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RATEAU A CHEVAL

Le râteau à cheval {fig. 7) est comme le complément obligé de la machine à faner. Partout où l'on emploie cette

Fig. 7. — Râteau à cheval.

machine, si le foin doit être ramassé par des femmes armées d'un râteau à dents de bois, outre que ces râteaux laissent toujours une partie du foin sec sur la prairie, leur travail est si lent que le béiiéfice de l'emploi de la faneuse mécanique est en parîie perdu , surtout si le temps se met à la pluie. Le râteau à cheval, prenant d'un seul trait une ij;rande largeur, sur laquelle il ne laisse pas le moindre brin d'herbe sèche derrière kii, accélère la rentrée du fourrage desséché, et permet de le mettre en un tour de main à l'abri du mauvais temps. La faneuse mécanique et le râteau à cheval sont des instruments simples et solides dont

on peut se servir longtemps sans qu'ils aient besoin de réparation ; le premier forgeron de village, aidé du charron, peut les construire au besoin , et leur prix est des plus modérés. A\ec tant d'avantages, si ces deux instruments n'avaient contre eux l'attachement aux anciennes coutumes, ils auraient pris depuis longtemps la place des fourches et des râteaux de bois usités pour le fanage ordinaire ; c'est ce qui doit arriver avec le temps.

TARARES.

Dans les grandes exploitations, si les grains battus devaient être vannés à l'aide du van d'osier, on perdrait un temps énorme pour n'arriver qu'à un résultat fort imparfait. On donne aux céréales un nettoyage plus prompt et plus complet en se servant à cet effet du tarare, ou diable volant, dont on possède plusieurs bons modèles, tous basés sur le même principe. C'est toujours une boite de bois surmontée d'une trémie par laquelle tombe le grain, vivement agité à mesure qu'il tombe par des palettes que met en jeu une manivelle. Dans le tarare, le grain est soumis à un vif courant d'air qui emporte les fragments de paille et tous les débris légers, et les rejette au dehors. La partie inférieure du tarare est percée de deux ouvertures, par lesquelles passent séparément les grains défectueux d'un côté, et les grains entiers de l'autre.

L'un des meilleurs tarares employés en France est celui de M. Vermorel, de Villefranche (Rhône). Il est spécialement approprié à compléter le nettoyage des grains sortant de la machine à battre; il nettoie par heure deux hectolitres de froment, et le rend parfaitement pro-

pre. D'autres tarares, très-utiles dans les grandes fermes, sont accompagnés d'un crible qui complète l'épuration du blé en ne laissant passer que les grains plus ou moins défectueux:, et séparant les grains les plus beaux, propres à à êti^e employés pour les semailles. Le tarare Yilcoq est un des meilleurs pour cette destination.

TRÎEURS MÉCANIQUES.

Le triage des grains pour les semailles importe beaucoup plus qu'on ne le croit communément au succès de la culture des céréales, culture qui tiendra toujours la première place dans l'agriculture d'Europe. Les meilleurs tarares, même celui de M. Vilcoq, ne font jamais ce triage avec toute la perfection désirable. Il en résulte qu'on sème avec les blés toute sorte de graines de mauvaise herbe, et qu'on salit comme à plaisir la terre à mesure qu'elle est nettoyée par les cultures sarclées et les labours d'été : c'est toujours à recommencer. On ne peut donc se passer, dans les fermes bien tenues, d'un bon trieur mécanique, qui sépare complètement les graines de mauvaise herbe des graines de céréales, et ne laisse parmi celles-ci que les plus parfaites, celles dont la levée peut être regardée comme certaine. Ce dernier point est d'une importance capitale partout où les semailles se font en lignes, au semoir.

En Belgique, on emploie, à cet effet, un crible à cylindre conique, en fil de fer, dont les mailles sont d'autant plus larges qu'elles se rapprochent de la base de l'appareil. L'espace au-dessous du cylindre est divisé en quatre compartiments par des cloisons verticales. En tournant

Lloucement la manivelle du crible, le grain versé par la irémie le parcourt sur toute sa longueur. Les graines fines de mauvaise herbe passent les premières et sont reçues dans les premiers compartiments; les graines plus grosses et les grains de blé défectueux passent ensuite ; enfin, le dernier compartim.ent ne reçoit que des grains irréprochables, sans mélange de graines étrangères. Ce résultat n'est pas obtenu complètement ; mais le grain criblé est toujours beaucoup plus propre qu'il ne peut l'être en sortant du tarare.

Le froment sort plus pur du trieur Vachon. Dans ce trieur, le grain versé par la trémie glisse le long d'un plan incliné dans l'épaisseur duquel sont ménagées des cavités où s'arrêtent les graines étrangères et les grains de blé défectueux.

On regarde comme le plus parfait des trieurs mécaniiques employés jusqu'à ce jour celui de M. Marot, de Niort (Deux- Sèvres). Dans ce trieur, comme dans le trieur belge, les grains à nettoyer parcourent toute la longueur d'un cylindre-crible, dont les compartiments sont percés de trous d'inégales grandeurs ; il rend le blé pouf les semailles aussi pur qu'on peut le désirer. Dans une partie de nos départements de l'Ouest, c'est une industrie très-profitable que celle d'aller de ferme en ferme , à l'époque des semailles, avec un trieur Marot, épurer à prix déterminé par hectolitre les grains dont chaque exploitation peut avoir besoin. Ce trieur peut être manœuvré sans excès de fatigue par un jeune garçon.

Les machines agricoles autres que celles qui précèdent ont toutes un but commun, celui de donner aux aliments des bestiaux diverses préparations servant à les leur ren-

dre plus profitables. Ce senties hache-pailles, les couperacines, les concasseurs de grains, et les appareils de cuisson pour les racines fourragères.

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