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sans quitter son navire .dira que telle côte est accore, est saine ou malsaine en ne considérant qu’un espace toujours couvert d'eau. Un océanographe, un géographe et surtout un géologue, ne considérant que des espaces continuellement à sec, décriront une côte rocheuse, couverte de dunes ou en falaises.
Le hittoral est à la côte ce que la côte est au rivage ; il définit une bande de terrain encore plus large dont l’axe est la côte et par conséquent le rivage. Un bâtiment chargé de surveiller la pêche, par exemple, ne quittera pas le littoral et le sable d’une plage contiendra des grains provenant de toutes les formations géologiques du littoral. Dans le premier cas on envisagera un espace uniquement de mer, dans le second un espace uniquement continental.
Nous exposerons ici la façon d'étudier un rivage avec beaucoup de précision, une côte du côté de la terre avec une certaine exactitude et d'acquérir des notions sur la portion du littoral s'étendant vers la terre et dont l'influence est si grande et si complexe sur la constitution de la côte, du rivage et de l’océan s'étendant au delà. Par delà le littoral, du côté de terre, l'étude appartient au géologue stratigraphe tandis que le littoral est le champ où s’exercent à la fois l’activité de l’océanographe et celle du géologue. |
La première préoccupation pour celui qui se propose l’examen méthodique d’une région déterminée du littoral doit être d’en posséder l’image. Afin de l'obtenir, on se servira des cartes géographiques, topographiques et géologiques qui existent presque toujours et dont on fera, à la rigueur, un agrandissement. On notera les diverses particularités de la région, l’existence de rochers, de falaises dont on mesurera la hauteur, de dunes dont on établira les caractères, la distance à laquelle elles s’étendeni, la
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forme, la hauteur, en un mot toutes les particularités y compris, s’il est possible, la rapidité de leur marche vers l’intérieur des terres. |
Cette étude à grands traits suffira pour le littoral et la côte; pour le rivage, il sera besoin d’une précision beaucoup plus grande.
Il importe, en premier lieu, d'obtenir un plan (4) du rivage et de la limite, commencement de la côte vers la terre. On fera ce levé rapidement, d’après les méthodes connues, en se servant du cercle hydrographique ou sim plement de la boussole à main pour obtenir les angles et, pour les distances, du podomètre si elles sont longues, en
comptant ses pas si elles sont moindres, ou encore avec un
mètre pliant ou en ruban si elles sont très petites. On peut encore employer, surtout afin d'établir un profil en travers donnant la pente du rivage, s’il n’est pas trop accidenté, une mince ficelle paraffinée, de 50 m de longueur, divisée par des marques, de mètre en mètre, de cinq en cinq et de dix en dix, faites à la couleur à l'huile. Elle est terminée, à chacune de ses extrémités, par un anneau qu'on fixe à
un piquet, à l’extrème bord extérieur du rivage, on l’étend.
sur le sol dans la direction perpendiculaire à la mer et l’on note les accidents du relief, le long de son parcours.
Une vue du rivage exécutée à la chambre claire présentera un indispensable caractère de précision, mais si l’observateur ne sait pas dessiner, il pourra toujours en obtenir
un panorama photographique en une ou plusieurs parties.
Il ne manquera pas de faire figurer dans chaque photographie, pour donner l'échelle, un homme ou un objet de dimensions connues. On dressera un plan très exact d’après
(4) On ne saurait trop recommander l'ouvrage de M. E. de Larminat, Topo=
graphie pratique de reconnaissance et d'exploration suivie de notions élémentaires pratiques de géodésie et d'astronomie de campagne. H. Charles Lavauzelle, éditeur, Paris, 1907.
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ÉTUDE DES RIVAGES. à by Hi
quelques photographies en appliquant les procédés de la photogrammétrie qui se résument à mettre l'appareil de niveau, à connaître la distance focale de l'objectif, à
prendre et à noter l’azimut d’un point remarquable quel-
conque ou en reproduisant sur le cliché la ligne d’horizon de la mer.
Pour obtenir la pente de la plage par nivellement, on étend la cordelette, comme il à été indiqué, en la calant avec quelques pierres pour l’empêcher d'être enlevée par le vent et, en profitant du moment où l’eau est au plus bas de sa course, quel que soit d’ailleurs le jour de la marée, on mesure la différence de niveau entre ce point et la hauteur maximum atteinte par l’eau ce jour-là, qui est très nettement indiquée par la bordure d’algues marines abandonnées par le flot. Cette différence donne sensiblement le niveau moyen de la marée ce jour-là et, si on divise cette distance par la durée totale de la marée, 12 h.25 en France, on aura, d'après le tableau de la page 138, les valeurs à ajouter aux sondages si l’on a l'intention d'en exécuter plus tard, ou à
- en retrancher suivant l'heure où ils auront été faits.
Il sera bon aussi de relier le plan moyen de l’eau qu’on aura adopté à un repère aussi fixe que possible, choisi dans le voisinage ; on prendra dans ce but une cabane de douaniers, une maison ou un point saillant de rocher. | Un nivellement s'exécute parfaitement par une personne, seule. Je me sers d’un niveau-lyre portatif du colonel Goulier qui consiste (/g. 59) en une lunette fixée à un poids assez lourd et suspendue de façon à demeurer continuellement de niveau par le seul fait de la pesanteur. En y apphquant l’œil, on aperçoit un petit cercle lumineux non transparent coupé par un trait noir horizontal qui sert d'horizon à la hauteur exacte de l’œil de l’opérateur. Pour moi, cette hauteur est
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de 151 cm. Quand on promène ce petit cercle autour de soi en se tenant le corps bien droit, à la même place, tous les objets avec lesquels coïncide le fil horizontal et qui sont observés directement avec l’autre œil, sont situés au même niveau que l'œil, c’est-à-dire dans mon cas, à 151 cm du sol où reposent mes pieds.
Me plaçant tout contre l’eau, le long de la ficelle graduée étendue sur le sol, je regarde en dirigeant mon regard le long de cette ficelle, le point où passe le trait horizontal du niveau Goulier; je m'y transporte; je recommence l'opération et autant de fois elle a été renouvelée, autant de fois la différence de niveau est de 151 em. Si j'ai affaire à une fraction de ma hauteur, je vais planter une canne ou une baguette à l'endroit dont je tiens à savoir le niveau, je
reviens à ma dernière station, en contre-bas, et je donne
mon coup de niveau sur la baguette. Un peu de pratique apprend à faire cette opération avec rapidité et beaucoup plus d’exactitude qu’on ne serait tenté de le croire. On note aussi au passage, et d’après les traces .assez faciles à reconnaître sur les rochers, le niveau le plus élevé atteint par la mer dans les plus hautes marées, ainsi que le profil des terrasses de galets le long de certaines plages.
Si l’on avait un aide, on effectuerait un nivellement plus précis en se servant comme mire d’un double mètre à ressort qu'on repose verticalement sur le sol et le long duquel, en guise de voyant, l’aide fait glisser son doigt d’après les signes de l'opérateur prenant toujours comme plan de niveau la hauteur au-dessus du sol de son œil appliqué à l’œilleton du niveau-lyre Goulier.
Les grandes différences de niveau, ia hauteur des falaises, par exemple, s’évalueront au baromètre anéroïde.
La manière la plus simple de régler l’instrument est de “à
l'étalonner de temps en temps. Je préfère connaître son erreur, s’il en possède une, que de le toucher et de le fatiguer en le réglant d’une manière absolue. Rien n’est plus
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commode pour cela que les cotes du nivellement général .de la France inscrites dans les gares de certaines lignes de chemins de fer, ou encore les cotes d'altitude indiquées sur les cartes. On porte le baromètre en deux points séparés par une différence de niveau connue, on note ses indications en chacun des deux points et l'on s’en sert pour calculer la correction.
Si l’on est géologue, on exécutera soi-même une reconnaissance destinée à obtenir une notion sur la constitution géologique et minéralogique du littoral. Au cas où l’on ne le serait pas, on chercherait à se procurer une carte géologique de la région, On fera bien de recueillir des échantillons des roches les plus voisines du rivage et l’on s'oceupera d'en reconnaitre les minéraux composants caractéristiques. C’est ainsi, par exemple, que les silex des côtes françaises et anglaises de la Manche trouvés dans les sables des plages de la mer du Nord, même réduits en grains infiniment fins, apprendront la distance où par-
viennent, en les portant, les ondes de marées qui, entrées par l'Atlantique, traversent le Pas de Calais et vont s’épanouir sur les côtes de la mer du Nord jusqu'en Danemark et en Norvège méridionale.
La reconnaissance des traces d’exhaussement ou d’affaissement du rivage est d'un intérêt extrême. On cherchera à distinguer s’il existe, par exemple, des restes de forêts submergées, comme dans le Calvados, et qui sont des marques d'affaissement, ou des lagunes, des dunes, des plages soulevées visibles en coupe sur les falaises, preuves d’exhaussement. L'étude de l’océanographie qui est essentiellement la géologie et la stratigraphie du présent, et surtout des plages, oblige l’océanographe à ne pas ignorer la géologie générale et ses procédés d'investigation, au moins dans leurs lignes principales.
On recueille, pour les analyser ensuite, des échantillons du sable des plages. La grosseur des grains n’a pas en
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général beaucoup d'importance; les proportions relatives
des diverses grosseurs varient en effet selon la profondeur.
au sein même de la plage où on les prend, et quiconque a
vécu au bord de la mer sait combien un coup de vent, une !
tempête de quelques jours modifient le caractère des grains en tel ou tel endroit déterminé. Là où l’on avait trouvé du sable fin, on voit maintenant d'énormes galets ou des dépôts vaseux et réciproquement.
En revanche, la constitution minéralogique du sable est importante. Le quartz qui compose la masse principale de
celui-ci n’a pas grand intérêt; les minéraux rares, souvent caractéristiques, en possèdent bien davantage; ils rensei- .
gneront souvent sur le lieu d’origine des sédiments étalés. La présence des gemmes, de zircons, de tourmalines sera souvent pleine d'enseignements. Pour cela, le passage des sables à la liqueur d’iodures à 2,8 est à recommander dans l’analyse.
Le dosage de la proportion de calcaire n'est pas à négliger ; il est susceptible de fournir aux agriculteurs de précieuses informations dans les pays à roches cristallines comme la Bretagne où le calcaire fait défaut. On sait l'importance des maërl, tangues, traez et autres amendements agricoles calcaires dans ces régions.
Les coquilles entières ou brisées que les vagues arrachent des fonds continuellement exondés et amènent sur les plages, les diverses variétés d'algues informent de la nature sableuse, rocheuse ou vaseuse des fonds sousmarins voisins. Elles indiquent aussi, si l’on possède en même temps des notions relatives à la profondeur de leur gisement, sur la force des vagues qui ont été capables de
les arracher du sol où elles reposaient, si elles sont encore
vivantes. Il serait à désirer que les conchyliologistes livrassent aux océanographes, pour les coquilles les plus communes, des renseignements sur les conditions de leur habitat mis sous une forme aussi simple, aussi pratique et