésus-Christ est monté au ciel , pour endre possession de sa gloire ^ pour y faire sans

la fonction de médiateur auprès de son Père , en cédant en notre faveur ^ et pour nous y préparer ulace* si nous voulons imiter son exemple et obéir

38 ANiroRCEf

h ses commandemeDs. Il faut donc, en celte ietC) nous détacher de la terre , soupirer après le bouhear da €ÎeU dont Jésiis^Chrisi nous ouvre Teotrée j le suivre de cœur et d'affection, élever nqs cœurs en haut, ne vouloir aucune gloire, jusqu'à ce que celle de Jésus- Christ soit manifestée, et lui demander qu^il nous envoie son Saint-Eprit qui noua fortifie et nous console, en attendant que nous ayons le bonheur de lui être réun». Pour nous mettre en état d'aller auprès de lui , quittons ^ur-tout nos passions et nos vices, qui ne peuveDt, dit saint Augustin, monter avec ce Dieu Sauveur. Purifions-nous par la pénitence , parce que rien de souilK n^entrera dans le royaume des cieux.

Le dimanche dans V octave de Vascension^leCuri^ ou le prêtre chargé de faire le prône ^ dira :

Samedi prochain, veille de la Ipentecôte, est jeûne d'obligation *. je vous exhorte , autant que vous le pou^ rez, d assister à la bénédiction des fonts.

Dimanche est le saint jour de la pentecôte.

Pour la Pentecôte.

Vj'bst anjonrd'ui le saint jour de la pentecôte, jour auquel le Saiut-Esprit descendit sur les apôtres eu forme de langues de feu, et les remplit de sa vertu toute- puissante pour annoncer Jésus-* Christ ressuscité) et pour prêcher TEvangile par toute la terre. G)mooe ce n^est point pour eux seulement quMl a été envoyé, nous pouvons aussi le recevoir, pourvu que noos tâchions de nous en rendre dignes. Préparons poor cela nos cœurs^ il s^agit de recevoir un Dieu , b troi-sièmc Personne delà très-sainte Trinité, TEsprit divia dont la venue et Teffusion sur TEglise naissante, est la consommation de la mission de Jésus-Christ sor la terre, et de son glorienz retour dans le ciel^ et quil û promis de nous donner pour être notre consolateur

Dss Fêtes solennelles. 3^

^mme le vicaire de son amour. Nous en avons curs un extrême besoin: c^est le Saint-Esprit quî^ la présence ) répand la divine charité dans nos s ^ sans son secours nous ne pouvons rien de boii

le salut ^ c^est lui qui doit former en nous la e, aûn qu^elle obtienne quelque chose de Dieuj ilntôt c^est lui , comme dit saint Paul , qui prie en

par des gémissemens ineffables. Nul ne peut dire neur Jésus , que par lui ^ c^est lui qui nous soutient re les ennemis puissans qui nous attaquent; c^est [ui nous console dans nos peines et qui les rend toires pour le ciel. Ne négligeons donc rien pour rerennous; purifions nos cœurs^ détachons-nous, lous-mémes et de TafFection aux créatures; dedons-le avec instance :Dieu a promis de le donner ux qui le demanderont comme il faut. Pour le erver quand nous Taurons reçu , ne faisons rien poisse réteindre en nous , ni même le contrister. aons-nous fidèles à suivre ses inspirations, et dons—lui une entière liberté d'opérer dans nos âmes, [ercredi , vendredi et samedi prochains , est le jeune quatre-temps. L'Eglise Ta établi pour consacrer à i par la pénitence, etc.^ comme il est marqué lessus dans la formule de t annonce des quatre'ps^ pag.ai.

Hmanche prochain est la fête de la très-sainte lité.

Pour la Fête de la très-^sainte Trinité.

jjourd'hui nous célébrons la fête de la sainte aîté. Quoique tous les dimanches de Tannée soient ir honorer la irès-sainle Trinité , c'esf-à-dire, un IDieu en trois Personnes, FEglise y consacre néanins plus particulièrement ce jour, afin d euçager les les à se renouveler dans la foi de ce mystère, qui

49 AWNOWCFS

0si le premier objet de notre Religion* Méditons les grandeurs de cet Être suprême; les perfections infinies de sa nature nous paroitront dignes de tous nos homtnages. Rappelous-nous ce- que rËglist nous enseigne : qu*il Qy a qu'un Dieu, qui demande tous nos respects et nos adorations^ mril y a en lui trob Personnes distinctes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit; que ces trois Personnes sont égales entr^elles^ parce qn^elles n^ont qu'une même nature , et ne sont ainsi qu*un m&pne Dieu. Ce que nous ne comprenons pas mainlenant, nous le verrons clairement dans le ciel , si notis le cro^'ons d'une foi vive, et si nous tâchons ici-bas de servir et d^airoer de tout notre cœur ces trois adorables Personnes , au nom desquelles nous avons été baptisés. Les qualités qu'elles prennent a notre égard doivent animer notre confiance. Le Père est notre créateur, il aime son ouvrage. Le Fils est notre rédempteur, il ne vent pas perdre ceux qu il a rachetés. Le Saint-Esprit est notre sanctificateur, il ne désire que de nous rendre saints et heureux durant Téternité. Louons et bénissons sans cesse cette adorable *Trinité, qui nous comble de biens, et qui ne demande qti'a nous en faire davantage.

Jeudi prochain est la f^te du très^saint Sact^ment. L'Eglise 1 a établie pour honorer Jésus-Christ dans TEucharistie , et pour loi rendre de publiques actions dé grâces de l'avoir instituée. En ce jour ou porte le^ saint Sacrement comme en triomphe, et Ton fait la procession par les rues , pour célébrer la victoire que Jésus- Christ a donnée à son Eglise sur les ennemis de ce Sacrement^ pour faire une protestation publique et solennelle contre les égaremens des hérétiques, et donner occasion aux fidèles de faire paroitre leur foi, leur res-» pect et leur amour envers Jésus- Christ dans cet auguste Sacrement. Il faut y assister, non pas avec dissipation et par curiosité, comme à un spectacle, mais avec religion et modestie^ afin de gloriBer ce Dieu caché, et de réparer^ autant qu'il est en vous, les outrages qu'il

DES Fêtes solennelles. 4^

reçoit par les prôfanadoDs de ce mystère. PenSant Toé-^ tave^ il est exposé sur les aotels pour y recevoir nos ado«* rations» Je vous eihorie donc à le visiter souvent, et i'' passer chaque jour quelque temps en sa présence, pour lui faire amende h*morable ^ lui représenter avec con^^ fiance tous vos besoins ^ examiner et réformer ce qui ponrroit être défectueux , soit dans vos communions ^ •oïl dans votre manière d'entendre la messe , soit dans la&çon dont vous remplissez les autres devoirs de Religion envers la sainte Eucharistie.

Pour la Natis^ité de saint J'eah-Baptiste.

Qcs célébrerons •• • ( nommant k four ) la Rie de la nativité de saint Jean-Baptiste. L'flglisé célèbre ceUe naissance, parce que ce saint a été le précurseur de Jésus-Christ^ et qu'ayant été sanctifié par lui datis ie sein de sa mère, en naissant il a aunoticé sa venue. L*angea prédU qu'il seroit grand devant Dieu, et Jésus- Christ Ta appelé le plus grand des enfans des hommes. Imitons ses vertus, et sur-tout son esprit de retraite et de mépris du monde, laustéritéde sa pénitence, son sèle ei sa générosité , son humilité et son amour ardent pour Notre-Seigneur. Apprenons de lui, à joindre la mortification avec Tinnocence.

Pour la Fête de saint Pierre et de saint Paul.

ÏS ous célébrerons • . . ( nommant le four ) la fête des deux glorieux princes des apôtres, saint Pierre et saint Paul, qui, en ce jour, souffrirent ensemble le martyre , et consacrèrent par leur sang TEglise romaine. Jésus* Christ établit saint Pierre, prince du collège apostolique €t chef de toute TEglise en lui disant : vous êtes Pierre*

4a AimoircB<

ef sur cette pierre je bâtirai mon £lglise\les partes

de Penfer ne prévaudront point contre eUe. Je «wiii

donnerai les çl^s du royaume des deuaof et tout c$

que vous lierez sur la terre^ sera lié dans le ciel^H

tout ce aue vous délierez sur. la terre^ sera délié dim$

le cieL II coDverdt saint Paul eu lui apparoiaaaaC sur k

chemin de Damas; et de peraëcuteqr de l^Eelise| il ea

^t un vase d'élection et rapdtre4ies Gentila..Aroocafioa

jle cette fête, on doit s'^wrmir dans la foi qa% ont

prêchée et scellée de leur sapg, dans U docilité^ le iti-

pect et la soumission à la sainte Eglise catholiqmi dans

robétssance due an pape comme au successeur de saiat

Pierre ^ et au chef de tout le ' gouvernement ecdésiaf*

tique : obéissance que les saints conciles et les saioli

Ceres ont touiours enseignée aux fidèles. On doit il

isoo venir que le Fils de Dieu ayant voulu que sonEgbt

lut une, et solidement bâtie sur runicé, a établi etîoH

titué la primauté de saint Pierre, pour Tentreienir et la

cimenter. La divine providence ayant choisi Romei

capitale de Tonivers, pour y établir la chaire de salât

Pierre, à qui Jéstts*Christ avoit donné la primauté ,no«i

devons regarder FEglise romaine comme établie ds

Dieu, pour être la mère des autres Eglîses^et la prâr

dpale gardienne de la vérité, avec laquelle toutes kl

Eglises doivent garder Tunité. Saint Pierre nous est le

taiôdèle d^nne sincère pénitence; car il pleura toois

sa vie, le malheur qu^il avoit eu de renier son divia

Maître. Nous devons aussi imiter sa foi, son humililéf

son amour tendre et généreux pour Jésus-Cbrist. luA^

tons pareillement dans saint Paul, son zèle inirepidOf

sa pauvreté, son détachement , sa charité viveetoésio*

téressée qui le portoit à se faire tout à tout, à ne point

chercher se$ intérêts, mais seulement ceux de Dieu ^

de son prochain. Aimons Jésus-Christ comme cesgraod^

Saints, jusqu a mourir pour lui ; et, à leur exemple, 0^

nous lassons jamais de travailler pour sa gloire.

DES FÈT>:S -SOLEVlfELLSi* 4^

Pour V Assomption de la très-sainte F^ierge.

i^ ous célébrerons. ••• ( nommant le jour ) la fête de la mort bienheureuse , et de lassomption de la trèssainte Yierge, jour de son couronnement dans le cief. Quoique préservée du péché originel y quoique exempte de toute inclination au péché ^ et non-seulement du pëché véniel , mais des plus légères imperfections^ Dieu permit, pous augmenter ses mérites, qu^elle fut sujette aux maladies et à la mort , ainsi que les autres hommes. Marie a subi la loi commune de la mort, que son Fils a bien voulu subir lui-même ; mais la mortn^a pu IV battre, et n'a pu retenir dans ses liens celle qui a mis au monde FAuteur de la vie. Elle a été élevée en ce jour lu-dessns de tous les chœurs des anges , et placée auprès de son Fils, de qui elle tient toute sa grandeur. Elle a rempli tout le ciel de joie: la gloire dont elle jouit répond à Téminente dignité de mère de Dieu^ dont elle est revêtue, et est le fruit de sou humilité ^ de sa charité et de ses autres vertus. Réjouissons-noils de voir notre reine et notre mère ainsi glorifiée ^ faisons-nous un devoir d'honorer celle que Dieu honore de la sorte; et croyons que tout rhonueur quVn peut rendre à une pure créature, est légitimement dû à la mère de Dieu ^ ayons pour elle le respect et la confiance qu'elle mérite par Tamour qu'elle a pour nous, qu'elle regarde comme ses enfans^ réclamons son intercession auprès de son Fils, pour tous nos besoins, DOS tentations, nos peines, et prions-la sur-tout de nous obtenir une bonne mort Elle ne manque , pour nous secourir , ni de pouvoir, ni de bonne volonté. Imitons enfin ses vertus, sa pureté de cœur et de corps, son humilité , son ardent amour pour Dieu , sa fiaé- H(é à bien faire les actions même les plus petites , et ^ les faire dans des vues bien pures.

44 Anvohces

La veille de cette (ete est jeûne d^obligation : et k jour^ après les vêpres , on fait , par toute la France, une procession solennelle pour le vœu out fit ie rot Louis XIIL en mettant sa personne, sa famille et b Yoyaume de France, sous la protection de la sainte Vierge. Assbtet<-y avec religion^ et, excîiés par Texemple et la piété de nos princes, mettez«-voQ8 aussi sous h protection de Marie ^ priez- la qu^elle obtienne de Dieu, que la foi et la piété se conservent toujours eu ce royaume, que le roi et la famille royale soient coiii* blés de toutes sortes de bénédictions ; demaudei a« Seigneur, par son intercession, la paix de rEglite, Taccroissement de la Religion catholique, la tranqoit lité de Tétat, et toutes les gràc^ qui vous sont vécth sairès pour mener une vie sainte et ~ '

Pour la Fête de saint Louis.

JLjA fête de saiut Louis, roi de France, tombe ••••• ( nommant le jour ) Gomme la providence i mis ce royaume sous la protection de ce grand Saio^ nous devons avoir pour lui une singulière dévotion ^ et imiter de plus près les vertus dont il nous a doDoe l'exemple. Il conserva toute sa vie une grande horrevr pour le péché , dont le nom seul le faisoit trembler; il aima les pauvres, les nourrit et les servit lui-même avec beaucoup d'affection ; il donna tous les jours plo' sieurs heures à la prière et aux exercices de piété; et son temps fut si bien partagé , que ses dévotions ne reropêchoient point de remplir les devoirs de sonéiat, de vaquer aux affaires de son royaume et à la conduite de son peuple ^ il fut soumis et se conforma à la vo« lonté de Dieu, aussi bien dans l'adversité que danslt prospérité: la défaite de ses armées, la captivité, noe longoe maladie, la vue de la mort, que les barbare! furent prêts de lui faire souffrir, n^ébranlèreut poiutsoa

DES Fêtes solennelles. 4^

coorage; il bënit toujours^ au milieu de tout cela, le saint nom de Dieu ^ adora les ordres de sa provideocei «t mourut ainsî daus une terre étrangère. Formons--' nous sur ce modèle^ et n^oubiions pas en ce jour de prier pour le roi, la (amille rojale, et pour le royaume»

Pour la Nativité de la très-* sainte P^ierge.

J^ ous célébrerons ( nommant le four) la natÎTÎté

de la isainte Vierge. L'Eglise en fait la fète, parce que Marie est née pleine de grâce vet que, par sa naissancei' élle a annoncé la venue de Jésus- Christ, dont elle de-* voit être la mère. Remercions Dieu des grâces dont il Ta prévenue, et pensons avec quelle précaution noui devons vivre au milieu du mouae, où nous avons apporté eu naissant tant de foiblesse; puisque la sarntef Vierge, née dans la sainteté et confirmée en grâce, m vécu dans là retraite , dans la prière et dans une con*-' tinuelle attention, pour conserver précieusement soit innocence. Apprenons de Matie â nous rendre dignes des bienfaits cle Dieu , et â nous bien prépare^r a re-^. cevoir Jésus-Cbrist dans rEucharistie. Les filles çt lei femmes doivent principalement p/endrè la sainte Vierge pour leur modèle, parce ou'elle est llionneur de leui^ sexe^ elles doivent Timiter o^ns sa retenue, dans sa mo» destte ^ dans sa chasteté et dans son huinilité.

Pour la Fête de tous les Saints.

il ous célébrerons..... ( nommant le four ) la fête de tous les Saints, at^c jeûne d'obligation la veille. L'Eglise a établi cette fête, pour nous faire honorée* tous les Saints par une même solennité , et réparer les défauts commis dans les fêtes particulières^ pour nous donner une idée du bonheur qut^ noof . attendons , «C

46 ÂlfMOlfCES

nous en montrer le chemin sûr , par Fexemjple de ceaî

a ui y sont arrivés ; pour animer notre, eonfiance â la vue e cette grande multitude de Saints de toui état ^ de tout sexe , de tout âge ^ et du grand nombre dHntercesseurs ~ue nous avons en eux. Amsi, pour entrer dansTesprit e cette fête , vous adoreret la sainteté de Dieu qui est admirable dans ses Saints ^ c^est Die« qai les a fait saints; c'est Dieu qui les rend heureux ^ c'est la gloire de Dieu même qui rejaillit sur eux. Vous remercieresle Seigneiff de. la gloire dont il les a comblés ^ vous les rt^ardetet comme ses amis ^ et leur demanderex, auprès de lui, fe secours de leur intercession et de leurs prières. EofiDi excités par la vue du bonheur dont ils jouissent ^ etoà nous pouvons tous arriver par les mérites de Jésoi-- Christ) vous tâcherez de les imiter et de marcher à leur exemple , par le chemin de Fhumilité , de la pauvreté, de la croix et des souffrances ^ qui est le véritable che-tnin du ciel.

Le lendemain ( ou lundi prochain , si la TousseitA est le samedi ) on fait la mémoire des fidèles trépassa. LlLglise destine ce jour particulier pour leur procorer tin soulagement général: vous devez alors priernoo-seulement pour vos parens, pour vos amis et pourfos bienfaiteurs, mais encore pour ceux pour qui on ne bit point, ou Ton fait peu de prières particulières. L'£glisei comme lamère commune, prend soin de leur soulagement. Ç^a toujours été Tusage de TEglise de prier poor les défunts et d'en faire mémoire au saint sacrifice, pour soulager et délivrer ceux qui,étant morts en état de gricc, out encore quelques restes de péché à expier. Elle y consacre particulièrement ce jour, pour avertir les fidèks de leur devoir , et les faire souvenir de soulager et dsbréger la captivité de ces âmes : on le peut par la prière^ en demandant à Dieu, avec ferveur, leur délivrance, par les bonnes œuvres et par les pénitences faites à kur intention ^ et sur-tout par le saint sacrifice de la messe qui leur appUque les saiislactions de Jésus-Christ. Mettes

DBS Fêtes solbhnelles. 4?

tn pratique ces moyens , et croyez que ces âmes , quand elles seront dans le ciel , reconnoitront ce que vous aurez fait pour elles.

Pour la Fête du Patron de la Paroisse.

ÏS ous célébrerons... ( nommant le four ) la fête de saint ^

rf. patron ( ou de sainte N. patronne ) de cette paroisse. Yous assisterez avec piété aux divins offices^ et vous vous donnerez bien de garde de passer ce jour en jeux^ eaexcès et en divertissemens , qui, bien loin de mériter la

{)rotection des Saints, a ttireroient plutôt sur vous la coère de Dieu. Vous penserez aussi que saint N. (ou sainte m. ) nous est donné pour patron ( ou nous est donnée pour patronne) non-seulement afin de nous servir d^a-*: vocat et d'intercesseur auprès de Dieu , mais encore pour nous servir de modèle , sur lequel nous devons régler: notre vie. Ainsi tâchez de Timiter , persuadés que le^ meilleur moyen d'avoir les Saints pour intercesseurs j est d'imiter et de suivre leur exemple»

Édit du Roi Henri IL^ à publier plusieurs fois

pendant Vannée.

JLiEs ordonnances du diocèsenous enjoignent de publier* au prône plusieurs fois dans Tannée , rÉdit du roi Henfi IL du mois de février i556^ et cette publication quinous est prescrite , est conforme à la déclaration du roi,. du ^5 février 1708. Nous nous acquittons aujourdliui^ de ce devoir, dont Taccomplissement intéresse ëgale^ ment TEglise et Tétat.

« Ii£lNllI. . . . par la grâce de Dieu, roi de France.. » » savoir faisons que nous désirant extirper et du tout » faire cesser les exécrables et énormes crimes ^ vices , » iniquités et délits quise commettent en notre royaume^

> et ôter les occasions et racines d'iceu^ç dorénavant

48 AîfNOlfCBS

commettre^ avons ( pour ce obvier ) dit^ statué et or* donné par édit perpéiuel, loi génitale et irrévocable^ de notre propre mouvement^ pleine puissance et autorité ro^'ale, disons, statJOtis^ voulons, ordonnons et nous plaît, que ioute« femmes et filles qui se trou^ veront dûment atteintes et convaincues d avoir c^'lé^ couvert et occulté tant sa grossesse que sou enfan-* tcment, sans avoir déclaré Tun ou Tautre, et avoir pris de Tun ou Tautre témoignage suffisant, même de la vie ou mort de son enfant hors Tissue de son ventre, et après se trouve Tenfant avoir été privé tant du saint Sacrement du Baptême que sépulture publique et accoutumée; sait telle femme tenue et réputée d'avoir homicidié son euiànt ^ et pour ré^ paration , punie de mort et dernier supplice , èi de telle rigueur que la qualité particulière du cas le 9 méritera^ Si donnons en mandement^ etc. Doutié à 3> Pari«,au mois de février i556. R»^gislré en parlc- » ment, le i4 mars de la même année. »

Le plus sûr moyen de prévenir les crimes qui ont rendu cet édit nécessaire,cVst dVl^'ver les garçons et les filles dans la crainte du Seigneur, et de leur inspirer avecsoia une pudeur vraiment chrétienne. Les pères et mères doivent être sur-tout très-attentifs sur la conduite de leurs filles. As^ez-vous âes filles^ dit le Saint-Esprit dans Tecclésiastique, con^n'ez la pureté deleurs corps ^^t ne ifous montrez pas à elles m^ec un ^fisage gai (EcclL 7. 26.) Redoublez votre vigilance envers celle qui ne détourne point sa vue des hommes ; de peur quelle ne se perde ^ si elle en trouve V occasion^ et quelle ne vous déshonore vous-même devant tout le peuple ( lbid>

Nous avertissons les maîtres et maîtresses, qinh sont obligés de veiller sur leurs domestiqties : qu'autremeni ib seroicnt responsables devant Dieu, des désordres qu*ib pourroîent commettre.

F(MIMILES

FORMULES

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